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--------------------------------------------- * Atsui Shisen dé madowaseté
--------------------------------------------- * Futari no Jijô
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Intrigue: Kazuto
Seiké, salaryman de 23 ans, vit seul avec sa grand-mère
depuis qu'après le décès de son père, sa
mère se soit remariée. En dépit de sa solitude,
il mène une vie heureuse et paisible - du moins jusqu'au jour
où deux de ses collègues de travail, Mlles Hirata et
Yasuoka, l'entraînent pour ainsi dire de force chez un diseur
de bonne-aventure. Là, il fait la connaissance de Prince, un
magnifique étranger d'origine orientale. Avec sa longue
chevelure brune ondulée, son air mystérieux et son
sourire charmeur, pas étonnant que des jeunes filles de tous
âges fassent la queue jusqu'à dehors pour une
séance avec lui ! Ses prédictions ont beau avoir la
réputation de toujours se réaliser, on dit aussi que
nombre de ses clientes ne viennent le voir que dans l'espoir de nouer
une relation amoureuse avec le bel étranger, d'autant que le
bruit court que son pseudo est dû au fait qu'il serait
réellement un prince venu d'un pays d'Orient. Mais Kazuto,
lui, n'a cure de ces histoires de voyance et de destin; il n'y croit
guère, ou plutôt ne s'est même jamais posé
la question de savoir s'il y croyait ou non. Voilà pourquoi,
quand Prince lui prédit que le lendemain il fera une rencontre
qui changera le cours de son destin, il n'y accorde pas une grande
attention.
Le jour suivant, comme pour confirmer le manque d'intérêt de Kazuto pour les sciences occultes, la journée s'écoule sans qu'il ne fasse de rencontre particulière, comme il s'y attendait. Ce n'est que le soir, alors qu'il quitte son travail pour rentrer à pied chez lui, qu'il aperçoit soudain sur le trottoir une silhouette recroquevillée. N'écoutant que son bon coeur, Kazuto se précipite aussitôt pour aider ce passant visiblement victime d'un malaise, et quelle n'est pas sa surprise de découvrir qu'il s'agit de Prince, le voyant consulté la veille ! Comme le jeune homme ne semble pas en état de marcher et que le domicile du salaryman ne se trouve pas loin, ce dernier décide de le ramener chez lui afin de le soigner. Entouré des soins de Kazuto et de son aimable grand-mère, Prince ne tarde pas à aller mieux et décline à ses nouveaux amis sa véritable identité: il se nomme Rio, est originaire d'un petit pays appelé Ysfan, et âgé de 19 ans, il est le dernier-né d'une famille de huit enfants dont tous possèdent des dons de voyance. Voilà pourquoi, afin de payer ses études de japonais à l'université, Rio travaille le soir dans le cabinet de voyance "Fortune" où le salaryman l'a rencontré la veille. Ensuite, pour remercier Kazuto de l'avoir secouru, Rio se jette à son cou et l'embrasse sur la bouche, prétextant qu'il s'agit-là d'une manière courante de se saluer dans son pays !
Après avoir été recueilli par Kazuto,
Rio commence à rendre régulièrement visite
à ce dernier, allant parfois même jusqu'à dormir
chez lui. Jamais le foyer des Seiké n'a été si
animé depuis le départ de la mère de Kazuto,
ainsi, ravi de voir sa grand-mère retrouver sa gaieté,
le salaryman accepte de bon coeur la présence de cet
encombrant compagnon. Rio pourtant n'est pas de tout repos, lui qui
ne perd pas une occasion de serrer Kazuto dans ses bras et de se
glisser dans son futon pour dormir tout contre lui ! Mais si
dérouté qu'il soit par ces familiarités typiques
d'un étranger ignorant tout - volontairement ou non - de la
pudique réserve japonaise, Kazuto doit bientôt admettre
que cette chaleur que lui procure son ami n'est pas
désagréable, il y avait longtemps qu'il n'avait
ressenti un tel bien-être. Mais alors que leur relation ambigue
se trouve ainsi au beau fixe, sur le point d'évoluer vers un
sentiment plus tendre, un incident se produit: un soir que les deux
jeunes gens sont sortis s'amuser en ville, Rio décide
d'emmèner le salaryman dans son night club favori; à
peine ont-ils pénétré dans
l'établissement qu'à la surprise du Japonais, plusieurs
clients et clientes viennent se pendre au cou du voyant afin de
l'embrasser, tout en jetant à Kazuto regards et commentaires
vaguement méprisants. Visiblement, dans ce club, Rio est un
habitué très populaire et sa réputation de
playboy à la main rapide n'est plus à discuter. Avec
son physique de top model, comment aurait-il pu en être
autrement ? Quant à Kazuto, avec son costume sobre
d'employé de bureau, il fait bien pâle figure au milieu
des jolies filles évoluant gracieusement sur la piste de dance
et ne demandant qu'à se trémousser dans les bras du
beau Prince. Si bien qu'à la fin, ne pouvant supporter
davantage ce qu'il pense être une exhibition volontaire de la
part de Rio, Kazuto vexé quitte précipitamment le club,
bien qu'étonné de sa propre colère: après
tout, Rio est libre de fréquenter qui lui plaît, ce
n'est pas son affaire. Stupéfait de la réaction
inattendue de son compagnon, Rio s'élance aussitôt
à sa suite et tente de l'apaiser: en l'emmenant dans cet
endroit, il désirait simplement présenter Kazuto
à ses amis parce qu'il compte énormément
à ses yeux. Comme pour prouver ses dires, Rio embrasse le
jeune homme sur le front, lui avouant dans sa langue qu'il l'a
aimé dès l'instant où il l'a vu pour la
première fois. Mais hélas, Kazuto ne comprend pas un
seul mot d'Ysfanien, et convaincu de n'être qu'un amusement
parmi tant d'autres pour ce bel étranger, il lui ordonne de ne
plus jamais venir chez lui.
