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Haru o Daiteita

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© Yonezô Nekota - Tsuyogari

 

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- Index des Titres et des Auteurs -

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Yonezô Nekota

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--------------------------------------------- * Tsuyogari

--------------------------------------------- * Kamisama no Udé no naka vol.1

--------------------------------------------- * Kamisama no Udé no naka vol.2

--------------------------------------------- * Kamisama no Udé no naka vol.3

 

 

© Yonezô Nekota

Tsuyogari

("Forfanterie")

 

Auteur: Yonezô Nekota

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 1

 

Intrigue:

© Yonezô Nekota / Biblos

 

 

 

© Yonézô Nékota

Kamisama no Udé no naka

("Dans les Bras de Dieu")

Auteur: Yonézô Nékota

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 3 en cours

 

Intrigue: Ce livre est le premier volume d'une série de récits décrivant les amours de plusieurs adolescents dans une école privée catholique en Angleterre.

Première partie: Comme toutes les Public-schools , le pensionnat du lycée-collège où se déroule notre histoire accueille des jeunes gens de riches familles anglaises et, inutile de le dire, dont beaucoup se révèlent ultra-coincés et intolérants vis à vis des élèves d'autres nationalités et d'autres religions. Dans un tel contexte il n'est donc pas étonnant que Marius, avec sa peau brune et ses cheveux noirs, attire particulièrement l'attention et la méfiance de ses camarades: métis anglo-arabe délaissé par son père et plutôt mal accepté dans l'école parce qu'il est Mulsulman, le jeune homme est amoureux de Ginger, un élève d'une classe supérieure connu pour sa tendance au libertinage et son homosexualité non-dissimulée. Moins favorisé que ses camarades, Ginger se livre au sein de l'école à divers petits trafics (prohibés cela va sans dire) qui lui permettent de se faire de l'argent de poche. Ce n'est donc pas surprenant qu'issu d'une famille très riche, Marius qui ne sait comment exprimer ses sentiments à ce garçon au caractère rebelle et moqueur voie cette activité comme un excellent moyen de se rapprocher de l'objet de ses désirs. Il commence ainsi a acheter régulièrement de la drogue à Ginger, même s'il ne la consomme pas, uniquement pour avoir l'occasion de rencontrer secrètement ce dernier.

Une nuit cependant, le manège des deux lycéens est surpris par Uran, un collégien d'origine asiatique fraîchement débarqué dans l'établissement et qui s'était perdu dans les couloirs de l'internat. Si le jeune garçon ne comprend pas vraiment ce que ses aînés trâmaient ainsi dans le noir, de caractère jovial et enjoué, à partir de cette rencontre fortuite Uran va réussir à se lier peu à peu d'amitié avec Marius et ce en dépit du tempérament solitaire de ce dernier. Large d'esprit, Uran avoue sans complexe être Bouddhiste, mais personne dans l'établissement ne songerait à le traiter froidement tant il s'agit d'un garçon qui attire la sympathie, et l'on en vient à penser que le problème de Marius provient surtout du fait que maussade et peu bavard, lui ne fait aucun effort pour tenter de s'intégrer et se faire des amis. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on connait les tourments qui l'agitent à cause de sa famille ? Le jeune homme n'a pas vu son père depuis des mois, n'arrive même pas à lui parler au téléphone, et bientôt apprend la terrible nouvelle que le businessman, veuf depuis plusieurs années, s'apprète à se remarier ! Aurait-il l'intention d'abandonner son fils, ce garçon qui ne lui ressemble pas du tout au point qu'il en vienne à douter de sa paternité ?

Terrassé par la nouvelle du remariage de son père, un soir, ses pas conduisent Marius à l'intérieur de l'église désertée. Là, il a la surprise de retrouver Ginger qui faisait la sieste affalé sur un banc. Tandis que Marius lui conte sa triste histoire - comment son père qui ne l'aime pas l'a envoyé dans cette école pour l'éloigner de lui tout en sachant que le jeune homme y serait mis à l'écart par les autres - Ginger, en réalité plus tendre qu'il ne veut bien le laisser paraître, s'efforce à sa manière de consoler son camarade pour qui lui aussi éprouve de maladroits sentiments. Hélas le lendemain, le chef d'internat apprend à tous les pensionnaires réunis que l'on a découvert de la drogue de fabrication artisanale à l'intérieur d'un objet confisqué à un élève: cette substance n'a pu être introduite dans l'établissement que par l'intermédiaire d'élèves des grandes classes, qui possèdent des chambres individuelles et sont donc plus difficiles à surveiller. Il est ainsi recommandé à quiconque possède des informations à ce sujet de dénoncer immédiatement le coupable, qui sera renvoyé sur-le-champ. Voilà qui s'annonce mauvais pour le business de Ginger, et compromet de plus dangereusement ses rendez-vous secrets avec Marius. D'autre part, entendant cette nouvelle, Uran se rappelle soudain les circonstances de cette nuit où, nouvellement arrivé dans l'école, il s'était perdu dans les couloirs et avait surpris ses deux aînés ensemble cachés dans un recoin: à présent, il comprend enfin ce que les lycéens étaient en train de faire. Uran décide aussitôt d'aller en parler à Marius, qui ne nie pas, mais explique cependant qu'il ne consomme pas la drogue qu'il achète et s'en sert simplement de prétexte pour avoir l'occasion d'avoir des rendez-vous avec celui dont il est amoureux: le jeune homme traînait derrière lui une existence si vide et dépourvue de sens, jusqu'à ce jour où il a rencontré Ginger.... Bien sûr, Uran n'a pas l'intention de dénoncer son aîné, mais à cet aveu sa réaction est pour le moins inattendue: le jeune garçon fond en larmes, avouant à son tour son amour à Marius !

