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-------------------------------------------- * Shiyô yo
-------------------------------------------- * Level-C vol.1
---------------------------------- * Seiryô Saïkyô Monogatari
---------------------------------- * Love Seeker 1
---------------------------------- * Love Seeker 2
---------------------------------- * Kimi ga nokoshita Kimochi
---------------------------------- * Kimi to Karé to Watashi
---------------------------------- * Kimi o dakishiméru Ryôudé
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Intrigue: Bien que peu doué pour le sport, Ayasé, lycéen, est devenu manager du club d'athlétisme par admiration pour Matoba, un garçon du même âge que lui. Dès sa rentrée en seconde dans cet établissement, Ayasé l'avait tout de suite remarqué: avec son physique séduisant, sa grande taille et sa carrure athlétique, mais aussi les efforts et le sérieux qu'il applique à n'importe laquelle de ses activités, en sport comme dans ses études, Matoba est quelqu'un de vraiment bien qui ne manque pas d'attirer l'attention. Si Ayasé a eu le coup de foudre, il en est de même pour son camarade; et pourtant, même si tous deux se trouvent à présent en Terminale, leur relation n'a pas évolué d'un poil durant ces trois ans: Matoba sûr de lui continue plein d'entrain sa drague maladroite, tandis que Ayasé, refusant de reconnaître qu'il l'aime, l'envoit promener inlassablement. C'est que le jeune homme ne peut s'empêcher de se remémorer les paroles prononcées par le sportif lors de leur première rencontre: "Ouwah ! Terrible !! Ton visage est tout à fait mon genre !!" Qui pourrait en effet supporter d'être ainsi évalué uniquement selon son apparence physique ? Ces mots ont jeté un froid dans le coeur du manager irrité. Il a néanmoins continué de s'occuper de l'équipe d'athlétisme avec ferveur, appréciant beaucoup cette activité qui lui prend pourtant énormément de son temps. Ses professeurs ont beau conseiller au jeune homme d'abandonner le club pour se consacrer à la préparation de ses examens d'entrée à l'université, Ayasé ne peut s'y résoudre, ne voulant pas, bien qu'il ait repoussé ses avances, se séparer de Matoba.
Nous sommes à présent au mois de novembre, et Matoba, qui en sa qualité de sportif émérite est exempté des examens d'entrée à la fac, doit bientôt participer à la sélection des athlètes du Kantô. Malgré cela, toujours aussi insouciant, le lycéen paraît s'en ficher comme d'une guigne, ce qui ne manque pas d'inquiéter son manager. Matoba ne se soucie en vérité que d'une chose: savoir si un jour Ayasé acceptera de l'embrasser, et essuyant encore une fois un cuisant refus, sans se décourager il assure à son camarade qu'il attendra jusqu'à ce que ce soit ce dernier qui lui demande de le faire. Le manager en est exaspéré ! Matoba a beau lui clamer qu'il est très sérieux, que ce soit en ce qui concerne la sélection à laquelle il doit prendre part que vis à vis de ses sentiments envers le jeune homme, comment ce dernier pourrait-il le croire ? Plus que tout au monde Ayasé désirerait faire confiance à son ami, mais il craint également s'il lui cédait de subir une énorme déception. Matoba le voit-il au-delà de son apparence physique ? S'intéresse-t-il à son intelligence, à sa personnalité ? Le jeune sportif ignore certainement à quel point son beau manager se préoccupe, lui, de ce qu'il est à l'intérieur de son être.... Et pourtant, de son côté, Matoba dérouté lui aussi se demande bien ce qu'il lui faut faire pour obtenir un jour la confiance et le consentement d'Ayasé....
Un jour que le jeune sportif vient encore une fois lui emprunter l'un de ses livres de cours (ils ne se sont durant ces trois ans jamais retrouvés dans la même classe), Ayasé entend ses camarades s'étonner que Matoba, alors qu'il n'a pas besoin de se préoccuper des examens, s'applique à rester le meilleur de sa classe. Les lycéens attribuent ce succès aux soins attentifs d'Ayasé: ainsi cajolé par son manager qu'il adore, cela encourage l'athlète à continuer ses efforts. A ces paroles, Ayasé prend soudain conscience de son comportement empreint de favoritisme vis à vis de Matoba: il en fait bien plus que ne l'exige réellement sa responsabilité, tout en se trouvant pour excuse qu'il doit continuer ce zèle pour le bien de son ami. Mais il se rend compte à présent que malgré son intention de départ de réaliser un management identique pour chacun des membres de l'équipe, il est probable qu'il n'ait jamais "regardé" que Matoba.