Les
jours suivants s'écoulent avec un retour à une routine
triste et monotone, Rio n'étant plus là pour
égayer le logis des Seiké. Oppressé par une
solitude de plus en plus pesante, Kazuto ne tarde pas à
réaliser qu'il a exagéré en demandant à
l'étranger de sortir de sa vie. Comme le lui fait remarquer sa
grand-mère, jamais le jeune homme n'a paru tant souffrir de la
solitude, pas même dans son adolescence quand sa mère
avait quitté la maison pour se remarier. Regrettant ses
paroles impulsives dictées par la jalousie, Kazuto
décide bientôt d'aller s'excuser auprès de son
ami afin de se réconcilier avec lui, espérant que Rio
voudra bien lui pardonner car depuis leur dispute, Kazuto avait
même refusé de lui parler au téléphone. En
pénétrant dans le cabinet de voyance "Fortune"
où il sait pouvoir trouver l'étranger, le salaryman
ignore encore que cette fois, Rio est bien décidé
à jouer franc-jeu et à lui déclarer son amour.
Plus question désormais d'amitié, si Kazuto veut
recommencer à le fréquenter, ce sera en tant que petit
ami ! Mais si après cette rencontre et quelques explications
tout semble s'arranger entre les deux compères, ce n'est pas
pour autant qu'il vont pouvoir tranquillement entâmer une
nouvelle relation. Car il leur faudra compter sur le séduisant
Aras, l'ami d'enfance de Rio, qui débarque subitement au
Japon. Quand de sa boule de cristal Rio reçoit un jour
l'avertissement qu'il lui faudra bientôt affronter une
calamité venue du Sud, il ne tarde pas à deviner qu'il
s'agit de son vieil ami. Si tous deux ont été
élevés comme des frères, depuis sa plus tendre
enfance Aras a toujours convoité tout ce que possède
Rio; et comme les deux garçons ont toujours tout
partagé, y compris leurs amants et leurs maîtresses,
Aras entend bien qu'il en soit de même avec Kazuto ! Rio a beau
lui assurer que le salaryman n'est (pour l'instant) qu'un ami, cela
n'apaise en rien la convoitise du rusé jeune homme, qui va
tout faire pour tenter de séduire le Japonais. Et de charme,
Aras n'en manque guère ! Sa beauté presque égale
à celle de Rio couplée à sa personnalité
envoûtante, à son assurance tranquille teintée
d'un brin d'insolence, il se sent parfaitement capable de rivaliser
avec son ami. Aras et Rio commencent donc à se livrer à
une lutte âpre pour déterminer lequel des deux
remportera le coeur et le corps du Japonais, situation qui devient
vite éprouvante pour le pauvre Kazuto !
Désemparé, il se dit qu'il doit bien être le seul
salaryman au monde pour lequel se battent deux beaux
étrangers, prétendants mâles et plus jeunes que
lui de surcroît !
- Hontô
no Koï ("Le Véritable
Amour"), page 145: Kazuto ayant fini par lui préférer
Rio, Aras n'a plus grand chose à faire au Japon. Alors qu'il
songe sérieusement à rentrer dans son pays,
lassé même de ses virées nocturnes et autres
liaisons futiles, il remarque un jour dans un jardin public un jeune
musicien de rue qui joue de la guitare assis sur un banc. La
façon dont joue ce musicien lui plaît, si bien que pour
tuer son ennui, Aras commence à se rendre
régulièrement au parc afin d'écouter quelques
morceaux. Un soir qu'il se dirige vers le lieu du concert comme
à son habitude, il trouve le jeune homme aux prises avec des
voyous: ceux-ci souhaitent que le musicien les payent pour pouvoir
jouer dans cet endroit pourtant public, et s'il ne peut pas, eh bien,
avec son joli minoi, ils se proposent de lui trouver un job où
il pourra gagner encore plus d'argent. Inutile de dire qu'Aras
n'allait pas laisser se dérouler sous ses yeux cette tentative
de racket sans rien tenter pour y mettre un terme
! Abordant les voyous en se
présentant comme un ami du musicien, il leur lance une liasse
de billets de banque de son pays - qui soit dit en passant ne valent
pratiquement rien une fois convertis en Yens ! - avant de se sauver
avec le jeune homme et le faire monter dans un taxi. Une fois en
sécurité dans la luxueuse chambre hôtel
occupée par Aras, le musicien remercie chaleureusement son
sauveur. Il se nomme Ayumu Nakaya et insiste pour faire quelque chose
qui montrerait à l'étranger toute sa gratitude. Aras
lui fait alors une proposition: puisqu'il ne peut plus retourner dans
le parc, pourquoi Ayumu ne viendrait-il pas à partir du
lendemain jouer pour lui dans cette chambre d'hôtel ? Non
seulement ici le jeune homme sera en sécurité, mais
ainsi Aras pourra monopoliser sa musique. En plus, il se propose de
le payer. Avec quelle joie Ayumu accepte cette main tendue ! Et quand
le musicien le qualifie d' "homme bon", sans même imaginer une
seule seconde que l'étranger pourrait avoir monté une
mise en scène pour pouvoir le tenir à sa merci, Aras se
prend à penser comme le jeune homme ressemble à Kazuto,
par sa gentillesse et sa simplicité un peu naïve.
A partir de ce jour, Ayumu se rend donc tous les soirs à l'hôtel où vit Aras afin de lui interpréter à la guitare ses morceaux préférés. Cependant, tandis qu'une quinzaine de jours s'écoule, l'étranger se rend vite à l'évidence que ce n'est désormais plus la musique qui présente de l'intérêt pour lui, mais Ayumu lui-même ! Retrouvant chez le musicien les traits de caractère qui l'avaient séduit chez Kazuto alliés à un joli visage de petit prince égaré, il aurait dû se douter que les choses finiraient par évoluer ainsi. Et le jeune homme s'inquiétant de voir son bienfaiteur pousser sans arrêt des soupirs durant ses concerts, Aras est bien obligé de lui avouer ce qui le tourmente: il est tombé amoureux de lui. Conscient qu'il ne parviendra pas à reffréner ses désirs encore bien longtemps, Aras demande donc à Ayumu de ne plus venir lui rendre visite s'il ne veut pas finir dans son lit, car il répugnerait à étreindre le jeune homme contre sa volonté. Mais si le musicien est stupéfait de cet aveu, le plus surpris est bien Aras lui-même: jamais autrefois il n'aurait agit ainsi en conseillant à Ayumu de partir, mais se serait mis à courtiser le jeune homme assiduement jusqu'à ce qu'il lui cède et sans se préoccuper de ce que pouvait ressentir son partenaire, uniquement dans le but de satisfaire ses désirs personnels. Néanmoins Aras aime sincèrement Ayumu et ne veut pas le blesser, voilà pourquoi il lui conseille de s'éloigner de lui. Résigné à perdre son précieux compagnon, il ne s'attendait pas à la réponse que le musicien lui donne en retour: pourquoi Aras pense-t-il que cela le répugnerait de coucher avec lui ? Tandis que l'étranger le dévisage sans comprendre, Ayumu lui avoue alors que lui aussi soupirait pour lui depuis bien longtemps déjà. Quand il jouait de la guitare dans le parc, combien de fois a-t-il vu ce bel inconnu au teint de bronze passer devant lui sans le voir en tenant par le bras un partenaire chaque soir différent ? En secret, Ayumu s'était pris à espérer qu'un jour, l'inconnu s'arrêterait pour l'écouter jouer, lui, le paumé qui se contente de donner des concerts dans la rue, ignorant que faire de son avenir incertain. Et ce rêve l'avait soutenu à un point que Aras ne peut imaginer. A cet aveu, Aras réalise comme il a été idiot de n'avoir pas décelé plus tôt les sentiments qu'éprouvent Ayumu à son égard. Distrait par ses successives liaisons sans lendemain, il n'a pas su remarquer le regard amoureux posé sur lui. Mais à présent qu'il sait que son amour est réciproque, plus rien ne saurait arrêter Aras ! Et tandis qu'après une tendre première étreinte l'étranger contemple Ayumu endormi dans ses bras, il comprend enfin les sentiments de son ami Rio qui refusait catégoriquement de partager Kazuto, car lui non plus ne saurait concevoir de laisser quelqu'un d'autre toucher Ayumu ! Enfin, Aras l'a lui aussi trouvé, le véritable amour....

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