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- Index des Titres et des Auteurs -

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Yuki Shimizu

* Love Mode 1 -----------------* Love Mode 2------------------- * Recipe----------------- * Ze 6

* Love Mode 3 -----------------* Love Mode 4------------------- * Ze 1- ------------------ * Ze 7

* Love Mode 5 -----------------* Love Mode 6------------------- * Ze 2 ------------------- * Ze 8

* Love Mode 7 -----------------* Love Mode 8------------------- * Ze 3 ------------------- * Ze 9

* Love Mode 9 -----------------* Love Mode 10----------------- * Ze 4

* Love Mode 10 - 2ème partie ------* Love Mode 11-------- * Ze 5

 

 

© Yuki Shimizu

Recipe

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Super Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 1

 

 

Intrigue: Du haut de ses 1 mètre 85, bien qu'il soit un homme, le jeune Kaïya possède une merveilleuse beauté. Ancien mannequin, il est à présent le propriétaire du café "Recipe", et passant le plus clair de son temps dans sa cuisine, il émane constamment de lui une douce odeur sucrée. La mère de Kô, un lycéen d'environ 15 ans, était la bienfaitrice de Kaïya; alors, depuis que cette dernière, très prise par son travail, a du quitter la maison, c'est le jeune homme qui s'occupe de l'adolescent. Il lui fait à manger, et de temps en temps tous deux vont faire les courses ensemble, sortent s'amuser, se rendent au cinéma.... Bien que Kô ne comprenne pas encore la véritable nature de ses sentiments, il est secrètement amoureux de Kaïya. De ce fait, lorsque le jeune homme a annoncé deux ans plus tôt qu'il allait cesser ses activités de mannequin, tandis que tout le monde voulait l'en dissuader, le garçon au contraire en a éprouvé une vive satisfaction. Ainsi, au lieu d'appartenir à une foule de gens, à présent le jeune homme n'appartient qu'à lui seul. Cependant, Kô possède un ennemi redoutable, son propre oncle Yûjin, un jeune homme cool et débraillé qui passe son temps à se moquer de lui et ne manque pas une occasion de l'humilier devant Kaïya. Il ne sait pourquoi, sitôt qu'il se retrouve avec Yûjin, Kô ressent une irritation qui le met de mauvaise humeur pour une bonne partie de la journée. Sans doute parce qu'il sent inconsciemment que son oncle lui aussi s'intéresse à Kaïya, son seul réconfort après les journées interminables passées à l'école où il s'ennuie à mourir. Mais s'il est vrai que Yûjin n'hésite pas lorsqu'il se trouve en mal de partenaire à proposer une nuit avec lui au superbe mannequin - ce qui lui vaut à chaque fois de se retrouver avec un couteau de cuisine sous la gorge ! - il est le seul à avoir véritablement percé Kaïya à jour. Car ce dernier, sous ses airs doux et prévenant, possède une double personnalité, que Yûjin ne manque pas de qualifier d'Hentaï , de perverse. Même si Kô représente un être très précieux et particulier pour lui, qu'il ne l'a jamais touché et ne supporte pas que Yûjin le taquine trop méchamment, l'adolescent est loin de lui inspirer de purs sentiments fraternels: c'est avec extase que Kaïya parle de Kô, devenu l'objet de ses fantasmes, devant un Yûjin quelque peu scandalisé. Comment cuisiner l'objet de ses désirs afin de le faire sien ? Sans que l'intéressé ne s'en aperçoive, l'apprivoiser peu à peu avec de la nourriture, puis le faire tomber entre ses mains pour finalement le posséder: c'est la recette secrète qu'il ne faut révéler à personne, une recette interdite....

 

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© Yuki Shimizu / Biblos - Kô et le beau Kaïya

 

- Shindémo ii ("Peu m'importe si je meurs"), p.101. Cette histoire a pour héros Yûjin, l'oncle de Kô dans le chapitre "Recipe". Voilà 36 heures durant que Yûjin, jeune homme cool et débraillé, vient de faire l'amour avec son petit ami Jun'ichi, de six ans son aîné, et parfois, il lui arrive de se poser cette question: à chaque fois que tous deux se voient, Jun ne pense qu'à réclamer son corps; est-ce que par hasard il ne s'intéresserait à lui que pour le côté charnel de leur relation ? Lorsque Yûjin demande conseille à son amie Reina à ce sujet, celle-ci lui répond avec sa franchise habituelle que le malheureux étudiant - sans le sou et qui n'a pour lui que son physique - n'est probablement bon qu'à ça. Selon la jeune fille, pour que Yûjin se fasse plaquer par Jun, ce n'est qu'une question de temps ! Paroles acerbes dignes de Reina mais qui sont bien loin de remonter le moral de son ami.... Elle lui prodigue néanmoins un conseil: si Yûjin veut pouvoir continuer à satisfaire son amant au tempérament si ardent, pourquoi ne prendrait-il pas une bonne rasade de viagra ? "Du viagra !?" Scandalisé, l'étudiant proteste aussitôt que c'est le genre d'artifice dont lui n'a absolument pas besoin: après tout, n'a-t-il pas réussi à tenir le coup sans "dopage" trois bonnes nuits durant ?

Cependant le jeune homme n'allait pas tarder à avoir un autre sujet d'inquiétude: quand dans l'après-midi il vient rendre visite à Jun'ichi au magasin où ce dernier travaille, Yûjin le surprend en situation quelque peu équivoque avec un homme aux allures de gentleman, que Jun avoue sans complexe être son ancien petit ami ! Grand et séduisant, Renji Sunohara était son sempaï à l'université, et avec son air sûr de lui et son beau costume, il arbore l'apparence-même de l'homme qui a réussi dans la vie. Au point que face à cet inconnu, Yûjin irrité n'est pas sans ressentir un vague complexe d'infériorité. Quant à Renji, il contemple son remplaçant un sourire cynique aux lèvres, lançant sans détour à Yûjin que même si ce dernier est très jeune, nul doute que ça doit être difficile pour lui de satisfaire quelqu'un d'aussi chaud que Jun'ichi; alors, en guise de cadeau de la part d'un ex, il propose à son tour à l'étudiant de lui procurer certaines drogues qui ne manqueront pas de l'aider un peu. "De la drogue ? Ce type ne serait-il pas par hasard un yakuza !?" Répliquant avec mauvaise humeur qu'il n'a pas besoin de ce genre de substances - la beauté seule de son amant suffit à l'allumer - Yûjin se met cependant à considérer Renji d'un regard soupçonneux....

 

© Yuki Shimizu / Biblos

 

Les jours passent, et tandis que décidément nympho Jun ne lui laisse pas un instant de répit, l'étudiant devient de plus en plus émacié. Même Reina se montre effrayée de voir à quel point il a maigri depuis leur dernière rencontre: sa liaison avec Jun est en train de lui ruiner la santé ! Car Yûjin n'arrive pas à fermer l'oeil de la nuit, son amant ne se décidant à le lâcher qu'au petit matin afin qu'ils aillent l'un en cours et l'autre travailler. Comme si Jun'ichi aspirait toute son énergie vitale, l'étudiant en est réduit pour tenir le coup à boire du sirot vitaminé ! Jusqu'alors, Yûjin s'enorgueillait d'être doté de l'appétit sexuel d'un animal, mais il lui faut désormais reconnaître qu'il est loin d'arriver à la cheville de son petit ami, dont les désirs n'ont carrément pas de fond.

Une nuit, après l'une de ces étreintes torrides qui laissent l'étudiant vidé de ses forces étendu sans connaissance sur le lit, Jun'ichi se lève afin de téléphoner à son ancien petit ami, Renji Sunohara, avec lequel il échange une conversation des plus louche et susceptible de porter à malentendu: avouant qu'il vient de faire l'amour avec Yûjin, le jeune homme demande une entrevue secrète avec son sempaï, en se montrant des plus pressant ! "Je vous en prie, Sempaï.... Vous savez très bien que je suis nymphoman ?" achève Jun implorant. Il ignore encore que Yûjin qui ne dormait pas n'a pas perdu une miette de cette conversation, bien qu'il n'ait pu en saisir totalement le contexte, n'entendant point ce que disait l'homme à l'autre bout du fil. Mais pour l'étudiant, un affreux doute commence à se faire jour: il y a de grandes chances pour que Jun'ichi le trompe. Et comme pour corroborer ses craintes, le lendemain matin alors qu'il l'invite à l'accompagner au cinéma le soir après la fac, le jeune homme refuse en s'excusant: ils sont en plein inventaire au magasin, alors trop occupé pour pouvoir sortir, Jun avertit son petit ami qu'il ne pourra pas le rencontrer d'ici au moins cinq jours. Bien que boudeur, Yûjin acquiesce, non sans avoir fait promettre à son amant sur le ton de la plaisanterie de ne pas le tromper. Les deux jeunes gens se quittent donc sur cette promesse, et une fois à la fac, Yûjin s'empresse comme toujours de tout raconter à son amie Reina: les apparences ont beau jouer contre Jun, l'étudiant est si amoureux qu'il veut néanmoins continuer de croire en lui. Sentiments honorables, qui hélas ne tardent pas à s'envoler en fumée: penchée à la fenêtre, Reina aperçoit soudain Jun'ichi sur le parking en compagnie d'un inconnu, qui lui offre un cadeau dont le jeune homme se montre des plus réjoui ! Regardant à son tour, Yûjin dépité reconnaît aussitôt le séduisant sempaï que son petit ami lui a présenté l'autre jour, celui-là même avec lequel il s'entretient secrètement au téléphone ! Et lorsque ignorant qu'on les observe Jun et Renji finissent par s'en aller dans le même véhicule, Reina ne peut s'empêcher de lancer à Yûjin écumant de rage: "Dis, tu es vraiment certain de le rendre pleinement satisfait ?"

A la nuit tombée, lorsque Renji ramène enfin Jun'ichi à son appartement, l'étudiant est déjà là à les attendre sur le perron de l'immeuble et croit ainsi les prendre en flagrant délit. Une fois dans la chambre de son ami, dénudant et ligotant ce dernier sur son lit, il entreprend ensuite d'ouvrir le mystérieux paquet offert par son rival, et découvre avec surprise qu'il contient tout un attirail d'objets du genre qu'on trouve couramment dans les sex-shop. Voilà un cadeau plutôt plutôt curieux de la part d'un ex-amant, et qui semble lourd de significations. Jun lui avait pourtant promis qu'il ne le tromperait pas, et voilà qu'il couche en secret avec cet homme ! Mais malgré ces accusations auxquelles il ne tente même pas de donner d'explication, calmement, Jun'ichi s'obstine à répéter à son ami qu'il ne l'a absolument pas trompé. Et déposant un délicat baiser sur la joue de Yûjin, de son sourire le plus engageant, il propose à l'étudiant de vérifier ses dires en auscultant directement son corps. Quelle meilleure preuve pourrait-il y avoir de sa sincérité, et surtout comment résister à cette proposition prononcée d'une voix aussi suave ? Chauffé à blanc, Yûjin se lance aussitôt dans son inquisition ! Et force lui est de reconnaître au terme de son enquête que Jun'ichi ne lui a pas menti, son corps ne portant aucune trace d'étreinte, nul homme ne l'a touché aujourd'hui. Mais à la fin de ses investigations, en dépit de son épuisement l'étudiant se rend compte qu'il n'est plus en mesure de s'arrêter là. Par crainte que Jun'ichi ne l'abandonne un jour comme le lui a signalé Reina, il tient absolument à ce que le jeune homme soit satisfait de lui, et malgré les protestations de Jun, s'applique à lui faire l'amour jusqu'au petit matin. Et c'est ainsi que se produit ce qui devait finir par arriver: à la fin de leurs ébats Yûjin s'effondre sur le corps de son bien-aimé, et malgré toutes les tentatives de ce dernier pour le faire revenir à lui, exsangue, l'étudiant ne se réveille pas....

 

© Yuki Shimizu / Biblos - Loin d'être un yakuza comme le supposait tout d'abord Yûjin, Renji est en réalité docteur dans un grand hôpital, et le propre médecin traitant de Jun'ichi. Ce dernier s'en étant ouvert à lui concernant la santé de son amant qu'il s'inquiétait de voir dépérir de jours en jours tout en étant conscient d'en être la cause, Renji avait conseillé au jeune homme de ne plus voir Yûjin d'ici quelques jours et lui avait fourni de quoi calmer ses ardeurs en attendant, d'où cet étrange "cadeau" portant à malentendu. Quand il avait proposé à Yûjin lors de leur première rencontre de lui fournir de la drogue, en fait Renji voulait simplement lui prescrire un fortifiant !

 

 

© Yuki Shimizu

Love Mode

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

Intrigue: Suite à un coup de téléphone de son ami Konno, qui doit lui présenter une fille, Izumi Sakashita, lycéen, se rend au parc du centre-ville où doit avoir lieu le rendez-vous. Au bout de 40 minutes de vaine attente, le garçon commence à se demander s'il ne s'est pas trompé d'endroit lorsque soudain, un jeune homme qui se tenait pas loin de lui une rose rouge à la main s'effondre, victime d'un malaise cardiaque. Alors qu'une ambulance emporte le malheureux inconnu, Izumi ramasse la rose, qui était restée à terre. A ce moment, quelqu'un lui adresse la parole, s'excusant de l'avoir fait attendre. Croyant qu'il s'agit de la jeune fille du rendez-vous, Izumi lève la tête avec un grand sourire, qui s'efface aussitôt lorsqu'il découvre qu'il se trouve face non pas à une étudiante mais à un séduisant jeune homme d'une trentaine d'années, Katsura Takamiya. Izumi répond à ce dernier qu'il doit sûrement faire erreur, mais l'homme lui demande s'il s'appelle bien "Izumi", disant qu'il est venu pour lui être présenté. Le lycéen pense alors avec dépit qu'il doit s'agir d'une mauvaise blague de son ami Konno, qui lui avait promis un rendez-vous avec une belle jeune fille plus âgée. Ainsi, lorsque Takamiya lui demande s'il a déjà songé au programme de leur sortie, Izumi quant à lui ne songe qu'à trouver un prétexte pour filer en vitesse. Néanmoins, cette idée lui sort aussitôt de la tête dès que le jeune homme lui propose d'aller voir des chevaux.

Takamiya emmène donc Izumi dans un ranch, et lui qui n'a jamais vu de cheval en chair et en os est ravi de pouvoir toucher et monter les nobles animaux. Finalement, le garçon doit s'avouer que contre toute attente, il s'amuse beaucoup. Le soir, Takamiya l'emmène dîner dans un restaurant de luxe situé au sommet d'un immense hôtel, avec une vue magnifique sur la ville de nuit; puis tous deux achèvent leur sortie en prenant un verre au bar. Izumi, qui n'a pas l'habitude de boire des cocktails, finit par s'endormir appuyé sur le comptoir, complètement ivre. Mais lorsqu'il reprend conscience, il a la surprise de se retrouver couché dans une chambre de l'hôtel, entièrement nu dans les bras de Takamiya. Izumi crie au jeune homme de le lâcher, mais il n'a pas la force de le repousser tant ses caresses sont brûlantes, et finalement, ne pouvant résister, il se fait étreindre.

Le lendemain matin, Izumi reste prostré sur son lit, désespéré de l'expérience pénible de la veille, lorsque Takamiya pose une liasse de billets près de son oreiller. Le jeune homme dit au garçon qu'il lui a beaucoup plu, qu'il souhaiterait encore faire appel à lui; on aurait presque cru qu'il couchait avec un homme pour la première fois ! Entendant ces mots, Izumi n'en croit pas ses oreilles ! Pour qui Takamiya le prend-il? Un prostitué? Mais à force d'explications, tous deux vont découvrir que cette embarrassante situation est due à un malentendu: la personne avec qui Takamiya avait rendez-vous s'appelle bien "Izumi", mais il s'agit du numéro un du Club B&B (Blue Boy), un club de rencontre pour riches homosexuels. En fait, cet Izumi-là n'est autre que le jeune homme victime d'un malaise dont le lycéen avait ramassé la rose rouge, qui était un signe de reconnaissance. Takamiya téléphone aussitôt au B&B afin d'en avoir le coeur net, et reconnaissant enfin sa méprise, il ne sait comment s'excuser auprès d'Izumi. Ce dernier, ne pouvant supporter d'avoir été pris pour un professionnel du tapinage, finit par tomber dans les pommes. Lorsqu'il reprend connaissance, le garçon se retrouve chez lui dans son lit et songe un moment que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Mais son soulagement est de courte durée: descendant au rez-de-chaussée, il a la surprise de découvrir Takamiya en train de prendre tranquillement le thé dans le salon. Le jeune homme est réellement tombé amoureux du lycéen, et il est bien décidé à tout faire pour le conquérir !

Avis: De tous les mangas édités par Biblos, cette série est celle qui compte le plus de volumes; en raison de son immense succès, elle était encore jusqu'à une date récente publiée en feuilleton dans le mensuel Magazine Be Boy . Au fil des chapitres, l'auteur nous conte avec sensibilité et justesse la rencontre et la vie de plusieurs couples homosexuels, gravitant autour du Club B&B et des personnages centraux de Takamiya et Reiji Aoé, le charismatique propriétaire de ce club. Au fil des volumes, les histoires qui oscillent entre rire et drame s'étoffent pour devenir de plus en plus intéressantes, s'achevant chaque fois après une montée dramatique sur une happy end . Le style graphique de l'auteur s'est également beaucoup amélioré depuis les débuts de la série (comme c'est souvent le cas pour les auteurs de manga), bien qu'elle éprouve visiblement quelque difficulté à réaliser des illustrations en couleur, au vu de certaines couvertures de volumes peu attrayantes. Mais une fois plongé dans l'univers de Love Mode , il est difficile d'en sortir. Au Japon c'est l'une des séries cultes des fans de Yaoï au même titre que les oeuvres de Kazuma Kodaka. Indispensable !

 

© Yuki Shimizu

Love Mode 2

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

Intrigue: Reiji Aoé, 28 ans, est le jeune et beau propriétaire du Blue & Boy Club, dont la direction ainsi que celle des autres affaires laissées par son père lui prend la plupart de son temps. Ainsi, il n'est pas étonnant qu'un soir, en rentrant du bureau, il découvre un autre homme dans le lit de sa petite amie. Malgré les cris et les pleurs de cette dernière, froid et catégorique, Aoé décide la rupture. Furieuse, tandis que Reiji traverse la cour de l'immeuble, la jeune femme lui balance un pot de fleur depuis les hauteurs de son appartement. Mais elle manque son ex-petit ami, et c'est un lycéen qui reçoit la potiche sur la tête. Inconscient, le jeune garçon est transporté à l'hôpital que dirige le docteur Kiichi Aoé, le frère aîné de Reiji. Ce dernier est scandalisé de ce qui vient de se passer: plutôt que de courir les femmes dont il n'a pas le temps de s'occuper et qui finissent toujours par le tromper, Reiji ferait mieux de sortir avec un garçon, qui sont moins exigeants ! Mais le froid Aoé n'a cure de tout celà et reste sourd aux arguments de son aîné.

Pendant que les deux frères se disputent, le jeune garçon âgé de 16 ans, Naoya Shirakawa, est assailli par d'horribles cauchemards. Il revoit en rêve le dernier Noël, également jour de son anniversaire, passé avec ses parents et son frère aîné, puis le terrible accident de voiture qui avait coûté la vie à toute sa famille, le laissant seul au monde. Orphelin à 13 ans, il se retrouvait du même coup sans maison ni argent, un cadre véreux qui travaillait pour son père s'étant emparé de la société et de tous les biens de ses parents. Naoya fut finalement recueilli par un employé de bureau qui souhaitait s'acquitter d'une dette envers son ancien patron. Mais ce soir-même, juste avant l'accident stupide du pot de fleur, la femme de l'employé lui avait signifié que le couple, très pauvre, ne pouvait plus continuer à lui servir de tuteurs. Ainsi, lorsque le malheureux Naoya reprend connaissance, il a encore le visage couvert des larmes versées dans son sommeil. Plus d'une fois déjà, il a songé qu'il aurait mieux valu pour lui avoir péri avec les siens.

Son état étant jugé satisfaisant (le pot de fleur était heureusement en plastique), le médecin autorise Naoya à quitter cette nuit-même l'hôpital, et Aoé lui propose de le ramener chez lui en voiture. Mais l'adolescent refuse. Il déteste les automobiles et n'a nul besoin de la condescendance des adultes. Reiji, bien qu'il ait horreur des gosses et de leurs caprices, propose donc de le raccompagner à pieds. Naoya se rend d'abord au bistrot où il travaillait en plus de ses cours, afin de toucher sa paye du mois, mais pour cause de faillite, le patron s'est enfuit sans verser leur salaire aux employés. L'adolescent, contrarié, décide finalement de rentrer au petit appartement miteux qu'il loue pour un loyer modéré. Mais la maison, vétuste, a brûlé pendant son absence, et non seulement Naoya a perdu toutes ses maigres affaires, mais parce qu'il est mineur, le propriétaire des logements veut lui coller l'incendie sur le dos. Alors que le vieil homme s'acharne sur le jeune garçon, Aoé vient soudain à son aide: le concierge n'a aucune preuve de la responsabilité de Naoya dans l'incendie; d'où que l'on regarde, il s'avère évident que le bâtiment se trouvait dans un état de vétusté avancé. Sans doute l'incendie est-il du à un court-circuit.

Mais pour Naoya, tout importe peu à présent. Cette fois, il ne lui reste vraiment plus rien: ni argent, ni vêtements; ni souvenirs, ni endroit où aller. Alors qu'une pluie violente se met à tomber, il s'effondre à terre, en larmes; à bout, il se met à crier son désespoir, se demandant ce qu'il a bien pu faire de mal pour se voir ainsi poursuivi par une malchance qui ne lui laisse aucun répit. Après toutes ces années de vaine lutte pour tâcher de s'en sortir, Naoya a atteint le fond. Son âme est sur le point de se briser. Soudain derrière son dos, l'adolescent entend la voix calme de Aoé, qui lui demande jusqu'à quand il a l'intention de rester ainsi par terre à pleurnicher. S'il ne veut pas prendre froid, il n'a qu'à venir avec lui.

A partir de ce soir-là, Reiji Aoé et Naoya Shirakawa allaient entâmer leur existence commune. Bien que ne faisant absolument pas confiance aux adultes opportunistes qui n'ont cessé de le trahir et de l'abandonner, Naoya va peu à peu réapprendre à vivre, entouré des bons soins de Reiji et de son frère, le docteur Kiichi. Cependant, le jeune garçon ne peut s'ôter de la tête les expériences pénibles qu'il a vécu jusqu'à présent et lui ont fait comprendre que tout bienfait reçu entraîne un jour sa contre-partie. N'osant croire qu'il existe vraiment en ce monde des gens exerçant leur gentillesse avec désintéressement, Naoya craint par-dessus tout d'accorder une confiance totale à Reiji, effrayé à l'idée d'être une nouvelle fois déçu. Mais bientôt, une autre pensée vient serrer le coeur de l'adolescent: pourquoi Aoé s'occupe-t-il ainsi de lui, alors qu'apparemment, il déteste les enfants. Est-ce simplement parce que le jeune homme est très riche et celà ne lui demande pas beaucoup de sacrifices ? N'est-ce qu'une forme de charité et de volontariat ?

 

© Yuki Shimizu

Love Mode 3

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

Intrigue: Pour avoir provoqué un accident avec sa moto, Arashi Ikétani, lycéen, était censé passer les vacances d'été en détention; mais grâce à l'intervention de son école, le jeune homme verra sa peine annulée s'il accepte de participer à des activités de bénévolat. Bon gré mal gré, voilà donc Arashi contraint de s'occuper d'une personne âgée, Mr. Maruyama, avec pour mission de consoler le vieil homme de sa solitude. Cependant Mr. Maruyama, malgré son grand âge, a encore bon pied bon oeil ainsi qu'un sacré caractère. Il n'hésite pas à grimper lui-même sur sa vieille maison pour en réparer le toit, et ne tarde pas à faire du lycéen son esclave ! Déprimé mais néanmoins plein d'égards pour cette turbulente personne âgée, Arashi se résoud à passer d'éprouvantes vacances d'été, ignorant que le destin en avait décidé autrement: tandis qu'il se trouve sur le toit de la maison avec le vieil homme, ce dernier fait soudain tomber le couvercle d'un pot de peinture dans le jardin d'à-côté, et ordonne aussitôt au lycéen d'aller le récupérer. Arashi descend donc dans le parc attenant à la résidence voisine, une riche villa, et se met à chercher l'objet. C'est alors qu'il tombe nez à nez avec un magnifique jeune homme à la longue chevelure qui, le prenant pour un cambrioleur, le toise d'un regard sévère. Arashi n'a jamais vu une aussi belle personne, il en reste subjugué ! Mais revenant à lui en entendant la voix de Mr. Maruyama, il s'excuse timidement d'être entré chez son voisin sans permission et tente d'expliquer qu'il n'est pas un voleur. A ce moment, le vieil homme lâche malencontreusement le pot de peinture qu'il tenait à la main. Horrifié, Arashi a juste le temps de se précipiter sur le bel inconnu pour le préserver de l'accident, mais hélas, si les deux jeunes gens sont sains et saufs, la peinture s'est répandue sur les longs cheveux clairs du voisin; les dommages sont irréparables, le voilà obligé de les couper.

Dès le lendemain, Mr. Maruyama et Arashi se rendent chez le propriétaire de la villa, Izumi, afin de s'excuser. Néanmoins, grâce à ce lamentable accident tous trois vont devenir amis, et l'été ennuyeux que le lycéen pensait passer se change du même coup en merveilleuses vacances pleines de gaieté et de bonne humeur. Les jours s'écoulent, et Arashi, sans comprendre encore la nature de ce qu'il ressent, tombe amoureux du doux Izumi. Ce jeune homme mystérieux paraît parfois si triste et mélancolique; il n'y a qu'auprès de Arashi et de l'exubérant Mr. Maruyama qu'il semble éprouver de la joie. Hélas, le lycéen ignore que ce troublant voisin n'est autre que l'hôte numéro 1 du Blue & Boy, le fameux club de rencontres pour riches homosexuels de Reiji Aoé. Récemment opéré du coeur, il poursuivait dans sa luxueuse villa une longue et lente convalescence avant que ses deux turbulents voisins ne viennent rompre sa solitude. Izumi ne tarde pas à s'apercevoir de la nature des sentiments que Arashi nourrit à son égard, et comprend que celà va mettre fin à ces heureuses vacances d'été. Car il ne peut s'empêcher de se voir comme un monstre dégoûtant, un ignoble objet de dépravation; jamais un être aussi pur et lumineux que Arashi n'aurait du s'éprendre de lui. Celà fait déjà huit ans qu'Izumi se prostitue afin de tenter d'exorciser l'épouvantable drame qui a marqué son adolescence. Et il ne pourrait supporter que le lycéen apprenne la vérité à son sujet. La seule personne à qui Izumi peut confier ses tourments est le docteur Kiichi, frère aîné du patron du B&B, qui lui a jadis procuré cette place d'hôte. Le médecin pensait que ce travail aiderait le jeune homme à se libérer de sa souffrance et de ses obsessions, mais à présent, Kiichi songe qu'il serait temps pour Izumi de quitter le club et de retrouver une vie normale. Et la meilleure thérapie qui lui permettrait enfin de s'en sortir, serait qu'il trouve une personne qui l'aime sincèrement et prenne soin de lui.

 

© Yuki Shimizu

Love Mode 4

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

Intrigue: Après que ce dernier lui ait enfin avoué ses véritables sentiments, Naoya Shirakawa est retourné vivre avec le riche Reiji Aoé, emmenant avec lui le chaton qu'ils avaient recueilli pendant les fêtes de fin d'année. Auprès de son bienfaiteur, l'adolescent reprend peu à peu goût à la vie, réapprend les gestes les plus simples de la vie quotidienne, comme les saluts de la journée et la capacité de dire "Merci", la chaleur d'un repas, et surtout les sentiments que l'on éprouve quand on aime quelqu'un. Le coeur emplit de belles choses, Naoya se dit que c'est certainement celà, le bonheur. Un jour, Reiji et son frère, le docteur Kiichi, invitent au restaurant le tuteur de leur protégé, Mr. Kajiwara, afin de lui faire part de leur souhait de se voir confier officiellement la garde de Naoya. Mais bien qu'il soit pauvre et que cette tutelle représente un lourd fardeau pour lui et son épouse, Kajiwara refuse. Tandis qu'il discute à ce sujet seul avec l'adolescent, ils rencontrent par hasard Aïzawa, le cadre véreux qui s'est emparé de la société et tous les biens qui revenaient normalement à Naoya après le décès de son père. Pour avoir frappé le garçon qui l'a traité de voleur, Aïzawa se voit refuser l'appui de l'homme politique influent qu'il était venu voir, un ami du père de Kiichi et Reiji, qui connaissait également celui de Naoya. Mr. Shirakawa était un homme d'affaire éminent, mais depuis que sa société est tombée entre les mains de Aïzawa, incompétent, elle n'a fait que péricliter, et le vieil homme ne se gêne pas pour le lui dire. Furieux de s'être fait tancer et humilier devant tout le monde, un peu plus tard, alors qu'il se retrouve seul avec son modeste employé, Aïzawa décharge sa colère sur Kajiwara: pourquoi ce dernier continue-t-il de s'occuper du fils de leur ancien directeur ? N'est-ce pas lui-même qui a assassiné les parents du garçon ?

La nuit, pendant son sommeil, Naoya revit en rêve le terrible accident qui avait coûté la vie à toute sa famille et se réveille en sursaut. Celà faisait longtemps qu'il n'avait plus été tourmenté par ce cauchemard, et il ne peut s'empêcher de ressentir une sourde inquiétude. Heureusement Reiji, qui l'a entendu crier, vient s'assoir près de lui et s'efforce de le réconforter de son mieux. C'est vrai qu'à présent Naoya n'est plus seul pour affronter les problèmes; quoi qu'il arrive, il sait qu'il peut compter sur Reiji. Et en effet, dès le lendemain soir, ses craintes ne tardent pas à se concrétiser. Alors qu'il revient de la pâtisserie où il travaille, Naoya rencontre dans la rue son tuteur Mr. Kajiwara, qui l'emmène chez lui soi-disant pour lui parler. Mais sitôt qu'il se retrouve seul avec l'adolescent, l'homme pête les plombs et tente de l'étrangler: si seulement Naoya n'avait pas survécu à l'accident, Kajiwara aurait pu être heureux, sans devoir faire face aux soupçons de quiconque. Naoya parvient de justesse à s'enfuir en assommant son agresseur, mais une fois de retour chez lui, il s'évanouit sous une douche glaciale, oppressé par l'horrible vérité: la mort de sa famille n'était pas accidentelle, c'est cette personne qui l'avait recueilli et à qui il faisait confiance qui les a assassinés !

Au même moment, dans la voiture qui le ramène à son appartement, Reiji reçoit un appel de son frère: Aïzawa le cadre véreux vient d'être transporté dans son service hospitalier dans un état grave, après que l'on ait tenté de le tuer. Kiichi est persuadé que c'est l'oeuvre de Kajiwara, et inquiet pour Naoya, Reiji s'empresse de rentrer chez lui. Avertit par les cris du chaton, le jeune homme découvre son protégé gisant inconscient dans la salle de bain, le corps complètement gelé. S'il parvient à le réchauffer en le plongeant dans un bain chaud et à lui faire reprendre connaissance, Naoya est bien trop désespéré pour pouvoir parler et ne peut que hurler sa douleur. Tous les bons moments qu'il a passé auprès de Kajiwara, la seule personne qui se soit occupée de lui après le décès de ses parents, n'étaient-ils que mensonges ? En devenant son tuteur, Kajiwara tentait-il d'étouffer un sentiment de culpabilité, ou d'éloigner les soupçons qui pourraient peser sur lui ?

Pendant ce temps, acculé lui aussi au désespoir, Kajiwara tente de se suicider en se jetant du toit d'un immeuble. Il est sauvé in-extremis par Kiichi et son amant et homme à tout faire Haruomi, qui lui ordonnent de se rendre à la police. En se donnant la mort, il ne remboursera pas son crime, ce n'est qu'une fuite vers le bien-être et la facilité. De plus, Kajiwara n'est pas un assassin comme il le croit obstinément: Aïzawa n'est pas mort et survivra à ses blessures, quant aux parents de Naoya, ils ont véritablement péri dans un accident de la circulation. Mais Kajiwara proteste: ils ont eu cet accident justement parce qu'il avait saboté les freins de la voiture. Après avoir perdu une grosse somme d'argent à la Bourse, ayant déjà sur le dos vingt années d'emprunt pour l'achat de son appartement, ne sachant plus que faire il s'était résigné à puiser secrètement dans la caisse de la société pour laquelle il travaillait; mais si le directeur, le père de Naoya, s'en était aperçu, il aurait certainement été renvoyé, et pour le bien-être de son épouse qui n'était au courant de rien, Kajiwara ne pouvait se permettre celà. Il avait alors résolu de se débarrasser de son patron avant que ce dernier ne découvre le pot-aux-roses. Cependant, Kiichi explique à l'homme désespéré que son plan n'avait pas marché comme il se l'imaginait depuis ces cinq années: le jour de l'accident Mr. Shirakawa n'était pas monté dans sa voiture aux freins sabotés, c'est sa femme qui était venue le chercher au travail avec leurs deux fils dans sa propre automobile, afin qu'ils aillent tous déjeuner en famille. Il s'agissait donc bien d'un banal et malheureux accident de la route. Surpris d'apprendre qu'il n'a tué personne et un peu soulagé malgré ses remords, Kajiwara décide finalement de se livrer à la police. Mais avant, il souhaiterait revoir une dernière fois Naoya, afin de lui demander pardon....

 

© Yuki Shimizu / Biblos

 

Si la première moitié du livre s'avère nécessairement très dramatique, le second chapitre, Four Men , se décline sur un ton plus léger. Pour la première fois, Reiji et Naoya, Takamiya et Izumi vont se retrouver tous les quatre ensemble pour un "double rendez-vous". C'est l'occasion pour les deux lycéens, Naoya et Izumi, de faire connaissance. Alors que Reiji et son vieil ami Takamiya entâment une partie de billard, Izumi promet à son amant que s'il gagne contre ce "démon" de Reiji Aoé, il fera tout ce qu'il voudra. Bien qu'il soit un véritable pro à ce jeu, Reiji va laisser son ami gagner afin qu'il puisse "concrétiser" avec Izumi. Car le jeune homme, bien qu'il aime sincèrement Takamiya, a encore du mal à accepter le côté "charnel" de leur relation....

 

© Yuki Shimizu / Biblos

 

Quant à la dernière histoire, Yagaté, Natsu ga owaru Hi ("Le Jour où l'Eté finira enfin"), elle n'a rien à voir avec Love Mode , il s'agit de l'une des toutes premières oeuvres de l'auteur. Afin d'échapper à son petit ami d'une jalousie maladive qui le pousse à battre presque à mort tous ceux qui l'approchent, Ryôichi s'est réfugié dans une pension de famille située dans un coin reculé de la campagne, où un couple reçoit et s'occupe avec soin des enfants à problèmes. Là, le jeune homme fait la connaissance de Sô, un adolescent qui va tomber peu à peu amoureux de lui....

 

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Love Mode 5

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

Intrigue: L'affaire Kajiwara réglée, le calme est enfin revenu pour Naoya et Reiji. Après des examens réussis avec brio, l'adolescent peut enfin intégrer un nouveau lycée, un établissement privé réservé aux fils de bonne famille. Là, Naoya retrouve par hasard Hisashi Jôma, l'un de ses anciens camarades de classe qu'il n'a pas revu depuis le collège, celui qu'il fréquentait du temps où ses parents étaient encore en vie. Parallèlement, le jeune garçon continue de travailler à la pâtisserie, souhaitant être le moins possible une charge pour Aoé. Naoya est décidé à faire de son mieux afin de devenir un jour quelqu'un dont son ami puisse être fier, de se montrer digne de lui. Bien que tous deux n'aient encore jamais couchés ensemble, l'adolescent est bien forcé de réaliser que ces derniers temps, Reiji ne cesse d'occuper son esprit. Il en est de même pour le ténébreux propriétaire du B&B Club, douloureusement conscient que son comportement actuel ne lui ressemble guère: lui, Reiji Aoé, tomber amoureux d'un homme, de plus un lycéen qui est encore presque un enfant ! Néanmoins il se demande parfois si ses sentiments ne sont pas un obstacle pour le bonheur de Naoya, surtout après avoir découvert une lettre d'amour adressée par une jeune fille parmi les affaires du garçon....

Mais ignorant les préoccupations qui tourmentent son bienfaiteur, Naoya goûte pleinement sa nouvelle vie, plus heureux à présent qu'il ne l'a jamais été. Hélas, les meilleures choses ont une fin. Un jour, à la sortie du lycée, le jeune garçon se fait aborder par un homme en costume à la mine sournoise, Yaégashi, qui se présente comme un envoyé de son grand-père. Selon les ordres de ce dernier, il est chargé de conduire l'adolescent à la résidence où le vieil homme l'attend. Naoya n'en croit pas ses oreilles ! Lui qui s'était toujours cru seul au monde depuis la mort de ses parents.... Il est donc normal qu'il ait peine à ajouter foi à cette histoire. Cependant Yaégashi avait tout prévu, et lui présente une fiche d'état-civil qui lui démontre sans contestation possible que le père de sa mère défunte est bien vivant. Sa fille s'étant mariée sans son consentement, l'homme avait complètement coupé les ponts avec elle. Mais si autrefois Naoya enviait ses camarades qui avaient des grands-parents, à présent peu lui importe d'apprendre l'existence de cet aïeul: n'a-t-il pas laissé sombrer son petit-fils dans la plus profonde misère sans jamais se préoccuper de son sort ? Pourquoi souhaite-il le voir maintenant ?

Ayant prévu que le garçon refuserait de le suivre, Yaégashi change de tactique et se met alors en devoir de lui apprendre qui est réellement reiji Aoé: le propriétaire de clubs où se pratique la prostitution. Naoya répond néanmoins que tout celà lui est égal, il a confiance en la bonté de Reiji: s'il s'occupe du B&B, c'est uniquement parce qu'il a succédé à son père. Mais Yaégashi réplique que ça ne change rien au fait qu'il s'agisse d'un commerce d'êtres humains totalement illégal; s'il ne veut pas que la police et les médias soient mis au courant, ce qui s'avèrerait fatal pour Aoé, Naoya ferait bien de sagement obtempérer et venir vivre auprès de son grand-père.

En effet, comme l'avait prévu l'odieux secrétaire, des désastres commencent à frapper Reiji et les siens: Mr. Kambayashi, un vieux politicien qui était l'ami de son père et représente l'un des membres les plus éminents du B&B Club, se retrouve victime d'un chantage avec photos à l'appui; s'il n'accepte pas de payer 50 millions de Yens, il sera révélé au monde que le vieillard fréquente de jeunes hommes prostitués. Le B&B étant un club très fermé à l'existence ultra-secrète et dont les membres sont tenus de respecter une discrétion absolue, Reiji se demande bien qui est assez puissant pour oser ainsi défier un groupe aussi imposant que les sociétés Aoé. Mais lorsqu'il découvre la fiche d'état-civil de Naoya, où figure le nom de Haïtani, il réalise enfin combien l'affaire est grave. Tomisaburô Haïtani est un PDG d'élite qui, parti de rien, est parvenu à faire de sa société la première entreprise de construction de parcs d'attractions du Japon. Vraiment il n'y avait que lui à pouvoir représenter une menace pour Aoé; et cet homme redoutable n'est autre que le propre grand-père de Naoya ?

A la fin, pour protéger la personne qu'il aime, Naoya décide de se rendre à la résidence Haïtani en échange de l'abandon des menaces contre le Groupe Aoé. Comprenant son sacrifice, Reiji le laisse partir la mort dans l'âme, au grand dam de Kiichi qui ne comprend pas ce renoncement inhabituel de la part de son frère. Alors que ce dernier a déjà enquêté sur les actes illégaux et autres financements occultes perpétrés par la société Haïtani, fort de tous ces éléments, il peut d'ores et déjà se préparer à contre-attaquer afin de récupérer Naoya. Et pourtant, hésitant à entraîner son jeune protégé dans un conflit, Reiji ne bouge pas. Bientôt, le docteur Kiichi apprend à son frère la raison pour laquelle Haïtani tenait tant à retrouver son petit-fils: atteint d'un cancer en phase terminale, le vieil homme n'en a plus pour longtemps. Il devient urgent de reprendre Naoya, avant qu'il ne soit officiellement nommé nouveau directeur du Groupe Haïtani. Reiji sait mieux que personne combien le poids du pouvoir s'avère pénible à porter, sans parler du drame de ne plus pouvoir décider à sa guise de sa propre existence. Mais malgré ces sages paroles, le jeune homme hésite encore: est-ce vraiment juste de vouloir ôter Naoya à son grand-père ? Ne serait-ce pas une bonne chose pour l'avenir du garçon qu'il hérite de Haïtani ?

 

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Pendant ce temps, à la luxueuse et imposante résidence où il s'est retrouvé comme un prisonnier, n'ayant même pas l'autorisation de téléphoner à Reiji pour le rassurer, Naoya a enfin rencontré son grand-père, un être froid et austère qui lui adresse à peine la parole et semble ne lui témoigner aucune affection. De plus, dès le jour de son arrivée il doit faire face aux persécutions du jeune Wataru, le fils adoptif de Haïtani qui devait à l'origine succéder à ce dernier. Le gamin rêve de devenir un jour président de la société pour pouvoir construire le plus grand parc d'attractions du monde, et l'arrivée de cet inconnu lui fait craindre de tout perdre: la société Haïtani, mais aussi l'amour de son père adoptif. Son animosité redouble de vigueur à mesure qu'il entend les professeurs particuliers ainsi que les domestiques louer les qualités de Naoya. Un soir, sur un coup de colère, Wataru blesse gravement l'adolescent au bras. Pourtant, il n'avait pas l'intention de lui faire aussi mal, et ne sachant comment demander pardon, son comportement vis à vis de ce rival va se modifier subtilement.

La nuit suivant l'accident, tandis que Naoya est occupé à rechercher dans l'immense parc de la résidence le double des clés de l'appartement de Reiji, méchamment jetées par la fenêtre par yaégashi, le petit garçon vient timidement le rejoindre. Mais tandis qu'ils se chamaillent, par mégarde, Naoya et Wataru tombent dans un vieux puit abandonné. Si grâce à des branchages, tous deux sont heureusement sains et saufs, ces longues heures passées ensemble à attendre la venue du jour et l'arrivée des secours va enfin leur permettre de se parler et de se rapprocher. Naoya comprend alors que si Wataru est un enfant pourri et gâté, il n'est pas réellement méchant; en fait, personne ne lui a jamais enseigné comment bien se comporter, et en voyant sa mine boudeuse et pleine de défiance envers les autres, l'adolescent ne peut s'empêcher de songer à lui-même avant qu'il ne soit recueilli et éduqué par Reiji. Petit à petit, un lien fraternel va s'instaurer entre les deux garçons....

 

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Love Mode 6

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

- Subarashiki Nichiyôbi ("Un Merveilleux Dimanche"), p. 3: Un dimanche, à cinq heure du matin. Alors que la plupart des gens sont encore couchés, le docteur Kiichi vient joyeusement sonner à la porte de son jeune frère, l'obligeant à se lever tôt afin de profiter au maximum de cette journée de repos. Mais à peine est-il entré dans l'appartement que le médecin a la surprise de découvrir Naoya endormi avec son chat sur le canapé. Comment ?! Naoya et Reiji dorment encore séparément ?! Celà signifie que son jeune frère n'a pas encore passé le pas avec l'adolescent. "Lui est-il si précieux qu'il ne parvient pas à poser la main sur lui, ou bien.... Reiji serait-il devenu impuissant ?" prononce à voix haute Kiichi consterné. Entendant celà, Reiji manque s'étouffer en avalant son café. Un peu plus tard, tandis que le business-man est contraint d'aller travailler, Kiichi, accompagné de Haruomi, emmène Naoya faire les magasins (au Japon les magasins sont ouverts le dimanche). Tout d'abord, dans une boutique de vêtements, il lui offre malgré les protestations de l'adolescent économe un tas de tenues qui doivent coûter très cher - et probablement sur le compte de Reiji ! Puis, ils viennent au secours d'une fillette dont le ballon se trouvait coincé dans un arbre, ce qui sera l'occasion pour Haruomi de faire démonstration de sa grande force et Naoya de son agilité. Ensuite, tandis que tous trois se retrouvent attablés dans un salon de thé, Kiichi ne peut s'empêcher de taquiner Naoya en lui disant que bientôt, il va entrer dans la famille Aoé en tant que "jeune mariée", il ne reste plus qu'à acheter la bague. Et comme le médecin - surnommé par ses proches "La Reine à l'Esprit Fêlé" - met toujours ses idées saugrenues à exécution, il entraîne aussitôt ses amis dans une bijouterie. Au grand soulagement de Naoya, il se contente de lui acheter une montre, mais alors qu'ils sont sur le point de quitter le magasin, celui-ci est soudain attaqué par deux cambrioleurs. Par malchance, Haruomi a laissé ses deux compères seuls, ayant quitté la bijouterie en avance afin d'aller chercher la voiture. C'est ainsi que Kiichi et Naoya se retrouvent pris en otages, entraînés dans la voiture des malfaiteurs bientôt pris en chasse par la police.

Lorsque Reiji apprend la nouvelle, il sent son sang se glacer ! Douloureusement, il se rappelle les événements survenus des années plus tôt dans son adolescence, quand il avait appris le décès de son ami Shiki, un mystérieux jeune homme qui était probablement son amour de jeunesse et ne quitte jamais sa mémoire. Reiji refuse de perdre un être cher encore une fois, et met aussitôt en branle son propre réseau de recherche, utilisant pour celà un hélicoptère et le signal émis par le portable de Kiichi. Au même moment, deux autres personnes se lancent également à la poursuite des ravisseurs, le jeune ii-Shin et son chef Tien-Li, deux chasseurs de prime chinois dont la mission consiste à traquer les criminels de leur pays émigrés clandestinement au Japon où ils continuent de commettre leurs méfaits. Ce jour-là leur rôle consistait simplement à surveiller les deux voyous, et ii-Shin s'étonne que son supérieur s'acharne à les poursuivre au lieu de laisser la police s'occuper de l'affaire. Néanmoins, comme l'adolescent déteste ces bandits chinois à cause des crimes desquels les Japonais se méfient des émigrés, peu lui importe si son camarade veut les arrêter. Malgré son apparence négligée et ses joues mal rasées, Tien-Li ressemble étrangement à Haruomi.

Pendant ce temps dans la voiture des ravisseurs, écoutant les nouvelles à la radio, les deux bandits discutent entre eux en chinois: l'un propose de se débarrasser d'un des otages lorsque le moment sera venu d'abandonner la voiture; de toute manière, ils comptent bien les tuer tous les deux. Les voyous ignorent que Kiichi comprend parfaitement le chinois, et profitant qu'ils roulent sur une autoroute située sur un pont, il jette Naoya par la portière ouverte afin de lui sauver la vie. Tombé dans l'eau en contrebas, sain et sauf mais terriblement inquiet pour celui qu'il considère comme son grand frère, l'adolescent ne peut que regarder le véhicule s'éloigner. Mais revenant à lui, il regagne la berge et trouvant une cabine téléphonique, s'empresse de prévenir Aoé. Reiji accourt le plus vite qu'il peut, et avec un soulagement indicible, sert Naoya dans ses bras.

Sur le pont où l'autoroute encore en construction arrive bientôt en fin de voie, grâce à l'intervention de Tien-Li et ii-Shin, la voiture des bandits s'est enfin immobilisée, écrasée contre le parapet du pont. Le conducteur est mort, et à l'arrière son compère le paraît également. Habitué depuis son enfance aux situations dangereuses et bien entraîné, Kiichi parvient à s'en sortir sain et sauf. Mais hélas, au moment où il descend du véhicule, l'un des bandits reprend connaissance et lui tire dans le dos. La balle traverse l'épaule gauche du médecin, mais ce dernier n'élève pas un cri, à la déception de son agresseur, et même se moque ironiquement du bandit couvert de sang. Irrité de se voir ainsi défié avec tant d'assurance et de sang-froid malgré le pistolet qu'il tient à la main, le voyou pointe l'arme sur le front de kiichi en lui demandant qui il est en réalité. Mais ce dernier, en chinois, se contente de répondre "Un simple médecin". Furieux que le jeune homme continue de le narguer, le bandit commence à appuyer sur la détente, mais il n'a pas le temps d'accomplir son forfait qu'une balle l'atteint en pleine tête. Il s'écroule, mort, abattu par le jeune ii-Shin. Pendant que l'adolescent se charge des cambrioleurs, Tien-Li se précipite vers Kiichi sur le point de perdre conscience et le soulève dans ses bras. "Haruomi ?.... Tu es en retard...." murmure le médecin en croyant reconnaître son amant.

Lorsque la police et le véritable Haruomi arrivent enfin, ils découvrent les deux bandits morts et le jeune homme évanoui à cause d'une grande perte de sang, enveloppé dans le manteau de Tien-Li. Kiichi est conduit à l'hôpital, et il faudra un mois pour sa complète guérison. Après la visite émouvante de Reiji et Naoya, une fois qu'il se retrouve seul auprès de son bien-aimé, en contemplant le manteau posé près de son lit, Kiichi se demande qui pouvait bien être cet homme qui l'a sauvé et qu'il a confondu avec Haruomi. "Si jamais un jour tu étais en danger, je te protégerais au péril de ma vie. Où que tu sois, quoi qu'il arrive, je te protégerais sans faillir !" Il y a très longtemps, deux hommes lui avaient fait ce serment, et l'un était Haruomi. Ce dernier est profondément désolé de n'avoir pas pu tenir sa promesse, mais Kiichi s'efforce de le consoler en lui rappelant qu'il est sien, et ajoute avec malice que lorsqu'il sortira de l'hôpital, il ne le laissera pas dormir de la nuit pendant un bon bout de temps.

Au même moment, dans le quartier chinois, Tien-Li est nonchalamment étendu sur son lit, l'air mélancolique, enchaînant bière sur bière et cigarette sur cigarette. ii-Shin fait aussitôt remarquer qu'aujourd'hui, son ami n'est vraiment pas dans son état normal: d'ordinaire, il ne fait jamais lors d'une mission davantage que ce qu'on leur a demandé; n'est-ce pas Tien-Li lui-même qui passe son temps à lui dire "Nous ne sommes pas des assassins" ?! Eludant la question, et après avoir repoussé les avances de ii-Shin qu'il ne parvient pas à considérer comme un objet de désir vu qu'il connaît l'adolescent depuis l'époque où ce dernier faisait encore "pipi au lit", Tien-Li quitte la chambre pour aller prendre une douche. Une fois seul, le jeune homme s'interroge sur l'étrangeté du Destin: voilà dix ans qu'il n'avait plus entendu la voix de Kiichi; ces retrouvailles opportunes sont-elles un cadeau du Ciel ? Parfois le hasard fait bien les choses....

A des kilomètres de là, à l'appartement que partagent Reiji et Naoya, buvant un verre de whisky, le business-man ne se remet toujours pas de ce qui s'est passé ce jour. Celà faisait si longtemps qu'il n'avait pas ressenti cette peur qui vous prend au ventre ! Plus que jamais, il est conscient du fait qu'il ne veut plus perdre Naoya. Tandis que l'adolescent s'apprète à se coucher, la mine sombre, Reiji lui demande: "Jusqu'à quand comptes-tu dormir sur le sofa ?" Et se levant, Aoé s'empare de sa bouteille de whisky et verse le liquide sur le canapé. Puis, il entraîne avec lui le jeune garçon dans sa propre chambre. Rougissant, Naoya se rappelle avec inquiétude les paroles prononcées par Reiji la première fois qu'ils avaient eu un début d'échange sexuel: "La prochaine fois, que tu cries ou que tu pleures, je t'étreindrai jusqu'au bout." Mais malgré son appréhension, Naoya ne repousse pas Aoé lorsque ce dernier lui demande s'il est prêt, et se laisse étendre sur le lit....

 

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- Fly me to the Heaven , p. 103: Avec cette histoire, l'auteur entâme une série de chapitres consacrés aux hôtes du B&B Club. Seiichi Amagaï, 23 ans, est le King du Blue and Boy Club, le numéro 1 de la catégorie "Actifs". Ce jour-là, il s'apprète à rencontrer un client classé dans les Special V.I.P., et vu que ce club n'est fréquenté que par des célébrités - artistes, sportifs, politiciens... - et des personnes immensément riches, les clients "très spéciaux" ne peuvent donc qu'être des personnalités éminentes au niveau national, il s'agit parfois même de princes étrangers. Néanmoins, lorsqu'il pénètre dans la chambre où l'attend son client en se demandant à qui il pourra bien avoir affaire, Seiichi a la surprise de découvrir un jeune garçon d'aspect malingre au visage couvert de tâches de rousseur, et qui ne doit pas avoir plus de 14 ans ! Immédiatement, ce qui traverse l'esprit de l'hôte est "détournement de mineur" et il s'empresse de téléphoner à la direction. Mais il n'y a pas d'erreur, l'adolescent, Tomoki Saginuma, est bien le Special V.I.P. dont il doit s'occuper. Raccrochant le combiné, Seiichi se rend dans la salle de bain et surprend le garçon en train d'avaler des comprimés. Croyant qu'il s'agit de cachets aphrodisiaques, l'hôte lui fait part aussitôt de sa désapprobation. Néanmoins, Tomoki se précipite vers lui en l'implorant: n'a-t-il pas passé contrat en bonne et due forme ?! Pendant deux semaines, Seiichi est censé jouer le rôle de son "petit ami"; à partir de ce jour, ne doit-il pas devenir totalement sien sans poser de questions ? Dérouté par la détermination de l'adolescent, l'hôte finit par se laisser convaincre. Et lorsqu'il demande à Tomoki quel est son souhait, ce dernier répond en rougissant: "Faire l'amour." Seiichi passe donc la nuit avec le garçon, qui était vierge comme il s'en doutait; mais bien que pendant leur étreinte il ait tremblé de peur du début jusqu'à la fin, jamais Tomoki ne prononçat une seule fois les mots "Non" ou "Arrêtez".

Ainsi, chaque jour, Seiichi va continuer de jouer le rôle du petit ami de Tomoki, dont le seul désir est que le jeune homme lui fasse l'amour comme si le lendemain le monde allait s'écrouler. L'hôte ne tarde pas à être frappé par le caractère contradictoire de l'adolescent: bien que ce dernier recherche le plaisir sexuel en allant jusqu'à prendre des médicaments, il semble pourtant étrangement calme et docile. Tomoki est vraiment différent de tous les clients qu'il a eu jusqu'ici. Et peu à peu, bien que la règle numéro 1 d'un hôte soit de ne pas tomber amoureux de son client, Seiichi va s'attacher à Tomoki, fils caché d'une grande actrice de cinéma, et parvient même à le convaincre de ne plus prendre de cachets. Hélas, ces comprimés n'étaient pas des substances aphrodisiaques comme le pensait Seiichi, et le dernier jour de leur contrat, Tomoki s'effondre, victime de violents maux de tête. Tandis que l'adolescent est hospitalisé, l'hôte est convoqué par le directeur du club, Reiji Aoé. A force d'insistance, ce dernier lui explique enfin ce qui arrive à Tomoki et pourquoi le garçon est considéré comme un Special V.I.P. : n'étant pas membre du B&B, sa demande de contrat n'aurait normalement jamais du être acceptée, mais comme il souffre d'une maladie grave (et grâce à un petit chantage exercé par Kiichi), Reiji s'était vu contraint d'accéder à sa requête. Horrifié, Seiichi sent son sang se glacer lorsque son patron lui apprend que le jeune garçon souffre d'une tumeur au cerveau; et celle-ci étant mal placée, il s'avère impossible de l'opérer. De plus, cette tumeur a atteint un état avancé, et d'après l'avis des médecins, on ignore même s'il vivra jusqu'à l'automne prochain. A présent qu'il sait que son jeune amant, dont il ne parvient pas à effacer le souvenir malgré tous les clients auxquels il a servi de partenaire et n'ont fait qu'un bref et sans regrêt passage dans sa vie d'hôte, se trouve condamné, Seiichi se voit confronté au choix le plus difficile de son existence....

Note: La fin de ce chapitre est des plus ambiguë, l'auteur ayant préféré que chaque lecteur l'interprète à sa manière. Quand Tomoki ferme les yeux, allongé à l'entrée de la maison que lui a laissée sa grand-mère tandis que Seiichi part faire les commissions, est-il mort ou simplement endormi ? Mais que ce soit le jour où Seiichi est venu le rejoindre ou plus tard en automne comme le prévoyaient les médecins, il est hélas probable que Tomoki soit décédé. En effet dans le volume 7 de Love Mode , alors qu'il avait abandonné son métier d'hôte afin de venir vivre près de son bien-aimé, on apprend que Seiichi a repris ses activités au B&B Club, sur les conseils de son ami Jinnaï. Il a aussi beaucoup changé moralement: il a quitté ses airs de play-boy et paraît à présent sensiblement plus sage et mélancolique.

 

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- Subarashiki Kin'yôbi ("Un Merveilleux Vendredi"), p.167: En guise de détente après le ton dramatique du chapitre précédent, les deux histoires qui suivent sont plutôt tournées vers l'humour. Cinq jours après la prise d'otages dont il a été la victime, Naoya s'en va visiter Kiichi à l'hôpital. Il n'est pas venu le voir depuis le dimanche du drame, et malicieusement, le médecin taquine l'adolescent en lui contant que D'APRES REIJI , Naoya a été cloué au lit par la GRIPPE ! Ecarlate, Naoya, qui ne sait pas mentir, répond par un bredouillement. Bien sûr, Kiichi se doute déjà de ce qui s'est passé entre lui et Reiji. Le soir, lorsque le lycéen rentre chez lui, il a la surprise de découvrir un autre canapé à la place de celui taché au whisky par Aoé; un canapé beaucoup plus petit au point qu'on ne puisse s'y allonger, et rougissant, Naoya comprend aussitôt que son compagnon s'attend bien à ce qu'il dorme toujours avec lui désormais. Tandis que le garçon se fait ces réflexions, arrivant dans son dos sans prévenir, Reiji le fait involontairement sursauter; puis, l'embrassant, il demande au lycéen quel jour sera le lendemain. Etonné, Naoya répond "Samedi." Alors, le business-man annonce que ça ira. Puisque le lendemain son jeune amant n'a pas école, ce soir, tous deux vont pouvoir se donner l'un à l'autre et s'aimer tout leur saoûl....

 

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- Yamiagari no Yorusora ni ("Sous le Ciel Nocturne de la Convalescence"), p.180 : Un petit chapitre de 7 pages, juste pour le plaisir trop rare de voir Kiichi et Haruomi seuls ensemble. Sa blessure pratiquement guérie, Kiichi a été autorisé à quitter l'hôpital plus tôt que prévu et rentre donc à la luxueuse résidence Aoé, où il vit avec Haruomi et Kashima. A peine est-il de retour chez lui que l'étonnant médecin, bien qu'il soit encore convalescent, décide d'aller se délasser dans l'impressionnant "bain dans la jungle" qui fait la fierté de la résidence, et dont la construction a coûté plus de cent millions de Yens ! Kiichi adore ce lieu sauvage composé de roches et d'une végétation luxuriante, et tandis qu'il s'abandonne au bien-être de ce bain enchanteur, Haruomi ne tarde pas à venir le rejoindre. Ce dernier est scandalisé: le jeune homme vient pourtant à peine de quitter l'hôpital ! Mais toujours aussi malicieux, Kiichi fait tomber son ami dans le bassin, et rappelle à Haruomi ce qu'il lui avait dit quelques semaines auparavant: "Quand je sortirais de l'hôpital, je ne te laisserais plus dormir de sitôt !" Et c'est ainsi - dit l'auteur - que la bête sauvage finit par se faire dévorer toute la nuit durant par la Reine à l'Esprit Fêlé !....

 

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Love Mode 7

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

- Thunder Honey , p.3 : Rin Takimura, 20 ans, est un jeune homme calme et "à l'ancienne" qui ne quitte jamais son kimono et passe son temps libre à pratiquer l'ikébana , cet art traditionnel japonais d'arrangement floral. Autrefois hôte numéro 2 du B&B, Rin s'est hissé au rang de numéro 1 (catégorie "passifs") après la retraite d'Izumi, à présent professeur dans une école de danse pour enfants, une place que lui a gracieusement obtenu Kiichi. Incroyablement fier, s'il y a quelque chose que le jeune homme déteste, ce sont bien les hommes vulgaires et les imbéciles. Hélas, Ian Sanders, le client attitré de Rin, est sans conteste un digne représentant de ces deux catégories à la fois ! Top model actuellement au sommet de la gloire, né au Japon, Ian a grandi à Boston sous la garde d'une baby-sitter qui venait du Kansaï, ce qui fait que ce jeune Anglais de 17 ans parle à présent le japonais avec l'accent peu élégant de cette région. Il a passé un contrat avec le Blue and Boy Club de façon à ce que les services de Rin lui soient exclusivement réservés, bien que celà lui coûte une fortune. Ainsi, à chaque fois qu'il revient d'un gala à l'étranger, le mannequin est bien décidé à profiter au maximum de la présence de Rin, afin de rattraper le temps où il n'a pas pu le rencontrer.

Ce jour-là, à peine arrivé à l'aéroport, Ian se précipite directement au B&B pour sauter joyeusement au cou de son hôte "personnel", paisiblement occupé à pratiquer l'ikébana dans son appartement de style traditionnel, situé au 53ème étage de l'immeuble abritant en secret le club. Surpris, Rin est précipité à terre par un Ian déjà prêt à "tirer un coup". Scandalisé par ce comportement bestial, le jeune hôte calme son client d'un bon coup sur la tête. Mais le top model, prétextant qu'il est en pleine force de l'âge et doit rentabiliser le prix fou que lui coûte le monopole de Rin, repart à la charge aussitôt. Leur querelle finit par se changer en bagarre en règle qui s'achèvera par le bris d'une des gigantesques vitres de l'immeuble. Convoqués dans le bureau du directeur, Rin et Ian se retrouvent tous deux condamnés en guise de punition à nettoyer toutes les vitres de la longue galerie du 32ème étage. Face à la colère de l'imposant Aoé, ni l'un ni l'autre n'osent protester et s'empressent de quitter le bureau à toutes jambes ! Amusé, le secrétaire Kashima fait remarquer que décidément, ces deux-là ne changent pas ! Le malheureux Ian est encore une fois couvert de griffures; il a beau dire à Rin de faire attention de ne pas blesser le visage de son client - si important pour un top model - le jeune hôte n'écoute rien. Tandis que son secrétaire exhale un soupir, Reiji répond que c'est inutile de tenter de raisonner Rin, puisque c'est Jin lui-même qui s'est chargé de son éducation.

Alors que les deux jeunes gens sont justement en train d'exécuter leur punition, le fameux Jin en question vient à passer dans le couloir. Cet homme, Jinnaï Kuniaki de son vrai nom, 36 ans, est le numéro 2 du B&B (catégorie "actifs"). Hôte d'élite au charme ravageur, il possède également un caractère bien trempé, et s'est vu jadis confier l'apprentissage de Rin par l'ancien directeur, le père de Reiji, qui voyait en l'adolescent un hôte prometteur. Pas étonnant que formé par cet homme imposant et autoritaire, Rin en soit venu à développer un caractère si difficile au point de lever la main sur ses propres clients ! Ian ne se gêne pas pour rappeler ceci à jin, furieux et jaloux de voir Rin accueillir son mentor avec un visage si rayonnant. Le jeune homme voue une véritable adoration à celui qui lui a appris son métier d'hôte, et il est certain que maître et disciple partagent une affection contre laquelle Ian a bien du mal à rivaliser. Pour taquiner le top model, Jin serre exprès le jeune hôte dans ses bras. N'est-ce pas justement cette personnalité froide et incisive de Rin qui fait son côté mignon ? Tandis que Ian explose de colère, cette plaisanterie coûtera encore un carreau de cassé au B&B !

Le soir, après sa douche, Ian s'en vient avec une canette de bière dans le salon, maugréant encore contre ce "vieux lubrique" de Jin. Rin est en train de regarder la télévision, et s'approchant, le jeune homme remarque qu'il s'agit du défilé de mode auquel il avait récemment participé. Admirant la démarche altière et l'allure pleine de classe de son client, l'hôte ne peut s'empêcher de remarquer combien Ian fait son travail de mannequin avec sérieux. Lorsqu'il défile ainsi, on dirait complètement une autre personne ! Mais malgré tout, le soir, Rin continue de repousser le top model avec froideur. Même le lendemain matin, il paraît de très mauvaise humeur, en dépit de tous les efforts de Ian pour tenter de le dérider. Mais lorsque l'Anglais appelle Rin son "petit ami", tremblant de rage, le jeune hôte ne peut plus contenir sa colère et lui jette son bol de thé à la figure. Habitué à ces excès d'humeur, Ian évite l'objet de justesse, qui vient violemment se briser contre le mur de la chambre. Sans répondre aux protestations de son client, qui ne comprend vraiment pas ce qu'il a bien pu lui faire pour le mécontenter ainsi, Rin s'enfuit en courant.

Mais cette fois, il est allé trop loin. L'affaire parvient aux oreilles de Jin, qui va retrouver son disciple dans le débarras où ce dernier a l'habitude de se réfugier quand quelque chose ne va pas. L'hôte d'élite a reçu l'ordre du directeur de corriger la mauvaise éducation qu'il a donnée à Rin: bien sûr, la beauté froide et la force de caractère du jeune homme ont toujours fait son succès; mais il ne doit pas oublier que son métier est de servir le client et tout faire pour lui être agréable. C'est le premier devoir d'un hôte, la première chose que Jin lui avait jadis enseigné. Rin doit se montrer plus docile s'il ne veut pas être renvoyé. Ainsi, prétextant qu'il devient nécessaire de reprendre son apprentissage à zéro, l'hôte d'élite fait semblant de violer son jeune disciple. Mais tandis que baillonné et ligoté, les yeux emplis de larmes, Rin se met à appeler Ian de toute la force de son âme, Jin s'arrête net. Essuyant les yeux du jeune homme, il lui assure qu'il n'a jamais voulu lui faire de mal, ce n'était qu'un avertissement. Néanmoins, il prévient son disciple que si ce dernier continue à créer des problèmes et montrer un comportement violent, la prochaine fois il lui appliquera sans faute une punition dont il se souviendra !

Alors que les deux hôtes quittent le débarras, ils tombent nez à nez avec Ian, qui était justement à la recherche de son insoumis amant. Remarquant les yeux rouges et les vêtements en désordre de ce dernier, accompagné en plus du "vieux lubrique", le mannequin croit immédiatement qu'il s'est passé quelque chose entre eux. Rin répond que ça ne le regarde pas, mais furieux et fou de jalousie, Ian entraîne le jeune homme par le bras et le jette sur le sol de sa chambre. Rin est censé lui appartenir, mais alors qu'il ne le laisse même pas le toucher, pourquoi se montre-t-il aussi aimant avec un autre homme ? Lui aussi en proie à la colère, l'hôte réplique que si Ian tient tant que celà à coucher avec lui, il n'a qu'à le prendre sans demander la permission. Alors que le mannequin est toujours si brutal dans ses paroles et dans ses actes, n'est-ce pas lui-même qui se refuse finalement à l'étreindre à chaque moment crucial ? Mais Ian répond tristement que c'est Rin qui ne cesse pourtant de le repousser, et si l'hôte lui dit "Non !", il n'y a pas de raison qu'il le prenne sous la contrainte.

Cependant Rin continue d'affirmer que son client se trompe: c'est ce dernier lui-même qui l'a repoussé dès le départ. Laissant amèrement couler ses larmes, le jeune hôte rappelle alors au top model leur toute première rencontre: dès qu'il s'était trouvé en face de Ian, avec ses cheveux blonds et ses yeux gris semblables à des pierres précieuses, Rin avait eu tout de suite le coup de foudre. Mais l'Anglais, mécontent, avait protesté que c'était le numéro 1 Izumi qu'il avait demandé, pourquoi se contentait-on de lui amener le numéro 2 ? Izumi se trouvant en long congé de maladie après son opération du coeur, n'ayant pas le choix, Ian s'était finalement rabattu sur Rin, ignorant combien ses paroles avaient blessé ce dernier, combien le jeune homme s'était senti vexé et misérable. Ainsi, bien qu'il aime Ian de toute son âme, jamais Rin n'a pu se résoudre à lui avouer son amour.

Tandis que le jeune hôte, le visage ruisselant de larmes, dit au mannequin qu'il le déteste, ce dernier, l'esprit toujours aussi obtus, prend ces paroles pour argent comptant. Et ne voulant pas lui imposer davantage sa compagnie, il quitte la chambre et laisse Rin seul avec sa douleur. Le lendemain matin, l'hôte est convoqué au bureau du directeur. Là, Reiji lui apprend que Ian a décidé de rompre son contrat d'exclusivité sur sa personne. A partir de la semaine suivante, le top model doit participer à un défilé de mode qui a lieu à Milan et va désormais concentrer la plus grande partie de ses activités à l'étranger. Cependant, si Rin choisit d'accompagner son client, la résiliation du contrat sera annulée et tout redeviendra comme avant. A présent, la décision n'appartient qu'à Rin: va-t-il suivre Ian à Milan ou continuer de nier son amour et couper définitivement les ponts avec son bien-aimé ?

 

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- Amaï Wana ("Un si doux Piège"), p.71 : Kyosuké Katsuki, 19 ans, est un jeune playboy aussi bête et maladroit que séduisant. S'il n'a incontestablement aucun problème pour séduire les filles, il fait preuve de si peu de délicatesse que ses rendez-vous galants se terminent souvent en catastrophes qui le tournent en ridicule. Un soir, après un concert de musique classique où il s'est rendu avec sa dernière conquête, il entraîne celle-ci dans les toilettes puis lui fait de but en blanc une demande plutôt grossière qui a plus de chance de lui attirer les foudres de la jeune fille que son consentement. Traité de tous les noms, Katsuki se lance à la poursuite de sa compagne récalcitrante sans même prendre la peine de relever son pantalon .... et finit par trébucher et s'étaler de tout son long sur le sol peu ragoûtant des toilettes ! Situation déjà assez humilante comme ça, si une autre personne n'avait en plus assisté à la scène. Toisant de ses 1m 86 le playboy malchanceux affalé par terre (le pantalon toujours baissé de surcroît), un séduisant homme d'âge mûr aux allures de gentleman le contemple d'un air amusé. "Si tu n'arrives pas à te relever seul, tu veux que je t'aide, gamin ?" lance ironiquement Jinnaï Kuniaki, hôte numéro 2 du B&B club. Irrité de s'entendre ainsi traiter de "gamin" autant que de s'être mangé la honte, Katsuki refuse aussitôt, mais avant de s'en aller, il ne peut s'empêcher de jeter des coups d'oeils intrigués vers l'inconnu, occupé à parler anglais avec un autre jeune homme (un de ses clients). C'est ainsi que Katsuki se voit bientôt gratifié d'un de ces sourires à la fois moqueur et plein de charme dont Jin a le secret !

De retour chez Eiko, la femme d'affaires avec qui il vit et qui l'entretient, le jeune playboy ne s'est toujours pas remis de l'humiliation, en proie à un dépit qu'il ne s'explique pas. C'est certain que vu par ce troublant inconnu rencontré dans les lavabos, il n'est encore qu'un gamin. Et le jour suivant, ne pouvant décidément garder sa mésaventure pour lui, il se met en devoir de la raconter à ses deux sempaïs, deux jeunes hommes eux aussi fort séduisants. L'un est Tôma, le patron du bar où Katsuki a l'habitude de traîner en quête de nouvelles proies, un ancien hôte devenu propriétaire. Quant au second, ce n'est autre que Seiichi Amagaï, l'actuel "King" du B&B. Après avoir arrêté de travailler dans ce club pendant quelque temps, il a finalement repris son métier d'hôte (sans doute suite au décès de son petit ami Tomoki), et paraît à présent plus sage et réfléchi, comme mûri par une expérience douloureuse qui a marqué son visage de tristesse et de mélancolie. Le patron du bar rit beaucoup de la mésaventure de Katsuki: décidément, le pauvre n'a que son physique pour lui ! La preuve en est que chaque fois qu'elles découvrent sa personnalité, les femmes finissent toujours par le fuir.

Le fait de s'entendre dire celà par deux hôtes professionnels, loin de lui remonter le moral, ne fait qu'enfoncer davantage le maladroit et complexé Katsuki. Finalement, il en vient à se demander s'il ne devrait pas s'engager comme hôte dans un club de rencontres pour hommes riches, comme Seiichi. Celà lui permettrait de se perfectionner, et après tout, il a déjà couché avec un garçon, bien que ce soit arrivé un soir où il était complètement bourré. Mais Seiichi l'arrête aussitôt: Katsuki ferait mieux de renoncer à cette idée, il n'est pas fait pour celà. L'hôte se montre très sérieux, et son ami Tôma, bien qu'avec plus de patience et de gentillesse, ajoute que se faire hôte n'est pas le genre de propos que l'on peut tenir à la légère; si jamais le jeune playboy évoque encore le sujet devant lui, il lui interdira l'entrée de son établissement. Katsuki accepte finalement avec lassitude de se rendre aux sages raisons de ses sempaïs, qui ne veulent pas le voir se prostituer. Mais d'un autre côté il ne parvient pas à comprendre pourquoi il se sent si irrité. Sans cesse, il revoit en esprit le visage moqueur de Jin qui le traite de gamin.

Finalement, le jeune homme décide qu'il n'y a qu'un seul moyen d'oublier l'humiliation qu'il a subi: se vautrer dans la luxure ! Et le voilà donc qui invite sa compagne Eiko à sortir dîner, puis tous deux louent une chambre d'hôtel pour une partie de jambes-en-l'air. Hélas, à peine se sont-ils mis au lit que le portable de la jeune femme se met soudain à sonner: obligée de se rendre d'urgence à sa société, elle finit par laisser son amant en plant. Déçu que Eiko ait choisi son travail plutôt qu'une nuit avec lui, le malheureux Katsuki se dit que le statut d'homme entretenu est décidément bien précaire: choisi pour son apparence physique, il n'est en sorte que l'animal de compagnie de sa maîtresse. Mais faisant contre mauvaise fortune bon coeur, puisqu'il a déjà la chambre d'hôtel, il décide de se trouver une autre fille. Néanmoins, un peu plus tard, Katsuki doit se résoudre à revenir de la chasse bredouille, une cuisante marque de gifle sur la figure. Bizarre.... Lui qui autrefois avait tant de succès auprès des femmes, depuis quelque temps rien ne va plus. Et tout ça depuis le jour où il a rencontré cet inconnu !

Le jeune homme s'est à peine fait cette réflexion qu'il a la surprise d'apercevoir l'objet de sa hantise près de la piscine de l'hôtel. Debout devant la baie vitrée où s'étendent les lumières de la ville, en bras de chemise, Jin boit nonchalamment une bière au goulot. Se sentant observé, l'hôte reconnaît immédiatement Katsuki et lui adresse la parole en le traitant encore une fois de "gamin". Cette fois le jeune playboy réplique en l'appelant "tonton", et tous deux finissent par se présenter l'un à l'autre. Cependant Jin continue de se moquer gentiment de son cadet, et tandis qu'il fait remarquer à ce dernier qu'il est interdit de porter des chaussures autour de la piscine, en se déchaussant à la hâte, Katsuki décidément toujours aussi maladroit finit par tomber la tête la première dans le bassin. Hélas il ne sait pas nager et manque se noyer. Jin plonge aussitôt pour le secourir, mais même après que l'hôte l'ait remonté à la surface, pris de panique, le jeune homme continue de crier et de se débattre. Alors, afin de le calmer, sans hésitation Jin l'embrasse sur la bouche, jusqu'à ce qu'il cesse enfin de se démener. En fait, l'eau n'est pas profonde, et comme le lui fait remarquer son sauveur, Katsuki a pied ! Tandis que le jeune homme lève vers lui un regard étonné, complètement dérouté par ce qu'il vient de lui faire, Jin explique que le seul moyen à sa connaissance de calmer quelqu'un qui se débat est un baiser. Mais Katsuki ne doit surtout pas le prendre mal.

Peu de temps après cet incident, le jeune homme prend conscience d'une douloureuse réalité: en ce monde, il y a des hommes dont il ne faut surtout jamais tomber amoureux. Car c'est bien ce genre de sentiment qu'il éprouve pour Jinnaï Kuniaki, ce gentleman dont il ne connaît que le nom. En même temps, Katsuki sent s'affirmer en lui son désir de devenir hôte; mais tandis qu'il souhaiterait vaguement aborder le sujet avec son sempaï Seiichi Amagaï, ce dernier est hélas absent du bar où ils ont l'habitude de se retrouver. Mais en sortant de l'établissement, le jeune playboy aperçoit soudain Jin qui monte au volant de sa superbe voiture de sport italienne. Vite, Katsuki se précipite dans un taxi pour se lancer à la poursuite de l'objet de ses tourments. C'est ainsi qu'il arrive à l'entrée d'un parking souterrain interdit aux visiteurs, dans lequel il n'hésite pas à s'engouffrer. Tandis que Katsuki pénètre dans ces locaux interdits, une alarme se met à sonner et il se retrouve nez à nez avec deux agents de la sécurité. Les semant, le jeune homme se met à courir de couloir en couloir en hurlant le nom de Jinnaï Kuniaki, mais c'est sur Seiichi qu'il finit par tomber. Stupéfait, Katsuki réalise alors que le bâtiment où il s'est introduit n'est autre que le B&B Club. Cependant il n'a pas le temps de s'expliquer que Jin apparaît à son tour.

Finalement, l'hôte d'élite accompagne le jeune homme jusqu'au bureau du directeur, mais malgré tous les efforts du secrétaire Kashima pour joindre Aoé, ce dernier ne répond pas au téléphone. Comprenant que Reiji doit probablement se trouver en pleine "transaction" avec Naoya, Kashima ne sait comment faire face à cette délicate situation; mais heureusement, le docteur Kiichi survient fort à propos. Se faisant passer pour le directeur sous le regard amusé de Jin, il accepte d'admettre Katsuki au B&B Club. N'osant avouer à Jinnaï la véritable raison pour laquelle il s'est lancé à sa poursuite - "Je voulais vous rencontrer encore une fois, me rapprocher de vous, vous faire mien" - le jeune homme a en effet émis clairement le souhait de devenir hôte. Et à la grande joie de Katsuki, Kiichi charge Jin de sa formation, en insistant bien sur le fait que l'hôte d'élite doit prendre ses responsabilités.

Ce dernier commence donc par entraîner le jeune homme dans sa chambre et lui ordonne de se déshabiller, afin qu'il puisse juger son corps et en évaluer la valeur. Puis Jinnaï administre de force à Katsuki une drogue aphrodisiaque qui lui fera passer des instants particulièrement humiliants et pénibles. En agissant ainsi, Jin veut lui faire comprendre à tout prix que même si le nom d'"hôte" sonne apparemment bien, ce n'est ni plus ni moins que de la prostitution. Au B&B les clients appartiennent à une couche sociale privilégiée et se montrent en général bien élevés avec les hôtes, qui ne sont pas tenus absolument de vendre leur corps; mais parmi ces clients il y en a quand même qui n'hésitent pas à porter la main de force sur qui leur plaît. Ainsi, Jin explique avec patience et gentillesse que si les effets d'une simple drogue aphrodisiaque suffisent à faire pleurer Katsuki, il lui est impossible de pratiquer ce métier. Il ferait mieux de rentrer chez lui et d'oublier, s'il ne tient pas à être blessé davantage.

Mais malgré l'état d'abattement dans lequel il se trouve suite à cette éprouvante expérience, Katsuki reste conforté dans sa décision. Et il en fait part le soir-même à sa maîtresse Eiko qui, indignée, le jette aussitôt dehors avec perte et fracas. Ainsi, n'ayant plus nulle part où aller que le B&B, le jeune homme ne pourra se permettre un regret et n'aura plus aucune possibilité de revenir en arrière. Peu lui importe d'être blessé s'il peut rester auprès de Jin. C'est ainsi que Katsuki commence à travailler au club tout d'abord en tant que serveur et garçon d'hôtel, soi-disant pour apprendre les bonnes manières qui lui font incontestablement défaut. Car le métier d'hôte n'est pas si simple qu'il suffise d'avoir un physique avantageux pour l'exercer: il faut également savoir tenir une conversation, servir à boire, faire un lit. Et plus que quiconque le mal élevé playboy semble avoir besoin d'un vigoureux polissage. Le jeune homme relève néanmoins le défi avec motivation, prêt à tout pour se faire admettre par Jin. C'est la première fois de sa vie qu'il désire réellement quelqu'un, au point d'en oublier toute fierté, de le poursuivre et lui faire une déclaration. Katsuki ignore encore que le "directeur" qui l'a embauché n'est pas le véritable patron du B&B et qu'il n'a jamais été question de faire de lui un hôte, mais de lui donner une chance de devenir quelqu'un de bien et surtout de concrétiser son amour.

 

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- Happy Birthday , p.175 : Alors que le docteur Kiichi, son petit ami Haruomi et le jeune Naoya l'attendent à son appartement superbement décoré afin de fêter son anniversaire, Reiji annonce au téléphone qu'il passera la nuit au bureau, car le lendemain il doit partir pour Hong-Kong. Kiichi est scandalisé ! Lui qui se réjouissait tant de voir le visage renfrogné de son jeune frère lorsque ce dernier découvrirait la fête, soigneusement préparée depuis trois jours ! Mais qu'importe à Reiji son anniversaire, malgré les propos de son jeune secrétaire Kashima qui lui assure que Naoya aussi sera très déçu. Néanmoins, une fois seul, Reiji se met à songer à la fête organisée par ses amis des années plus tôt, lorsqu'il était encore lycéen: Katsura Takamiya et le mystérieux Shiki (dont on ne voit jamais le visage) avaient débarqué chez lui à 3 heure du matin ! "Pourquoi s'emballer ainsi pour l'anniversaire de quelqu'un d'autre ?" avait soupiré Reiji, déconcerté. Mais Shiki avait répliqué qu'il s'agissait d'un moment important, et même du jour le plus important dans une année. Et tandis que Shiki entourait son cou de ses bras et que Takamiya s'asseyait au piano, ses deux amis s'étaient mis à entonner en plein milieu de la nuit la fameuse chanson Happy Birthday . A ce moment-là, Reiji comme à son habitude avait un peu tiré la gueule, mais à présent, cette fête représente pour lui l'un de ses plus merveilleux souvenirs.

Rouvrant les yeux, le business-man voit soudain en esprit le visage joyeux de Naoya, et repense aux paroles de son secrétaire: son jeune amant sera très déçu. Mais peu importe, essaye-t-il de se convaincre, ce soir le travail doit passer avant tout. Cependant, Naoya a finalement décidé de se rendre directement au B&B où il n'a encore jamais mis les pieds, fort des indications données par Kiichi. Il se retrouve avec Jin (désigné par le médecin comme "le grand méchant loup" à éviter à tout prix) dans l'ascenceur, et apprenant que l'adolescent se rend au dernier étage - le bureau du patron - l'hôte d'élite comprend alors qui est ce jeune inconnu et se dit que décidément, les membres de la famille Aoé ont tous fort bon goût. Parvenu devant le bureau de Reiji, Naoya frappe à la porte, mais comme il n'entend pas de réponse, il entre timidement dans la vaste pièce plongée dans la pénombre. Là, sur le canapé, il découvre Reiji endormi, et lui souhaitant un heureux anniversaire, pose délicatement ses lèvres sur les siennes....

 

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Love Mode 8

 

Auteur: Yuki Shimizu

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 11

 

 

- Tsuki ni Négaï o ("Faire un Voeu à la Lune"), p.3 : Ce chapitre, introduction à une série de retours en arrière, reprend la dernière histoire du volume 7, Happy Birthday , sauf que les événements qui s'y déroulent sont narrés cette fois du point de vue de Kiichi. Alors que le médecin, son amant Haruomi et le jeune Naoya s'apprètent à fêter l'anniversaire de Reiji, celui-ci leur apprend au téléphone qu'il passera la nuit au bureau. Pour se venger de leur faire ainsi faux-bond, Kiichi menace son frère de ne pas laisser Naoya rentrer à leur appartement durant toutes les vacances d'été ! Puis, pour taquiner Reiji, il laisse entendre à ce dernier qu'il va à présent prendre son bain avec l'adolescent, se réjouissant malicieusement des protestations indignées de l'homme d'affaires. Les trois compères, résignés à abandonner leur projet de fête, se résignent donc à dîner simplement ensemble dans la vieille demeure des Aoé. C'est Haruomi qui cuisine, et Kiichi s'étonne que celui-ci leur serve pour une fois un repas de type occidental, avec de l'omelette, du flan... Naoya, ravi, avoue qu'il adore celà, et le médecin reconnaît alors cette gentillesse de son amant qui a préparé exprès quelque chose qu'il savait plaire au jeune garçon.

Néanmoins à la nuit tombée, alors qu'il est déjà près de minuit, Naoya ne parvient plus à cacher sa peine: c'est si triste de se retrouver tout seul le jour de son anniversaire, en étant en plus obligé de travailler; mais puisque Reiji est un adulte, sans doute celà ne le dérange-t-il pas. Désolé de voir l'adolescent si abattu, Kiichi lui propose finalement d'aller rejoindre Reiji à son bureau, et charge Haruomi de l'y conduire en voiture. Resté seul, le médecin se réjouit de constater combien Naoya a changé: lui qui était si dur et si plein de méfiance lors de leur première rencontre, à présent le voilà à nouveau capable de sourire, et son visage est éblouissant. On voit bien que Reiji prend grand soin de lui, et d'ailleurs, des deux compères celui qui s'est le plus adouci n'est autre que Reiji lui-même. Pendant longtemps, kiichi avait craint que son frère refuse de s'attacher une seconde fois à quelqu'un qui compterait pour lui plus que tout au monde. A cause de ce qui s'était passé un certain jour jadis, où Reiji avait du endosser toutes les responsabilités.

Quand Haruomi revient de sa course au milieu de la nuit, il trouve Kiichi assis contre la porte du jardin, à peine vêtu d'un yukata léger. Le médecin ne porte pas ses lunettes, et comme si celà produisait chez lui un changement de personnalité, il se montre dans son attitude particulièrement lascif et provoquant. Finalement, après ce qui ressemble à une troublante cérémonie de vénération entre une "reine" et son fidèle serviteur, profitant qu'ils soient seuls, Haruomi et Kiichi font l'amour passionnément. Le médecin remarque alors que son bien-aimé s'en veut encore de n'avoir pas pu le protéger lors de la prise d'otages survenue quelque temps plus tôt. Mais à ce moment-là, même au péril de sa vie, Kiichi ne songeait qu'à sauver à tout prix Naoya. Afin que son frère n'est pas encore une fois à souffrir d'une perte dont il ne se remettrait jamais. Haruomi comprend mieux que quiconque ce sentiment, mais lui aussi a quelqu'un qu'il désire protéger quoi qu'il advienne, et le rappelant à Kiichi, il le serre tendrement dans ses bras. Ce qui occupe le coeur d'Haruomi en cet instant, Reiji y songe au même moment à des kilomètres de là. Tous deux possèdent un être qu'ils ne peuvent se permettre de perdre, dont ils veulent prendre soin précieusement, qu'ils désirent plus que tout protéger. Afin d'être heureux encore un peu plus longtemps, le plus longtemps possible. Voilà le souhait qu'émettent en leur coeur Reiji et Haruomi en levant leur regard vers la lune.

 

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- I'm Hungry , p.31 : Cette longue partie, qui se poursuit dans le volume 9, est un retour en arrière décrivant le passé et la rencontre de plusieurs personnages principaux. L'auteur nous éclaire enfin sur le lien mystérieux unissant Kiichi, Tien-li et Haruomi.

Tien-Li et Tien-Shué, deux adolescents jumeaux, vivent de cambriolages et de vols à la tire. Mais si Tien-Shué, l'aîné, agit de manière assez raisonnable, Tien-Li quant à lui n'hésite pas à prendre des risques pour se procurer de grosses sommes d'argent, se réjouissant d'entendre relater ses "hauts faits" à la télévision. Celà inquiète profondément son frère, qui se demande jusqu'à quand ils devront continuer à mener cette existence précaire. Il a beau confier ses inquiétudes à son cadet, Tien-Li refuse d'entendre raison: même s'ils se mettaient à rechercher un travail correct, qui donnerait un emploi à deux gamins comme eux ? De plus, il détesterait être au service de quelqu'un, et juge que le vol se révèle beaucoup plus lucratif. Hormi les visites du patron du restaurant "Kôrinrô", un émigré chinois qui vient parfois leur apporter de la nourriture invendue de sa boutique, les jumeaux sont complètements seuls au monde. Enfants non désirés, leur mère qui vivait auparavant en Chine les a mis au monde seule dans une vieille salle de bain. Par conséquent non-déclarés à la mairie, les deux adolescents ne possèdent pas d'état-civil et ignorent leur âge exact aussi bien que le jour de leur anniversaire. C'est comme s'ils n'existaient pas. Voilà la raison pour laquelle Tien-Li ne s'inquiète pas vraiment des recherches de la police. D'ailleurs même s'ils se faisaient prendre, ils sont encore mineurs et ne risquent donc pas grand chose. Une année auparavant, leur mère a fini par abandonner les jumeaux, mais ces derniers n'en ressentent pas pour autant de la tristesse, car au fond de leur coeur, ils savaient bien que celà finirait par arriver. A présent tout comme autrefois, depuis l'instant de leur naissance, Tien-Li et Tien-Shué n'ont jamais été que tous les deux seuls, et représentent l'un pour l'autre le monde entier. Jamais ils n'ont même songé qu'ils pourraient être séparés.

Un soir, avisant Tien-Shué dans la rue, le patron du "Kôrinrô" le fait entrer dans son restaurant et se met à lui conter son histoire: lui aussi est arrivé au Japon clandestinement et a du se livrer à de dangereux expédients pour s'en sortir. Il comprend parfaitement la situation précaire dans laquelle se trouvent les deux adolescents, surtout depuis qu'ils ont été abandonnés par leur mère. Mais s'ils sont gênés par le manque d'argent, il se chargera sans hésiter de les nourrir, bien qu'il ne puisse hélas faire davantage pour eux. Malgré le fait que les garçons soient jumeaux, Tien-Shué est quand même l'aîné, donc il est de son devoir de dire à son frère d'arrêter de commettre des actes aussi dangereux. Car la police n'est pas tendre envers les émigrés clandestins, et tous deux risqueraient d'être renvoyés de force dans leur pays d'origine. Puisqu'ils sont seuls au monde, Shué doit s'occuper avec soin de son cadet.

De retour à son appartement, l'adolescent retourne dans sa tête les paroles du restaurateur chinois, profondément ébranlé. Mais pour mettre ses conseils en pratique, il est déjà trop tard: Tien-Li vient audacieusement de détrousser un riche yakuza qu'il a croisé dans la rue, qui avait sur lui une grande quantité de drogue. L'adolescent ravi se propose de la revendre à prix fort à des étudiants désireux de s'amuser. Epouvanté, pour la première fois de sa vie Shué gifle violemment son frère. Souhaite-il se faire tuer ? A l'heure qu'il est, nul doute que ce yakuza doit rechercher activement sa drogue, fou de rage. Mais malgré les protestations de son aîné, Tien-Li refuse de se débarrasser de son précieux larcin et quitte leur appartement, claquant la porte. Parti à sa recherche, Tien-Shué tombe par malchance sur le yakuza détroussé par son jumeau, et à cause de leur ressemblance, l'homme le prend pour son frère et tente de le tuer. L'adolescent réussit à s'enfuir, mais tandis qu'il parvient à bout de souffle et effrayé à se réfugier dans une ruelle sombre, un homme vêtu de noir lui adresse soudain la parole, le toisant du haut d'une passerelle. Il dit avoir vu tantôt le garçon détrousser quelqu'un dans cette ruelle, et à présent, s'amuse de le voir aux abois après s'être attaqué à du trop gros gibier. Mais si Shué a tant besoin d'argent, l'homme en noir assure qu'il lui en donnera, que ce soit un ou cent millions de Yens; en échange du don de son existence, il exaucera son souhait. Et le ténébreux inconnu ajoute que si l'adolescent est intéressé par son offre, il peut venir le retrouver n'importe quand à cet endroit, où il va faire la navette pendant deux ou trois jours.

Effrayé par cet homme sombre qui a toute l'allure et les manières d'un démon tentateur (et ressemble à s'y méprendre à Reiji Aoé avec quelques années de plus), après être resté pétrifié durant un bon moment, Tien-Shué finit par prendre ses jambes à son coup. Mais de retour chez lui, il se fige d'horreur: le yakuza est parvenu à retrouver la trace de Tien-Li, et lui a tiré une balle dans la jambe avant de récupérer sa drogue. La blessure est grave et aussitôt l'adolescent se précipite pour appeler une ambulance, mais doit vite renoncer à cette idée: les blessures par balle doivent être déclarées à la police, par conséquent tout ce que son frère et lui ont fait jusqu'à présent sera découvert. Finalement, Shué décide d'aller demander de l'aide au patron du restaurant chinois, l'adjurant de lui enseigner les coordonnées d'un médecin occulte qui acceptera de soigner Tien-Li tout en gardant le silence sur l'affaire. Le Chinois en connaît bien un, mais entre les soins et le prix du silence, ce genre de praticiens "du milieu" coûte épouvantablement cher, plus d'argent que l'adolescent ne pourra jamais posséder.

Désespéré, Shué essaye d'abord de soigner Tien-Li lui-même, mais comme l'état de ce dernier ne fait qu'empirer, terrifié à l'idée de perdre son jumeau, il se décide finalement à aller trouver l'inconnu de l'autre nuit. Shué désire à tout prix de l'aide, du secours, même si pour celà il doit se vendre à un "démon". Alors, comme l'exige l'homme en noir, quoi qu'il doive faire ou quoi qu'on lui fasse, en échange de tout l'argent qu'il voudra, l'adolescent accepte de renoncer à son statut d'individu pour devenir la propriété du ténébreux Shôgo Aoé.

 

© Yuki Shimizu / Biblos - Les jumeaux Tien-Li et Tien-Shué

 

 

Désormais en possession de 3 Millions de Yens, Tien-Shué s'empresse d'aller les confier au patron du restaurant chinois, le suppliant de prendre soin de son frère qui en ce moment-même en train de souffrir seul dans leur appartement. A cause de son marché avec Aoé, l'adolescent ne peut plus rester auprès de Tien-Li, et il n'a personne d'autre sur qui compter. Et sans répondre aux questions du Chinois, qui lui demande comment il s'est procuré autant d'argent, Shué s'enfuit le plus vite qu'il peut.

Plus tard à l'ancienne et luxueuse résidence Aoé, tandis que l'adolescent est confié aux mains d'un vieux domestique chargé de le laver et le rendre présentable, Shôgo discute avec ses deux fidèles bras droits, Kiwa et Yukihiko Kashima, une soeur et son frère cadet (respectivement la tante et le père de Shuhei Kashima qui est à présent le secrétaire de Reiji). Shôgo était censé acheter l'immeuble devant lequel il a rencontré Tien-Shué, et malgré la désapprobation de Kiwa, le ténébreux homme d'affaires se réjouit d'avoir fait une acquisition plus intéressante et qui va beaucoup l'amuser. A ce moment, revêtu d'un kimono, Shué entre dans la pièce, inquiet de ce qui l'attend. Mais tout ce qu'il pouvait imaginer n'était rien en comparaison de ce que lui propose Shôgo: en échange d'argent, l'adolescent a dit qu'il ferait n'importe quoi; alors, que préfère-t-il, s'accoupler avec des chiens devant tout le monde, ou se faire tatouer sur tout le corps ? Etre livré en spectacle sous le regard des personnes présentes, ou se prostituer en prenant des clients masculins, couvert de tatouages de la tête aux pieds ?

Tandis que Shué devient livide, Yukihiko Kashima proteste: son patron n'a tout de même pas l'intention de faire travailler un garçon aussi jeune au B&B Club ? Mais sa soeur répond aussitôt que l'adolescent représente le "jouet" idéal pour Shôgo: pas de parents, pas d'état-civil.... Le business-man rétorque que ce qui lui arrive à présent, c'est Shué lui-même qui l'a voulu, et demande encore une fois à ce dernier quel est son choix. Bien sûr, il choisit les tatouages. Shôgo a déjà fait venir un maître-tatoueur, à qui il ordonne de commencer le travail. Mais l'homme hésite à obéir, horrifié de tant de cruauté, alors, s'emparant d'un des outils et plaquant Shué au sol, Shôgo commence à lui poinçonner lui-même le front. L'adolescent se débat sous l'effet de la douleur, si bien que pour faire cesser cette violence, le tatoueur arrête le bras de son patron, jurant de faire ce qu'il demande.

A ce moment, des éclats de voix et des bruits de pas résonnent à l'extérieur de la pièce. Et sans écouter les protestations du vieux domestique qui tente de l'arrêter, un jeune homme surgit soudain dans la salle, apparemment furieux. Il porte lui aussi un kimono, et il est si beau avec son visage fin au regard perçant et ses longs cheveux d'un noir de jais, que Tien-Shué ébloui en demeure pétrifié, oubliant de se débattre. Un sourire sur sa figure mal rasée, Shôgo s'étonne. D'ordinaire, son fils aîné Kiichi le fuit comme la peste; que se passe-t-il donc pour que le vent ait ainsi tourné ? Pour toute réponse, le jeune homme demande à son père avec colère: "Pourquoi as-tu tué Haruomi ?" Il montre alors le corps du petit chien qu'il tient dans ses bras. Shôgo répond qu'il ne l'a pas volontairement tué, le chiot est mort en mangeant des gâteaux empoisonnés offerts par l'un de ses invités et que le business-man méfiant avait balancés dans le jardin. De toute manière, ce chien avait été abandonné comme un vulgaire détritus, et Kiichi lui apparaît comme un curieux phénomène d'avoir ainsi recueilli cette créature dont personne ne voulait plus.

Alors que son fils le fusille d'un regard sombre et plein de rancoeur, d'un coup violent Shôgo envoie le corps du chiot voler à l'autre bout de la pièce. A cet instant la porte coulissante s'ouvre et un autre jeune homme fait son apparition, s'indignant de ce comportement si horrible. Hochant la tête, Shôgo ricane que ce jour est vraiment celui des surprises: alors que d'habitude il doit faire ramener de force son amant à la maison, voilà que Nishiki rentre de sa propre volonté ? Est-ce son corps esseulé qui le tourmente la nuit et l'a poussé à revenir? Nishiki, jeune homme d'apparence douce et discrète aux courts cheveux blonds, se contente de dévisager Shôgo d'un regard lourd de reproches, qui ne fait bien sûr que provoquer chez cet homme cynique une remarque amusée. Mais tandis que Kiichi s'agenouille pour récupérer le corps de son chien, il lui vient soudain une idée. S'adressant d'abord à Yukihiko Kashima, Shôgo déclare renoncer à faire travailler Tien-Shué dans le B&B Club. Puis, à Kiichi, il annonce qu'il va lui offrir un nouveau "Haruomi", et prenant l'adolescent par les cheveux, il montre ce dernier à son fils. Kiichi n'a qu'à faire de Tien-Shué son propre "Kashima", ainsi Shôgo ordonne à ses deux bras droits de contacter son avocat et commencer immédiatement la procédure d'adoption. Kiwa se montre encore une fois scandalisée devant une décision aussi arbitraire, mais l'homme d'affaires lui rétorque en ricanant que n'est-ce pas une idée généreuse ? Il se propose de faire un être humain de ce bâtard dégoûtant . Et lançant à Shué prostré au sol que ce dernier doit beaucoup se réjouir, Shôgo se met à frapper l'adolescent du pied, jusqu'à ce que Nishiki lui fasse cesser ce comportement inhumain en lui assenant une gifle virulente. Furieux que quelqu'un ose ainsi lui tenir tête, Shôgo prend son amant par le bras et l'entraîne de force avec lui, sans ajouter un mot. Quant à Shué, il demeure à genoux sur le sol, tête basse, jusqu'à ce que Kiichi, l'appelant "Haruomi", lui demande de l'accompagner. L'adolescent ne peut en supporter davantage. A présent, peu lui importe ce qu'il adviendra de lui, pourvu que quelqu'un le sauve de cette peur et de cette souffrance. C'est ainsi qu'à partir de ce jour, Tien-Shué devint Haruomi Kashima.

Un peu plus tard, après avoir enterré son chien dans le jardin de la résidence, Kiichi demande à son nouveau compagnon son véritable nom, et celui-ci répond Tien-Shué, qui signifie "la Neige du Ciel". A ce moment, il ne peut s'empêcher de penser douloureusement à son frère Tien-Li, "la Foudre du Ciel". Le voyant perdu dans ses pensées, Kiichi lui prend le visage entre ses mains délicates, lui demandant ce qui ne va pas, s'il est fatigué après tout ce qu'il vient de vivre à cause de son père. Mais contemplant le visage de Kiichi tout près du sien d'un air soudain stupéfait, Haruomi se contente de répondre qu'il vient seulement de remarquer que ce dernier est un garçon ! Interloqué, Kiichi éclate de rire. Décidément, l'adolescent lui plaît. Mais Haruomi continue de fixer son nouveau maître avec une fascination mêlée d'incrédulité: vraiment, il n'avait absolument pas réalisé qu'il s'agissait d'un garçon, tant Kiichi possède une beauté merveilleuse. Cependant le jeune homme, toujours attristé de la mort de son chien, avoue que ça lui a fait du bien de rire un peu, et enjoignant Haruomi de cesser de le vouvoyer, il lui propose de rentrer à la maison.

La nuit venue, tandis que Kiichi couché dans son futon est paisiblement endormi, assis sur un coussin à son chevet, Haruomi le contemple d'un air scandalisé. Est-ce bien raisonnable de dormir ainsi sans défense devant une personne que l'on vient tout juste de rencontrer ? A moins que Kiichi lui fasse déjà confiance car il est devenu son "Kashima", à la fois garde du corps, bras droit et secrétaire particulier. Haruomi se remémore sa conversation avec Kiwa et Yukihiko: depuis les temps anciens, la famille Kashima est au service de la famille Aoé; c'est Yukihiko qui s'occupait de Shôgo, mais à présent que le jeune homme a des problèmes de jambes, sa soeur aînée Kiwa est venue se joindre à lui. Kiichi, l'héritier Aoé, n'avait encore personne, mais à partir de ce jour, c'est Haruomi qui deviendra son bras droit et assurera sa protection. Ce n'est pas que celà enchante les Kashima d'adopter l'adolescent, mais les désirs de Shôgo sont des ordres, et à la résidence Aoé, personne n'est capable de s'opposer à lui, sans aucune exception. Voilà désormais Haruomi au service du futur maître de ces lieux, et en contemplant le jeune homme endormi, avec sa peau d'albâtre et ses longs cheveux noirs, il ne peut s'empêcher de comparer Kiichi à une princesse sortie tout droit d'un film historique sur le Japon féodal. Et Haruomi n'est pas loin de la vérité, car le service de Kiichi, gâté et habitué à être obéi, s'avère loin d'être de tout repos ! Celà fait à peine quelques heures que l'adolescent se trouve à ses côtés et il a déjà l'impression de s'être transformé en valet de chambre !

Mais tandis qu'il pousse un soupir de lassitude, Haruomi sent soudain une présence derrière lui: un garçon au regard perçant et à l'expression menaçante, vêtu d'un uniforme scolaire et ressemblant à Shôgo en beaucoup plus jeune, se dresse dans le noir au-dessus de lui. Pointant sur l'adolescent son sabre d'entraînement en bois, il somme ce dernier de lui dire qui il est et ce qu'il fait ici. Cependant, c'est Kiichi réveillé par le bruit qui répond, et faisant remarquer au nouveau-venu qu'il rentre bien tard, il présente à Haruomi son petit frère, Reiji. A ce mot de "frère", l'adolescent repense encore une fois à Tien-Li, la seule famille qu'il possède au monde mais qu'il a été contraint d'abandonner. Car le seul moyen de le sauver était d'avoir recours à cet homme ténébreux, Shôgo Aoé, qui en ce moment même boit tranquillement une coupe de saké auprès du corps nu de son amant inconscient à qui il a fait payer l'audace de s'être opposé à lui. Shué savait depuis le début que se séparer de son jumeau s'avérerait pénible, mais la souffrance qu'il ressent de cette perte lui est insupportable, semblable à celle d'un papillon qui se débat dans la douleur après avoir perdu une aile. Le visage emplit de tristesse, l'adolescent détourne son regard des frères Aoé, sans se douter que Kiichi attentif vient de remarquer son désespoir. Mais à ce moment-là, tous deux ignoraient encore ce qu'ils allaient trouver à l'issue de toute cette souffrance...

 

© Yuki Shimizu / Biblos - Le ténébreux Shôgo Aoé, véritable démon manipulateur qui règne en maître absolu sur son entourage. Reiji, son fils cadet, lui ressemble beaucoup, aussi bien pour le physique que le caractère, mais fort heureusement n'a pas hérité de sa cruauté.

 

 

Néanmoins, le temps finit peu à peu par appaiser doucement même les peines les plus douloureuses. Un soir, lorsque Shôgo, étreignant encore avec violence son malheureux amant Nishiki, demande à Yukihiko Kashima comment les choses se passent avec une certaine "affaire", son secrétaire lui apprend que tout se déroule parfaitement, comme son maître l'avait prévu. Satisfait, Shôgo se réjouit d'avance, impatient de voir le résultat de ses manigances mystérieuses.

L'automne laisse inexorablement la place à l'hiver. Celà fait déjà quinze jours que Shué a débarqué chez les Aoé pour devenir Haruomi Kashima. Il s'est rapidement habitué au comportement extravagant de Kiichi, qui semble montrer un goût prononcé pour la noyade. Faisant tout ce qu'il peut pour le jeune homme, c'est également Haruomi qui brosse sa longue chevelure d'ébène et lui fait sa natte. Lorsque l'adolescent demande à son maître et nouvel ami pourquoi il a laissé pousser ses cheveux si longs alors que leur entretient exige tant de temps, Kiichi se contente de répondre évasivement qu'il n'y a pas de raison particulière, c'est juste un souvenir du passé. De plus, leur entretien ne lui a jamais demandé vraiment d'efforts, puisque avant Haruomi, c'était Reiji qui s'occupait de sa coiffure ! A ce moment, l'adolescent taciturne, cadet des Aoé, passe justement dans le couloir et jette un coup d'oeil maussade vers la pièce où se trouvent les deux compères. En s'occupant de son frère, Haruomi est en train de prendre peu à peu sa place.

Quelques minutes plus tard, Haruomi et Kiichi se rendent dans la salle à manger pour le petit déjeuner, où un petit garçon déjà attablé les accueille avec joie, appelant Haruomi "grand-frère". Il s'agit de Shûhei, le fils légitime de Yukihiko Kashima (et qui allait devenir plus tard le secrétaire de Reiji). Kiishi s'étonnant de ne pas voir son frère, le garçonnet lui explique que Reiji a dit qu'il n'avait pas besoin de petit déjeuner, il est déjà parti pour l'école. A ces mots, baissant les yeux, le jeune homme pousse un soupir. Nul doute qu'il commence à comprendre les raisons du comportement distant de son cadet, qui semble l'éviter depuis l'arrivée d'Haruomi. Mais Kiichi a également remarqué la froideur avec laquelle Haruomi traite Shûhei, comme s'il s'évertuait à l'ignorer. Alors, une fois le garçonnet parti pour l'école, il demande à but en blanc à son "garde du corps" occupé à débarrasser la table: "Ton nouveau petit frère ne te plaît pas ?" S'immobilisant, l'adolescent répond aussitôt que ce n'est pas celà, et s'immerge du même coup dans ses pensées. Il revoit le jour où Yukihiko lui a présenté Shûhei, et la joie de ce dernier en apprenant qu'il avait désormais un grand-frère. Le garçonnet l'a immédiatement accepté et témoigné de l'affection, et Haruomi lui-même reconnaît que Shûhei est un enfant vraiment adorable; mais seulement, à chaque fois que ce dernier l'appelle "grand-frère", il ne peut s'empêcher de repenser à Tien-Li, l'autre petit frère qu'il a été contraint d'abandonner. En voyant son ami si triste, Kiichi embrasse doucement Haruomi sur la joue. Surpris, l'adolescent revient enfin à lui, et demandant au jeune homme les raisons de son geste, Kiichi répond malicieusement: "C'est parce que tu étais dans la lune." Est-ce néanmoins une raison pour embrasser les gens ? Décidément, décontenancé, Haruomi doit admettre qu'il ne comprend pas du tout ce qui passe parfois par la tête de son ami; cependant, il doit aussi reconnaître qu'il ne déteste pas être ainsi taquiné et tourné en bourrique par Kiichi.

Haruomi occupe désormais ses journées selon l'emploi du temps suivant: il se lève chaque matin à 6 heure, aide Kiichi à se préparer; puis dans la matinée, par l'apprentissage des arts martiaux, il reçoit une formation aux techniques de self-defense , et enfin, l'après-midi, aide aux travaux de la résidence tout en ayant même la chance de pouvoir étudier. Mais ces après-midi consacrés à l'étude ne semblent pas du tout du goût de Kiichi, qui disparaît sitôt après le déjeuner pour aller se réfugier dans un arbre. En tant que "Kashima", c'est également le rôle d'Haruomi de rechercher le jeune homme, qu'il doit bien souvent ramener sur son dos ! Kiichi ne va pas au lycée. Un jour, pour la simple raison que son regard ne lui plaisait pas, d'un coup de sabre en bois son propre père lui a brisé la clavicule. Et même à présent qu'il est complètement guéri, il ne lui est plus permis de sortir de l'enceinte de la résidence. Yukihito a expliqué à Haruomi qu'auparavant, Kiichi a déjà failli plusieurs fois se faire enlever; mais est-ce vraiment la seule raison de cette réclusion ? Est-ce qu'un père capable de briser sans remord les os de son fils est du genre à s'inquiéter de son enlèvement ?

Portant Kiichi sur son dos, Haruomi l'amène jusqu'à la salle où l'attend son professeur particulier, Miyamoto. Ce dernier est jeune et plutôt séduisant, cependant il possède un regard étrange, comme s'il n'avait pas toute sa raison. Si son ami n'a rien remarqué, Kiichi quant à lui a parfaitement percé à jour la perversité de cet homme et le désir que ce dernier éprouve pour lui. Sous la surveillance d'une caméra dissimulée derrière un tableau, assis à son pupitre, Kiichi exécute ses exercices de math d'un air tendu tandis que Miyamoto se tient derrière lui. Etrangement, ce dernier semble particulièrement attiré par les longs cheveux du jeune homme, qu'il finit par caresser nonchalamment entre ses doigts. A ce geste, Kiichi s'arrête net d'écrire, brisant sur le coup la mine de son crayon. Mais Miyamoto explique en souriant qu'il voulait juste retirer une toile d'araignée mêlée aux longues mèches (et provenant sans doute de l'arbre où Kiichi vient de grimper). Le jeune homme ne dit rien, se contentant de froncer les sourcils d'un air mécontent. Heureusement, Haruomi vient soudain frapper à la porte, annonçant qu'il est l'heure d'aller dîner. Kiichi en profite pour s'ecclipser sur-le-champ, lançant au passage qu'il va prendre un bain. Quant à Miyamoto, une fois qu'il se retrouve seul, un cheveu encore enroulé autour de son doigt, il prononce d'un visage inquiétant sur un ton énigmatique: "La suite de la leçon sera pour demain...."

Un peu plus tard, alors qu'il frappe à la porte de la salle de bain pour apporter de quoi se changer à Kiichi, Haruomi est surpris de ne pas entendre de réponse. Inquiet, il se décide à entrer, juste à temps pour tirer de l'eau son ami qui gisait au fond du bassin. Kiichi ne s'est pas noyé, mais son expression est si triste, comme s'il avait pleuré, et entourant Haruomi de ses bras, il blottit sa tête contre son épaule. Tous deux restent un moment ainsi, tandis que Haruomi, dérouté, ne sait que faire. Jusqu'à ce que le jeune homme, prétextant qu'il pourrait avoir au moins l'obligeance de l'enlacer en retour, finisse par le précipiter dans le bassin. Une fois sorti de l'eau, Kiichi semble avoir retrouvé son caractère ordinaire, et traitant son ami de "glaçon", il lui ordonne de ne quitter le bassin qu'après avoir fini de compter jusqu'à cent, sans doute pour laisser croire que son immersion n'était qu'un entraînement à la plongée en apnée et non une tentative de suicide par noyade.

Tard dans la nuit, Reiji rentre enfin à la résidence, où il croise sous une galerie Haruomi en pyjama. Ce dernier en profite pour avoir une discussion avec lui: récemment, le lycéen rentre très tard, le matin s'en va très tôt, tout à fait comme s'il l'évitait, ainsi Haruomi est de plus en plus convaincu d'avoir ravi à Reiji la position qu'il occupait auprès de Kiichi, bien qu'il n'ose prononcer cette hypothèse à voix haute. Regardant un moment l'adolescent droit dans les yeux de son air toujours aussi renfrogné, Reiji finit par lancer une remarque digne de son frère aîné: "Pourquoi me parles-tu comme à un mari soupçonné d'adultère !?" Puis, il avoue que franchement, peu lui importe la raison pour laquelle Haruomi est venu dans cette maison. La seule chose qui compte, c'est que l'adolescent reste auprès de Kiichi, car c'est ce dernier lui-même qui a souhaité l'avoir à ses côtés en tant que "Kashima". Et Reiji, qui semble aimer beaucoup son frère, enjoint Haruomi de ne jamais trahir Kiichi, de demeurer près de lui autant que ça lui est possible, de le suivre et de le protéger.

Suite à cette conversation, l'adolescent sent bientôt germer en lui un sentiment de culpabilité face à cette nouvelle existence trop dorée qui lui a été offerte. Pourquoi ces gens l'ont-ils accepté aussi facilement, tel le petit Shûhei, attristé malgré ses tentatives pour se rapprocher de lui de la froideur de son "grand-frère" qui lui adresse à peine la parole. Calmant ses nerfs pendant les séances d'arts martiaux, Haruomi est convaincu qu'il n'est pas quelqu'un d'aussi bien que tout le monde semble le penser. Cependant il ne peut s'empêcher de se sentir préoccupé par les paroles de Yukihito et de Reiji: ces derniers lui ont instamment demandé de protéger Kiichi; mais de quoi ? De son père ? Ou bien d'un autre enlèvement ?

Tandis que le jeune homme se trouve avec son professeur particulier, ce dernier remarque l'absence de Haruomi. Il est vrai que chaque vendredi, l'adolescent se rend dans un dôjô situé à l'extérieur et rentre tard dans l'après-midi. Kiichi doit sûrement l'envier; n'aimerait-il pas lui aussi pouvoir sortir de la résidence ? Et sur ces mots, Miyamoto recommence à tripoter les cheveux de son élève, qui finit par lui ordonner d'arrêter. Ignorant les plaintes de Kiichi qui proteste que ce geste le dégoûte, appelant le jeune homme par son prénom avec une soudaine familiarité, le professeur annonce que Kiichi est pour lui un enfant malheureux; par conséquent, il va se charger de l'emmener hors de cette résidence. Puis, sous le regard effrayé du jeune homme, Miyamoto brandit une arme produisant des décharges électriques. Au même moment, Haruomi rentré plus tôt que prévu passe dans le couloir, et intrigué d'entendre des éclats de voix, entrouvre la porte pour jeter discrètement un coup d'oeil dans la pièce. Quelle n'est pas sa surprise de voir son ami s'effondrer sous le choc de la décharge que vient de lui assener son professeur, qui le retient dans ses bras. Aussitôt l'adolescent s'élance pour tenter de lui porter secours, mais menaçant Kiichi de son arme, Miyamoto lui ordonne de ne plus faire un mouvement. Tandis qu'à travers le tableau du mur, la caméra dissimulée continue de filmer, d'un air plus dément que jamais, le professeur assure que s'il peut l'éviter il ne veut pas commettre d'assassinat; mais si Haruomi bouge, il n'hésitera pas à tuer Kiichi. Alors, l'adolescent a intérêt à écouter ce qu'il dit bien sagement.

 

© Yuki Shimizu / Biblos - A gauche, Reiji, à droite, Haruomi, et au centre, Kiichi, leur "princesse" à tous deux.

 

 

Un peu plus tard, affolé, Reiji se précipite dans les appartements de son père afin de lui demander s'il est vrai que Kiichi a été enlevé. Cependant Shôgo ne prend même pas la peine de lui répondre et se contente d'ignorer l'adolescent, à qui Yukihiko enjoint de se calmer. A présent, Shôgo et ses deux Kashima ont rendez-vous avec Mr. Miyamoto, le père du professeur particulier, que le business-man entend écraser définitivement. En voyant les sourires rusés et calculateurs qu'affichent son père et ses deux sbires qui semblent se réjouir d'une situation qu'ils comptent bien mettre à profit, Reiji ressent plus que jamais une peur violente concernant le sort de son frère: nul doute que du moment que celà serve ses manigances, Shôgo n'hésiterait pas à sacrifier la vie de son propre fils !

A des kilomètres de là, Kiichi se réveille dans un chalet isolé au fin fond de la montagne. Miyamoto est penché au-dessus de lui, et le jeune homme découvre avec horreur qu'on lui a oté tous ses vêtements. Le kidnappeur explique qu'il l'a déshabillé afin qu'il ne puisse pas s'enfuir, mais que Kiichi se rassure, il ne lui a encore rien fait. Puis Miyamoto assure qu'il a enlevé son élève afin de lui offrir la liberté, de le libérer de cette résidence, de son père; il affirme vouloir le secourir. Tout celà est bien utopique, songe le jeune homme en soupirant de la bêtise de Miyamoto. Il s'apprète à s'en aller, mais le professeur insiste sur le fait que ça lui est impossible: cette villa se trouve extrêmement éloignée de la ville la plus proche située au bas de la montagne, même en faisant le trajet en voiture; comment Kiichi pourrait-il espérer rentrer en marchant pieds nus dans la neige, vêtu d'une simple robe de chambre ? Et bien sûr, la villa est fermée à clef, et comme elle se trouve actuellement mise en vente, le téléphone est coupé, tout contact avec l'extérieur s'avère impossible. Seuls l'eau et l'électricité ont été maintenus, ainsi il ne reste plus au jeune homme comme alternative que de demeurer en cet endroit avec Miyamoto.

Tandis que le professeur lui tend une tasse de thé, Kiichi finit par lui jeter le liquide bouillant à la figure avant de prendre la fuite. Parcourant à toutes jambes les pièces et les couloirs, le jeune homme garde cependant la tête froide et réfléchit au meilleur moyen de se sortir de cette situation: plutôt que de s'enfuir ainsi, mieux vaut auparavant arrêter complètement Miyamoto et l'empêcher de le suivre; il lui faut donc trouver quelque chose susceptible de lui servir d'arme et de quoi ligoter son kidnappeur. A peine Kiichi a-t-il pris cette décision que soudain toutes les lumières s'éteignent. On vient de couper l'électricité, la villa se trouve désormais plongée dans une obscurité totale. Un moment plus tard, lorsque la lumière revient, éblouissant Kiichi, Miyamoto se trouve déjà auprès de lui. Se retournant brusquement, le jeune homme assène une prise de karaté au pervers qui l'envoie rouler à l'autre bout de la pièce. Comprenant enfin que son élève n'est pas du tout disposé à se laisser faire et céder à ses avances, le professeur finit par lancer que s'il désire tant que celà rentrer chez lui, le jeune homme n'a qu'à partir, mais bien sûr, seulement si peu lui importe le sort d'une certaine personne. Et ouvrant une porte derrière lui, Miyamoto révèle un débarras: dans la pièce sombre et étroite, Haruomi inconscient se trouve ligoté sur une chaise, le visage enflé et couvert de sang comme si on l'avait violemment battu....

Pendant ce temps, à la résidence Aoé, Shôgo montre à Miyamoto-père une vidéo enregistrée grâce à la caméra dissimulée derrière le tableau de la salle d'étude, et qui prouve clairement les mauvaises intentions de son fils et le rapt auquel ce dernier s'est livré. Assis dans son fauteuil tel un souverain tout-puissant, entouré de part et d'autre de ses deux fidèles bras droits, le ténébreux Shôgo demande au vieil homme comment il compte régler l'affaire: ce serait bien ennuyeux pour lui, un professeur renommé au point d'avoir été Ministre de la Culture, si le monde venait à savoir que son propre fils s'est rendu coupable de harcèlement et de kidnapping. Livide et atterré, le vieux Miyamoto prononce d'une voix blanche qu'il a une idée de l'endroit où peut se trouver actuellement son rejeton, par conséquent il demande à Shôgo de ne pas encore appeler la police. Souriant, le business-man répond au vieil homme que tout dépendra de lui; et en échange de la cassette compromettant son fils, il exige que Miyamoto lui cède le terrain qu'il possède à Shinjuku. Se redressant d'un bond, l'ancien ministre s'insurge: ce terrain vaut une fortune ! Alors, Shôgo ordonne à Yukihiko de prévenir immédiatement la police, sans oublier la presse et tous les autres médias. Bien sûr, Miyamoto terrifié ne peut que s'incliner, et en voyant son changement d'expression, Shôgo remarque avec amusement le penchant du vieil homme pour le sado-masochisme. Sur ces mots, le business-man pose devant lui un certain nombre de photos montrant entre autres Miyamoto à genoux aux pieds de sa maîtresse, ligoté et harnaché dans une posture peu digne d'un éminent professeur. Ce dernier ne doit-il pas se présenter comme candidat à une importante élection ? Pourquoi ne pas utiliser comme affiches pour sa campagne ces photos SM ? Shôgo se ferait une joie de les fabriquer lui-même....

A la fin, totalement vaincu et à la merci du ténébreux business-man, le vieux Miyamoto ne peut que s'incliner à toutes les revendications de Shôgo. Une fois le professeur parti, satisfait de son succès, Aoé demande qu'on lui apporte du vin pour fêter ça, n'oubliant pas d'ordonner à Kiwa de distribuer les photos compromettantes à la presse sitôt le terrain officiellement obtenu. Plus humain que les autres, Yukihiko demande cependant ce que son patron compte faire au sujet de Kiichi. Shôgo se contente de lui répondre de laisser tomber, de toute manière le vieux Miyamoto va sans doute lancer lui-même des recherches avec acharnement pour tenter de sauver son honneur et sa position. Mais inquiet, Yukihiko insiste sur le danger que court actuellement le jeune homme: Haruomi a beau être avec lui, on ignore ce qui peut arriver. Ce à quoi Shôgo avoue froidement que peu lui importe que son fils aîné soit violé ou tué, car contrairement à Reiji - et en prononçant ces mots, Shôgo se retourne vers l'adolescent qui se trouvait déjà dans la pièce, attendant l'issue de la réunion - Kiichi n'est qu'un débris misérable et stéril incapable d'avoir des enfants et donc de poursuivre la lignée des Aoé. Bien que pour une fois, il se soit révélé quelque peu utile.

Ces paroles aussi cruelles qu'insensibles plongent Reiji dans une rage folle. S'emparant d'un des sabres à lame d'acier disposés dans la pièce, dégainant à la vitesse de l'éclair, l'adolescent se rue vers son père qu'il frappe de toutes ses forces. Son gilet enroulé autour de son bras, Shôgo n'a pourtant aucun mal à bloquer le coup et s'en tire avec une blessure légère, puis, d'un violent coup de pied, il précipite Reiji à terre. Le maintenant plaqué au sol et incapable de l'attaquer à nouveau, Shôgo lance à son fils que comme il le lui dit toujours, pour diriger une lame vers lui le garçon est encore vingt années trop jeune. Furieux et n'osant encore croire ce qu'il a entendu un moment plus tôt, Reiji demande à son père indigne si toute cette affaire n'était vraiment qu'une machination soigneusement plannifiée: afin d'obtenir un terrain en tenant le vieux Miyamoto à sa merci, il lui fallait employer son fils comme professeur particulier; c'est là la véritable raison pour laquelle Shôgo a brisé l'épaule de Kiichi et l'a tenu enfermé à la résidence !? Souriant, le business-man explique que le fils Miyamoto est un homosexuel obsédé par les cheveux; n'était-ce pas une bonne idée d'employer Kiichi comme appât ? Le visage déformé par la haine, Reiji crie à son père qu'il va le tuer. Mais encore une fois, Shôgo se contente de sourire, et propose à l'adolescent un marché: s'il désire tant que celà sauver son frère, le business-man est disposé à se porter à son secours; mais en échange, Reiji devra accepter officiellement, dès à présent et en ce lieu, de devenir le successeur du groupe Aoé. Que va-t-il faire ? Abandonner son frère à son triste sort ? Ou succéder à ce père qu'il hait au point de vouloir le tuer ? Il n'appartient qu'à lui de prendre une décision....

Pendant ce temps, ignorant le chantage exercé sur son cadet, Kiichi s'avance vers le malheureux Haruomi inconscient. Miyamoto remarque avec ironie combien le jeune homme semble être précieux pour ce chien , car sitôt qu'il a menacé de tuer Kiichi s'il ne faisait pas ce qu'il demandait, Haruomi l'a même aidé à porter son ami jusqu'à cette villa. Lorsque Kiichi demande gravement à son ravisseur s'il a battu le garçon, Miyamoto acquiesce aussitôt en souriant: il déteste ce chien toujours collé aux basques de Kiichi. Il le hait au plus haut point. Et sur ces mots, Miyamoto dégaine un poignard qu'il n'hésite pas à enfoncer dans l'épaule de Haruomi. Kiichi a beau lui crier d'arrêter, celà ne fait qu'attiser encore davantage la violente jalousie qu'éprouve le pervers à l'égard de l'adolescent, qu'il continue de frapper de plusieurs coups de couteau. Puisque ce chien est si précieux pour le jeune homme, alors, que ce dernier se soumette à lui. Si Kiichi accepte de coucher avec Miyamoto et de le laisser lui faire tout ce qui lui plaît, il promet de ne pas torturer son ami davantage. Avec calme et sang-froid, Kiichi remarque que le professeur vient en fin de compte de révéler sa vraie nature ainsi que ses véritables intentions. Mais tandis que Miyamoto glisse son couteau ensanglanté sous la gorge de Haruomi, le jeune homme finit par acquiescer: si le pervers le désire tant que celà, il lui donnera son corps; seulement, qu'il arrête de porter la main sur son ami. Satisfait, Miyamoto assène à l'adolescent un dernier coup de couteau, et enjoint gaiement Kiichi de le suivre à l'étage. Tandis qu'il entraîne le jeune homme, Haruomi qui a repris connaissance crie à son ami de ne pas y aller, mais il a beau appeler Kiichi de toutes ses forces, ce dernier est bien décidé à se sacrifier. La porte du débarras se referme sur lui, laissant le garçon seul dans l'obscurité.

 

© Yuki Shimizu / Biblos - Afin de sauver Haruomi, Kiichi, loin d'être aussi faible que le pense son père, prend la décision de se soumettre à son ravisseur.

 

 

 

- Dog & Cat , p.165 : Tandis que le ton de ce volume 8 est plutôt dramatique et que le chapitre précédent coupe vraiment mal, la dernière histoire est une comédie destinée à détendre le lecteur. Il s'agit en quelque sorte d'une "histoire dans l'histoire": Izumi lit un roman que vient de traduire Takamiya, transposant aux personnages de ce récit les héros de Love Mode .

Il était une fois dans un pays lointain (probablement l'Angleterre), deux jeunes garçons très pauvres. D'où que l'on regarde, ils avaient l'air de garçons ordinaires, mais il s'agissait en fait d'un chien et d'un chat à qui Dieu avait donné une apparence humaine. "Vous ne devez absolument jamais montrer votre véritable apparence à un être humain", avait averti le Seigneur (qui a les traits de Kiichi !). "Car si jamais votre véritable identité venait à être découverte, vous retrouveriez aussitôt et définitivement votre aspect d'origine." Un jour que le chien (Izumi) et le chat (Naoya) sont en train de voler du pain, ils se font coincer par le commerçant qui s'apprète à les battre. Ils sont sauvés in-extrémis par deux splendides gentlemen, qui payent le boulanger mécontent et invitent les adolescents, qui n'ont nulle part où aller, à venir passer quelque temps chez eux. C'est ainsi que les deux compères entâmèrent une vie nouvelle auprès de ces gentlemen, dans la plus luxueuse résidence qu'ils aient jamais vu.

Tandis que son ami Naoya est placé sous la coupe du ténébreux Aoé, Izumi se retrouve sous la protection de Takamiya. Aoé paraît à Izumi quelque peu effrayant, et alors qu'il profite avec bonheur d'un bain débordant de mousse, le garçon ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour son ami. Par contre, le gentleman nommé Takamiya lui semble au contraire très doux et très gentil. Juste au moment où l'adolescent se fait cette réflexion, Takamiya entre tout à coup dans la salle de bain pour lui apporter des vêtements. Surpris, Izumi glisse malencontreusement dans le fond de la baignoire et manque se noyer. Aussitôt le jeune homme se précipite à son secours, mais ne retire de l'eau.... qu'un petit chien complètement trempé ! Sous l'effet de la peur, l'adolescent a inconsciemment repris son apparence originelle. Couinant de sa voix de chiot, Izumi se met à pleurer: lui qui était si content que Dieu lui ait permis de se changer en être humain ! A cause de Takamiya, il ne pourra plus jamais se tranformer ! Mais le gentleman, prenant le chiot dans ses bras, lui assure que tout ira bien, et à peine a-t-il effleuré le museau d'Izumi de ses lèvres que ce dernier reprend aussitôt son apparence humaine. Dans les contes de Fées de quel lieu ou de quelle époque que ce soit, il est de notoriété publique que la clé de tous les sortilèges n'est autre qu'un baiser ! Takamiya jure à Izumi de ne jamais révéler sa véritable identité à quiconque, et pour sceller ce contrat, il échange avec l'adolescent d'autres baisers, d'abord sur la bouche, puis sur tout le corps. Cependant le garçon bientôt couché sur le lit ne repousse pas le gentleman, et tandis que Izumi rougissant s'étonne de ces caresses, Takamiya lui assure qu'il s'agit d'un acte tout ce qu'il y a de plus ordinaire chez les êtres humains.

Un peu plus tard à table, Izumi est encore tout honteux de ce qu'il vient de faire avec Takamiya: il ne parvient même pas à regarder le gentleman - au visage des plus réjoui ! - en face, et sa figure cramoisie ne tarde pas à attirer l'attention de Naoya, qui s'inquiète pour son ami. Après mangé, satisfaits et repus, les deux garçons se retrouvent seuls dans la chambre qui leur a été offerte. Izumi en profite pour demander à Naoya si tout c'est bien passé tantôt avec Aoé, si ce dernier ne lui a pas fait de "misères". Sur un ton catégorique, le garçon répond aussitôt que le gentleman est quelqu'un de bien; il se met alors en devoir de raconter à son ami comment Aoé lui avait sauvé la vie jadis, quand Naoya n'était encore qu'un petit chat: un jour que tombait une pluie diluvienne, il l'avait rattrappé juste au moment où le chaton allait chûter dans une rivière en crue. C'est pour rembourser sa dette que Naoya a demandé à Dieu de lui donner une apparence humaine, mais jamais il n'aurait pensé retrouver son bienfaiteur aussi rapidement.

La nuit venue, alors que les deux garçons se sont assoupis sur le grand lit à baldaquin de leur chambre, quelqu'un frappe soudain à la porte. C'est Aoé, et Naoya, qui s'est réveillé, se réjouit en le voyant. Mais alors que l'adolescent commence à s'avancer vers le gentleman, passant devant la fenêtre ouverte où luit la pleine lune, les avertissements de Dieu lui reviennent soudain en mémoire: "Faites bien attention aux nuits de pleine lune. Car ces nuits-là seulement, sitôt baignés par la clarté de l'astre lunaire, vous reprendrez immédiatement votre aspect d'origine indépendamment de votre volonté." Mais il est déjà trop tard, Naoya a regardé la lune, et sous le regard stupéfait d'Aoé, il redevient un petit chat. Naoya s'enfuit par le balcon, désespéré: le gentleman l'a vu; alors qu'il était si heureux de l'avoir retrouvé, il ne pourra plus jamais redevenir humain et retourner vivre auprès de lui ! Alors qu'il erre dans les ruelles sombres, en pleurs, le chaton se trouve soudain nez à nez avec une bande de chiens errants visiblement affamés. Naoya veut fuir, mais paralysé par la peur, ses membres refusent de bouger. C'est alors que bondissant dans la nuit à la vitesse de l'éclair, une gigantesque panthère noire s'interpose entre Naoya et ses agresseurs. D'un rugissement puissant et féroce, l'impressionnant félin met les cabots en fuite; puis, se tournant vers le chaton peu rassuré, il se met à le gronder en le traitant d'idiot ! Bien que surpris, Naoya reconnaît aussitôt la voix de Aoé. En fait, les deux gentlemen étaient également des animaux à qui Dieu avait donné une apparence humaine: Aoé une panthère, et Takamiya un cheval !

De retour à la résidence, Aoé explique à Naoya que du moment que ce soit un camarade animal qui découvre son apparence d'origine, il pourra tout de même redevenir humain. Poussant un soupir, le gentleman remarque que décidément, il ne peut pas quitter Naoya des yeux: un jour il manque tomber dans la rivière, un autre il se fait attaquer par des chiens errants ! A ces mots, le garçon réalise avec stupéfaction que Aoé l'avait lui aussi reconnu. Et comme pour confirmer celà, le gentleman lui sourit tendrement, lui demandant de faire en sorte désormais de ne pas trop lui causer d'inquiétude. Naoya acquiesce, et tous deux échangent un baiser.

Mais du côté de Takamiya et Izumi, l'ambiance est loin d'être aussi romantique ! Apprenant la vérité, furieux, l'adolescent accuse le gentleman de l'avoir trompé. Et surtout d'en avoir profité, en échange de son silence, pour lui faire un tas de choses dont la description est digne de la censure ! Alors que ces propos résonnent dans toute la maison - au point de faire rougir Naoya tandis que Aoé traite en esprit son ami ( un étalon ! ) de sale bête lubrique - Izumi finit par administrer une bonne correction à Takamiya ! Et c'est ainsi que tous les quatre, les deux gentlemen et les deux garçons, vécurent heureux ensemble jusqu'à la fin des temps.

Refermant le livre qu'il vient de terminer, Izumi demande à son ami le traducteur Takamiya s'il s'agit réellement d'un best-seller reconnu dans le monde entier. Comme le jeune homme ne répond pas, l'adolescent remarque enfin que ce dernier s'est endormi. Se levant afin de couvrir son ami d'une veste, Izumi se met à songer: que voilà une histoire honteuse dotée d'une happy-end bien trop idéalisée ! Mais bah, ce n'est pas si mal lorsque tout finit bien et que l'on est heureux....

 

© Yuki Shimizu / Biblos

 

 

 

 

- Résumé des volumes 9 et 10 - 1ère partie : Page 6 bis -

- Résumé des volumes 10 - 2ème partie et 11 : Page 6 terce -

 

 

 

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