Alors que le jeune homme se fait encore ces réflexions, debout sur le terrain de sport, son bras heurte soudain violemment la cage de gardien de but qui se trouve derrière lui. Déséquilibrée et sans doute mal fixée, la cage vacille, prête à s'effondrer sur lui. Fort heureusement, Matoba qui ne quitte jamais bien longtemps l'objet de son désir des yeux se précipite à la rescousse de toute la vitesse de ses jambes, attrape Ayasé dans ses bras pour l'éloigner de la cage de but avant que celle-ci ne s'abatte sur le sol avec fracas. Néanmoins, malgré son acte héroïque, Matoba a à peine le temps d'ouvrir la bouche pour demander à son ami s'il va bien que ce dernier explose en reproches: quel idiot ! C'est Matoba qui aurait pu être blessé à sa place, et ce juste à quelques jours de la sélection ! En effet, le sportif se met soudain à grimacer de douleur: en prenant son élan trop brusquement, il s'est légèrement tordu la cheville; néanmoins Matoba ne manque pas pour autant de se montrer consterné des paroles de son camarade: dans une situation pareille, ne doit-on pas s'émouvoir en prononçant avec reconnaissance "Merci de m'avoir secouru", puis dans l'impulsion du moment se jeter dans les bras de son sauveur et le couvrir de baisers ?
A peine a-t-il prononcé ces mots que Matoba recule en s'excusant, croyant que comme d'habitude, son manager qui ne goûte guère ce genre de plaisanterie va le frapper. Mais il n'en est rien. Posant une main sur son épaule, le visage blême, Ayasé lui demande sincèrement pardon. Matoba lui sourit en retour, promettant que tout se passera bien: ce n'est pas grave pour sa cheville, il est quand même certain de sortir victorieux de la sélection. La main qui vient se poser sur celle d'Ayasé est si chaude tandis que Matoba prononce ces paroles.... Peut-être avait-il cette impression parce que qu'à ce moment, son corps à lui était complètement glacé, tant il éprouvait de la peur vis à vis de cette blessure infligée par sa faute à son ami ?...
Le jour du championnat arrive enfin. Debout au milieu des autres managers, Ayasé observe avec ferveur et anxiété la course de Matoba. Néanmoins, en dépit de ses assurances, le jeune athlète ne parvient pas à remporter la victoire, au désespoir de son manager qui n'a aucun mal à deviner pourquoi: nul doute que c'est sa blessure à la cheville qui a empêché Matoba de donner le meilleur de lui-même, cette blessure qu'il a reçue pour l'avoir sauvé.... Un peu plus tard, alors qu'ils sont de retour au lycée, Ayasé se lance à la recherche de son ami qui ne s'est pas présenté aux cours, et n'a aucun mal à le retrouver dans la salle de sport réservée à l'équipe d'athlétisme, à présent désertée, où Matoba est parti se réfugier afin de cacher son chagrin. Découvrant son manager, ce dernier s'efforce pourtant de sourire, l'accueillant par des plaisanteries. Le jeune athlète affirme ainsi que ce n'est pas tant le fait d'avoir raté les sélections qui l'attriste, que de savoir qu'à cause de sa défaite, il a manqué sa dernière chance de recevoir un baiser d'Ayasé. (Peu de temps auparavant, Matoba avait en effet proposé à son manager que s'il arrivait premier au 10.000 mètres, ce dernier le gratifie de cette faveur.) C'est vraiment regrettable qu'il ait perdu aujourd'hui, surtout après tous les efforts qu'il s'est appliqué à produire durant ces trois ans.
Ayasé acquiesçant tristement, Matoba avoue qu'il a toujours pensé que son manager seul savait combien il se donnait du mal, car Ayasé s'était toujours préoccupé de lui avec grande attention. Et c'est justement parce que ce dernier mettait tant d'application dans sa fonction de manager, que Matoba à son tour s'est mis à travailler et à s'entraîner aussi sérieusement. Il s'était dit que pour son ami, il se devait d'agir ainsi.... Tandis qu'il écoute parler Matoba, Ayasé prend douloureusement conscience d'une chose: il savait depuis toujours que le jeune athlète était sérieux, que ses sentiments pour lui étaient sincères; Matoba est un être droit et honnête, dans tous les domaines de sa vie. Et c'est justement parce qu'il savait cela qu'effrayé, le jeune homme a passé son temps à se mentir à lui-même afin de se trouver une raison de fuir. Mais maintenant, c'est terminé, Ayasé ne fuira plus: il ne le veut plus, et d'ailleurs il en serait désormais incapable. C'est ainsi que résolu, il se penche doucement vers Matoba, proposant: "Et si on s'embrassait ?"
D'abord surpris d'entendre de telles paroles dans la bouche de son distant manager, Matoba refuse néanmoins, l'air encore plus abattu qu'auparavant: il ne veut pas de la pitié d'Ayasé, en outre ce n'est pas de sa faute s'il a perdu la course. Le coeur serré, Ayasé lui assure qu'il se trompe, son geste n'a rien à voir avec de la compassion ou une quelconque compensation ! Alors, le jeune athlète se décide enfin à s'emparer de ces lèvres tant convoitées.... Un baiser maladroit, car fort de son amour pour Ayasé, Matoba n'a jamais voulu toucher personne d'autre durant ces trois ans. Et bientôt, un second baiser va achever d'ôter aux deux garçons la raison qui leur reste, doux prélude à des caresses plus intimes encore....

- Shiyô yo 2 ("Faisons-le 2"), page 43: Un mois s'est écoulé depuis que Matoba et Ayasé sont enfin parvenus à concrétiser leur liaison. On est au mois de décembre, et les camarades du jeune sportif ne manquent pas de s'étonner du fait que ce dernier aille encore au lycée alors qu'il n'a pas besoin de passer les examens et qu'une place toute chaude l'attende déjà dans la section athlétisme de l'université. Mais Matoba préfère jouer la prudence et continuer à étudier: avec sa défaite lors de la course de tantôt, il a réalisé qu'il ne suffit pas seulement de le vouloir pour gagner; car même son entraînement intensif et tous ses efforts ne lui ont pas permis de déccrocher la première place, et rien ne nuit plus qu'une trop grande confiance en soi. De son côté Ayasé, qui souhaite entrer dans la même université que son ami, est quant à lui forcé de se plonger dans les études. Matoba, qui voudrait être un peu plus souvent avec lui, a beau protester que le manager a déjà des notes excellentes qui devraient lui permettre de réussir sans efforts ses examens - pas la peine qu'il se montre aussi zélé, Ayasé lui renvoie la même réponse que Matoba à ses camarades: mieux vaut être prudent ! Ainsi, malgré le regard malheureux de son ami qui tente de lui rappeler timidement qu'ils sortent ensemble, catégorique, Ayasé repousse la main de Matoba en rétorquant qu'en ce moment, ils n'ont pas de temps pour ça.
Le jeune sportif a beau reconnaître qu'il n'a pas tort, la froideur de son manager à son égard n'est pas sans lui causer de vifs tourments: peut-être Ayasé regrette-il de s'être donné à lui alors qu'il n'avait pas gagné le championnat ? Après tout, cela s'est passé un peu comme si le jeune homme s'était laissé aller malgré lui, peut-être même par compassion.... Où peut-être n'a-t-il pas apprécié que le lieux de leur première étreinte soit le vestiaire de leur sale d'athlétisme ? Ayasé est quequ'un de tellement sérieux et pointilleux que même une telle hypothèse est possible.... Et pourtant, Matoba est si sincère dans ses sentiments, il voudrait réellement se rapprocher encore davantage de son ami....
Le même jour, à l'heure de l'entraînement, Matoba apprend hélas de la bouche d'un de ses camarades que leur manager ne viendra pas: il n'a pas pour autant abandonné sa fonction, mais en ce moment s'immerge à fond dans ses études. Et en effet, dans les couloirs du lycée, Matoba aperçoit souvent Ayasé en grande discussion avec l'un ou l'autre de ses professeurs. C'est cette ardeur que le jeune homme met dans tout ce qu'il fait qui a toujours plu à Matoba depuis leur première rencontre, ainsi, bien que désolé de ne plus pouvoir l'avoir autant qu'avant à ses côtés, il ne peut s'empêcher de sourire en contemplant de loin le visage plein de volonté et de motivation de son manager. Néanmoins, lorsqu'un peu plus tard c'est son professeur principal qui vient annoncer au jeune sportif qu'une demande officielle est arrivée de la part de l'université concernant son incorporation dans le campus des athlètes dès cet hiver, alors que normalement l'annonce de cette bonne nouvelle incombe à son manager, Matoba reçoit un choc de taille: Quoi ?! Ayasé a demandé au professeur de venir le trouver parce que lui-même est trop occupé par ses révisions ? Plus aucun doute possible: il est clair que son ami fait tout pour l'éviter !
S'efforçant de garder son calme, Matoba décide d'avoir une conversation avec Ayasé et se rend donc à la bibliothèque où le jeune homme passe son temps libre à étudier. Mollement appuyé sur son bras, le regard fixant un point imaginaire tandis que son autre main joue nerveusement avec son critérium, Ayasé paraît pourtant davantage immergé dans ses pensées intimes que concentré sur son ouvrage scolaire. Ainsi, lorsque Matoba surgit soudain devant lui de toute sa haute taille, le manager est si surpris que le voilà soudain pris d'une panique inexplicable. Pourquoi donc est-il aussi troublé ? Mais Ayasé refusant de répondre à cette remarque, Matoba en vient directement au but de sa visite: il veut savoir pourquoi son ami fait exprès de l'éviter, et ne veut surtout pas s'entendre servir un prétexte bidon du genre "Je dois réviser pour mes examens" , car cela ne suffit pas à expliquer un tel comportement. Et pourtant, Ayasé s'obstine: il faut qu'il révise, et d'ailleurs Matoba lui-même ne doit-il pas bientôt incorporer le complexe sportif de l'université ? Il leur reste à tous deux très peu de temps, alors ce n'est pas le moment de songer à batifoler !
A ces paroles, Matoba en déduit que comme il s'en doutait, Ayasé n'a pas apprécié leur étreinte de tantôt. Il est normal que s'agissant de la première fois pour tous les deux, cette étreinte ait été plutôt maladroite, voir douloureuse pour son partenaire; pourtant, Matoba reste convaincu qu'Ayasé n'avait pas ressenti que de la souffrance entre ses bras, mais aussi du plaisir. "Voilà pourquoi je ne veux pas que l'on recommence !" avoue le manager en rougissant, agrippant les doigts de son ami. Alors que ce n'est pas le moment, que pour Matoba comme pour lui il s'agit d'une période cruciale, à chaque fois qu'il le rencontre, Ayasé ne peut s'empêcher de se remémorer ces instants où ils ont fait l'amour ! "Moi je m'en rappelle même quand on ne se rencontre pas" réplique le jeune sportif le plus sérieusement du monde, provoquant un nouvel afflu de sang au visage de son manager. Cependant Matoba est réellement soulagé d'avoir enfin compris la véritable nature des tourments d'Ayasé et la raison pour laquelle il l'évite; voilà pourquoi, un doux sourire aux lèvres, il assure à ce dernier que si tous deux trouvent ainsi le temps de rêver à leurs ébats passés, il aime encore mieux faire l'amour pour de vrai, dans la réalité. Le jeune homme était certain que son ami allait dire cela ! Néanmoins, lorsque Matoba prononce doucement "Faisons-le, Ayasé...." , il ne met pas longtemps à se laisser convaincre.
C'est ainsi que le soir du même jour, le manager consent à suivre Matoba jusqu'à sa maison. Et cette fois, s'enfermant avec son ami dans sa chambre, le jeune sportif a l'intention de faire les choses dans les règles: s'étant renseigné sur la meilleure façon de faire l'amour entre hommes, il a déjà pris soin de préparer tout ce qu'il faut pour que son bien-aimé n'ait pas à souffrir de ses ardeurs comme la dernière fois. C'est néanmoins avec un trac fou, ultra-tendus et le coeur battant à tout rompre que les deux jeunes gens entâment les premières caresses. Et lorsque la mère de Matoba leur annonce depuis le rez-de-chaussée qu'elle quitte la maison pour rejoindre son époux à Ôsaka, certains à présent que plus personne ne pourra les entendre ni venir les déranger, Matoba et Ayasé se lancent dans une série d'étreintes passionnées, sans comparaison avec leur toute première expérience, qui risque bien de les garder éveillés jusqu'aux premières lueurs de l'aube....

- Inside , page 83: Entre autres petits boulots, le jeune Takashi, un paumé sans famille ni attaches, travaille pour survivre comme laveur de carreaux. Un jour, son ami Ena, un petit voyou qui trempe dans diverses affaires louches, lui propose une bien étrange mission: il s'agit de mener une enquête concernant un adultère. Afin de pouvoir divorcer de son époux en obtenant le plus de dommages et intérêts possibles, une femme souhaite se procurer des clichés compromettants montrant le couple illégitime au moment de leurs ébats. Ces rendez-vous secrets ont justement lieu dans l'immeuble dont Takashi nettoie les vitres, il ne sera donc pas difficile pour lui d'exécuter cette mission tout en effectuant l'air de rien son travail. C'est ainsi que muni d'un appareil photo, le jeune homme se poste avec son élévateur au niveau de la fenêtre de la chambre où le quadragénaire frivole se trouve au lit avec sa compagne. Mais voilà, tandis que celle-ci se redresse, Takashi ne tarde pas à découvrir qu'il s'agit en fait d'un garçon. Voilà qui va sensiblement faire monter les dommages et intérêts pour l'épouse trompée ! Ainsi Takashi se met en devoir de prendre ses photos le plus soigneusement possible, certain d'avoir bien mérité sa future récompense. Jusqu'à ce que l'autre jeune homme, de l'autre côté de la vitre, dirige soudain son regard vers lui, le gratifiant d'un sourire malicieux. "Zut ! Je suis repéré !" panique Takashi. Vite, il lui faut fuir avant que le garçon dans la chambre ne donne l'alerte. Et pourtant, le laveur de carreaux s'avère incapable de faire un mouvement, ne pouvant que fixer comme hypnotisé ce troublant inconnu en train de faire l'amour qui lui non plus ne le quitte pas des yeux, et étrangement ne prend même pas la peine de signaler à son partenaire la présence de l'intrus. Et soudain, c'est l'horreur: entourant de ses mains le cou de son amant, le jeune homme lui brise la nuque d'un cou sec ! Puis il se tourne à nouveau vers Takashi en arborant son étrange sourire, Takashi qui pris de panique s'empresse de faire descendre son élévateur à une vitesse phénoménale. Ce n'est plus un adultère mais un meurtre auquel il vient d'assister !
Quelques jours plus tard, le laveur de carreaux rencontre son ami Ena dans le bar où tous deux ont l'habitude de se donner rendez-vous. En transmettant à son camarade l'argent pour les photos - récompense sensiblement majorée en compensation du dangereux imprévu qui vient de survenir - Ena avertit Takashi que la police n'est pas parvenue à attraper l'assassin de tantôt. Le quadragénaire que le jeune homme a tué n'était autre que le chef d'une bande de yakuzas, ainsi Ena conseille à son ami d'oublier l'affaire, car tenter d'en savoir plus n'amènerait rien de bon. Mieux vaut également que tous deux cessent de se voir durant quelque temps, histoire de laisser se calmer les choses et ne pas attirer l'attention sur eux. Avant de le quitter, Ena enjoint cependant Takashi de le contacter si jamais il avait des ennuis, ce que le jeune homme accepte avec joie. Voilà deux ans que les deux jeunes gens ont fait connaissance, et bien que devinant qu'Ena est sans doute l'un des sous-fifres de quelque organisation mafieuse, Takashi le considère comme un compagnon précieux et indispensable: non seulement le voyou lui trouve toujours des petits boulots très rémunérateurs, mais en plus, si Ena ne l'avait pas aidé jadis, Takashi ne sait même pas ce qu'il serait devenu aujourd'hui. Le jeune homme veut à tout prix oublier son douloureux passé, mais pour cela, se doit avant tout de prendre soin de son présent. Voilà pourquoi il lui faut absolument oublier ce meutre qu'il n'aurait jamais du voir.
Malgré sa résolution, la nuit venue, Takashi ne peut s'empêcher de revoir en esprit la scène à laquelle il avait assisté: l'étrange jeune assassin avait tué sa victime si facilement, sans une once d'hésitation et sans même prendre la peine de fermer les rideaux de la chambre. D'ailleurs, comment imaginer que par la fenêtre d'un étage si élevé quelqu'un aurait pu le surprendre ? Au contraire, le jeune homme avait l'air content d'avoir un spectateur, il souriait.... Peut-être même était-ce son souhait que de montrer ses actes à quelqu'un ? Couché dans son lit, rien que de se remémorer la scène de cet assassin occupé à faire langoureusement l'amour avec sa victime - son énigmatique sourire, son regard intense.... - suffit à enflammer le corps de Takashi. S'exciter pour un tel souvenir.... "C'est pire que tout !" s'exclame-t-il. Mais le garçon veut néanmoins croire que tout cela n'est qu'un peu de poison versé dans son quotidien bien réglé: bientôt le venin se diluera et tout redeviendra comme avant, comme si rien ne s'était jamais passé.
Hélas, le lendemain en distribuant des tickets dans la rue, Takashi a l'horreur de se retrouver face à face avec le jeune homme de tantôt. "Quel incroyable hasard de se rencontrer ici !! s'exclame le bel inconnu en souriant. C'est moi ! Tu m'as déjà oublié ?" Et persuadé à juste titre que ce n'est certainement pas le cas, s'avançant jusque sous le nez de Takashi, il demande sans préambule à ce dernier ce qui l'a le plus excité: le voir faire l'amour ou tordre le cou de son partenaire ? Et sur ces mots, le bel assassin éclate de rire, tandis que Takashi ne trouve rien de mieux à faire que de prendre ses jambes à son cou. Pourquoi ce jeune homme se trouve-t-il ici ? Est-ce pour l'empêcher de parler en l'éliminant à son tour ? Il lui faut fuir absolument, sinon, Takashi a le pressentiment que ce terrible inconnu qui ne cesse de hanter ses nuits va finir par le dévorer ! Mais quoi qu'il fasse et où qu'il aille, toujours grâce à un incroyable hasard , Takashi finit toujours par tomber nez à nez avec le jeune assassin. Lors de leur deuxième rencontre, ce dernier décide en riant de lui donner son nom - ou tout au moins celui qu'il s'est temporairement choisi: puisque nous sommes au printemps, Takashi n'aura qu'à appeler le jeune homme "Haru" (qui signifie bien sûr "printemps" en japonais). Et bien que faisant tout son possible pour conserver son calme, le laveur de carreaux ne peut s'empêcher de se demander quelles sont les véritables intentions de son poursuivant: si ce dernier voulait vraiment le tuer, il aurait déjà pu le faire la veille lors de leur première rencontre, d'autant plus que c'est si simple et si aisé pour lui.... Mais Haru, indifférent aux interrogations et aux doutes qui assaillent son compagnon, l'enlace tout à coup pour s'emparer de ses lèvres, ce qui ramène brusquement Takashi à la réalité. Encore une fois, surpris et désorienté, il ne peut que s'enfuir de toute la vitesse de ses jambes. Haru lui fait terriblement peur, car Takashi sent bien qu'avec son charme quasi-démoniaque, le jeune homme fait partie de ces êtres sur lesquels il ne faut jamais poser les yeux....

Ne sachant plus que faire, Takashi se décide finalement à téléphoner à Ena pour lui conter tout ce qui est en train de lui advenir et lui demander son aide; néanmoins, sitôt qu'il entent la voix de son ami qui paraît s'inquiéter à son sujet, le jeune homme se ravise soudain: après tout, si Haru - probablement un exécuteur du Milieu - avait vraiment l'intention de les tuer à cause de l'affaire de l'autre jour, il est probable que ni lui ni Ena ne seraient déjà plus de ce monde. Alors, assurant à son camarade que tout va bien, Takashi se contente d'acquiescer à la proposition du voyou qui souhaiterait dans quelque temps le présenter à certaines personnes de sa connaissance. Takashi parviendra à fuir sans l'aide de personne cette situation douloureuse, il en est persuadé ! Ce qui ne l'empêche pas de tomber à nouveau sur Haru dans une ruelle obscure le soir suivant, un corps allongé à ses pieds, à la main un couteau dégoulinant de sang.
A cette apparition Takashi ne se montre pas surpris outre mesure: il commence malgré lui à s'habituer à ces rencontres "fortuites" avec l'assassin. Mais lorsqu'il demande au jeune homme la raison pour laquelle ce dernier fait ainsi exprès d'apparaître devant lui en exhibant ses meurtres, en guise de réponse Haru le plaque violemment contre le mur en le gratifiant d'un long et profond baiser. Puis, se lèchant nonchalamment les lèvres, le jeune homme avertit Takashi de ne pas baisser sa garde, car il est sans pitié: il va le dévorer en le mettant en pièces ! C'en est trop pour Takashi ! Poussé à bout par ces paroles brûlantes et ce regard provoquant, il perd soudain le contrôle de lui-même, et plaquant à son tour Haru contre le mur, sans écouter ses plaintes douloureuses, il s'empare de son corps avec une violence et une rage à peine contenues. Même la présence du corps sans vie gisant tout près ne suffit pas à émousser son désir, bien au contraire ! Pour Takashi, la situation loin de s'arranger devient de pire en pire, et d'après l'expression satisfaite qu'arbore le visage du jeune assassin après leur fougueuse étreinte, il réalise aussitôt qu'en perdant son sang-froid il n'a fait qu'entrer dans son jeu. Bien que refusant tout bouleversement dans le quotidien routinier où il a trouvé refuge, Takashi commence à comprendre qu'il ne parvient plus à ôter Haru de ses pensées....
La quatrième rencontre de Takashi avec le troublant tueur a lieu quelque temps plus tard. Ena lui avait donné rendez-vous dans leur bar habituel afin de, comme il le lui avait promis plus tôt, présenter à Takashi certaines personnes, sans doute en vue de lui fournir un nouveau petit boulot. Hélas, lorsque le garçon pénètre dans l'établissement, non seulement son ami n'y est plus, mais tous les autres occupants du bar sont morts, baignant chacun dans une mare de sang. Au milieu de tous ces cadavres se tient nonchalamment Haru, et nul besoin d'être devin pour comprendre qui est le responsable de cette hécatombe ! L'assassin apprend à Takashi en état de choc que Ena a été enlevé, et en échange d'un baiser, consent même à lui indiquer la direction qu'a prise la voiture noire des ravisseurs. Mais peut-on réellement faire confiance à quelqu'un qui tue comme il respire ? D'autant plus que les informations données par Haru sont plutôt vagues.... Où Ena a-t-il bien pu être emmené, et surtout pourquoi n'a-t-il pas été exécuté en même temps que les autres ?
S'efforçant de garder la tête froide, Takashi décide de partir à la recherche de son ami afin de tenter de le sauver si ce n'est pas déjà trop tard. Il lui faut pour ce faire découvrir d'abord quelles étaient exactement les activités de Ena: grâce aux renseignements obtenus par l'intermédiaire d'autres petits voyous et surtout à l'aide de Haru qui décidément n'a pas l'intention de disparaître de sa vie, Takashi ne tarde pas à apprendre que son ami était comme il s'en doutait l'un des hommes de main d'un clan de yakuzas, pour lequel il revendait entre autres de la drogue. Se faisant passer pour un client, Takashi parvient donc assez rapidement à entrer en contact avec les dealers responsables de la disparition de Ena, et après une brève altercation, les suit discrètement jusqu'à leur repaire, sans savoir que Haru l'observe de loin. Malgré le danger, confiant en sa force, Takashi pénètre dans le bâtiment entièrement contrôlé par les bandits. Mais là, entouré par des yakuzas armés jusqu'aux dents, ce côté sombre de lui-même qu'il s'efforce si désespérément de refouler au plus profond de son âme et menace de refaire surface à chaque vision de cadavres et de sang, ne tarde pas à se réveiller. Devenu berserk, Takashi n'a aucun mal à éliminer un à un tous ses nombreux assaillants....

Note: Pour comprendre la fin, il est nécessaire de connaître l'histoire de Takashi que ce dernier conte à Haru dans les dernières pages du récit, mais difficile à interpréter avec uniquement les images pour les non-japonisants. Aussi, voici quelques explications. Aux tréfonds de son âme, Takashi cache un puit noir et sans fond dans lequel est tapi le véritable lui-même, un être violent et sans pitié. Conscient de cette "tare", jadis il a choisi d'exercer la même profession que Haru, tueur à gages et exécuteur du Milieu. L'un de ses collègues de travail avait un petit frère qu'il s'efforçait d'élever de son mieux, un jeune garçon sage et direct, très différent des voyous que Takashi avait l'habitude de fréquenter. Ce n'est donc pas étonnant qu'attiré par l'adolescent, le jeune homme s'était surpris à le suivre des yeux. Pourtant, il savait qu'il ne fallait surtout pas qu'il comprenne la nature de ses propres sentiments, conscient qu'à cause de sa nature de tueur, cet amour finirait par les détruire lui et celui qui en était l'objet. Il fallait faire semblant d'ignorer son amour, ne rien dire.... Mais ne sachant rien de la résolution de Takashi, c'est l'adolescent lui-même qui s'était finalement déclaré à lui. Et ce que le jeune homme craignait le plus arriva: comme il aimait le garçon en retour, Takashi fut pris du désir de voir son sang, tuant dans sa folie l'objet de son amour.
Brisé, afin qu'une telle chose ne se reproduise plus, Takashi avait alors abandonné le métier de tueur et décidé de ne plus jamais s'éprendre de quelqu'un, se contentant d'amitiés superficielles avec des petits voyous tout en sachant que ces derniers le laisseraient tomber au premier pépin. Deux années après le drame, il pensait avoir enfin réussi à retrouver une vie normale, jusqu'à ce que sa rencontre avec Haru ne vienne briser toutes ses illusions: le jeune tueur est le seul à être sorti indemne après avoir plongé son regard dans le trou noir et béant qui s'ouvre en Takashi. En fait, dès leur première rencontre, à la manière dont le laveur de carreaux l'avait contemplé commettre son forfait, Haru avait compris qu'il avait affaire à un être de la même nature que lui: c'est en tuant que l'amour physique leur procure le plus de jouissance. Dès lors, il n'a plus eu de cesse que de faire ressortir le véritable Takashi: tout d'abord en rompant l'illusion de cette amitié indéfectible que ce dernier croit porter à Ena et être réciproque, qui n'est en fait qu'une liaison d'intérêt; mais surtout, en exhibant ses meurtres, Haru veut obliger Takashi à se regarder et s'accepter tel qu'il est. Ainsi, une fois que le jeune homme aura accepté la vérité aussi terrible qu'elle soit, plus rien ne s'opposera à leur amour. Haru seul est capable de comprendre ces turpitudes qui assaillent l'âme et la conscience de son camarade. Et que takashi se rassure: si jamais, quand ils font l'amour, il lui prenait l'envie de le tuer, avant de rendre son dernier souffle Haru ne manquera pas de lui briser le cou....
Une histoire bien sombre, très différente des idylles adolescentes que nous livrent d'ordinaire Aoï Futaba et Kurénaï Mitsuba. Malgré un scénario plutôt glauque, cette romance entre deux tueurs à gages (qui heureusement finit bien) compose de loin le meilleur chapitre du recueil.

- Shiyô yo 2.1 ("Faisons-le 2.1"), page 163: Matoba est vraiment heureux d'avoir pu faire l'amour avec Ayasé pour la seconde fois; mais à dire vrai, cela ne lui suffit pas: il voudrait le faire encore davantage. Son ami n'avait-il pas dit qu'il était d'accord pour se donner à lui ? Imaginant Ayasé dans son uniforme scolaire d'été sensiblement plus sexy, Matoba se laisse aller à de bien agréables et érotiques rêveries: avec son manager, il souhaite essayer un tas de choses, comme par exemple des baisers terriblement lascifs.... Il voudrait que son partenaire lui donne du plaisir avec la bouche, Ayasé se montrerait sûrement très habile.... Où peut-être serait-ce encore mieux de s'adonner à ce genre de caresse tous les deux en même temps ? Matoba voudrait qu'au cours de leurs ébats, Ayasé prononce des paroles salaces, et pourquoi ne pas essayer de faire l'amour dans une salle de classe, bien que le jeune homme soit pratiquement sûr que son ami détesterait cela ? Et puis surtout, il désire rechercher tous les "points faibles" de Ayasé, en prenant bien son temps, afin par ses caresses de l'aider à s'épanouir.... Avec Ayasé, Matoba veut en un mot se noyer dans le plaisir, et ce serait si bien si le manager pensait la même chose.... Mais retombant soudain dans la réalité, c'est un autre Ayasé qui s'offre à sa vision, tiré à quatre épingles dans son sévère uniforme d'hiver. Et s'il y a quelque chose que le manager veut faire avec le jeune athlète, c'est aller avec lui à l'université ! Par conséquent, il lui faut étudier assidûment, raison pour laquelle Matoba et lui ne feront plus l'amour jusqu'à ce qu'il soit reçu à son examen ! Ayasé n'accorde à son camarade pas même un baiser, car avec Matoba, il sait parfaitement que les choses ne s'arrêteront pas là. