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-----------------------------------------------* Wild Rock
-----------------------------------------------* Hitodénashi no Koï
-----------------------------------------------* Itooshii Hito
-----------------------------------------------* Omowarébito
-----------------------------------------------* Hitori ni Shinaï
-----------------------------------------------* Soshité Haru no Tsuki
-----------------------------------------------* Akéyuku Sora
-----------------------------------------------* Secret Area
-----------------------------------------------* Seito no Shuchô, Kyôshi no Hombun
-----------------------------------------------* Yan'natchau kurai aïshitéru
-----------------------------------------------* Yan'natchau kurai aïshitéru 2
-----------------------------------------------* Paraphrase
-----------------------------------------------* Sokonashi Free Fall Romance
-----------------------------------------------* Oz no Matenrô
-----------------------------------------------* Sono Shisen no Soryûshi
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Intrigue: L'histoire se déroule aux temps préhistoriques, époque où l'homme vit encore essentiellement de la chasse et de la pêche. Yuwen et son frère aîné sont les fils du chef de leur tribu, rang qui leur impose de ramener la nourriture qui assurera la pérénité de leur clan. Mais, si son robuste grand frère s'en sort plutôt bien, Yuwen, à cause de sa constitution physique trop frêle, ne possède pas la vigueur suffisante pour s'attaquer à un gibier souvent dangereux. Il s'acharne pourtant à faire de son mieux, mais un jour qu'il chasse le lion à dents de sabre avec son frère, il manque se faire tuer. Le jeune homme est sauvé in-extremis par Emba, un superbe et talentueux chasseur appartenant à la Tribu des Berges du Lac, qui abat l'animal d'un seul coup de sa grande épée à lame de silex. Yuwen s'empresse de remercier son sauveur, mais celui-ci lui lance un regard plein d'irritation et de mépris, disant: "Un type comme toi n'a pas le droit de porter une arme." Le frère de Yuwen s'insurge aussitôt contre ces paroles, mais son cadet le supplie de se calmer. Au fond, le jeune homme sait bien que Emba a raison, mais il n'y peut rien, il n'a pas choisi de naître avec ce corps-là.
Le soir, lorsque les deux chasseurs rentrent au village sans la dépouille du lion qu'ils étaient censés traquer, leur père, le chef, est scandalisé d'entendre que c'est encore Emba qui est parvenu à abattre la proie. S'ils continuent ainsi à se faire soustraire leur gibier par une autre tribu, la survie de leur propre clan s'avère gravement compromise. Le chef finit donc par proposer la solution suivante: il faut convaincre Emba, le meilleur chasseur de la région, de prendre du gibier pour eux; et, seul Yuwen serait capable de l'en persuader. Un jeune homme se montre toujours vulnérable face à une belle jeune fille, même un dur à cuire comme Emba doit avoir ce point faible. Grâce à sa constitution frêle et son visage aux traits doux, une fois habillé d'une robe et ses cheveux dénoués, Yuwen possède tout à fait l'apparence qu'il faut pour jouer ce rôle. Ainsi, le lendemain et les jours suivants, le malheureux jeune homme se rend travesti au bord du lac. Bien que Emba lui fasse très peur, puisqu'il se montre incapable de chasser et de se rendre utile aux siens, Yuwen ne peut se permettre de désobéir à son père.
Le plan ne tarde pas à fonctionner à merveille: tandis que tous deux se rencontrent chaque jour sur la berge où le jeune guerrier vient souvent chasser ou pêcher, Emba se montre gentil et prévenant envers Yuwen, qu'apparemment il n'a pas reconnu. Il lui offre ainsi de nombreuses proies, comme des poissons géants du lac, et grâce à celà et aux efforts du frère aîné, le petit clan de la forêt peut enfin manger à sa faim. Seulement, au fur et à mesure que le temps passe, cette situation commence à devenir douloureusement pénible pour Yuwen: sans même s'en rendre compte, il est tombé amoureux du jeune chasseur, qui le traite avec tant de tendresse, et celà le tourmente de devoir le tromper ainsi. Si Emba apprenait qu'il n'est pas vraiment une femme, que ferait-il ? Il le tuerait sûrement. Mais un jour, alors que Yuwen qui tentait de pêcher dans le lac se fait attaquer par un alligator géant, Emba est gravement blessé en lui sauvant la vie. En le soignant, Yuwen en larmes se jette dans les bras du jeune chasseur. C'est alors que ce dernier lui demande de devenir sien....
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Intrigue: Au Japon à l'époque Shôwa (1ère moitié du 20ème siècle), Kaoru Shinohara, un jeune écrivain à la personnalité douce et pure, vit tranquillement avec son jeune disciple Kôta, un collégien. Alors que tous deux se rendent comme chaque mois chez le libraire de leur quartier afin d'acheter le magazine Bungeikai ("Le Monde Littéraire"), où se trouve publiée la dernière oeuvre de Kaoru, ce dernier remarque qu'une nouvelle de son ami Tengaï est également reproduite dans ce numéro. Elle a pour titre Hitodénashi no Koï , et à peine a-t-il commencé à lire le récit, que le jeune homme sent son sang se glacer: il s'agit d'un roman ayant pour thème l'homosexualité; le héros, auteur de théâtre, se noie avec son ami également auteur dans une violente histoire d'amour et de désir. Pour l'époque, le contenu en est des plus "crus" et à la limite de la censure. Mais ce n'est point tant ce côté "immoral" qui choque ainsi Kaoru, que le fait qu'il s'agisse pratiquement d'un récit autobiographique. A moitié de force, Kaoru est devenu l'amant de son ami Tengaï, un homme à l'aspect effrayant, égoïste, brutal, possessif et associal qui, en raison d'un passé pénible et mystérieux, ne fait confiance à personne. Seul Kaoru, grâce à sa pureté, est parvenu à se rapprocher de lui et, pour ainsi dire, à l'apprivoiser, bien que la passion dévorante dont Tengaï fait preuve à son égard ne cesse de lui causer des soucis et se révèle parfois un fardeau autant physique que moral. Mais en lisant ce roman Hitodénashi no Koï , où leur relation à tous deux ainsi que leurs brûlantes étreintes sont retracées avec force détails (seuls les noms des héros ont été changés), un doute angoissant serre le coeur de Kaoru: est-ce que Tengaï ne couche avec lui que pour l'utiliser comme source d'inspiration pour son nouveau roman ?
Inquiet, Kaoru finit par se rendre chez son ami afin de lui demander ce qui lui a pris d'écrire un tel récit. Mais sitôt arrivé, il se rend compte que Tengaï n'imagine pas du tout avoir commis une indélicatesse; au contraire, il semble plutôt fier de lui et croit même avoir fait plaisir à son ami. Comme d'ordinaire, Kaoru finit par se laisser aller dans les bras robustes et pressants de Tengaï, sans avoir pu lui ouvrir son coeur. Dérouté par ce comportement presque bestial qui ne lui laisse aucun répit, Kaoru déclare à son ami qu'il ne veut plus le voir pendant quelque temps. A ces mots, Tengaï arbore un visage emplit de tristesse qui en dit long sur les sentiments qu'il n'est que malhabile à exprimer à haute voix, mais Kaoru refuse de se laisser appitoyer. Un mois passe, et tous les jours Tengaï se rend sous les fenêtres du jeune écrivain, mais ce dernier, malgré toutes les protestations de son ami, continue obstinément à refuser de sortir. Soudain, un objet atterrit dans sa chambre, lancé à travers le carreau: il s'agit du dernier numéro du Monde Littéraire , et l'ouvrant, Kaoru apprend que Tengaï a remporté le premier prix des jeunes auteurs décerné par la revue: en raison de son contenu bouleversant et audacieux, l'oeuvre Hitodénashi no Koï a obtenu un immense succès auprès du public, ce qui lui a valu cette récompense.
Quelques jours plus tard, Kaoru reçoit une invitation pour la réception donnée à l'occasion de la remise du prix, et encouragé par son disciple Kôta, il se rend malgré son appréhension à la fête, espérant que Tengaï aura eu le temps de réfléchir aux conséquences de ses actes (car tout le monde a bien sûr compris que Hitodénashi était un récit inspiré du vécu de l'auteur et chacun ne cesse de se demander avec curiosité qui peut bien être son mystérieux amant). Mais comme le jeune homme s'y attendait, Tengaï n'a toujours pas compris les raisons de sa colère, et l'accueille avec un visage radieux, heureux de le revoir après si longtemps. Géné par le comportement démonstratif de son ami, Kaoru réussi à lui fausser un instant compagnie afin d'aller discuter avec son ancien maître. A ce moment, il remarque dans la salle un homme pâle et hâve à l'attitude suspecte. Alors que la fête bat son plein, cet homme (qui devait normalement recevoir le premier prix littéraire et, évincé, s'est fait renvoyer par son maître), sort soudain un couteau de son kimono et s'élance vers Tengaï. Inconsciemment, Kaoru se jette entre son ami et son agresseur, recevant la lame dans le côté. Mais à la suite de cet incident, lorsqu'il se réveille à l'hôpital, Kaoru prend enfin conscience des sentiments amoureux qu'il éprouve pour Tengaï: malgré tous les tourments que ce dernier lui cause, il ne pourrait supporter de le perdre....
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Intrigue: Dans ce second volume décrivant la romance de Tengaï et Kaoru, l'auteur nous livre enfin la toute première rencontre des deux amants. On en apprend également un peu plus sur Tengaï, sa famille et son passé, avec l'apparition dans l'histoire à partir du chapitre 3 d'un personnage qui va prendre son importance par la suite: le peintre-illustrateur Kaïya Sonô, demi-frère de Tengaï, aussi beau et gracile que son aîné a l'air d'un ours.
Tengaï, jeune écrivain talentueux et avant-gardiste qui utilise l'écriture comme moyen de se libérer de son passé dramatique, assiste avec ennui à un salon littéraire. Comme à son habitude, asocial, il fait bande à part dans un coin de la pièce, écoutant écoeuré les autres auteurs se complairent dans leur orgueil et leur suffisance. Lorsque soudain, il remarque dans l'un des cercles de discussion un jeune homme qui ne parle pas: la physionomie douce et paisible, il se contente de sourire aux propos de ses camarades, et autour de cet inconnu, Tengaï a l'impression que l'air se trouve purifié. Quelque temps plus tard, alors qu'il prend un verre seul dans une chambre du quartier des plaisirs, Tengaï aperçoit dans la rue le même jeune homme, entouré de deux de ses collègues; ces derniers essaient de l'entraîner dans une maison close, mais le jeune homme s'enfuit, et tandis que l'un des écrivains pervers se lance à sa poursuite, il est sauvé par Tengaï, qui l'invite dans la chambre qu'il a louée. Le jeune homme se nomme Kaoru Shinohara, et c'est un grand admirateur de Tengaï dont il apprécie beaucoup les romans. Tandis qu'ils parlent, Kaoru remarque soudain le lit dans un coin de la chambre et s'excuse aussitôt, car à cause de sa présence, Tengaï ne peut pas appeler la prostituée qu'il a sans doute choisi pour la nuit. Mais à sa grande surprise, son compagnon répond que justement puisque Kaoru se trouve ici, il n'aura pas besoin des services d'une prostituée. Et bon gré mal gré, il se jette sur Kaoru, le faisant jouir sans néanmoins aller jusqu'au bout. Le caractère naïf du jeune homme lui plaît, ainsi il préfère prendre son temps afin de l'habituer à lui et en faire son docile esclave.
Le temps passe, et malgré les réticences du jeune écrivain, cette étrange relation se poursuit entre eux. Kaoru ne se montre pas tant en colère contre Tengaï que contre lui-même, qui finit toujours par se laisser aller et s'avère incapable de le repousser. Mais peu à peu, alors que Tengaï pensait à force de patience obtenir la soumission totale de Kaoru, c'est plutôt l'inverse qui est en train de se produire, et même leurs collègues de travail s'émerveillent de la façon dont le jeune homme est parvenu à apprivoiser cette effrayante bête sauvage. Entendant une de leurs conversations à ce propos, Tengaï n'en croit pas ses oreilles ! Pour lui Kaoru n'est qu'une créature stupide et licencieuse qui cache son véritable visage sous une image de pureté. Mais un jour, affirmant qu'il souhaite se concentrer sur le nouveau récit qu'il est en train d'écrire, Kaoru refuse de le voir. Plusieurs jours durant Tengaï obstiné se plante sous les fenêtres de Kaoru, mais en vain, ce dernier ne lui ouvre pas sa porte. Une après-midi pourtant, quelques heures avant le délai fatidique où le jeune homme doit rendre son manuscrit à l'éditeur, Tengaï et lui se rencontrent par hasard dans la rue. Des plus pressé, Kaoru n'a qu'une hâte, c'est livrer au plus vite son travail avant l'expiration du délai, mais vexé que le jeune homme ne lui accorde pas plus d'attention, Tengaï lui arrache le manuscrit des mains et jette toutes les pages du haut du pont surplombant la rue d'en-bas. Il espère ainsi que, furieux, Kaoru daignera enfin lui accorder un regard. Mais après avoir ramassé toutes les feuilles avec l'aide des passants, Kaoru s'en va afin de recopier le manuscrit sali, lançant à son persécuteur qu'il n'a pas le temps de se préoccuper de lui. C'en est trop ! Le prenant par le bras, Tengaï entraîne le jeune homme dans la chambre d'une auberge, où il l'étreint de force en allant cette fois jusqu'au bout.
Tandis que Kaoru est inconscient, Tengaï se met en devoir de recopier le manuscrit taché par la boue. L'histoire a pour titre "Le Rêve du Criminel", et tandis qu'il recopie le texte phrase après phrase, le visage de Tengaï se couvre d'une sueur froide, son coeur se met à battre très fort; bientôt, il a comme une boule dans la gorge et sa main tremble tellement qu'il ne peut presque plus écrire. Lui qui croyait les récits de Kaoru mièvres et sans intérêt, jamais il n'a lu de roman décrivant un monde aussi beau et aussi triste. Songeant qu'il n'a cessé de souiller et a peut-être détruit à jamais l'être capable d'écrire des choses aussi belles et aussi poignantes, un terrible remord vient soudain l'assaillir. Lorsque Kaoru se réveille enfin, Tengaï s'attend à ce qu'il l'insulte, le traite avec mépris comme il le mérite, mais le jeune homme le remercie seulement d'avoir recopié son manuscrit. Malgré tout ce qu'il lui a fait, Kaoru est resté le même; seul son corps a été souillé, son âme quant à elle est bien plus forte que Tengaï ne l'aurait jamais imaginé. Ne pouvant plus contenir ce sentiment violent et nouveau pour lui qui lui étreint le coeur, Tengaï serre soudain le jeune homme dans ses bras, songeant que bien qu'être enchaîné à quelqu'un ne lui plaise pas du tout, plus jamais il ne consentira à lacher la main de Kaoru. Comme le criminel du roman, il pense enfin avoir trouvé le réconfort....
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Intrigue: Depuis quelque temps, une sourde inquiétude emplit le coeur de Kaoru: quand ils font l'amour, pourquoi Tengaï n'enlève-t-il jamais son kimono ? Pourquoi n'essaye-t-il jamais de superposer directement sa peau à la sienne ? Pourtant ils s'aiment... Kaoru voudrait tellement toucher son ami, et ce mur entre eux le rend seul et triste. Un jour, Tengaï est blessé au bras par un voyou appartenant à une bande qui rançonne les écrivains dont ils jugent les oeuvres indignes ou nocives pour la société de l'époque. Kaoru l'accompagne chez le médecin, mais malgré toutes les protestations de son ami et de l'infirmière, Tengaï refuse obstinément de rester à l'hôpital. Il rentre donc à la luxueuse résidence de type occidental léguée par sa grand-mère, suivi de Kaoru inquiet. Mais lorsque le jeune homme veut l'aider à se changer et se laver, ce qu'il ne peut faire seul à cause de son bras immobilisé, Tengaï le repousse brusquement et lui ordonne de partir. Blessé, Kaoru n'insiste pas. Il commence à comprendre que son ami cache quelque chose sous son kimono noir, quelque chose qu'il ne veut pas lui montrer: est-ce une cicatrice, ou peut-être un tatouage comme ceux des yakuzas ? Tourmenté par son désir de toucher Tengaï, Kaoru en rêve même la nuit. Mais quelques jours après l'accident, tandis que tous deux se rendent à l'hôpital pour l'examen de la blessure, le jeune homme a enfin l'occasion de découvrir le secret de son ami: écartant doucement le rideau de la salle de soins alors qu'on lui refait son pansement, conscient de l'indiscrétion de son acte mais incapable de s'en empêcher, Kaoru découvre l'horrible et profonde cicatrice qui barre le dos de Tengaï de la hanche jusqu'à l'épaule. Mais tandis qu'il demeure saisi par ce spectacle, à ce moment Tengaï se retourne et, effrayé et honteux, Kaoru s'enfuit.
Sur le chemin du retour, Tengaï reste songeur: pourquoi son ami ne peut-il se contenter de son présent ? Mais finalement, se rendant chez Kaoru, il se décide enfin à lui parler de son passé: sa mère, une jeune et très belle anglaise, est morte en le mettant au monde; son père, un homme sévère et très riche qui portait à son épouse un amour proche de la vénération, n'a jamais pu pardonner cette disparition à son fils, et pour compenser en partie cette perte, il voudrait que Tengaï passe sa vie entière à lui être utile. Mais une fois ses études terminées, le jeune homme n'avait qu'une hâte, c'était fuir le foyer paternel et devenir écrivain. Puisqu'il n'avait pas l'intention de rembourser sa dette envers son géniteur, alors, ne lui restait qu'à payer la disparition de sa mère de sa propre vie. Et Tengaï malgré cet avertissement s'étant obstiné dans sa volonté de quitter la maison, ce père autoritaire l'avait alors abattu de la lame de son sabre ancien. Mais pourtant, en son for intérieur le jeune homme savait bien que quel que soit le caractère de son père, ce dernier n'aurait jamais essayé réellement de le tuer; c'est parce que Tengaï n'avait pas cru en lui, lui avait tourné le dos pour fuir au moment où il levait son sabre que le vieil homme l'avait frappé pour de bon, afin de lui faire payer ce manque de confiance. Pour Tengaï, cette cicatrice dans son dos représente la honte de celui qui a douté. Voilà pourquoi il ne pouvait pas la montrer. Entendant cette histoire, bien qu'il ait du mal à comprendre ce genre de relation père-fils vestige de la féodalité, Kaoru s'excuse tristement; il s'en veut beaucoup: par sa faute, son ami a été contraint de réveiller les blessures de son coeur. Pourtant tout ce qu'il souhaitait, c'était simplement le toucher, sentir le contact de sa peau. Mais tandis que le jeune homme baisse timidement la tête en rougissant de cet aveu enfin exprimé, Tengaï défait son kimono, puis lui tend la main....
Tout semble s'être arrangé, et la vie reprend son cours normal, jusqu'au jour où Kaoru se fait enlever, juste sous le nez de Tengaï. Ce dernier n'a aucun mal à découvrir le coupable: son propre père, qui bien qu'il ne lui ait jamais pardonné la mort de sa mère décédée en lui donnant naissance, porte à son fils un attachement au-dessus de l'ordinaire. Tengaï ayant osé comparé son amour pour Kaoru à celui que le vieil homme portait à son épouse défunte, ce dernier, ne pouvant supporter de s'être fait voler l'affection de son fils par un homme, veut à tout prix lui prouver que Kaoru n'a rien de comparable avec la belle anglaise qu'il adorait. Tandis que ses hommes de main immobilisent Tengaï venu au secours de son ami, le vieil homme tente d'humilier Kaoru sous les yeux de son fils afin de lui montrer que la relation qu'ils entretiennent tous deux n'est que charnelle et dégoûtante. Mais les mercenaires qu'il a engagés pour violer le jeune homme n'arrivent pas, et c'est finalement son autre fils Kaïya qui fait son apparition. Glissant à l'oreille de Kaoru qu'il va le sortir de là, il fait semblant de le violer pour appaiser la colère de ce père tyrannique et insensible. Le vieil homme, qui ignore que Kaoru et Kaïya sont amis, se laisse berner par cette simulation, et Tengaï le coeur plus que jamais gonflé de haine envers son père peut enfin ramener son ami chez lui. Mais désormais conscient que le vieil homme représente un ennemi de taille, bien que Kaoru l'ait supplié de lui pardonner, une peur sourde ne le quittera plus....

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Intrigue: Un jour que tous deux sont paisiblement en train de lire, Tengaï demande soudain à Kaoru de venir vivre avec lui. Le jeune homme refuse: il ne peut abandonner la maison dont un ami lui a confié la charge en échange d'une exemption de loyer, ni surtout son jeune disciple Kôta. De même, si quelqu'un d'aussi peu discret que Tengaï venait vivre chez lui, celà ne leur apporterait que des ennuis. A ces mots, Tengaï se met en colère, et comme toujours dans ces moments-là, il se jette sur Kaoru: s'il ne peut le dominer moralement, au moins, physiquement, il est totalement sien. Mais tandis que Tengaï commence à tirer sur son kimono, le jeune homme se met à hurler, se recroqueville sur lui-même. Depuis qu'il a été enlevé et humilié par le père de Tengaï, il est terrifié à l'idée qu'on lui ôte ses vêtements. Entendant celà, Tengaï a un coup au coeur; il se sent responsable et s'en veut énormément de ce qui est arrivé à son ami. Il dit néanmoins à ce dernier que ça n'a pas d'importance s'il ne peut se déshabiller, et tous deux font l'amour en gardant leur kimono. Kaoru finit par rentrer chez lui, mais le lendemain, son jeune disciple lui tend le journal en criant: le nouveau roman de Tengaï Kanashii Kangu ("Le Jouet Triste"), publié en feuilleton hebdomadaire, ne figure pas dans le journal ce jour-ci. Surpris et très inquiet, Kaoru se précipite chez son ami pour avoir des explications et rencontre sur place le manager de Tengaï, qui l'a devancé et tambourine en vain à la porte du bureau. Finalement, Tengaï laisse entrer Kaoru seul, et pénétrant dans la pièce, le jeune homme remarque les feuilles blanches éparses sur le plancher. La vérité lui apparaît alors d'un coup: Tengaï ne peut plus écrire !
Depuis le jour où il a vu Kaoru se faire enlever sous ses fenêtres, Tengaï a la peur au ventre. Il ne cesse de craindre que son père fasse encore du mal à son ami, et si celà arrivait à un endroit où il ne se trouve pas, pendant qu'il n'est au courant de rien... Voilà pourquoi il insistait tant pour que le jeune homme vienne vivre avec lui. A force de remuer des pensées aussi sombres et préoccupantes, Tengaï ne peut plus se concentrer sur l'écriture. C'est décidé, il ne laissera plus Kaoru quitter ce bureau, sinon, il deviendra fou ! Mais le jeune homme répond que s'ils restent ensemble, ce sera pire encore, ils vont finir par se noyer chacun dans les bras de l'autre, et celà ne leur apportera rien du tout. Depuis qu'il a rencontré Tengaï, Kaoru a l'impression d'être devenu beaucoup plus fort, d'avoir enfin compris la complexité des sentiments qu'on éprouve lorsque l'on est épris de quelqu'un. A son tour, il voudrait devenir une existence bénéfique pour son ami, et non une source de souffrance et de tourments perpétuels. Il souhaiterait que tous deux découvrent l'exaltation l'un en l'autre, en tant qu'auteurs, en tant qu'êtres humains....
Enfin calmé, Tengaï accepte de se rendre à ces sages raisons. Pour le détendre un peu avant qu'il se remette à écrire, Kaoru entraîne son ami au bord d'un étang où son frère Kaïya vient souvent faire des esquisses. Mais tandis qu'ils discutent tranquillement, un mystérieux inconnu aborde soudain Kaoru et lui remet un livre. Tandis que l'homme enlève son chapeau, découvrant ainsi son visage, le sang de Kaoru se glace dans ses veines alors que remonte à la surface de sa mémoire un passé depuis longtemps oublié, scellé au plus profond de son coeur. L'inconnu s'en va, et tombant à genoux, le jeune homme reste prostré, complètement sourd aux appels inquiets de son ami. Quelques jours plus tard, Kôta en larmes vient tambouriner à la porte de Tengaï, criant que son maître a disparu....
Avis: A une époque où se mêlent encore modernisme et ancien temps, plusieurs auteurs transcendent leur passé, leur souffrance et leurs espoirs à travers l'écriture. Cette série prévue en cinq volumes est d'une richesse inouie. Ponctuée de nombreuses références littéraires, de par les sujets abordés et le caractère dramatique de certaines situations elle s'adresse plutôt aux lecteurs adultes. Miya Ikushima, comme dans toutes ses oeuvres, nous livre une histoire douce-amère sur fond de drame et de poésie, mais où tout s'arrange toujours. Excellent. Il y avait longtemps que je n'avais rien lu d'aussi bon. Le style de dessin lui-même est beau et délicat, les personnages sont très mignons, voir sublimes (ainsi Kaïya et l'épouse du maître de Kaoru). Même Tengaï, qui au début de la série apparaît d'abord effrayant, voit les traits de son visage s'adoucir au fur et à mesure qu'il retrouve son humanité perdue. Mieux vaut néanmoins connaître un minimum le japonais afin d'apprécier pleinement les nuances et la complexité de cette oeuvre hors du commun.
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Intrigue: Edo, 1863. Le Shieikan est un dôjô où l'on pratique le style d'épée Tennenrishin enseigné par le grand Maître Isami Kondô. Mais c'est surtout un lieu d'entraînement où des guerriers renommés pratiquant toutes sortes de styles différents viennent perfectionner leur technique à la lance ou au sabre. Hormi le bon Maître Kondô, jeune homme d'une trentaine d'années à la force et à la carrure d'ours, vivent en pension au Shieikan ses cinq principaux assistants: tout d'abord son ami d'enfance Toshizô Hijikata, une sorte de rebelle qui paraît toujours de mauvaise humeur et passe son temps à composer des poèmes maladroits; ensuite Keisuké Yamanami, le "Génie des Montagnes du Nord" pratiquant le style Hokuto, un jeune homme à la longue chevelure claire aussi doué au sabre que remarquablement intelligent et qui est en quelque sorte "l'épouse dévouée" de Maître Kondô; puis, ajoutons Sanosuké Harada, grand et fort mais un peu naïf, guerrier célèbre pour son habileté à la lance; vient ensuite le jeune Heisuké Tôdô, un adolescent au passé pénible qui a décidé de devenir très fort afin de ne plus être obligé de se plier à la cruauté des adultes; gai et dynamique mais souffrant d'anémie, Tôdô passe son temps à manger et pratique lui aussi le style Hokuto. Enfin, au Shieikan il y a surtout Sôji Okita, un bel adolescent qui possède au sabre une habileté exceptionnelle, au point d'avoir surpassé Maître Kondô lui-même. De son vrai nom Shûjiro, il a parcouru divers dôjô afin de parfaire sa technique d'épée, avant de finalement se fixer au Shieikan certain d'avoir trouvé en Kondô, à qui il voue une admiration sans bornes, le maître idéal. Sôji a fait autrefois la promesse à son ami d'enfance Kikuchiyo, sans doute le fils d'un seigneur avec qui il communique à travers ses rêves, de vouer sa vie à le protéger, et pour celà de devenir le capitaine de sa garde personnelle. Mais de basse extraction, Sôji doit d'abord se distinguer et devenir très fort.
Un jour, Toshizô Hijikata vient chercher Sôji dans la plaine où le garçon vient souvent profiter de la solitude pour parler en rêve avec son ami, lui annonçant que Maître Kondô le demande de toute urgence. Un message est arrivé au Shieikan de la part des membres du dôjô Hongô Morikawa, qui lancent un défi à Sôji. Alors qu'il était encore enfant, ce dernier avait été emmené de force à ce dôjô où on l'avait contraint à disputer un match. Malgré son très jeune âge, Sôji avait remporté haut la main une brillante victoire, couvrant de honte ses adversaires et s'attirant du même coup leur haine et leur rancoeur. Des années plus tard, les Morikawa sont bien décidés à prendre leur revanche, et proposent un duel à un contre un sur les berges de la rivière Ozu. Mais Maître Kondô n'est pas dupe: puisqu'il est précisé dans la missive que le combat se disputera avec de vrais sabres et non des sabres d'entraînement en bois, c'est bien que ses adversaires ont l'intention de tuer l'adolescent, de vaincre par tous les moyens celui qu'ils pensent avoir détruit leur honneur. Le combat ne sera pas loyal, il s'agit certainement d'un piège. Mais Sôji, confiant et serein, est décidé malgré tout à accepter l'affrontement en dépit des avertissements de son maître. Le nom du Shieikan a été cité, et il ne peut se dérober sous peine de souiller l'honneur de son propre dôjô. Une chose grave pourtant préoccupe le jeune garçon, bien qu'il n'ait osé en parler devant son maître: ce sera un combat à mort, et jamais auparavant il n'a tué ou blessé quelqu'un. Perplexe sur ce qu'il doit faire bien que certain de son bon droit, Sôji décide donc d'aller demander conseil à Toshizô, qui a beaucoup voyagé et souvent mis sa vie en péril. Ce dernier répond qu'éviter l'effusion de sang est sûrement impossible, mais pour en finir au plus vite en limitant les dégats, Toshizô recommande à Sôji de se concentrer sur le leader: s'il l'abat en premier, normalement les autres assaillants abandonneront le combat.
La nuit venue, tout se déroule comme Maître Kondô l'avait prévu: prêts à tout pour remporter la victoire, Sôji n'est pas arrivé à mi-chemin du lieu du rendez-vous que les Morikawa, venus en grand nombre, l'encerclent dans une ruelle déserte et tentent de l'avoir par surprise. Mais c'est sans compter sur l'adresse et le talent du redoutable Sôji Okita ! Bondissant à la lumière de la lune, l'adolescent n'a aucun mal à contrer tous ses assaillants, effrayés par ce jeune démon, et à éliminer leur champion Jûrô Takayama. Couvert de sang de la tête aux pieds, Sôji rentre sain et sauf au Shieikan. N'osant se montrer dans cet état à son vénéré maître, il appelle Toshizô à son aide. Ce dernier l'emmène jusqu'au puit et le déshabille pour laver le sang, mais glacé jusqu'à la moelle, le garçon ne parvient pas à se défaire de la sensation d'avoir tué un homme de ses mains. Afin de le réconforter et lui faire oublier le souvenir obsessionnel du contact du sabre, Toshizô le porte jusqu'à sa propre chambre et propose à Sôji de l'étreindre jusqu'à ce qu'il ne puisse plus penser à rien, ni à la mort, ni au sang....

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Intrigue: Si le volume précédent introduisait les différents personnages, dans ce second volet on en apprend davantage sur leur famille et leur passé. Les quatre premiers chapitres sont donc ponctués de retours en arrière dans lesquels nous sont expliqués entre autres le profond lien d'amitié liant Toshizô et Maître Kondô, ainsi que le drame ayant poussé Yamanami à quitter ses montagnes natales: doué dans tous les domaines, considéré dans son village comme un "enfant divin", ses parents n'avaient d'yeux malgré tout que pour son frère aîné, sans compétences particulières mais héritier, délaissant complètement leur fils cadet et même se montrant embarassés que le peuple le loue et le vénère ainsi. A la recherche d'un endroit où exercer ses dons et sa sagesse, Yamanami avait donc fini par quitter sa région. Mais même à présent qu'il s'est fixé au dôjô dirigé par son compagnon Kondô, cette froideur de sa famille à son égard ne cesse de tourmenter le jeune homme, car si dans son village il apparaissait comme un surdoué, dans une grande ville comme Edo il n'est plus qu'un érudit venu de la campagne; quant à l'art du sabre, Kondô et Sôji le surpassent incontestablement. Un jour qu'avec ces deux derniers Yamanami est allé donner une leçon de sabre chez un riche bourgeois, sur le chemin du retour il rencontre un ami de son frère qui était à sa recherche. Le samouraï lui annonce le décès de sa mère. Cependant, même si ce calme qu'il éprouve face à cette triste nouvelle lui fait horreur, le jeune homme doit se rendre à l'évidence qu'il n'éprouve aucun chagrin. Plus que jamais, il se demande quelle est sa place en ce monde. Tandis qu'il reste silencieux enfermé dans sa chambre, ses amis se font beaucoup de soucis à son sujet. Mais seul Maître Kondô, avec sa bonté et sa compréhension coutumières, est capable de réconforter son compagnon....
Ce volume voit également évoluer les rapports entre Sôji et Toshizô, qui avaient débuté par une relation seulement charnelle. Un soir que tous deux sont en train de discuter de l'actuel recrutement de la garde qui doit escorter le Shôgun jusqu'à Kyôto, ils entendent un bruit au-dehors, et découvrent Saïtoh Hajimé effondré dans la cour du dôjô, baignant dans une mare de sang. Le jeune homme (apparu à la fin du volume 1; il s'agit du rival de Sôji, redoutable guerrier et second protecteur de Kikuchiyo) est finalement recueilli et soigné au Shieikan, et lorsqu'il se trouve enfin en mesure de parler, il raconte à Sôji qu'il a tenté de s'enfuir de la résidence du Shôgun en emmenant Kikuchiyo, mais comme ce dernier ne peut pas courir, ils se sont fait rapidement rattraper. Ne pouvant se résoudre à voir mourir son fidèle serviteur, Kikuchiyo a ordonné à Hajimé de s'enfuir seul, lui affirmant que les hommes du Shôgun n'oseraient attenter à sa vie. Apprenant cette nouvelle, Sôji décide de s'enrôler dans l'escorte du Shôgun, à la grande surprise de Toshizô. Ce dernier en a assez de tous ces mystères que se partagent Sôji et Hajimé. Mais qui est donc ce Kikuchiyo dont son jeune amant ne cesse de prononcer le nom même dans ses rêves ? Toshizô ne peut supporter que le garçon ait pris seul la décision de s'engager dans l'armée sans même consulter son maître où ses camarades, agissant selon ses propres motivations sans prendre en compte que les autres se font du souci pour lui. A la fin, résigné, Sôji se décide à tout raconter à son aîné.
Kikuchiyo est le nom du fils héritier du Shôgun. Faible et malade, les siens craignaient qu'il ne meure avant d'avoir pu monter au pouvoir, ce qui marquerait un coup fatal à la main mise de cette famille sur le gouvernement du pays. Il leur fallait donc trouver une "doublure" à Kikuchiyo: le fils cadet d'un seigneur pour lequel travaillaient le jeune Shûjiro (Sôji) et son père, qui ressemblait à s'y méprendre au fils du Shôgun et possédait une santé défaillante comme lui. Le jeune prince s'étant grièvement blessé à la jambe en tombant de cheval, Shûjiro avait vu les hommes de son seigneur briser la jambe de son ami afin que rien ne le distingue du vrai Kikuchiyo. Traumatisé par tant de cruauté, à partir de ce jour Shûjiro se fit le serment de protéger "Kikuchiyo" envers et contre tout sans se préoccuper de sa véritable identité. Mais selon ce que lui a appris Hajimé, le vrai Kikuchiyo vient de mourir de maladie: voilà pourquoi le samouraï, craignant de voir l'autre Kikuchiyo exécuté, avait tenté de s'échapper avec lui du palais d'Edo, en vain. Cependant afin de ne pas perdre le pouvoir, la famille du Shôgun avait décidé de cacher la nouvelle de sa mort, et pour celà mis sa doublure à sa place. C'est à présent le faux Kikuchiyo, simple fils cadet d'un seigneur de campagne, qui dirige le pays en tant que Shôgun ! Voilà pourquoi Sôji tenait tant à s'engager dans l'escorte qui doit le conduire jusqu'à la capitale, il veut tenir sa promesse et le protéger.
Parallèlement, Maître Kondô et ses autres disciples s'interrogent eux aussi sur la décision à prendre concernant l'offre qui leur a été faite de rejoindre la garde personnelle du Shôgun. Pour ces guerriers émérites mais pauvres, c'est une chance inespérée de se distinguer et construire leur avenir. L'occasion leur est enfin offerte de prouver que l'entraînement auquel ils se sont soumis durant tant d'années a porté ses fruits. Cependant, après avoir vécu si longtemps en commun, Kondô et ses cinq disciples répugnent à se séparer. Après avoir consulté l'un après l'autre ses amis et appris leurs motivations, le Maître prend la décision de fermer le dôjô et de rejoindre tous ensemble l'escorte du Shôgun qui fait route vers Kyôto, la capitale....



Concernant les oeuvres de Miya Ikushima, voir également Be Boy Zips 29.
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Intrigue: Ce volume, le tout premier manga de cet auteur, est un recueil composé de neuf histoires courtes:
- Feel so Good , page 7: Orphelin, délaissé par les parents éloignés qui l'avaient recueilli, le seul réconfort de Kô était son jeune voisin Nagi, qui venait souvent s'amuser avec lui. Bien que les années ont passé, Nagi, à présent en Terminale, continue de rendre visite à Kô chaque soir en passant par la fenêtre de son appartement, sautant d'un immeuble à l'autre en dépit du danger. Etudiant surdoué, le jeune homme l'aide à réviser et à faire ses devoirs, mais si Nagi a une confiance totale en les capacités mentales de son ami, il n'en est pas de même envers son coeur: pour prix de ses services, Kô demande à l'adolescent de le payer en baisers, mais blessé, Nagi refuse, ne parvenant pas à distinguer si les sentiments de son voisin sont sincères ou s'il s'agit d'une simple plaisanterie. Pourtant, il a grand besoin de son aide: il doit bientôt passer des examens pour entrer dans une prestigieuse université réservée aux élèves d'élite - qui a surtout pour Nagi l'avantage de se trouver tout près de son lieu d'habitation - et sans les compétences et les conseils avisés de Kô, l'adolescent sait bien qu'il ne réussira pas le concours d'entrée. Quant à l'étudiant, lui non plus ne comprend pas les sentiments de son jeune voisin: bien qu'il vienne chaque soir lui rendre visite à une heure avancée qui le laisse espérer que tous deux passeront la nuit ensemble, le garçon finit toujours par repousser ses avances. Un soir pourtant, las de se tourmenter, Kô décide d'en finir, et demande à Nagi de lui payer en une seule fois tous les baisers qu'il lui doit, en le laissant l'étreindre. Il lui avoue enfin clairement son amour, en l'avertissant que si la situation perdure ainsi, il va devenir fou. Nagi reproche alors à son ami de ne penser en priorité qu'à lui-même sans songer à ce que peut éprouver son partenaire, mais malgré toute son appréhension, il finit par s'abandonner dans ses bras....
- Carry the Day , page 19: Depuis toujours, Nagi adore le dimanche, seul jour de la semaine où il est libre de faire ce qui lui plaît. Désireux de profiter au maximum de cette journée de repos, il s'introduit chez son ami Kô - par la fenêtre comme à son habitude - espérant bien la passer avec lui. Cependant l'étudiant répond qu'il doit travailler ce dimanche: pour gagner un peu d'argent, il aide dans ses recherches l'un des professeurs de l'université. Très déçu, Nagi se résoud donc à rester s'ennuyer devant la télévision. Les larmes aux yeux, le jeune homme se demande si finalement Kô n'était pas plus tendre envers lui du temps où ils n'étaient pas encore amants, et en vient à douter de la sincérité de son amour. Il a parfois l'impression que seul son corps intéresse l'étudiant. Alors qu'il se morfond ainsi, Nagi entend soudain du bruit dans le couloir, et croyant qu'il s'agit de Kô, il se précipite gaiement pour lui ouvrir, heureux de son retour. Hélas, il s'agissait de deux cambrioleurs, et le jeune homme se retrouve bientôt ligoté et baillonné dans un coin de l'appartement. Tard en fin d'après-midi, Kô finit par rentrer. S'il avait postulé pour ce petit boulot d'assistant, c'était afin d'avoir de l'argent pour sortir avec Nagi. A peine arrivé chez lui, il se fait à son tour attraper par les bandits, qui exigent les coordonnées de son compte en banque et le numéro de sa carte de crédit. S'il était seul, Kô sait bien qu'il n'aurait eu aucun mal à se débarrasser des deux voyous, mais afin de protéger Nagi qui lui est plus précieux que tout, malgré les protestations du garçon, il décide de sagement obtempérer....
- Daring Signal , page 35: Katsuya Masaki, un bel acteur à succès, est considéré comme un véritable Don Juan qui accumule les liaisons avec des actrices. N'étant jamais tombé réellement amoureux, c'est rare pourtant qu'il aborde quelqu'un de sa propre initiative et se contente de répondre aux invitations de celles à qui il plaît. Ainsi, il n'est pas étonnant qu'à force de fréquenter les femmes les plus belles, il ne se laisse plus facilement émouvoir. Un jour pourtant, sur un tournage, Masaki a le coup de foudre pour une jeune fille d'une merveilleuse beauté. Quand il questionne le réalisateur à son sujet, il apprend avec surprise qu'il s'agit d'un garçon, Hidéto Washimi, un cascadeur spécialisé dans la doublure d'actrices. Sitôt les prises de vue de la journée achevées, Masaki aborde le jeune homme et l'invite au restaurant, où il entâme immédiatement sa stratégie de séduction. Louant la beauté de Hidéto, il assure à ce dernier qu'il devrait être acteur plutôt que cascadeur, et se propose de le lancer. Il est courant que les postulantes au métier d'actrice couchent avec le producteur; en échange de son soutien, que dirait Hidéto de passer une nuit avec lui ? Ce n'était qu'une plaisanterie, mais le jeune homme, qui en dépit de son apparence fragile possède un caractère bien trempé, s'en va piqué au vif, lançant à Masaki qu'il ne le frappe pas uniquement parce que ce dernier lui a payé à bouffer. Cependant, dès le lendemain et tous les jours suivants, Masaki revient gaiement à la charge au point que le jeune cascadeur éprouve bien des difficultés à se concentrer sur son travail. En fait, l'acteur agit aussi ouvertement afin de tenter de dérider Hidéto, car il a remarqué que bien que le jeune homme prétende aimer son métier, jamais il ne sourit sur un lieu de tournage. A mesure que tous deux se rapprochent l'un de l'autre, Masaki avoue qu'il est au courant de ce qui est arrivé au père de Hidéto: ce dernier était un cascadeur très célèbre et renommé, mais suite à un grave accident survenu pendant une prise, à présent il ne peut plus marcher. Le jeune homme adorait son père, mais c'est aussi pour vaincre le complexe d'infériorité causé par son apparence gracile qu'il a choisi lui aussi d'exercer ce dangereux métier. Le dernier jour du tournage arrive enfin. Masaki remet à Hidéto un porte-bonheur acheté dans un temple, et lui fait promettre que s'il s'en sort sain et sauf, le jeune homme passera une nuit avec lui. La scène finale est de loin la plus dangereuse de tout le film, car y figurent des explosions et un incendie. A peine la prise de vue a-t-elle commencé que l'une des explosions se déclenche trop tôt, et Hidéto, inconscient, se retrouve prisonnier des flammes. Sans hésiter, Masaki se jette au milieu du brasier afin de le sauver.... (Une autre histoire mettant en scène Hidéto et Masaki figure dans le recueil Seito no Shuchô - voir ci-dessous - chapitre intitulé Scandal Kiss .)
- Red Angel , page 57: Seiju, un lycéen de seconde, est venu vivre auprès de sa grande soeur Emiko afin de se trouver tout près de son établissement scolaire. Très scrupuleux, l'adolescent craint sans cesse de déranger, bien que la jeune fille, qui a quitté le domicile parental depuis longtemps, ne cesse de lui assurer le contraire. Néanmoins, cette existence commune devient bientôt pour Seiju la cause de grands tourments, partagé entre une joie immense et le pénible devoir de cacher ses sentiments: car il est tombé amoureux du beau et gentil Tetsuo, un jeune homme qui travaille dans la même société que Emiko, mais hélas, est aussi son petit ami. Tetsuo vient souvent rendre visite le soir à sa bien-aimée, et il arrive fréquemment qu'il reste dormir à l'appartement. Mais bien qu'heureux de pouvoir rencontrer presque chaque jour cette personne qu'il aime en secret, au fur et à mesure que le logis s'imprègne davantage de la présence de Tetsuo, la situation devient de plus en plus pénible pour Seiju, surtout lorsqu'il songe en se couchant que le jeune homme se trouve au même moment dans le lit de sa soeur. Mais ni Emiko, ni son petit ami ne se rendent compte de ses tourments: Tetsuo, même s'il apprécie beaucoup l'adolescent, le considère simplement comme son petit frère. Un vendredi soir, alors que Emiko doit effectuer un petit voyage avec des amies, elle demande à Tetsuo de s'occuper de son jeune frère. C'est bientôt le Festival des Arts du lycée, et à cause des préparatifs, il fait presque nuit quand Seiju quitte enfin l'établissement déserté. Tandis qu'il se dépêche de rentrer, il surprend des élèves de Terminale sur le point de violenter une étudiante; Seiju la sauve, mais furieux d'avoir été dérangés, les voyous décident de violer l'adolescent à la place de la jeune fille. Lorsque Seiju rentre enfin à l'appartement, il se trouve dans un état pitoyable, mais malgré tout il voit là une occasion de pouvoir coucher avec Tetsuo: avouant sa flamme à ce dernier, il le supplie de l'étreindre afin de guérir ses blessures. Emu par les larmes de l'adolescent, le jeune homme n'a pas le coeur de le repousser, et tous deux passent ensemble une nuit brûlante. Néanmoins, les jours suivants, la vie reprend son cours normal, à la différence-près qu'à présent Tetsuo paraît vouer à Seiju le même amour qu'il porte à sa soeur aînée, répondant aux sentiments du garçon de manière à ce que Emiko ne s'aperçoive de rien. Et s'imaginant que pour le jeune homme, il se trouve sur un pied d'égalité avec sa soeur, Seiju se sent enfin heureux. Hélas, quelque temps plus tard, Tetsuo lui annonce qu'il veut rompre avec lui: Emiko est enceinte, et il est bien décidé à prendre ses responsabilités et à l'épouser. Bien sûr, il aime tendrement Seiju, mais il aime aussi Emiko, et l'adolescent doit comprendre que cet amour est différent et non comparable. Seiju acquiesce, puis félicite même sa grande soeur, mais en lui quelque chose s'est brisé. Devenu comme insensible, il se met à souhaiter que si seulement le bébé n'existait pas.... ou plutôt si seulement Emiko disparaissait....
- Orétachi no Ren'aï katsuyôjutsu ("Notre technique pour mettre en valeur l'amour"), page 79: Naoyuki Izumikawa, surnommé Izumi, est un jeune salary-man fraîchement débarqué de sa campagne natale pour venir travailler à Tôkyô. Comme il n'est encore qu'un nouveau-venu dans son entreprise, il effectue ses tâches avec zèle et sérieux, d'autant plus que la société où il vient d'être embauché va bientôt être absorbée par une multinationale, et il risque d'y avoir des licenciements. Un soir qu'Izumi revient d'un buffet organisé par sa boîte, quelques unes de ses collègues de bureau (célibataires) l'entraînent de force dans un club d'hôtes. Là, le jeune homme fait la connaissance de Jake, un troublant métis nippo-américain: c'est l'hôte numéro un de ce club, et même Izumi ne peut s'empêcher d'admirer sa beauté et ses cheveux blonds. Jake lui aussi semble trouver le salary-man à son goût et se met à le taquiner, aidé par les filles du bureau qui s'empressent de souligner l'incapacité du campagnard à supporter l'alcool. Vexé, Izumi prend la mouche et vide un verre d'alcool fort d'un seul trait.... pour finalement se réveiller, le lendemain matin, dans l'appartement de Jake. Comme les collègues du jeune salary-man ignoraient son adresse et qu'on ne pouvait l'abandonner évanoui dans le club, l'hôte n'a rien trouver de mieux que de l'amener chez lui. En guise de remerciement, Jake demande à Izumi de l'aider à faire ses devoirs de Lettres Classiques Japonaises. Il a triché sur son âge afin de devenir hôte, mais en fait, il n'a que 17 ans et est encore lycéen ! Entendant celà, Izumi se montre scandalisé ! Mais le jeune homme lui explique qu'il a pris ce travail afin de rester indépendant de son père. Ce dernier est japonais et dirige une grosse société, tandis que sa mère, américaine, est actrice à Holywood. Ses parents pris chacun par leur travail respectif, Jake a du pratiquement toujours se débrouiller seul, voilà pourquoi à présent il déteste les entraves. Aux USA, il a déjà terminé l'Université avec un Doctorat, et s'il s'est rendu au Japon, c'est parce que son père désire qu'il lui succède comme directeur de la société qu'il possède dans ce pays. Charmé par la personnalité ouverte de Jake, qui rayonne de joie de vivre et d'optimisme malgré l'existence solitaire qu'il a jusqu'alors menée, Izumi va aussitôt devenir son ami. Près ce jeune homme, il se sent étonnament bien. Mais peu à peu, ses sentiments vont subtilemment évoluer. Dérouté par le comportement très familier dont Jake fait preuve à son égard, il se surprend à se demander si l'hôte fréquente déjà quelqu'un. Il est certain que Jake plaît beaucoup aux filles; et avec son caractère badin et exubérant, il doit probablement avoir des tas de petites amies. Néanmoins, bien qu'étant conscient que son attachement n'est pas raisonnable, Izumi accepte sans hésiter lorsque un jour Jake lui propose un rendez-vous. Hélas, quelque temps plus tard, l'hôte annonce au salary-man qu'il va devoir quitter le Japon pour rentrer aux Etats-Unis. Izumi est désespéré. Et c'est à ce moment qu'il comprend enfin la nature des sentiments qu'il éprouve pour son ami. Mais s'il lui offre son corps, il n'ose avouer son amour à Jack, et finit par le laisser partir. Quelques jours plus tard, le salary-man apprend de la bouche de son directeur qu'il va être muté à la maison-mère de la société avec laquelle leur entreprise a fusionné, qui se trouve justement aux USA ! Voyant là un infime espoir de pouvoir retrouver Jake un jour, Izumi accepte aussitôt la proposition, bien décidé à se mettre à la recherche de son ami afin de lui avouer enfin ses sentiments. Il ignore encore que son bien-aimé n'est autre que le directeur de la multinationale où il va travailler....
- Slow Step , page 111: Kengo est un lycéen plein de vie doué dans tous les sports. Officiellement, il fait partie du club de Jûdô, ce qui ne l'empêche pas d'être sollicité par d'autres clubs comme ceux de Kendô et de football à chaque fois que doit avoir lieu une grande rencontre sportive inter-lycées. La seule personne qui soit capable de rivaliser avec Kengo est Nijishikai, l'un de ses camarades de classe, un jeune homme étrange qui se promène toujours avec un éventail lui servant aussi bien à danser qu'à se battre: ses parents tiennent un magasin de vêtements traditionnels japonais, et lui-même s'adonne à la danse classique japonaise ainsi qu'à la Cérémonie du Thé. En dépit de son apparence calme et plutôt "intello", Nijishikai est vraiment très fort, Kengo en a fait l'expérience lorsqu'à la rentrée des classes, ce dernier lui a infligé au jûdô sa toute première défaite. Depuis, il fait tout pour convaincre Nijishikai d'intégrer le club malgré le désintéressement de ce dernier pour le sport, allant même jusqu'à sortir avec lui. Néanmoins, tous deux n'ont pas encore été au-delà du baiser, Kengo n'étant pas prêt à avoir une relation plus intime avec son entreprenant ami. Le matin du jour où doit avoir lieu un grand championnat inter-lycées, en allant chercher Kengo chez lui afin qu'ils aillent ensemble à l'école, Nijishikai le trouve cloué au lit en proie à une forte fièvre. Normal, en voulant trop en faire, le jeune homme est surmené ! Nijishikai se rend donc seul au lycée et se met en devoir de prévenir les capitaines des différents clubs que soutient Kengo; mais dans l'après-midi, trouvant que son état s'est un peu amélioré, ce dernier décide de participer quand même au championnat qui aura lieu après les cours. Hélas, sur le chemin qui mène au lycée, Kengo, qui n'a pas retrouvé ses capacités physiques, se fait attaquer par des voyous d'une équipe adverse. Furieux que leur lycée perde à chaque fois à cause de ce sportif d'élite - ce qui signifie pour eux la suppression de leurs subventions, ils veulent s'assurer que Kengo ne participera pas aux rencontres en fin d'après-midi. Heureusement, Nijishikai veille au grain, toujours prêt à secourir son ami !....
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Intrigue: Yahiro Shinobu, 23 ans et nouvellement agrégé, a été envoyé dans un lycée comme professeur de Lettres Classiques en remplacement d'une enseignante en congé maternité. Très mignon, il s'est attiré immédiatement la sympathie des élèves, et surtout des jeunes filles, qui ne le lachent plus. Amusés, ses collègues le préviennent néanmoins de faire attention: ces derniers temps, sans doute à cause de l'influence des feuilletons télé, il arrive souvent que des élèves se mettent à sortir avec leur professeur; ici-même l'an passé, un professeur-stagiaire a été vu allant à l'hôtel avec une lycéenne, et celà avait causé beaucoup de remouds. Mais cependant, vu le caractère sérieux de Yahiro, ses collègues pensent que ce n'est pas avec lui que ce genre de problème risque d'arriver. Si ils savaient ! Le jeune homme non plus, il y a peu de temps, n'aurait jamais imaginé qu'il puisse nouer une relation avec l'un de ses élèves, surtout pas un garçon ! Mais comment résister au grand et beau Kyôichi Koga et à son sourire charmeur. A peine Yahiro arrivé dans ce lycée, sûr de lui, le jeune homme lui avait fait sa déclaration. Dérouté mais finalement heureux de l'intérêt que lui portait Koga, avant d'avoir réalisé ce qu'il faisait, Yahiro était tombé dans ses bras, devenant chaque jour plus amoureux de lui. Pourtant, cette situation ne cesse de le troubler: en plus du fait qu'ils soient élève et professeur, il y a entre eux six ans de différence d'âge; en outre, tous deux sont des garçons. Mais bientôt, un autre genre de tourment va miner peu à peu la santé de Yahiro: son remplacement touche à sa fin, il va être transféré dans un autre lycée et ne pourra plus rencontrer Koga tous les jours. Il craint alors que ce dernier, qui plaît beaucoup et reçoit souvent des déclarations, ne finisse par s'éprendre d'une autre personne. Inquiet pour l'avenir de leur amour, Yahiro accumule le stress. C'est ainsi qu'un matin, le jeune homme s'effondre dans la cour de l'école....
En plus de l'histoire principale ayant donné son titre au livre, cinq histoires courtes figurent également dans le manga:
- Sakasé !! Takané no Hana ("Epanouis-toi !! Ô Sublime Fleur"). Le père de Nozomu Kitagawa, lycéen de seconde, s'est récemment remarié avec une femme ayant elle aussi un enfant, un jeune homme deux ans plus âgé que Nozomu. Ce dernier entâme donc une nouvelle existence avec sa belle-famille, et tout irait pour le mieux si son nouveau "grand frère" n'était autre que le beau et divin Sudô de Terminale, chef du conseil des étudiants. Ce dernier est l'idole de tout le lycée, toujours entouré d'une troupe de fans qui le suivent partout; Nozomu n'aurait jamais pensé pouvoir approcher un jour ce sempaï que lui aussi adore mais se contentait d'admirer de loin, et encore moins connaître tous les petits secrets de sa vie privée. Un matin que sa belle-mère doit partir très tôt au travail et n'a pas le temps de préparer les bentô (repas froid dans une boîte), Nozomu décide de les cuisiner lui-même. Il en offre un à Sudô, mais à l'heure du déjeuner, il s'aperçoit enfin que ce qu'il a préparé a vraiment un goût ignoble. Lorsque, inquiet, Nozomu se précipite dans la classe de Sudô, ses camarades lui apprennent que ce dernier est parti précipitamment en se tenant le ventre....
- Honey Happy Baby . Yui Tomoya, 17 ans, est devenu le petit ami de Tsukasa Nishidôzono, un jeune salary-man de 24 ans pour lequel il a eu le coup de foudre dans le métro. Cependant, tous deux ne sont pas encore allés au-delà du baiser, ce qui inquiète un peu Tomoya qui voudrait vite pouvoir se donner corps et âme à celui qu'il aime. Mais il craint que Tsukasa ne le considère encore comme un enfant. Un jour, sa soeur aînée lui téléphone: elle part en voyage de noces avec son époux et voudrait confier leur bébé à Tomoya. Ce dernier n'a pas le choix et accepte de garder sa petite nièce Ayumi. Mais si au début cette situation ne l'arrange guère, le bébé va bientôt faire office de Cupidon: comme Tomoya n'a pas l'habitude de s'occuper des enfants, Tsubasa, qui a élevé ses frères et soeurs, vient bientôt s'installer chez lui afin de l'aider à prendre soin du bébé. Tous deux entâment une existence joyeuse semblable à celle d'un couple de jeunes mariés....
- Voice Box . Afin d'avoir de l'argent et pouvoir faire tout ce qui lui plaît, Atsushi, lycéen, joue le soir le rôle d'escort boy , ce qui va du simple rendez-vous pour un dîner jusqu'à la prostitution, acceptant aussi bien les hommes que les femmes. Ses amis faisant la même chose, le garçon n'a pas spécialement mauvaise conscience, bien que ces temps-ci, il commence à en avoir assez de n'avoir pour clients que des hommes d'une quarantaine d'années. Un soir, il reçoit un appel sur son portable: l'homme "au bout du fil" se présente comme un salary-man de 27 ans, et séduit par sa voix, Atsushi décide d'accepter le rendez-vous. Lorsqu'il rencontre ce nouveau client, il n'est pas déçu: ce dernier est vraiment superbe, bien qu'il ait davantage l'apparence d'un mannequin que d'un salary-man. En fait, Atsushi est tombé dans un piège: l'homme est un inspecteur de police qui mène une enquête. Atsushi refuse de lui révéler quoi que ce soit tant qu'il ne sera pas sûr qu'il peut lui faire confiance, et pour celà, lui demande de devenir en quelque sorte son "complice" en lui donnant de l'argent pour coucher avec lui (ce qui n'est en fait qu'un prétexte, car le policier lui plaît vraiment beaucoup). Tous deux passent donc une nuit ensemble, et Atsushi se rend compte avec émotion qu'aucun de ses partenaires ne l'a jamais traité avec tant de tendresse. Mais le lendemain matin, quand le garçon se réveille, le jeune inspecteur a disparu sans laisser ni nom ni adresse, sans même lui avoir finalement posé de questions. Tombé éperdument amoureux, Atsushi n'aura de cesse de retrouver son bel inconnu....
- Scandal Kiss . Cette histoire est la suite du chapitre Daring Signal publié dans le recueil Secret Area (chez Ôtôshôbô - disponible en VPC). Hidéto Washimi est un jeune cascadeur spécialisé dans la doublure d'actrices. Depuis près de six mois, il fréquente l'acteur Katsuya Masaki, un Don Juan qui continue malgré leur relation à accumuler les scandales avec des actrices afin, dit-il, de donner le change et protéger leur vie privée à tous deux. Bien que conscient du danger que représentent les paparazzis, Hidéto voudrait avoir Masaki pour lui seul. Ce dernier étant acteur et donc versé dans l'art de jouer la comédie, le jeune cascadeur ne sait s'il peut vraiment le croire lorsque son ami lui affirme qu'il n'y a que Hidéto qui compte pour lui. Craignant de se faire duper en lui accordant sa confiance, Hidéto se refuse à déclarer ses sentiments à Masaki. Mais un autre point le tourmente également: bien que tous deux tournent dans le même film, sitôt sa cascade achevée, Hidéto échange sa place avec l'actrice qu'il doit doubler; de ce fait, il n'a jamais pu figurer dans une scène aux côtés de Masaki. Un jour, après avoir réalisé une cascade particulièrement dangereuse où il doit traverser en courant une autoroute bondée par la circulation, pris par le feu de l'action et ne pouvant plus contenir ses sentiments, Hidéto joue la scène jusqu'au bout et embrasse Masaki devant les caméras et tout le staff réuni....
- Renzugoshi no Iro ("Les Couleurs à travers l'Objectif"). New York. Rob Dine est un jeune photographe au passé tourmenté: marié à l'âge de 22 ans, pour avoir lié pendant deux années une relation avec trois garçons mineurs, il a été condamné pour histoires de moeurs et a passé six années en prison. A présent âgé de 30 ans, par crainte de retomber dans ses erreurs, il refuse de nouer une relation avec qui que ce soit, et se contente de fixer l'image des gens qui lui plaisent avec son objectif. Néanmoins, un soir d'hiver, il rencontre dans la rue enneigée un orphelin, Tôru: japonais, ses parents ont été tués par des bandits et il n'a nulle part où aller. Captivé par sa beauté, Rob le recueille et l'engage comme modèle. Six mois s'écoulent, et tous deux poursuivent tranquillement leur existence commune, sans que Rob, malgré son amour pour le jeune homme, ose seulement le toucher. Pourtant, partant du principe que c'est pendant la jouissance physique que le visage d'une personne déploie sa beauté, son rêve est de prendre une photo de Tôru pendant l'acte sexuel. Il lui en parle, mais pour lui le jeune homme représente tout ce qu'il y a de plus beau et de plus pur. En l'étreignant, Rob aurait l'impression de le souiller....
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Intrigue: Kyôji Mogami, lycéen, est l'héritier d'une très ancienne famille de prêtres-exorcistes. Lui aussi doté de puissants pouvoirs psychiques, il est donc tout naturel qu'il soit désigné comme le successeur de son oncle, un moine bonze dont la réputation n'est plus à faire. Ainsi, tout en poursuivant ses études, tel Subaru de Tôkyô Babylon , le jeune homme se charge parallèlement de régler diverses affaires liées au surnaturel, manifestations de revenants ou cas de possession. Hélas, Kyôji doit faire face à un léger handicap qui n'est pas sans le gêner dans sa vocation: car comme Sakura, en dépit de ses grands pouvoirs il a une peur bleue des esprits, et la seule vue d'une gravure représentant un fantôme suffit à le faire frissonner de terreur ! Du coup, puisque dans son inconscient il refuse absolument de les voir, alors que tous les membres de sa lignée possèdent le don de double vue, celui de Kyôji a fini par complètement s'atrophier. Si le fait de ne pas pouvoir contempler les faces effrayantes des démons ou autres ectoplasmes lui est d'un grand secours pour accomplir ses missions, celà pose néanmoins un problème pour les repérer et déterminer la source de leur pouvoir. Alors, pour pallier à ce handicap, Kyôji s'est octroyé un adjoint, le très mignon Yû Himuro, son ami d'enfance qui n'a pas tardé à devenir son petit ami.
Dans la même classe que Kyôji, Yû possède un don de clairvoyance et des pouvoirs supra-sensoriels très développés, qui font de lui le bras droit irremplaçable de son bien-aimé. Mais dans la vie privée, certaines particularités du jeune homme ne sont pas sans poser quelques problèmes: car en dépit de son apparence frêle et gracile, on ne sait pour quelle raison, Yû possède une force physique démesurée ! De ce fait Kyôji et lui ont bien du mal à faire l'amour, car dans le feu de l'action, lorsque Yû serre son bien-aimé un peu trop fort, il n'est pas rare que ce dernier doive déclarer forfait avec deux ou trois côtes de cassées. Un jour, Yû lui a même brisé les homoplates ! Mais pourtant Kyôji ne lui en veut pas, car il sait parfaitement que le jeune homme ne le fait absolument pas exprès, et en dépit des risques que celà comporte pour sa personne, l'exorciste est tant épris de son assistant qu'il ne renoncerait pour rien au monde à leurs dangereuses mais si langoureuses étreintes. Néanmoins au lycée, quand Kyôji se change dans les vestiaires et que ses camarades découvrent son corps couvert d'ecchymoses et de marques de griffes, les garçons ne peuvent s'empêcher de remarquer que l'exorciste fréquente une petite amie vraiment hyper-violente qui aime se la jouer sado-mazo - propos qui ne manquent pas d'entrer dans l'oreille de Yû honteux et contrit !
Dans le premier chapitre du manga, Yû et Kyôji sont confrontés à des bandes d'esprits errants qui semblent avoir littéralement envahi le lycée. Au début il ne s'agissait que de cas isolés, mais depuis quelque temps le phénomène ne cesse de s'amplifier. Les manifestations ont lieu en particulier dans les vestiaires des filles où les objets se mettent à voler à travers la pièce, provoquant la terreur des lycéennes qui bien sûr vont aussitôt requérir l'aide du beau Kyôji. Ce dernier ne tarde pas à découvrir les raisons de cette surabondante activité paranormale: depuis quelque temps dans leur école se pratique un jeu très à la mode qui consiste à écrire son nom ainsi que celui de la personne que l'on aime sur une feuille de papier et à invoquer des esprits de type "Cupidon" en leur offrant une pièce de monnaie afin qu'ils exaucent votre amour. Si au départ il ne paraissait s'agir que d'une pratique aussi naïve qu'innofensive, contre toute attente les résultats de cette méthode se sont révélés extraordinaires, et du coup il y a de plus en plus d'adolescents en mal d'amour à l'utiliser. Mais l'on raconte aussi qu'au moment où elle était en train de prononcer son invocation, une jeune fille s'est faite possédée par un esprit. Car exaucer l'amour que l'on porte à quelqu'un consiste également à éliminer les éventuels gêneurs: à cette fin de nombreux esprits mauvais ont été appelés en même temps que les "Cupidons", et puisque les imprudents qui les ont invoqués l'ont fait comme s'il s'agissait d'un jeu et ignorent qu'il faut soigneusement les renvoyer ensuite, ces esprits maléfiques sont restés dans l'école où ils s'attroupent de plus en plus nombreux.
Avant même que Yû et Kyôji aient décidés de mettre au point un plan d'action pour débarrasser une bonne fois pour toutes leur lycée de ses envahisseurs ectoplasmiques, le soir-même où le jeune exorciste a purifié le vestiaire des filles, lui et son assistant ne vont pas tarder à avoir l'occasion de se mesurer à l'un de ces esprits mauvais. Comme si Yû n'avait pas assez à s'inquiéter des lycéennes qui ont fait du séduisant Kyôji leur idole, voilà que Mitsuru, un élève de seconde, s'est lui aussi entiché de son sempaï, et ne manque pas de lancer à Yû sitôt qu'il le croise des regards assassins; car il a parfaitement deviné (et il est bien le seul !) la véritable nature du lien qui unit les deux garçons. A la fin, de plus en plus jaloux et irrité, Mitsuru décide sur un coup de tête de recourir à la fameuse méthode en vogue à l'école pour s'octroyer les faveurs de Kyôji. Mais à peine a-t-il achevé de prononcer la formule invocatoire qu'il se fait posséder à son tour. Ainsi, tandis que la nuit commence à tomber, complètement contrôlé par l'esprit maléfique qui réagit de manière exacerbée à ses désirs, Mitsuru se jette littéralement sur Kyôji dans le jardin de l'école où l'exorciste s'est attardé. Mais au même moment, alors qu'il erre à la recherche de son ami dans les couloirs de l'établissement, Yû trouve par hasard la feuille de papier ayant servi à l'invocation, et découvrant les noms qui sont inscrits dessus, il comprend aussitôt que son bien-aimé court un grand danger....

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Intrigue: Après "Secret Area" et "Seïto no Shuchô, Kyôshi no Hombun", il s'agit du troisième recueil de nouvelles de Row Takakura, un volume qui pousse encore plus loin dans l'érotisme que tout ce qu'elle avait fait jusqu'à présent. Le recueil contient six histoires courtes:
- Paraphrase , page 3: Yukito Kashiwagi, lycéen d'une beauté troublante, se prostitue afin de gagner l'argent dont il a besoin pour sortir avec son petit ami Teruaki, un garçon de sa classe. Bien que conscient du caractère quelque peu ignoble de ses actes, quand il pense à tous les endroits où il peut se rendre et s'amuser avec Teruaki grâce à cet argent, le sentiment de culpabilité s'atténue indéniablement dans le coeur du jeune homme; et chaque fois qu'il réalise que pour son bien-aimé il serait prêt à faire n'importe quoi, Yukito en éprouve même un enivrant sentiment d'extase ! Quant à Teruaki, qui ignore bien sûr d'où provient tout cet argent dont dispose son ami, voir Yukito payer la totalité de leurs dépenses n'est pas pour lui faire plaisir. C'est ainsi qu'un jour après l'école, il propose à ce dernier de chercher lui aussi un petit boulot, ce que Yukito s'empresse de refuser catégoriquement: déjà qu'à cause des activités sportives de Teruaki, celui-ci est si fatigué qu'ils ne peuvent même pas sortir aussi souvent ensemble qu'ils le voudraient, mais si le vigoureux jeune homme brun se met en plus à travailler après les cours, alors il ne leur restera pratiquement plus de temps pour se voir, et cela, Yukito ne pourrait le supporter. Grâce à son talent pour le football, Teruaki s'est vu gratifier du statut "d'élève particulier", ce qui lui permet d'avoir déjà sa place réservée dans une prestigieuse université sans avoir à en passer les examens d'entrée. Ainsi, conscient de la grande chance offerte à son petit ami, Yukito est prêt à le laisser se consacrer à sa passion pour le foot et à continuer d'assumer seul leurs dépenses à tous deux. En retour, tout ce que le jeune homme désire est que Teruaki réussisse une brillante carrière et demeure auprès de lui jusqu'à ce jour où enfin, tous deux pourront vivre ensemble.
Hélas, si seulement le football était l'unique obstacle à se mettre en travers de Yukito et son petit ami.... Car il y a aussi Masatéru, le grand frère de Teruaki. Ce dernier souffre d'asthme et ne sort pratiquement jamais de la maison, ce qui fait que lorsque Yukito se rend chez son amant, tous deux doivent toujours tenir compte de cette présence discrète mais néanmoins embarrassante. De plus, si Masatéru souffre d'une mauvaise santé, il est en revanche redoutablement intelligent, ce qui lui a permis de devenir un remarquable concepteur de jeux vidéo et fait de lui la fierté de son cadet, au grand dam de Yukito. Pas de doute, pour lui Teruaki est bien atteint de ce qu'un appelle "le complexe du frère", soupire le jeune homme résigné; et s'il y a bien dans leurs conversations deux sujets sur lesquels son petit ami ne tarit pas, c'est soit le football qu'il adore ou son grand frère bien-aimé. D'ailleurs, même la passion de Teruaki pour le foot est née d'un rêve qu'il partageait jadis avec Masatéru, rêve qu'il s'efforce de réaliser pour son aîné qui ne pourra jamais devenir joueur professionnel.
Un jour que Yukito se rend chez Teruaki après le lycée, tandis que ce dernier l'invite à monter dans sa chambre, il fait une surprenante et inquiétante découverte: une caméra miniature dissimulée entre les feuilles d'une plante verte ! Complètement ébranlé, n'en croyant pas ses yeux, le jeune homme va pour demander des explications à Teruaki lorsqu'il est brusquement interrompu par l'arrivée de Masatéru: c'est la première fois que ce dernier se montre en sa présence, et seulement de deux ans plus âgé que Teruaki, tous deux se ressemblent beaucoup, bien qu'avec ses lunettes et son expression taciturne Masatéru paraisse sensiblement plus mûr. Expédiant son cadet faire une course, l'informaticien reste seul avec Yukito malgré les protestations de ce dernier, et profitant de ce que tous deux puissent enfin se retrouver face à face, n'y va pas par quatre chemins: Masatéru lance ni plus ni moins à Yukito qu'il n'est pas digne de sortir avec Teruaki, et à ces paroles tranchantes, le lycéen comprend non seulement que l'autre jeune homme est au courant de la véritable nature de la liaison qu'il entretient avec son camarade de classe, mais que nul doute que c'est à Masatéru qu'appartient la caméra cachée dans la plante verte. Mais ce n'est pas tout: grâce à Internet, l'informaticien a également découvert que Yukito se prostituait ! Car le lycéen ne pensait tout de même pas que tous ces hommes qui lui octroyaient un soutien financier en échange de ses "services" étaient des types bien ? raille Masatéru. Certains ont du lire pendant son sommeil son carnet de correspondance et connaissent désormais son identité, ainsi, dans les forums sur le web, ces clients indélicats ne se privent pas de décrire avec force détails leurs expériences avec le jeune homme, racontant que c'est une vraie créature lascive et perverse qui se laisse faire n'importe quoi par n'importe qui !
Passé le choc de cette révélation, Yukito comprend sans mal que s'il ne veut pas que Masatéru apprenne tout cela à Teruaki, il va lui demander d'arrêter de sortir avec lui. Mais après tout, même si le footballeur apprend la vérité, le résultat sera identique: la rupture sera inévitable. En revanche, Masatéru lui-même n'a-t-il pas des choses honteuses à cacher, à commencer par cette caméra et les bandes vidéos qu'il doit certainement conserver dans sa chambre ? Ainsi, Yukito lui propose un marché: il ne dira rien concernant la caméra, et en échange, Masatéru ne fera rien pour tenter de les séparer lui et Teruaki; Yukito va cesser de chercher des "soutiens financiers" à l'extérieur, mais en échange, Masatéru lui-même lui servira de partenaire et lui donnera de l'argent. Et à la grande surprise du lycéen, qui jamais n'aurait imaginé que l'informaticien se laisserait influencer par ses provocations, Masatéru accepte le marché. Ainsi, dès le soir-même, profitant de l'absence de Teruaki toujours pas rentré de sa commission, Yukito devient l'amant de Masatéru, bien que lui-même ait bien du mal à s'expliquer comment il a pu se retrouver dans une situation aussi étrange. Depuis toujours, l'existence de ce frère aîné a été pour le jeune homme un sujet d'irritation, mais parallèlement, un côté de lui ne peut s'empêcher de vouloir montrer à Masatéru comment est le corps qu'apprécie tant son cher petit frère....

A partir de ce jour donc, sitôt l'école finie, Yukito commence à se rendre régulièrement à la maison de son petit ami afin de remplir son marché avec Masatéru. Contrat facile à exécuter en secret, vu qu'à cause du club de foot Teruaki rentre toujours tard, ainsi que ses parents qui travaillent tous les deux. Et après chacune de leurs étreintes brûlantes, Masatéru ne manque pas de donner de l'argent au lycéen, façon à lui d'aider comme il peut son petit frère par l'intermédiaire de Yukito: car si ce dernier avait poursuivi ses anciennes activités et que cela vienne à se savoir dans son entourage, vu que le lycéen paye toutes leurs dépenses quand ils sortent ensemble, Teruaki n'aurait pas tardé à être considéré comme une espèce de proxénète qui a mis son petit ami sur le trottoire ! En fournissant à Yukito l'argent nécessaire à leurs loisirs, Masatéru fait donc de son mieux pour protéger son petit frère, néanmoins le lycéen ne peut s'empêcher de s'interroger sur son comportement: cette expression fière et victorieuse que l'informaticien arbore sur son visage ne lui plaît pas beaucoup; Masatéru ne souffre-t-il pas d'un sentiment de culpabilité vis à vis de son cadet, dont quelques soit la pureté de ses motivations, il s'est octroyé l'amant ?
Mais bientôt, c'est Yukito lui-même qui commence à ressentir un lancinant sentiment de culpabilité. Pourtant, dans le fond rien n'a changé pour lui: il ne fait que se prostituer comme auparavant. Cependant le jeune homme ne peut s'empêcher de remarquer à chacuns de leurs ébats combien Masatéru ressemble à son frère non seulement de visage, mais jusqu'à sa façon de l'étreindre qui est exactement la même. Pourtant, comparé à son rusé et intelligent frère aîné, Teruaki paraît si mignon, si bon, si innocent au point qu'il ne se doute même pas de toutes les passions qu'il déchaîne autour de lui.... Le footballeur est vraiment un type bien, et ne supportant plus qu'il ait si peu de temps à lui consacrer, d'autant qu'il n'ose plus lui demander de lui faire l'amour dans sa chambre à cause de la caméra, Yukito va jusqu'à supplier Teruaki de l'étreindre sur la terrasse déserte de l'école, l'obligeant pour cela à sécher des cours. Ce qui n'empêche pas le jeune homme, en fin d'après-midi et même s'il n'a pas besoin d'argent, de venir se jeter dans les bras du grand frère de son petit ami.
Un soir, remarquant d'après les traces sur le corps de son partenaire que Yukito a l'affront de pousser le mauvais goût jusqu'à coucher avec son cadet juste avant de venir le rejoindre, le comportement de l'informaticien change soudain radicalement à son égard: devenu comme fou furieux, Masatéru ligote Yukito et lui fait subir une étreinte qui n'a tant plus pour but de se donner mutuellement du plaisir que d'écraser son partenaire tout en le torturant sadiquement. Il est vrai que depuis l'origine, Masatéru ne voit sans doute Yukito que comme un insecte nuisible rôdant autour de son cher petit frère, se dit le lycéen qui n'imagine même pas que ce désir de lui faire mal puisse être provoqué simplement par une incontrolable jalousie; pour lui, il ne fait aucun doute que Masatéru ne parvient finalement plus à contenir la haine qu'il ressent à son égard. C'est ainsi que le soir-même, quand au crépuscule Teruaki revient enfin de son club de foot, faisant semblant d'être arrivé peu avant lui en l'attendant devant la maison, Yukito entreprend de se venger de l'accès de fureur de Masatéru: tandis que son petit ami le fait monter dans sa chambre, répétant à haute voix combien il l'aime, le lycéen l'attire dans ses bras pour l'inviter à de tendres caresses, sachant pertinemment que l'oeil de la caméra ne perdra rien du spectacle. En faisant cela, il voulait simplement faire enrager Masatéru; et pourtant, il ne sait pourquoi, Yukito ne parvient pas à se dégager d'un étrange sentiment qui le rend mal à l'aise. Malgré lui, nul doute que son coeur commence à balancer entre les deux frères, et il ne se sent pas très fier de tromper l'un tout en s'efforçant par défi de blesser le second.
Néanmoins, chance ou malchance, les tourments du jeune homme ne devaient pas durer bien longtemps: un matin, en larmes, Teruaki lui annonce au téléphone le décès subit de Masatéru. Depuis sa petite enfance, les médecins avaient prédit qu'en raison de sa santé défaillante, ce dernier ne pourrait vivre bien longtemps; voilà pourquoi Masatéru s'était toujours appliqué à faire oublier aux autres son existence, demeurant tout le temps enfermé dans sa chambre en s'efforçant de causer le moins possible d'embarras à sa famille, afin que le jour où il viendrait à mourir, les siens n'en ressentent point trop de chagrin. Mais en contrepartie, incapable de faire quoi que ce soit et passant ainsi ses journées enfermé, le jeune homme avait mené sa courte existence dans la tristesse et la solitude, sans rien pour l'égayer. Quel choc pour Yukito d'apprendre que brûlant inutilement le peu de force qui lui restait, en couchant avec lui l'informaticien avait consumé les derniers précieux instants de sa vie.... Etaient-ce là les véritables intentions de Masatéru ? Protéger son petit frère jusqu'à son dernier souffle, sans blesser personne, en continuant d'apparaître pour Teruaki comme le grand frère idéal ? Remué à un point qu'il ne saurait dire, Yukito ne peut s'empêcher de pleurer sur le sort de Masatéru, dont il ne reste rien, excepté deux choses: ce rêve de devenir footballeur dont il a confié la réalisation à son cadet, ainsi que ce secret, cette complicité qu'il a partagée un moment avec Yukito. De cette expérience, le jeune homme en ressort grandi: arrêtant définitivement de se prostituer, il est désormais bien résolu à prendre le relais de Masatéru en protégeant l'âme pure de Teruaki. Bien que conservant secrètement en son coeur, un fugitif sentiment de regret....

- Teppen madé masshigura ("Droit jusqu'au zénith"), page 37: On ne peut jamais prévoir quelle direction va prendre sa vie. C'est ce que se dit en soupirant Yûsuké Tôno, beau brun issu de milieu bourgeois, à chaque fois qu'il songe à la brillante situation qui l'attendait à la fin de ses études et à laquelle il a refusé pour devenir le chanteur-compositeur du groupe "Zenith Scoot" qu'il a fondé avec Satoru Ayashi, son ami de toujours. En cet instant, le jeune homme devrait être en train de travailler avec zèle et ardeur au poste qui lui était réservé en tant que privilégié, et au lieu de cela, le voilà occupé à faire lessive et ménage dans l'appartement miteux de Satoru. Pourquoi, bon gré mal gré, Yûsuké finit-il toujours par acquiescer aux caprices de son ami d'enfance ? La réponse est des plus simple: depuis longtemps déjà il est amoureux de Satoru, bien que ce dernier soit trop naïf et obtus pour s'être aperçu de quoi que ce soit. Avec son caractère pur et enfantin, le jeune guitariste ne semble même pas imaginer que deux personnes du même sexe puissent avoir une relation amoureuse, et représente donc une proie facile dans ce milieu dangereux qu'est celui du showbizz. Certains responsables du studio où enregistre leur groupe s'intéresse pourtant ouvertement à lui, et lorsqu'un jour Satoru raconte inocemment à Yûsuké qu'un certain Mr. Kawanishi lui a tripoté les fesses, le chanteur semble sur le point d'avoir une attaque ! Yûsuké connaît parfaitement la réputation de Kawanishi et ne peut qu'être scandalisé de la désinvolture avec laquelle son ami prend la chose. L'imprudence de Satoru est la cause de tous ses soucis, voilà pourquoi quitte à laisser tomber sa brillante carrière de cadre, le jeune homme a jugé préférable de rester aux côtés de son puéril camarade. Ce qui a tout de même des compensations: en partageant la même activité que Satoru, cela lui permet de passer beaucoup de temps avec lui; ainsi, même si son meilleur ami le fait tourner véritablement en bourrique, Yûsuké a néanmoins le sentiment d'être heureux.

Leur petit groupe amateur commençant à gagner en popularité, Yûsuké et Satoru sont un jour conviés à interpréter leur nouveau single en direct à la télévision. Il ne s'agit encore que d'une modeste chaîne régionale, mais Satoru ravi voit là l'occasion de faire un grand pas vers la réalisation de son rêve: il voudrait tellement que son ami et lui deviennent ensemble des célébrités ! Une fois parvenus au studio, tandis que Yûsuké l'accompagne jusqu'aux toilettes peu avant le moment pour eux d'entrer en scène, Satoru annonce soudain à son camarade que le fameux Mr. Kawanishi l'a invité à venir prendre un verre avec lui après la fin de l'émission. L'homme a bien précisé qu'il souhaitait le voir seul, mais néanmoins Satoru promet à Yûsuké d'être prudent et de refuser d'aller dans des endroits louches. Pourtant, si c'est absolument nécessaire, le jeune homme ajoute sans bien comprendre l'expression pleine de fureur de son ami qu'il serait prêt à se soumettre aux exigences de Kawanishi dont il semble - et c'est pas trop tôt ! - avoir enfin compris quel genre d'intérêt ce dernier lui portait: après tout, n'est-ce pas chose courante que de jeunes actrices couchent avec leur producteur afin d'acquérir plus vite la célébrité ? Si c'est l'usage dans le showbizz quand on veut réussir, alors pourquoi pas ?
A ces propos prononcés d'un ton si désinvolte, la consternation de Yûsuké atteint son comble ! Encore puceau, Satoru n'a visiblement aucune idée de ce que signifie avoir une relation charnelle avec quelqu'un - et un homme de surcroît ! Il devient plus qu'urgent d'enseigner les choses de la vie à ce garçon impossible avant que quelqu'un d'autre de plus entreprenant ne le fasse ! Yûsuké était pourtant décidé à attendre que son ami mûrisse un peu avant d'entreprendre quoi que ce soit, de patienter jusqu'à ce qu'il remarque enfin ses sentiments, mais face au désolant manque de discernement de Satoru qui serait prêt à coucher rien pour assurer la réussite du groupe, Yûsuké n'a plus vraiment le choix. Alors, profitant que tous deux soient seuls dans les toilettes et sous prétexte de lui donner une leçon, Yûsuké s'empare en ayant peine à dominer sa colère du corps d'un Satoru complètement dérouté. Jamais le jeune homme n'avait vu son ami dans un tel état, agissant comme s'il cherchait volontairement à lui faire mal. Un amer soupçon lui vient alors à l'esprit: peut-être Yûsuké lui en veut-il de l'avoir détourné de sa voie ? Peut-être regrette-il d'avoir renoncé à un bon emploi bien rémunéré pour monter ce petit groupe avec lui ? Mais en ce qui le concerne, parmi tous les rêves qu'il caressait et avaient tous rapport avec le milieu artistique, Satoru n'avait pas trouvé meilleure idée afin de pouvoir toujours entendre de près la voix de son ami que de devenir tous deux chanteurs. Depuis ce jour où les deux compères encore ados s'étaient rendu au karaoké, Satoru est tombé amoureux de la voix de Yûsuké, au point de pouvoir lui avouer à présent sans mentir qu'avant même que son ami ait fait ses débuts dans la chanson, il a été son plus grand fan. Satoru ne veut céder Yûsuké à personne, et rien ne le rend plus heureux que de rester ainsi à ses côtés. Voilà pourquoi, quoi que son ami lui fasse, Satoru assure être prêt à le supporter avec joie. Et bien que se doutant qu'avec son caractère candide, Satoru lui-même n'ait probablement pas réalisé la signification de ses paroles, Yûsuké stupéfait les interprète comme une déclaration d'amour....

- Cross Road , page 64: Tsuguharu, 19 ans, est étudiant à l'université. Il vit encore chez son père et sa mère qui ne se parlent plus depuis bientôt deux ans, l'un passant ses journées au bureau immergé dans son travail et la seconde à s'amuser au-dehors. Isolé au sein de ce qui n'est plus qu'un semblant de famille, le jeune homme a plusieurs fois songé à quitter la maison, et seule la peur de se retrouver plongé dans une plus grande solitude l'a jusqu'à présent retenu de partir. Pour pallier au désintéressement de ses parents, Tsuguharu - surnommé Haru - a heureusement beaucoup d'amis, qui eux voient comme une chance le fait que l'étudiant ait pratiquement la maison pour lui seul: il peut donc faire ce qui lui plaît sans craindre de voir surgir un importun, ainsi ses amis ont pris l'habitude de se réunir chez lui chaque fois qu'ils veulent organiser quelque chose d'un peu spécial, comme par exemple une séance de vidéos pornos. Un jour, sur l'une de ces vidéos que deux de ses compères ont apporté, parmi lesquelles pour plaisanter ils ont cette fois ajouté quelques films pour public homo, Haru a l'impression de reconnaître en l'un des acteurs Ren, son meilleur ami. Cela n'a pourtant pas de sens: on dit que jouer dans ces vidéos rapporte un max d'argent, mais Ren n'a jamais donné l'impression d'avoir des problèmes pécuniers au point de s'abaisser à vendre son corps. De toute la petite bande de Tsuguharu, Ren est non seulement le plus beau mais aussi le meilleur de caractère et de personnalité, un vrai type bien auquel l'étudiant voue une secrète admiration. Le lendemain à la fac, il ne manque pas d'aborder le sujet de cette vidéo avec son meilleur ami, et ce dernier s'étonnant simplement du fait que Haru regarde des films pour homosexuels, le jeune homme rassuré en déduit que ce ne pouvait être Ren sur cette vidéo.
Mais une nuit que Tsuguharu raccompagne sa petite amie après qu'ils soient sortis ensemble, le jeune homme a la surprise d'apercevoir son père dans une ruelle, accompagné d'une silhouette familière. Que fait donc le salaryman en cet endroit situé complètement à l'opposé de son entreprise, et surtout en compagnie de son meilleur ami ? Vite, plantant là sa copine, Haru se précipite pour les suivre. Sa course éperdue le mène jusqu'à l'appartement de Ren, où celui-ci s'enferme avec le quadragénaire. Se demandant ce que son père peut bien avoir à faire avec le jeune homme, Haru s'apprète à entrer lui aussi dans l'appartement lorsque soudain il se fige net, la main serrée autour de la poignée de la porte: les cris étouffés et les soupirs lascifs qui lui parviennent à travers le bois ne laissent aucune place au doute, Ren et son père sont amants !
Si à caude du choc Tsuguharu n'avait pu finalement se résoudre à déranger l'étrange couple, le lendemain, tourmenté au possible, il se décide à aller parler à Ren: peut-être que ce dernier ignore que le quadragénaire avec lequel il sort est en réalité le père de son meilleur ami, et dans ce cas, l'étudiant est persuadé qu'en apprenant la nouvelle, Ren comprendra ce que Haru ressent et s'empressera de mettre fin à cette liaison. Hélas, Tsuguharu ne lui a pas plutôt posé la question que non seulement Ren avoue qu'il est parfaitement au courant que son amant n'est autre que le père de son ami, mais fait comprendre à ce dernier qu'il n'est pas vraiment disposé à rompre. "Après tout ça ne te regarde pas," lance-t-il à Haru, qui n'en croit pas ses oreilles que le jeune homme préfère choisir son père plutôt que leur amitié. Mais son amertume et son incompréhension atteignent leur comble lorsque Ren lui avoue dans la foulée que c'était certainement lui que l'étudiant a vu l'autre jour dans la vidéo porno. Livide, Haru a soudain le douloureux sentiment d'avoir perdu à la fois son père et son meilleur ami.

A partir de ce jour terrible où il a dû encaisser tant de pénibles révélations en même temps, un changement commence cependant à se produire chez Tsuguharu. Tout en visionnant chaque soir dans sa chambre le film X où joue son ami, il fait bientôt de ce dernier l'objet de ses fantasmes. Dans le même temps, il délaisse complètement sa petite amie qui finit par le laisser tomber. Assistant de loin à la scène, Ren ne peut s'empêcher de se moquer légèrement de lui, mais quand Haru apprend de sa bouche que son ami n'a pas encore dit à son père que son fils est au courant de leur liaison, à cause du choc que cette révélation provoquerait chez le quadragénaire, pour Haru, c'est la goutte d'eau ! Ainsi Ren serait prêt à tout pour épargner son père, et peu lui importe ce que lui ressent ? Pourquoi faut-il qu'il soit le seul à se tourmenter, à éprouver de telles souffrances.... Les vagues excuses de Ren ne font qu'exacerber la colère de Haru, si bien que ne parvenant plus à dominer sa rage, celui-ci finit par se précipiter sur le jeune homme qu'il viole sur la pelouse du campus désert - comme il l'a fait il ne sait combien de fois dans sa tête en contemplant la vidéo. Et pourtant, malgré la violence avec laquelle son ami l'étreint, Ren ne fait rien pour le repousser, au contraire: esquissant un sourire plein de défi, il semble prendre un malin plaisir à comparer Haru à son père, ce qui ne fait qu'attiser l'ardeur désespérée de l'étudiant....
En fin de compte, un mois plus tard, les parents de Tsuguharu finirent par divorcer comme ce dernier s'y attendait. S'il saisissait cette occasion pour partir vivre seul, le jeune homme se dit qu'il n'aurait plus à subir cette situation embarrassante de voir son père sortir avec son ex-meilleur ami, car en coupant les liens avec son géniteur, il n'aurait pratiquement plus l'occasion de rencontrer l'un et l'autre. Et pourtant, alors qu'il y a peu de temps de cela Haru désirait tant quitter la maison, il décide finalement de continuer à y vivre en compagnie de son père, qui ne s'y oppose pas. Tandis que l'étudiant annonce au téléphone la nouvelle à Ren, qu'il n'a pas revu depuis le jour où ils se sont "disputés", ce dernier ne manque pas de s'étonner de sa décision; cependant Haru s'empresse de le rassurer en enjoignant son ancien ami de ne pas se préoccuper de sa présence: cela ne le dérange pas que le jeune homme vienne chez lui pour rencontrer son père, assure-t-il, promettant de plus qu'il ne fera rien pour les gêner. A peine a-t-il entendu ces mots que Ren répond à Haru qu'il se rend chez lui à l'instant. Cependant quand le jeune homme arrive chez son ami à la nuit tombée, ce dernier est déjà parti, seul le quadragénaire se trouve à la maison. En invitant Ren à venir rejoindre son père sous son nez afin qu'il puisse profiter du spectacle, Tsuguharu avait juste voulu lancer une plaisanterie de mauvais goût; mais à présent, il se rend compte de la méchanceté de ses actes: depuis l'enfance, il a toujours détesté son père, qui jamais ne le grondait ni ne lui faisait de compliments, tout à fait comme si son existence lui était indifférente; toutefois ce n'est vraiment pas une raison de s'en prendre à Ren, qui n'a rien à voir là-dedans.
Regrettant d'être sorti pour éviter de rencontrer son ami, Tsuguharu décide finalement de revenir à la maison. Hélas, une pénible surprise l'attend lorsqu'il pénètre dans le salon: persuadés qu'il ne rentrerait pas de si tôt, son père et Ren ont tout bonnement entâmé leurs ébats directement sur le canapé ! Assistant à ce qu'il ne voulait surtout pas voir, regrettant amèrement d'être ainsi rentré à l'improviste, Haru s'enfuit dans une course éperdue. Néanmoins, cette fois le dépit qu'il ressent lui fait comprendre de manière cuisante la véritable nature des sentiments qu'il éprouve pour son ami: depuis qu'il a fait l'amour avec Ren, quelque part au fond de son coeur Haru ne pouvait s'empêcher d'espérer que ce dernier se détournerait de son père pour venir à lui. Et puis, réalise également le jeune homme, à fuir ainsi chaque fois que quelque chose le contrarie, il finira par ne plus savoir où aller ni vers qui se diriger. Alors, résolu à avoir enfin avec Ren une conversation franche, sans déguiser ses sentiments sous une quelconque juste et noble indignation, son sang-froid récupéré, presque serein même, Haru se rend jusqu'à l'appartement de son ami où il s'assoit devant la porte en attendant son retour.
En parlant avec Ren, Haru aura l'occasion d'apprendre à quel point il a pu se fourvoyer sur les personnes qui l'entourent, sur son père d'abord, qui ne le déteste pas bien au contraire et a toujours tout fait pour mettre sa famille à l'abri du besoin en travaillant d'arrache-pied, au point de s'être involontairement éloigné de sa femme et de son fils; et sur Ren ensuite, qui en réalité l'a toujours aimé alors que Haru ne semblait s'intéresser qu'aux filles à la forte poitrine, au point que son ami ait dû se consoler dans les bras de plusieurs hommes avant de finalement devenir l'amant du propre père de celui à qui il vouait un amour désespéré. Mais à présent que le quadragénaire sait que son fils est au courant de sa liaison avec ce bel étudiant, afin de ne pas perdre Haru qui lui est plus précieux que tout, il s'est résolu à rompre avec Ren. La voie est désormais libre pour Tsuguharu, mûri, transfiguré par toutes les épreuves qu'il vient de vivre....
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- Koï suru Ishindenshin ("Compréhension tacite via les aiguilles pour tomber amoureux"), page 96: Izumi, jeune médecin d'une grande beauté, officie dans un petit cabinet d'accupuncture dont il est également propriétaire. Très populaire auprès de sa clientèle autant en raison de ses compétences que de son physique attirant, un bon nombre de ses patients ne se rendent à son cabinet que pour avoir l'occasion de le voir. Cela aurait dû réjouir le praticien, si seulement la majeure partie de sa clientèle n'était constituée que de personnes très âgées, parmi lesquelles un bon nombre de vieux pervers ! Quelle tristesse de devoir contempler à longueur de journée tous ces corps fânés et pleins de rides, alors que juste à côté se dresse un complexe rempli de jeunes et beaux athlètes ! Un été pourtant, la chance tourne soudain pour Izumi: alors que doit bientôt avoir lieu un championnat mondial de natation, l'un des managers officiant au centre lui amène un après-midi un jeune athlète qui s'est blessé durant l'entraînement. Il s'agit d'un étranger, et à peine a-t-il posé les yeux sur lui que pour la première fois de sa vie, le médecin fait l'expérience du coup de foudre: avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus, son corps musclé dégoulinant d'eau et ses "mensurations" admirables, cet Apollon à peine revêtu d'un maillot de bain on ne peut plus moulant représente pour Izumi l'incarnation-même de l'idéal masculin. Alors vite, afin de pouvoir rester seul avec ce met de choix, le jeune médecin s'empresse de renvoyer le manager à ses occupations, de donner son congé à son assistante puis de fermer son cabinet pour être sûr de ne pas être dérangé durant cette réjouissante consultation.
Une fois débarrassé de tous les importuns, sous prétexte de remplir la fiche de sécurité sociale, Izumi a l'occasion de faire plus ample connaissance avec son nouveau patient: ce dernier se nomme Chris Kidman, il est Américain et âgé de 18 ans. Après avoir enjoint le jeune homme décontenancé à ôter l'unique et maigre vêtement qui lui reste sur le corps, révélant de ce fait une nudité impressionnante, Izumi commence son auscultation, au cours de laquelle il diagnostique sans peine que l'athlète ne souffre que d'un léger froissement de muscles aisément guérissable par un repos de deux ou trois jours. Seulement, pour le médecin, ce serait vraiment trop dommage de laisser échapper un met aussi appétissant ! Alors, le voilà qui annonce à son malheureux patient que cela prendra du temps pour le remettre sur pieds, au grand désespoir de Chris: les championnats du monde de natation auront lieu dans à peine une semaine, et d'ici sa première course, il lui faut absolument être complètement rétabli. Ainsi, c'est d'un visage implorant que le nageur supplie Izumi de faire quelque chose pour lui rendre le plein usage de ses jambes. Le médecin ne se le fait pas dire deux fois, et prenant la requête de Chris comme un feu vert pour lui faire n'importe quoi, il entreprend sur-le-champ de lui donner un aperçu du meilleur de la "médecine asiatique" ! Naïf au possible, Chris gobe tout ce que lui raconte Izumi et se laisse non seulement ligoter comme un saucisson, mais également bander les yeux, soi-disant afin qu'il ne bouge pas durant les soins et qu'il n'ait pas peur face aux instruments médicaux. Et bien que quelque peu effrayé et dérouté par les méthodes peu orthodoxes de ce séduisant praticien, l'athlète se laisse finalement appliquer sans broncher tout un tas de brûlantes tortures qui ne relèvent pas tant de la médecine que des techniques sexuelles sado-maso.

Après une séance d'accupuncture mémorable durant laquelle Izumi n'a pas manqué de profiter que son patient ait les yeux bandés pour filmer son corps de rêve sous tous les angles les plus avantageux, le médecin remet ça le lendemain, puis le surlendemain, agrémentant ses soins de massages bien appliqués - sous prétexte de rendre le bassin du nageur plus robuste, ce qui lui sera utile durant sa prochaine compétition. Puis le soir, tandis que le jeune homme se retrouve seul dans son cabinet, il se repasse ces vidéos qu'il a filmé pendant la journée à l'insu de son patient. Ces images de scènes brûlantes durant lesquelles Chris prononce parfois son nom tandis qu'il le "soigne".... Bientôt, Izumi ne parvient plus à endurer cette vision du corps de l'Américain, qui ne tarde pas à devenir l'objet de ses fantasmes les plus fous. Cependant, aucun exemplaire de son impressionnante collection de pénis en cahoutchouc ne saurait jamais remplacer à ses yeux celui tant désiré de Chris. "Que faire !?" se demande le médecin, en proie à un douloureux dilemne: s'il se jette sur Chris lors d'une consultation et que ce dernier finisse par consentir bon gré mal gré à l'étreindre, ensuite, nul doute que choqué, l'athlète finirait par s'enfuir et terminé ces jours de rêve où le bel Américain n'appartenait qu'à lui. Mais d'un autre côté, quoi qu'il advienne, leur simple relation patient-médecin est vouée depuis le départ à ne pas durer: sitôt guéri, Chris n'aura plus besoin d'Izumi et s'en ira sans avoir jamais rien su du sentiment qu'il lui inspirait.
Finalement, puisque de toute façon le moment de se séparer est proche, Izumi décide d'avoir ne serait-ce qu'une seule fois une relation avec l'Américain, et pour ce faire élabore un plan plus que tordu: son idée est de faire boire à Chris un somnifère en même temps qu'un puissant aphrodisiaque afin d'avoir une relation sexuelle avec lui durant son sommeil; puis, comme jusqu'à présent l'athlète a gobé facilement tous ses mensonges et visiblement ne connaît rien du Japon, Izumi a décidé de lui faire croire que dans ce pays, voler la vertu de quelqu'un est depuis toujours un acte grave: ainsi, si Chris refuse de prendre ses responsabilités après avoir porté la main sur lui en restant à ses côtés, le médecin menacera de le dénoncer à la police. Vu la naïveté de ce jeune Américain, nul doute que ce prétexte gros comme le poing marchera, et Izumi imagine déjà Chris se lamentant en voyant sa carrière d'athlète menacée par une histoire de moeurs ! Mais tandis que le rusé médecin s'apprète à mettre son plan à exécution, Chris pénètre soudain dans son cabinet, à l'instant-même où Izumi glissait plusieurs comprimés dans le soda qu'il comptait lui offrir. Croyant avoir été pris sur le fait, cette fois le médecin ne prend plus la peine de réfléchir et assenant dans l'estomac du nageur un violent coup de poing à lui couper le souffle, il l'assomme, avant de l'étendre sur le lit de la salle de consultation. C'est ainsi que lorsque Chris reprend connaissance peu de temps après, il reçoit une surprise de taille en découvrant juste sous ses yeux l'anatomie d'un appétissant corps dénudé....

- Fushimachi Yowa no Nézamé ("Couché sur le sol à attendre l'éveil au milieu de la nuit"), page 127: Kunshirô Yura, séduisant quadragénaire, est le fils d'un célèbre fabricant de poupées traditionnelles japonaises. Il travaille en collaboration avec le vénérable Mr. Minoroku Tsurutaké, un artisan si réputé et si doué qu'il est considéré dans le pays comme un véritable trésor national. Un jour, Yura apprend que le vieux maître s'est bizarrement décidé à prendre un apprenti, chose qu'il ne s'était jamais résolu à faire durant toutes ces années. Bien que surpris par cette nouvelle, à peine Yura a-t-il posé les yeux sur le nouveau-venu que l'artisan a l'impression de comprendre ce qui a motivé le vieil homme à vouloir garder le jeune homme près de lui: Akéo Sawamura est certes d'une beauté troublante avec sa peau blême, ses longs cils et ses fins cheveux noirs, mais le plus remarquable chez lui est cette absence d'expression sur son visage, comme s'il était dépourvu de coeur et de sentiments, ce qui lui donne l'apparence d'une poupée douée de vie. Une sublime et mystérieuse poupée, et Yura ne peut s'empêcher de se dire que voilà la raison pour laquelle, en tant que sculpteur, Mr. Tsurutaké a tenu à avoir ce vivant chef d'oeuvre à ses côtés. Akéo plaît immédiatement à Yura, cependant à l'instant même où tous deux font connaissance, l'artisan ne tarde pas à s'apercevoir que le jeune homme souffre d'une phobie qui le pousse à refuser tout contact physique avec un être humain. Mais peu importe: en dépit des avertissements du vieux maître qui l'enjoint de réfréner sa mauvaise habitude de vouloir fouiner dans la vie d'autrui, Yura est bien décidé à en apprendre davantage sur cette merveilleuse poupée froide qui lui a remué le coeur.
C'est ainsi que quelque temps plus tard, étonné de ne plus voir Akéo dans son atelier alors que d'ordinaire le jeune homme venait souvent admirer son travail, Yura profite de ce prétexte pour lui rendre une petite visite dans cette aile reculée de leur résidence où l'apprenti vit reclu. Yura annonce à Akéo que le vieux maître a décidé de confier la composition de leur prochaine exposition à son disciple et que c'est lui, Yura, qui sera chargé de peindre et finaliser les poupées de femmes sculptées par Akéo. A cette nouvelle, connaissant le talent de l'artisan, le jeune homme répond que ceci est un honneur pour lui, sans pour autant qu'aucune joie ne se manifeste sur les traits de son visage. Yura ne peut s'empêcher de lui en faire la remarque: jamais, dit-il, il n'a vu le jeune homme sourire ou afficher des sentiments quels qu'ils soient. Même une poupée, par le biais du ciseau à bois, est capable de changer d'expression; mais le visage d'Akéo quant à lui est encore plus inexpressif qu'un masque de Nô ! Le seul sentiment que le jeune homme semble capable d'exprimer est cette peur affreuse qui se peint sur ses traits à chaque fois qu'on lui effleure le visage ou simplement la main. Et selon Yura, quel meilleur moyen de guérir cette phobie dont souffre Akéo que de le forcer à supporter le contact de la peau d'autrui ? Et sur ces mots, l'homme se jette sur le jeune apprenti, qui malgré ses cris de protestation réagit néanmoins à ses caresses; ce n'est véritablement que lorsque Yura enserre fermement son poignet de sa grande main que saisi par une violente terreur, Akéo se met soudain à hurler à son assaillant d'arrêter en l'appelant du nom de son père.
Stupéfait, Yura s'arrête net, et à peine l'a-t-il lâché que le jeune homme se recroqueville sur lui-même, transi de frayeur. Mais l'artisan est convaincu d'avoir enfin percé le secret de la phobie d'Akéo pour les contacts physiques: on dit que pour ce genre de symptômes, il faut rechercher les raisons du traumatisme dans la petite enfance; et il ne fait désormais aucun doute que Akéo a subi autrefois des sévices sexuels de la part de son père. Se radoucissant, Yura s'excuse d'avoir par son comportement impulsif blessé le jeune apprenti: comme c'est lui qui est chargé de finaliser les poupées que fabrique Akéo, il désirait simplement mieux le connaître, mais avoue s'être un peu impatienté. Yura souhaiterait cependant lui enseigner une chose: quand Akéo conçoit ses poupées, qu'il se contente de sculpter le bois l'esprit vide, sans penser à rien; car que l'apprenti se rassure, lui, Yura, se chargera de leur donner un coeur. Alors, souriant au jeune homme, l'artisan l'engage à accomplir son travail l'esprit serein.
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Sur ces paroles réconfortantes, Yura va pour s'en aller, lorsque Akéo le rappelle soudain. Remué par le sourire engageant de l'homme, il ressent d'un coup le besoin de parler afin d'épancher quelque peu sa douleur. Il raconte ainsi qu'après la mort de sa mère, il est resté longtemps seul avec son père. Ce dernier, sa raison rendue défaillante par la perte de sa femme, a d'abord commencé par battre son fils, lui assenant des coups de pieds, le brûlant avec des cigarettes, jusqu'à en venir finalement aux viols à répétition. Pendant longtemps l'enfant a dû endurer ces sévices, jusqu'au jour où enfin son père fut envoyé dans un hôpital psychiatrique; mais Akéo ne parvient toujours pas à oublier la manière dont son père ricanait en lui serrant le cou, près à l'étrangler, et la terreur qu'il ressentait en cet instant où il se sentait mourir.... Quand Yura lui demande la raison pour laquelle il a voulu devenir sculpteur de poupées, Akéo explique qu'un jour, il avait reçu un ticket d'entrée pour une exposition. En s'y rendant, il avait été surpris de s'apercevoir que bien qu'il ne s'agisse que de figures sculptées dans le bois, combien dans la scène qu'elles composaient ces poupées paraissaient vivantes. Cloué devant la vitre de l'exposition par cette impression étrange, le jeune homme ne pouvait détacher les yeux de cette scène, jusqu'à ce que finalement Maître Tsurutaké le remarque et s'adresse à lui. La suite, Yura la connaît, et heureux que l'apprenti ait accepté de lui faire de lui-même toutes ces confidences, il assure au jeune homme qu'il deviendra certainement un excellent artisan.
Le temps passe, et quelques semaines plus tard a lieu l'exposition de poupées sculptées par Akéo. Celle-ci remporte un grand succès, et ravi, le vieux maître Tsurutaké félicite son disciple qui commence déjà à se faire un nom dans le métier; mais modeste, le jeune homme répond qu'il doit surtout son succès à la collaboration de Yura. A ces mots, soudain triste, le vieil homme se rappelle que le jour où il avait rencontré pour la première fois Akéo, ce dernier était venu voir l'exposition nommée "Le Suicide d'Amoureux de Tenno Amijima": cette mise en scène incarnée par les poupées racontait l'histoire d'un homme marié et père de famille qui se suicide avec sa maîtresse. A la stupeur de Akéo, Maître Tsurutaké lui apprend que Kunshirô Yura lui aussi possède femme et enfant, bien qu'il ne s'agisse que d'un foyer de pure forme. Car dans cet univers qui est le leur où ils côtoient des gens d'un milieu social aisé, souvent âgés, coincés et soucieux de la bonne morale, il était impossible pour l'artisan d'afficher librement ses penchants homosexuels. Ainsi, le maître lance à Akéo cette mise en garde: un amour qui ne se réalise pas ne peut apporter que le malheur, le jeune homme doit bien garder cela à l'esprit.
Le soir venu, méditant les paroles de Mr. Tsurutaké, Akéo se rend dans la pièce où ont été rangées les poupées qui ont servi pour l'exposition. Contemplant les traits de l'une d'elles, le jeune homme comprend enfin que ce jour où il avait rencontré celui qui allait devenir son maître, c'était Yura qui avait peint le visage de ces poupées qui lui avaient parues si vivantes - comme l'artisan a décoré celles sculptées par Akéo aujourd'hui. Personne d'autre en effet n'aurait su comme Yura donner un coeur à ces êtres inanimés, et tandis que l'artisan vient le rejoindre dans la pièce, le jeune homme s'étonne de ne pas avoir remarqué cette similitude auparavant, alors que tant de fois il a eu le travail de Yura sous les yeux. Souriant, ce dernier répond que chaque fois qu'il façonne le visage d'une poupée, il ne peut s'empêcher d'y mettre toute son âme. Quoique dans le cas des figures sculptées par Akéo, bien avant que le bois n'ait pris forme, il sentait déjà jaillir en lui une troublante émotion rien que de songer à ces corps qui allaient naître de la main du jeune homme; voilà pourquoi l'artisan ne saurait permettre à nul autre de se charger du soin de leur décoration. Un moment sans voix devant cette déclaration enflammée d'une passion contenue, Akéo se décide à parler à son tour, avouant que chaque fois qu'il voyait Yura toucher les poupées, il ne pouvait s'empêcher de les envier, de ressentir de la jalousie. Jalousie qu'il éprouve sans doute pour toutes les choses sur lesquelles l'artisan pose sa main. Et sur cette confession un peu gênée, Akéo prend doucement la main de Yura, avant de se blottir contre lui. "Du moment que ce soit vous, ça ira...." prononce le jeune homme, voyant l'artisan stupéfait qu'il ne s'effraye pas de ce contact physique comme à l'ordinaire. Puis Akéo offre ses lèvres à Yura, le regard humide et voilé, l'invitant à une union plus intime encore....

- Kemuri no Mukôgawa ("De l'autre côté de la fumée"), page 160: Avec ses lunettes et sa mine sévère, Shingô Nishiogi, étudiant, a toujours effrayé ses camarades de classe, au point qu'on ne l'ait jamais vu discuter avec qui que ce soit. Si un jour il consentait à se faire un ami, de l'avis général ce ne serait certainement pas Masaki Toda, ce beau brun plutôt cool qui travaille le soir dans une boîte de karaoké et qui par sa personnalité ouverte et amicale, se présente comme l'exact contraire de Nishiogi. Et pourtant, que ce soit à l'université ou dans la vie de tous les jours, Masaki voit toujours cet énervant personnage surgir devant lui au moment où il s'y attend le moins, avec un timing parfait - comme par exemple lorsqu'il s'allume une cigarette alors que Nishiogi lui a plusieurs fois ordonné d'arrêter de fumer ! En fait, Nishiogi lui fait l'effet d'un stalker , ces admirateurs obsessionnels qui harcèlent les femmes ou les célébrités, et que dire des regards que l'étudiant lance à Masaki quand il trouve ce dernier avec des potes ou pire, en galante compagnie ! Non, vraiment ce jeune homme réfrigérant est loin d'être clair, c'est le genre qu'on imagine sans peine clouant une poupée vaudou à un arbre afin de maudire les gens qu'il n'aime pas !
Masaki Toda a rencontré Shingô Nishiogi alors qu'ils se trouvaient en 2ème année de lycée, et depuis cette rencontre avec ce garçon énigmatique qui semblait ne montrer d'intérêt pour personne, des événements étranges ont commencé à se produire dans sa vie: des coups de fil anonymes et muets, le chien de sa petite amie blessé par des aiguilles.... Cependant Masaki n'en est venu à se demander si tous ces incidents n'étaient pas le fait de Nishiogi qu'à la fin de ses études secondaires, quand ce dernier avait souhaité s'enquérir de ce qu'il comptait faire après le lycée. Masaki refusant de répondre, proférant que ça ne le regardait pas et que d'ailleurs ça ne l'avancerait à rien de le savoir, son camarade avait fini par avouer péniblement qu'il souhaitait aller à la même université que lui. Clairvoyant, Masaki avait immédiatement compris: un être dont le visage ne reflète pratiquement aucun sentiment comme Nishiogi qui soudain se mord les lèvres, détourne le regard.... Pas de doute, ce dernier est bien amoureux de lui ! Voilà qui est intéressant, se dit aussitôt Masaki; et par jeu, il décida de faire semblant de ne pas avoir remarqué les sentiments de Nishiogi. Ignorance facile à feindre, vu que son camarade ne montrait pas l'intention de se dévoiler davantage.

En fin de compte, faisant secrètement des recherches dans la salle d'orientation du lycée, Nishiogi avait fini par découvrir à quelle fac s'était inscrit Masaki et l'avait suivi jusque là. Il va sans dire que cette façon de procéder déplut fortement au jeune homme, qui décida de continuer à ignorer ce soupirant. Il pensait qu'ainsi ce dernier finirait par se lasser, le libérant enfin de cette forme passive de harcèlement. Cependant, inconsciemment Masaki a été trop loin en voulant jouer avec les nerfs fragiles de son camarade. Il aurait dû se douter qu'on ne se moque pas impunément d'un être aussi insondable que Nishiogi ! C'est ainsi qu'un soir après les cours, prétextant qu'il a à lui parler, celui-ci invite Masaki à le suivre jusqu'à un immeuble désaffecté. Et sans méfiance, le jeune homme monte avec lui à l'intérieur de ce bâtiment désert, sans se douter du piège qui l'attend ! Car las de voir Masaki l'ignorer et le tourner en dérision, Nishiogi a engagé deux hommes pour accomplir à sa place ce qu'il lui est impossible de faire: se jetant sur l'étudiant, ces deux inconnus le ligotent par des sangles de cuir avant de le soumettre à une séance SM. Mais même ainsi violé, Masaki ne perd rien de sa force de caractère, et plus encore que les assauts de ces hommes, c'est l'impassibilité de Nishiogi assis à contempler le spectacle d'un air absent qui le met en colère. "Même si tu m'aimes, ne crois pas que tu peux faire ce que tu veux de moi...." rumine sombrement le jeune homme, avant de s'adresser directement à Nishiogi: "Tu désires vraiment que je devienne tien ? D'ordinaire, les viols ça se commet soi-même et seul. Tu n'a pas cessé de tourner autour de moi comme un pervers, et maintenant, tu en arrives à ça ?" achève Masaki sur un ton de défi, sans quitter Nishiogi des yeux. Néanmoins, ce dernier reste muet, finissant même par quitter la pièce quand la scène devient trop hard, la main serrée sur sa poitrine comme en proie à une sorte de malaise.
Et la même scène se reproduit plusieurs jours durant, Masaki demeurant séquestré par ses ravisseurs. Mais tandis que les deux hommes le violent, sans éprouver le moindre désir, sans faire mine de vouloir participer au jeu ni changer une seule fois d'expression, Nishiogi se contente de rester là, à regarder, tel une statue de marbre. "Est-ce que ça lui est totalement égal ? Ou est-ce qu'il me déteste à ce point-là ?" en est venu à se demander Masaki. Mais un soir, alors qu'étendu sur le sol froid enchaîné et baillonné, il s'interroge ainsi sur les motivations de son étrange camarade, l'un des deux hommes arrive soudain plus tôt que prévu. Il est ivre, et ravi que son compère ne soit pas là car ainsi il peut avoir le prisonnier pour lui seul, il entâme aussitôt la séance SM. Mais pour la première fois, Masaki se met à protester, refusant de subir de tels actes sans la présence de Nishiogi. C'est alors que faisant soudain son apparition, ce dernier intervient: assommant l'homme avec une barre de fer, il débarrasse rapidement l'étudiant de son agresseur. Cependant, Masaki remarque immédiatement à l'expression du visage de son camarade qu'il n'est pas dans son état normal: respirant avec peine, couvert de sueur, cette fois Nishiogi semble devenu complètement fou ! Si l'on ne fait rien, levant sa barre, il va frapper l'homme jusqu'à la mort ! Voilà pourquoi, se précipitant sur l'homme inconscient pour le protéger, Masaki se met à appeler Nishiogi de toutes ses forces, et ce n'est qu'en entendant l'étudiant prononcer son nom que Nishiogi retrouve enfin ses esprits. Libérant Masaki de ses chaînes, il le tire violemment à sa suite, afin de l'emmener loin de cet endroit sinistre....
Un peu plus tard, la nuit est déjà tombée lorsque les deux garçons parviennent enfin dans le calme et la sécurité du jardin public. Masaki se met alors à crier après son camarade, furieux de ce qui vient de se passer: s'il ne l'avait pas arrêté, Nishiogi se serait rendu coupable de meurtre ! Mais l'intéressé n'a pas le loisir de répondre: il tombe à genoux sur le sol, terrassé par une violente crise le privant de sa respiration. "Tu souffres du coeur ?" demande Masaki inquiet en se penchant sur lui. Cependant l'autre jeune homme répond négativement, expliquant qu'il est victime de ces crises à chaque fois qu'il voit Masaki en situation lascive, réponse qui n'est pas sans provoquer une vive surprise chez ce dernier. Nishiagi se met alors à raconter que depuis le lycée déjà, il adorait tellement Masaki qu'il désirait plus que tout se rapprocher de lui, le toucher. Hélas, le jeune homme avait repoussé ses tentatives maladroites de rapprochement, par conséquent il n'avait eu d'autre choix que de se réfugier dans les rêves. En esprit, combien de fois Nishiogi a-t-il étreint Masaki ? Mais même si ce faisant il ne parvenait pas à chasser un sentiment de culpabilité, le Masaki de son imagination se montrait si habile, acceptant de satisfaire n'importe lequel de ses fantasmes.... Concevoir ainsi un Masaki conforme à ses désirs lui procurait un plaisir immense.... Si bien que lorsque les sentiments d'abord purs qu'il éprouvait pour le jeune homme commencèrent à prendre une voie déformée, Nishiogi ne pouvait déjà plus les contrôler. Le désir charnel, celui d'enchaîner, la volonté de possession absolue.... Nishiogi avait beau respirer, c'est comme si l'air ne pénétrait plus dans ses poumons. Ses sentiments le faisaient suffoquer au point que ça lui en soit devenu insupportable.... Voilà pourquoi il lui était devenu impossible de se complaire plus longtemps dans un monde d'illusions. Et pourtant, Masaki continuait de l'ignorer....
A entendre son camarade en larmes se lamenter ainsi, Masaki a presque l'impression que c'est lui le méchant dans cette histoire. Néanmoins, il enjoint Nishiogi de ne pas rendre les autres responsables de ses propres faiblesses, expliquant que puisque son soupirant n'avait pas le courage de se déclarer franchement, préférant adopter ce comportement digne d'un pervers, il n'y avait pas de raison pour que lui-même accepte ses sentiments. Et lorsque Masaki ajoute que plutôt que de se faire violer par des inconnus sortis d'on ne sait où, il aurait encore préféré que Nishiogi le fasse de ses propres mains, stupéfait, celui-ci comprend que le jeune homme lui a pardonné. "Quel idiot.... reprend Masaki. Te comporter comme un dingue et rester seul à souffrir, ça n'a aucun sens !" Et sur ces mots, ôtant ses lunettes à Nishiogi, il l'attire brusquement à lui par son col afin qu'ils puissent échanger un tendre baiser. Les sentiments, ça ne peut être transmis en se contentant de regarder ou de rêver. Ce n'est qu'en y appliquant des mots qu'on parvient à les faire s'épanouir, du moins lorsque l'on est encore très jeune comme Masaki et Nishiogi. Mais désormais, tous deux ont la certitude que grâce à leur amour, leur existence banale va se retrouver peu à peu transfigurée....

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Intrigue: Ce livre est l'un des rares mangas réalisés par Mamoru Narumi, auteur entre autre des jolies illustrations des romans True Love , Kessen wa Nichiyôbi et Bouquet wa Daré no Té ni (voir page Romans Yaoï). Oda, un jeune professeur qui vient juste d'obtenir son diplôme, commence sa carrière de prof de sport dans un lycée. Dès le premier cours, il est émerveillé de voir l'un de ses élèves exécuter un prodigieux saut en hauteur: c'est Sakamoto, un jeune athlète de haut niveau célèbre dans le pays tout entier. Etrangement, celui-ci semble toujours suivre Oda des yeux, comme si quelque chose le tourmentait. Un jour, les élèves découvrent un vieux magazine de sport où l'on voit des photos de Oda, du temps où ce dernier était lycéen et se trouvait au troisième rang national dans la discipline du saut en hauteur. Quans ses élèves lui demandent pourquoi il a arrêté la compétition en entrant à l'université, Oda répond évasivement qu'il souhaitait faire des tas d'autres choses. Sakamoto, qui a tout entendu, en reste mortifié; et le soir, alors que tous deux sont seuls au gymnase, il dit enfin à Oda tout ce qu'il a sur le coeur: cinq ans auparavant, quand il était enfant, son frère l'avait emmené voir une compétition de saut en hauteur; là, il avait vu Oda sauter pour la première fois, et avait été tellement ému par son style qu'il avait conçu le rêve de devenir un athlète comme lui pour se rapprocher un jour de son idole. A présent qu'il découvre que le saut représentait si peu pour Oda qu'il ait pu l'arrêter si facilement sans raison valable, sa vie et tous ses rêves semblent s'effondrer. Par dépit, Sakamoto étreint Oda dans les vestiaires, et ce dernier, qui comprend douloureusement les sentiments de son élève, se laisse faire. Il n'ose encore parler à Sakamoto de l'accident survenu juste avant son entrée à l'université: renversé par une voiture, il a eu les jambes brisées. Plus jamais il ne pourra sauter, mais refuse de l'avouer à quiconque, ne voulant pas être pris en pitié.
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