Pour ne rien arranger, peu de temps après, le lycéen reçoit enfin une lettre de son père: un texte court et concis dépourvu de la moindre chaleur dans lequel l'homme lui annonce qu'il s'occupera de lui jusqu'à sa majorité, mais ensuite le jeune homme sera libre de faire ce que bon lui semble. Par cette lettre plus blessante que toutes les paroles que le businessman a pu lui adresser jusqu'à ce jour, Marius a désormais la preuve formelle qu'il ne compte pas pour son père, malgré tous les efforts qu'il a fait depuis sa petite enfance pour que ce dernier soit fier de lui. Cela a beau être vrai que physiquement le jeune homme ne lui ressemble pas du tout, néanmoins le businessman, qui aimait passionnément son épouse, pourrait quand même éprouver un peu de tendresse pour un être qui a le même visage que la défunte. Quoi qu'il en soit en lisant cette missive, Marius sent son équilibre moral déjà précaire s'effondrer. Ne sachant plus comment réagir à toutes les pressions qui pèsent sur lui - son amour caché pour Ginger, les sentiments qu'il inspire au jeune Uran, l'indifférence de son père, l'état de solitude dans lequel il se trouve plongé sans compter les chuchotements dédaigneux des autres - un jour Marius craque et se résoud à consommer cette drogue fournie par Ginger à laquelle il n'avait pourtant jamais touché auparavant, afin de fuir une réalité devenue insupportable. Mais tandis que le jeune homme déambule dans les couloirs dans un état de transe provoqué par les effets de la drogue, Ginger l'aperçoit et remarquant aussitôt son état anormal, va tenter de ramener son malheureux ami à la raison....

 

© Yonézô Nékota / Biblos

 

Deuxième partie: Issu d'une famille noble, le bel Emilio est un libertin qui multiplie les conquêtes féminines. Au point que par crainte que son fils ne tourne mal et ne devienne irrémédiablement débauché, le père du jeune homme décide de toute urgence de l'inscrire dans une école privée qui prendra en charge son éducation: là, dans cet établissement religieux et strict réservé aux garçons, Emilio sera bien obligé d'arrêter ses frasques ! Et afin de surveiller les faits et gestes de son rejeton, l'aristocrate va même jusqu'à inscrire Won, l'un de ses employés qui est du même âge que son fils, dans la même école que ce dernier afin qu'il ne le quitte pas d'une semelle ! Hélas, le sage père de famille ignore que pour Emilio, filles ou garçons, cela ne fait aucune différence: loin d'arrêter ses activités de séducteur, sa nouvelle école se révèle au contraire comme un terrain de chasse de choix ! Si bien qu'afin d'éviter dans la mesure du possible que le fils de son maître, qui est aussi son ami et dont il connaît parfaitement le caractère, ne porte la main sur ses petits camarades, Won accepte d'entretenir avec Emilio une relation charnelle, ce qui s'avère aisé vu que tous deux logent dans le même internat. Doté d'une forte personnalité, Won, grand brun taciturne originaire d'Extrême-Orient, n'est cependant pas du genre a accepter sans broncher tous les caprices de son ami: non seulement il met un point d'honneur à répéter à Emilio qu'il n'est pas son valet même s'il est au service de son père, mais d'aspect sensiblement plus robuste et viril que l'agaçant playboy, Won se révèle bien loin de l'idéal du partenaire passif, acceptant ses étreintes mais refusant l'idée-même de soumission. Il n'est donc pas étonnant que malgré tous les efforts de son compagnon pour le "distraire", le jeune noble se mette bientôt en quête d'un amant plus docile et attachant.

C'est ainsi qu'Emilio jette son dévolu sur le prêtre officiant à la chapelle de l'école, un jeune homme d'une vingtaine d'années à la physionomie douce et paisible qui de plus est en quelque sorte l'idole d'une partie des élèves de l'établissement. Pour le lycéen, il va sans dire que malgré son âge cet être délicat et adorable est certainement encore puceau, et rien que de songer à ce met de choix, Emilio en a le coeur qui danse dans sa poitrine ! Cette fois cependant il va trop loin: déjà le jeune noble bien connu pour sa conduite à scandale n'a pas bonne réputation, mais quand il entâme sa stratégie de séduction jusque pendant la messe, pas étonnant qu'il provoque la colère de nombre de ses camarades. Scandalisé par le comportement de son ami qui décidément n'a aucune morale, même Won déclare forfait et renonce cette fois à le protéger pour l'abandonner aux foudres des mécontents ! Mais Emilio n'est pas du genre à renoncer pour autant, et rendant à plusieurs reprises secrètement visite au jeune prêtre, à force de harcèlement et à moitié par la force, il finit par l'obliger à se soumettre à ses caresses, se souciant peu des tourments qu'il cause à une personne ayant renoncé pour toujours aux plaisirs de la chair. Le religieux lui-même est bientôt forcé de reconnaître le trouble que lui inspire malgré lui le lycéen, cependant il s'obstine à lutter contre ce désir de toute son âme. Et si comme Emilio l'avait prévu, la première fois qu'il ose enfin le toucher le prêtre n'a pas la force de résister au plaisir physique qu'il lui offre, le jeune homme doit bientôt faire face à une attitude de rejet: même s'il parvient à tenir le corps du prêtre à sa merci, il ne possède nullement son coeur, et cela le rempli d'amertume. Jamais jusqu'à ce jour quelqu'un ne l'a repoussé avec autant de virulence désespérée.... Et ce qui au départ n'était qu'un amusement comme un autre pour Emilio se change finalement en véritable amour sincère tandis que le voilà pris à son propre piège.

 

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© Yonézô Nékota / Biblos - Emilio ne peut pas aller à la messe sans draguer le curé, surtout si ce dernier est jeune et beau. "Complètement irrécupérable !" (Won)

 

De son côté, Won quant à lui va rapidement se sentir attiré par Shio Gragiano, un collégien qu'il a surpris une nuit à errer dans les couloirs de l'école. Cet adolescent discret et renfermé fait l'objet d'un traitement particulier de la part des autres élèves en raison de son don très spécial: il porte sur le corps de véritables stygmates tels ceux qui marquaient le Christ et lui confèrent des pouvoirs surnaturels qu'il ne maîtrise pas. On dit que quiconque s'en prendra à Shio sera puni par le Ciel, et de ce fait plusieurs élèves qui s'étaient moqués de lui à cause de ses étranges marques lors de son entrée dans cette école ont été peu après victimes d'accidents inexpliqués. Voilà pourquoi les étudiants les plus pratiquants de l'établissement voient Shio comme une espèce de saint et ne laissent personne qu'ils jugent impur s'en approcher. Mais loin de se réjouir de ce traitement de faveur, l'adolescent en souffre au contraire, car plus que quiconque il aspire à vivre comme un garçon ordinaire. N'est-ce pas à cause de son "don" que depuis toujours il n'a aucun ami en raison de la peur qu'il inspire aux autres ? Même la propre mère de Shio n'est pas épargnée par cette crainte respectueuse et a passé de longues nuits à pleurer, ne sachant plus ce qu'elle devait faire au sujet de son fils, avant de se résoudre finalement à l'envoyer dans cette école catholique où elle espérait que le garçon parviendrait à se faire plus facilement des amis. Souvent en rêve, Shio revoit sa mère en larmes, et ne pouvant supporter de rester seul après ces images traumatisantes et de douloureux réveils en sursaut, le jeune garçon se lève en plein milieu de la nuit afin d'aller chercher un peu de réconfort auprès du prêtre de l'établissement, le seul qui parvienne à comprendre son désespoir.

Néanmoins se balader ainsi dans les couloirs après l'extinction des feux est formellement interdit, seul Won y est exceptionnellement autorisé afin de surveiller les agissements de son ami Emilio pour la tranquillité de tous. Sans compter que l'on recherche toujours le mystérieux responsable de la vente de drogue au sein de l'école. Ainsi, lorsque le ténébreux lycéen découvre par hasard cet adolescent qu'il ne connaît pas en train d'arpenter les couloirs, il ne manque pas de le signaler au responsable d'internat. Ce dernier, un étudiant nommé Strauss, est un jeune homme d'une grande beauté mais plutôt froid et très à cheval sur le règlement, le type même de l'élève d'élite uniquement préoccupé par ses études. Strict et sévère, apprenant ce qu'à fait Shio, dès le lendemain Strauss ne manque pas de lui passer un savon devant tout le monde dans la cour de récré. Le prêtre a beau prendre la défense du garçon et expliquer les raisons de ses sorties nocturnes, hors de question pour le chef d'internat de faire une impasse sur le règlement !

Un peu plus tard, humilié et furieux, Shio s'en va à la recherche de Won qu'il trouve occupé à faire tranquillement une sieste sur la pelouse du parc du campus (il ne dort pas beaucoup la nuit à cause d'Emilio !) ; se précipitant sur son aîné, l'adolescent commence aussitôt à lui crier dessus: c'est quoi ces manières de cafter ?! C'est ignoble, et à cause de cela Shio ne pourra plus sortir aller voir le prêtre chaque fois qu'il fait l'un de ses angoissants cauchemars ! A ces mots, Won qui ne connaît pas l'adolescent et encore moins les pouvoirs qu'on lui prête, croit n'avoir affaire qu'à l'un de ces gamins qui ont peur quand ils se retrouvent seuls la nuit dans le noir. "Dans ce cas, tu veux que je dorme avec toi ?" propose-t-il avec un sourire amusé. Ce n'est bien sûr qu'une plaisanterie, mais cette offre provoque une vive stupéfaction chez le collégien: Won n'a-t-il pas peur de lui ? Cependant les deux garçons n'ont pas le temps de s'entretenir davantage, car Emilio arrivant et s'étonnant de trouver son ami avec le "saint" de l'école auquel il n'a jamais eu l'occasion d'adresser la parole (et l'on comprend pourquoi !), Shio préfère s'enfuir sans demander son reste.

Plus tard, au beau milieu de la nuit, tandis que Won est occupé à lire un livre à la lueur de sa lampe de chevet, quelqu'un frappe soudain à la porte de la chambre qu'il partage avec un autre lycéen. Le jeune homme irrité mais résigné pense immédiatement qu'il doit s'agir de son ami Emilio qui se sent seul et vient l'inviter à une partie de jambes-en-l'air. Mais à sa grande surprise, c'est Shio vêtu d'une chemise de nuit qu'il découvre sur le palier: son sempaï n'avait-il pas dit que s'il faisait encore des cauchemars il dormirait à ses côtés ? Quelque peu consterné que le garçon ait pu prendre sa proposition au sérieux, ce dernier paraît si bouleversé que Won le fait cependant entrer dans sa chambre. "Tu n'as donc pas d'ami qui pourrait dormir avec toi ?" pense-t-il lancer à l'adolescent pour le taquiner. Mais en voyant Shio pleurer en silence, il ne peut se résoudre à dire quoi que ce soit. Et sans doute le garçon a-t-il longtemps hésité avant de venir frapper à sa porte, car en entourant du bras les épaules de Shio pour l'entraîner dans la pièce, Won remarque combien elles sont glacées....

 

© Yonézô Nékota / Biblos

 

Pendant ce temps, les rondes alternées se poursuivent entre les différents responsables d'internat (un pour les internes de chaque année) afin de découvrir qui est le mystérieux dealer ayant introduit dans l'école des substances prohibées. Ginger est l'un de ces responsables, et en allant réveiller son ami Strauss afin qu'il prenne son tour de garde, il lui fait part de l'inutilité de ces rondes: le lycée est tellement vaste, comment espérer prendre quelqu'un sur le fait dans tous ces dédales de couloirs regorgeant de recoins où se cacher ? Soupirant, Strauss ne peut nier qu'il pressent lui aussi que tous leurs efforts sont vains, mais selon lui c'est encore mieux que de ne rien faire du tout. S'il savait que le coupable qu'il recherche si assidûment se trouve en cet instant en face de lui ! Il est bien commode d'être responsable d'internat lorsque l'on veut se promener la nuit dans les couloirs en toute impunité et développer son petit "commerce", mais le rusé Ginger ne va tout de même pas se dénoncer lui-même ! Strauss s'en va donc à son tour patrouiller dans les couloirs muni d'une lanterne, et après plus d'une heure d'une vaine surveillance, se décide finalement à rentrer bredouille à sa chambre. Mais alors qu'il parvient en haut d'un escalier, le jeune homme ressent soudain un étrange vertige accompagné d'une violente douleur à la tête. Le sol se dérobe sous ses pieds, et c'est la chute....

Le lendemain matin, il est près de midi lorsque Shio se rend en courant à ses derniers cours de la matinée, maugréant contre Won qui ne l'a pas réveillé. Néanmoins, en partageant le lit de son sempaï, le collégien doit bien reconnaître qu'il n'a pas dormi en se sentant aussi en sécurité depuis fort longtemps. Il ignore encore qu'en ce moment-même toute l'école est en effervescence à la nouvelle de l'accident de Strauss: comme la veille tout le monde a bien vu ce dernier passer un savon à Shio à cause de ses escapades nocturnes, c'est immédiatement à l'étrange pouvoir que semble posséder le jeune garçon et frappe tous ceux qui le contrarient que cet "accident" est aussitôt attribué. Si Shio en se rendant en classe s'étonnait de voir ses camarades se détourner de lui avec encore plus d'effroi que d'ordinaire, en apprenant la nouvelle, celle-ci le plonge dans un profond désarroi - ainsi que dans une vive colère: il ne supporte plus de s'entendre dire qu'il est "saint" ou qu'il a "été choisi" ! Pourquoi le rendre ainsi responsable de tous les malheurs du monde ? Ces stygmates qu'il porte lui ont été offerts jadis comme le symbole de la guérison miraculeuse de la grave maladie dont il souffrait; il n'y a aucune raison que de telles marques apparaissant uniquement sur les êtres possédant un coeur exceptionnellement pur puissent provoquer le malheur d'autrui !

A partir de ce jour, hormi pour aller en classe, Shio ne quitte plus l'internat des Premières. En cédant une fois à ses caprices et le laissant dormir dans son lit, Won ne se doutait pas que cela allait devenir une habitude ! Le collégien en a vraiment assez de la troupe de groopies qui passent leur temps à l'entourer en lui léchant les bottes, comme si sa fréquentation leur donnait le sentiment d'être en quelque sorte "élus" eux aussi; tandis que Won, lui, est différent: il ne semble pas attacher grande importance au don de Shio, qu'il soit réel ou non. Le lycéen n'avait pourtant pas accepté tout de suite cette cohabitation: Shio menaçant de maudire les camarades de chambre de son aîné s'il refusait de le laisser dormir avec lui, ce sont ces derniers qui ont supplié Won en pleurnichant de consentir à ce que demandait le garçon. Que ses condisciples sont donc superstitieux de croire à de telles fadaises ! ne cesse de soupirer le jeune homme scandalisé.... N'empêche que ses mésaventures avec ce collégien collant amusent beaucoup Emilio: il y a une telle différence entre le Shio sage et docile qu'il apercevait parfois au milieu de sa troupe de fans et l'adolescent capricieux et entêté que lui décrit Won ! Et bientôt, Emilio qui est plus que quiconque versé dans les histoires amoureuses, commence à deviner que le jeune garçon éprouve sans doute des sentiments particuliers pour l'employé de son père; l'esprit occupé de son idylle avec le jeune prêtre, Emilio assure donc à Won que ce n'est plus la peine qu'il vienne le rejoindre le soir d'ici quelque temps, permettant ainsi à son ami de se consacrer à Shio.

 

© Yonézô Nékota / Biblos - Emilio le débauché en sait long sur les histoires de coeur....

 

Et Won lui-même, si au départ il se montrait plutôt ennuyé par cette situation, a fini par s'attacher peu à peu au jeune garçon et s'habituer à dormir à deux dans un lit trop étroit. Un soir, devinant aux propos de Shio que ce dernier s'inquiète beaucoup du sort de Strauss, le lycéen propose d'aller prendre des nouvelles dès le lendemain: cantonné à l'infirmerie et la tête entourée de bandages, en fait le jeune homme ne semble pas aller si mal que ça, et ce qui le rend malade est surtout la perspective de devoir prendre plus d'une semaine de retard sur ses cours, ce qui donne à l'étudiant d'élite davantage de maux de tête que sa blessure elle-même à la consternation de Ginger ! En revanche, le responsable d'internat ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé: ne pouvant donner d'explication rationnelle quand aux causes de sa chute dans l'escalier, Strauss a finalement accepté de ne pas faire intervenir la police comme l'en a prié la direction de l'école, qui craint plus que tout le scandale. Le jeune homme en vient même à se demander si les bruits qui courent sur le pouvoir de Shio ne sont pas fondés, et regrettant de l'avoir sévèrement sermonné en public, se promet de donner dès qu'il aura quitté l'infirmerie l'autorisation au collégien de se rendre la nuit où bon lui semblera.

Rassuré quant à l'état de Strauss, Won s'apprète à porter la bonne nouvelle à Shio, mais en se rendant à sa classe, celle des 4ème année, ce qu'il n'avait jamais fait jusqu'à présent, il a la surprise de découvrir un Shio complètement différent de celui qu'il connaît et se rappelle soudain les paroles d'Emilio: ce dernier avait qualifié le garçon de sage, mais c'est bien plus que cela, comme si Shio retenait désespérément sa respiration afin que personne ne remarque sa présence. En fin de compte, le contraste est si grand entre l'adolescent esseulé qu'il aperçoit de dos dans un coin de la classe et le garçon enjoué qui vient squatter son dortoir chaque nuit que Won finit par renoncer à lui adresser la parole, tant il a l'impression d'avoir devant lui une autre personne. Le soir venu, tout est heureusement redevenu normal, Shio visiblement ravi que Strauss aille bien rit et devise joyeusement avec les autres élèves de Première logeant dans la chambre: tous ont du mal à imaginer leur redoutable chef d'internat dans un état de faiblesse et ne lésinent pas sur les plaisanteries à ce sujet ! Cependant une fois les lumières éteintes et les deux compères couchés dans leur lit, pour la première fois Won montre de l'intérêt pour les marques que porte son jeune ami, d'autant plus qu'après la vision de Shio tel qu'il l'a découvert dans sa salle de classe, le lycéen commence enfin à comprendre quelles souffrances éprouve l'adolescent. Mais surpris que Won ose toucher ses blessures sans éprouver la moindre peur, Shio en éprouve une douce émotion; il assure à son sempaï que ces marques malgré leur aspect ne lui causent aucune douleur, hormi quand il fait quelque chose de mal.

Le temps passe, et à présent qu'il dort chaque nuit auprès de son cher sempaï, le premier véritable ami qu'il ait jamais eu, Shio ne fait plus un seul cauchemar. Hélas cette paix ne pouvait pas durer: s'il est interdit de se promener la nuit après l'extinction des feux, il l'est tout autant d'aller dormir dans le dortoir d'autres étudiants. Ainsi, l'adolescent est un jour convoqué dans le bureau du responsable de son propre internat. Bien que tremblant de peur, le jeune homme somme le garçon de cesser son comportement anormal, car selon lui, par ses actes inconsidérés, Shio est le véritable responsable de toutes les mauvaises rumeurs qui courent à son sujet. L'adolescent n'en croit pas ses oreilles: alors s'il possède ses fameux stygmates, s'il fait des cauchemars effrayants, si l'on dit qu'il est doté d'un pouvoir étrange, ce serait entièrement de sa faute ? C'est vraiment trop injuste, et à peine sorti du bureau du responsable dans le couloir où l'attendent ses éternels groopies, le garçon éclate en sanglots bruyants. N'osant cependant désobéir, Shio ne se rend pas le soir au dortoir de Won comme il en a l'habitude à l'étonnement de ce dernier. Mais dès le lendemain, l'effet de cette brimade ne se fait pas attendre: tandis qu'un pot de fleur tombé des étages l'a atteint à l'épaule, manquant de peu le tuer, le chef d'internat des 4ème année est hospitalisé ! Déjà ce qui était arrivé à Strauss avait défrayé la chronique, mais avec ce nouvel incident survenu à moins d'une semaine d'intervalle, tout le monde ne parle plus que de Shio et de son terrible pouvoir. Au point qu'ayant vraiment l'impression d'être maudit, l'adolescent se referme plus que jamais sur lui-même et ne laisse plus personne l'approcher. Seuls les membres de son espèce de cour osent encore lui adresser la parole, néanmoins Shio n'éprouve que mépris pour eux: tout en n'ayant que l'évocation de son pouvoir à la bouche, ils se sont auto-proclamés ses amis et ses protecteurs, mais Shio sent bien qu'ils ne font que l'utiliser pour leur propre gloire. Néanmoins celui qu'il déteste le plus est encore lui-même, qui par peur de se retrouver seul n'a pas le courage de lâcher la main de ces parasites.

De son côté, entendant tout ce qu'on raconte sur son jeune ami, Won qui n'a plus l'occasion de le voir éprouve une vive inquiétude à son sujet: il devine sans peine dans quel état émotionnel doit se trouver à présent le garçon, et rien que d'imaginer sa souffrance, meurt d'envie de le rencontrer. Cependant Shio ne vient plus le soir à son dortoir, et Won commence à se demander si leurs nuits en commun ne vont pas cesser définitivement. Au moment-même où le jeune homme assis dans son lit formule mentalement ces craintes, il ne se doute pas que son ami est en proie à un cauchemar épouvantable: tandis que des flots de sang s'échappent de ses blessures, Shio saisi par une multitude de mains se voit crucifié vivant ! Terrorisé, en larmes, l'adolescent se réveille plus traumatisé que jamais, et tout naturellement, malgré les interdits, ses pas le conduisent malgré lui à la chambre de Won. Ce dernier est si heureux et soulagé de le revoir enfin qu'il se précipite sur Shio pour le serrer de toutes ses forces dans ses bras. Ainsi enlacés, tous deux goûtent quelques instants d'une paix bienheureuse. Mais bientôt, les lèvres de Won ne se contentent plus des joues de son cadet pour venir se superposer à ses lèvres. Enflammé d'un désir irrésistible, le jeune homme entâme de brûlantes caresses. Bien que dérouté, Shio qui éprouve les mêmes sentiments que lui ne le repousse pas; néanmoins en son for intérieur l'adolescent ne peut s'empêcher de songer que c'est mal ce qu'ils sont en train de faire. Et à peine cette idée se forme-t-elle dans son esprit que Shio ressent une souffrance atroce provenant de ses blessures: celle-ci est telle que tombant à terre en hurlant de douleur, il finit par s'évanouir aux pieds de Won.

 

© Yonézô Nékota / Biblos - Won revoit avec amertume la silhouette solitaire de Shio

 

Le lendemain matin, alors que le jeune homme est en train de veiller l'adolescent à l'infirmerie, Emilio vient soudain lui rendre visite afin de prendre des nouvelles. L'état de Shio est à présent stable et la douleur s'est apparemment calmée, mais lorsque son ami lui demande ce qui a provoqué cette crise, Won avoue franchement ce qu'il a tenté de faire. "Elles ne me font pas souffrir, hormi quand je fais quelque chose de mal." Voilà ce qu'avait dit Shio quelque temps plus tôt en évoquant ses blessures, et le lycéen comprend à présent ce que cela signifiait. Bouddhiste, Won ne sait absolument rien au sujet des stygmates, alors quand il rapporte à son ami les propos de l'adolescent, Emilio se met en devoir de lui fournir quelques explications à ce sujet: il est vrai que ce type de marques peuvent soudain se mettre naturellement à saigner avec accompagnement de douleurs, mais cela se produit dans la plupart des cas lors de jours saints comme celui de la Crucifixion. Néanmoins comme les "réactions" des stygmates procèdent surtout d'un état de puissante auto-suggestion, dans le cas d'un enfant comme Shio à qui l'on a sans doute inculqué qu'avoir des relations sexuelles était mal, ce n'est donc pas étonnant que son corps réagisse inconsciemment à cette croyance erronée. Il s'avère très difficile d'ôter une idée préconçue de la tête de quelqu'un, cela Emilio en sait quelque chose, lui qui piétine toujours dans sa relation avec le jeune prêtre de l'école. Voilà pourquoi il souhaite à son ami d'avoir bien du courage pour l'avenir.

Won n'est cependant pas du genre à baisser les bras pour si peu. Quelques jours plus tard, Strauss enfin sur pieds et réintégré dans ses fonctions ayant donné à Shio l'autorisation de dormir dans le dortoir des Premières, son sempaï et lui recommencent à dormir dans le même lit comme si de rien n'était, bien que Won n'essaye plus à présent d'avoir une relation plus intime avec l'adolescent. Il réalise qu'il ne pourra rien y avoir entre eux tant que Shio ne sera pas prêt psychologiquement, et songeant avant tout à son jeune ami, il n'est pas du genre à brusquer inconsidérément les choses. Cependant tout le monde ne voit pas d'un bon oeil ce lien très fort qui semble unir les deux étudiants, en particulier dans la troupe de bigots qui ont l'habitude d'entourer Shio et considèrent Won comme un rustre indigne de fréquenter ainsi leur idole. Dans l'ombre, un danger rode de plus en plus menaçant. Car certains s'imaginent qu'en buvant le sang s'écoulant des stygmates, l'on peut soi-même devenir un dieu. Voilà pourquoi, en punissant secrètement tous ceux qui s'en sont pris d'une façon ou d'une autre à Shio tout en mettant ces crimes sur le compte d'une vengeance céleste, un mystérieux homme de l'ombre s'applique a décupler l'aura de sainteté flottant autour du jeune garçon en l'isolant peu à peu du monde. Mais Shio a fini par choisir quelqu'un d'autre comme ami et meilleur soutien, et non ce dangereux allumé qu'il ignore se trouver près de lui. Alors, ne reste plus au véritable responsable des accidents ayant frappé plusieurs élèves du lycée qu'à éliminer le gêneur....

 

© Yonézô Nékota / Biblos - Une fois que tout s'est bien terminé, quand Won l'attire une seconde fois dans ses bras, Shio se remémore soudain les paroles que Dieu avait prononcées après l'avoir guéri de sa maladie, lui laissant les stygmates en signe de miracle: "Sois heureux désormais...." Et pour le jeune garçon, ce bonheur trouve à présent son accomplissement dans ses sentiments pour Won. Après cette prise de conscience, même lorsque les deux étudiants font enfin l'amour, les blessures de Shio ne le font pas souffrir, pas plus qu'elles n'ont disparu après l'acte sexuel - preuve que l'amour n'est en aucun cas synonyme d'impureté.

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Kamisama no Udé no naka - Madamada Kodomo ("Dans les bras de Dieu - Que des gamins !"): Ce mini-chapitre de seulement deux pages est constitué de trois séries de 4 koma, ces fameuses petites BD en quatre cases dont raffolent les Japonais. La vie est loin d'être de tout repos pour Won depuis qu'il a enfin concrétisé avec Shio. Déjà que la fréquentation d'Emilio seul s'avérait particulièrement éprouvante, l'adolescent ne cède en rien au jeune noble débauché. En tant que petit ami, Shio est bien décidé à s'accaparer totalement son sempaï, ce dont Emilio n'est pas du tout d'accord: pour lui, puisque Won est l'employé de son père, il lui appartient ! Et n'oublions pas qu'Emilio a été le premier amant de Won, celui qui l'a "initié". Entre les deux rivaux aussi possessifs l'un que l'autre, la guerre est donc déclarée ! Si bien que terrassé par le stress, Won se retrouve forcé de visiter quotidiennement la pharmacie de l'infirmerie afin de trouver de quoi calmer ses maux d'estomac. Ce n'est pourtant pas le pire: apprenant de la bouche d'Emilio la manière dont Won et lui faisaient l'amour et tous les "points faibles" du corps de son sempaï, Shio décide bientôt d'appliquer toutes ces nouvelles connaissances au lit. "Puisque nous sommes ensemble, j'ai le droit de faire tout ce qu'Emilio te faisais !" Plus le temps passe, et plus Won pressent son rôle de partenaire actif compromis !

 

© Yonézô Nékota / Biblos - Querelle de gamins....

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Kamisama no Udé no naka - Easter Egg ("Dans les bras de Dieu - L'Oeuf de Pâques"):

Un après-midi, Emilio trouve Shio occupé le plus sérieusement du monde à peindre des oeufs de Pâques. Cela rappelle de bons souvenirs au jeune noble, car lui aussi il y a quelques années à peine en confectionnait encore. Mais ce qu'Emilio regrette surtout, ce sont les parties de "chasse à l'oeuf" auxquelles il participait autrefois. Shio lui aussi adorait ce type d'amusement, mais quand après être entré au collège il avait proposé à ses camarades de cacher les oeufs qu'ils avaient fabriqués, les autres s'étaient moqués de lui. La chasse à l'oeuf serait réservée aux petits enfants ? C'est si amusant pourtant.... Alors pourquoi ne pas en organiser une seulement entre amis ? Et à la grande joie de Shio, Emilio qui vient d'avoir cette excellente idée décide de se charger lui-même des préparatifs. Comme participants, en plus de Shio, il y aura le malheureux Won entraîné dans l'affaire sans avoir eu son mot à dire, et pour couronner le tout, le garçon le plus sérieux de l'école, Strauss en personne avec sa mine éternellement renfrognée ! Quant à savoir comment Emilio a fait pour réussir à convaincre le sévère chef d'internat de prendre part à une activité aussi futile, il n'a rien trouvé de mieux que de lui envoyer un gant dans une enveloppe: ce geste signifiant un défi en duel, un jeune homme avec un sens aigu de l'honneur tel que Strauss n'avait aucun moyen de se défiler !

La chasse aux oeufs de Pâques commence donc, Emilio les ayant dissimulés dans trois endroits différents: sa chambre, celle de Shio, ainsi que l'église. Ceux qui parviendront à découvrir des oeufs se verront offrir de magnifiques cadeaux, et il y a bien sûr le traditionnel oeuf d'or, qui fera quant à lui remporter le premier prix au chanceux qui réussira à mettre la main dessus. Le départ donné, les trois jeunes gens se séparent. Mais tandis que Shio grommelle de ne rien trouver dans sa chambre alors qu'il pensait y découvrir plus facilement les objets de sa quête, Won vient soudain l'y rejoindre, fermant la porte à clé. Le brun ténébreux a déjà mis la main sur deux oeufs, connaissant si bien Emilio qu'il n'a eu aucun mal à prévoir les endroits où son ami cacherait ces derniers; ainsi, comme ils sont seuls, Won aimerait en profiter pour entraîner Shio dans un jeu un peu plus adulte. L'adolescent proteste tout d'abord, lui qui s'amusait tellement de cette chasse et n'a pas encore découvert un seul oeuf. Néanmoins Won se faisant de plus en plus pressant, ne pouvant résister à ses caresses, Shio n'a bientôt plus d'autre choix que de s'abandonner....

 

© Yonézô Nékota / Biblos - Se donnant à fond dans tout ce qu'il entreprend, ce n'est donc pas étonnant que ce soit Strauss qui parvienne au terme de la chasse à découvrir le fameux oeuf d'or. Il remporte ainsi un splendide premier prix soigneusement choisi par Emilio: un harnais buccal pour jeux sado-mazos !

 

© Yonézô Nékota / Biblos - "A quoi ce truc peut-il bien servir ?"

 

 

© Yonézô Nékota

Kamisama no Udé no naka 2

("Dans les Bras de Dieu")

Auteur: Yonézô Nékota

Références: Be Boy Comics

Nombre de Volumes: 3 en cours

 

Première partie: Si tout s'est arrangé entre Shio et Won, la liaison entre le bel Emilio Applegate et le jeune prêtre de l'école ne fait quant à elle que piétiner. Le religieux a beau avoir repoussé Emilio violemment cette fameuse nuit où l'aristocrate libertin lui avait pour ainsi dire sauté dessus, il lui faut bien admettre qu'il est tombé amoureux du jeune homme, et cela lui donne la pénible impression d'avoir trahi Dieu. Pour tenter d'apaiser son âme, le prêtre passe une partie de son temps libre à prier dans la chapelle, mais régulièrement lui revient en mémoire la scène de ce qui s'est passé avec Emilio. "Si vous me touchez encore une fois.... je me tuerais !" avait-il juré au jeune homme. - "Faites comme bon vous semble.... avait répondu Emilio. Mais dans ce cas.... si vous mourez.... je mourrais aussi.... Et même si vous vous enfuyez dans un endroit où je ne pourrais plus vous voir.... je mourrais. Mais comme vous êtes quelqu'un de doux.... par égards pour moi.... je sais que vous ne pourrez ni fuir ni mourir...." En prononçant ces paroles d'un ton qu'il voulait assuré, Emilio souriait, cependant le prêtre n'avait pas été dupe: repoussé de manière si totale, le jeune homme était cruellement blessé....

Tandis que l'élu de son coeur essaye de trouver refuge dans la prière, Emilio quant à lui tente de guérir sa déception amoureuse en se vautrant dans la luxure. Ginger (toujours prêt à rendre service) lui sert de partenaire, en remplacement de Won qui file désormais le parfait amour avec Shio. Néanmoins cette succession de nuits agitées finissent par avoir raison de la santé d'Emilio, qui d'épuisement s'endort un soir dans son bain. Malade comme ce ne lui était plus arrivé depuis longtemps, ne lui reste qu'à se laisser soigner par son ami Won, qui ne manque pas de s'inquiéter à son sujet: ce n'est pas le genre d'un libertin déclaré comme Emilio de se laisser démoraliser par une histoire d'amour, lui dont les sentiments se situent d'ordinaire au-dessous de la ceinture ! Le jeune homme a beau protester que rien ne le tourmente, qu'il est exactement comme d'habitude, Won qui le connaît depuis si longtemps sait bien qu'en ce moment Emilio n'est plus lui-même, et il n'a qu'un souhait, celui que son histoire d'amour malheureuse ne laisse pas à son ami une trop profonde blessure....

Mais les jours passent, et le bel Emilio finit par guérir, tout au moins physiquement. Chaque fois qu'il croise ce jeune homme pimpant dans le couloir, le coeur du prêtre bondit dans sa poitrine. Néanmoins, depuis cette nuit où il l'avait repoussé si brutalement, Emilio n'essaye plus de s'approcher de lui, ne le regarde même plus, comme s'il avait complètement occulté son existence. Pourtant, loin de réjouir le jeune religieux, cette ignorance délibérée ne fait que le plonger dans l'amertume. Il en vient donc à s'interroger: que désire-t-il réellement ? Le soir-même, quand Shio vient lui rendre visite afin de lui avouer sa liaison avec Won et lui demander si du point de vue de la religion, cet amour homosexuel n'est pas fondamentalement interdit, le prêtre s'avère bien incapable de répondre. Si Shio n'a pas perdu ses stygmates bien qu'il ait couché avec Won, cela signifie sans doute que Dieu permet son amour, néanmoins le jeune prêtre avoue que de toute façon, lui-même n'est pas en position de faire des reproches à l'adolescent. Bien sûr Shio ne comprend rien à ces propos, lui qui ignore tout des sentiments que son confident éprouve pour Emilio. Mais sans s'expliquer davantage, le prêtre lui demande simplement de venir s'assoir sur ses genoux, comme Shio le faisait quand il était plus jeune, quand il venait d'arriver dans ce collège, plus petit et chétif que les autres enfants, et passait ses nuits à pleurer, tourmenté par d'effrayants cauchemars. En ce temps-là, quand le religieux le faisait assoir sur ses genoux et le berçait, Shio finissait par s'endormir, rassuré. Mais le garçon est grand à présent, ce temps est révolu, surtout qu'il a Won désormais pour éloigner ses peurs nocturnes. N'empêche que de songer que son protégé n'a déjà plus besoin de lui, le prêtre avoue qu'il se sent un peu seul....

La première fois que le jeune prêtre a rencontré Emilio, ce dernier était à peine plus âgé que Shio aujourd'hui. Il était endormi sur la pelouse à l'ombre d'un arbre, si beau et si paisible que le prêtre n'avait pu en détacher son regard. Quand l'adolescent s'était mis soudain à frissonner, ne pouvant se résoudre à l'éveiller, le jeune religieux s'était contenté de déposer délicatement sa propre veste sur les épaules du dormeur. Plusieurs années ont passé depuis, et tandis qu'il arpente la galerie extérieure et aperçoit Emilio endormi sous le même arbre que jadis, le passé ressurgit mélancoliquement à la mémoire du prêtre. Alors comme autrefois, il s'en va le couvrir de son vêtement.... Vêtement qu'à sa grande surprise, un peu plus tard le jeune homme vient lui restituer lui-même en le remerciant. "Vous avez compris que c'était moi...." balbutie le religieux, si embarrassé qu'il ne peut regarder Emilio en face. - "Oui.... acquiesce ce dernier. Grâce à votre parfum resté sur le tissu...." Emilio lui non plus n'a pas oublié cet événement de jadis où il s'était réveillé dans les jardins de l'école, la veste d'un inconnu posée sur les épaules. Comme il ignorait auquel des prêtres de l'établissement elle appartenait, il se souvient parfaitement l'avoir déposée sur l'un des bancs de l'église, mais à présent, il vient de comprendre que c'était la veste de son bien-aimé. Un sourire triste aux lèvres, le jeune homme s'excuse de son comportement violent de tantôt. "Tout ce que je souhaitais, c'était vous lier un peu à moi, explique-t-il, et en désespoir de cause, j'ai finit par commettre un tel acte. Mais.... il est trop tard, n'est-ce pas...?" Après avoir déposé le vêtement prêté sur le même banc qu'autrefois, Emilio s'en va sans ajouter un mot. Que signifiaient ses dernières paroles ? Que si le prêtre le voulait, leur amour aurait encore une chance de se concrétiser ?

Finalement, après être parvenu à surmonter ses doutes et ses hésitations, le soir venu, le religieux s'en vient trouver le jeune homme pour lui annoncer qu'il a donné à l'école sa démission. Le visage morne, Emilio paraissait s'attendre à une telle décision, mais certainement pas aux paroles qui la suivent: "Puisque demain.... dans la matinée.... je vais quitter cet endroit.... j'aurais voulu une dernière fois...." Les joues en feu, le prêtre tente de faire comprendre à Emilio qu'il aurait voulu passer cette dernière nuit dans ses bras, néanmoins la pudeur l'empêchant de poursuivre, il se contente de dire qu'il souhaitait voir son visage une dernière fois. Mais étrangement, si Emilio a pourtant parfaitement compris cette invitation, il préfère en ignorer le sens implicite. "....Voilà, vous m'avez vu. Vous êtes satisafait ?" prononce-t-il un brin cynique, un sourire charmeur aux lèvres. Et comme le prêtre acquiesce, affirmant que tous deux ne se reverront probablement plus jamais, Emilio lui souhaite simplement "Portez-vous bien" avant de lui fermer la porte au nez. Conscient d'avoir été à son tour repoussé sans ménagement, le jeune prêtre ne peut que s'en prendre à son inexpérience, qui ne lui a pas permis de faire la distinction entre des sentiments sincères et un simple amusement. Persuadé que Emilio s'est joué de lui depuis le début, il se sent vraiment idiot d'avoir cru que le jeune homme l'aimait, et ne peut que rire de dérision contre lui-même lorsque des larmes amères viennent mouiller son visage....

Mais si Emilio a blessé l'élu de son coeur, il n'en sort pas indemne pour autant. "ça va aller.... Demain je finirais par tout oublier...." tente-il de se faire entendre.

 

 

 

 

 

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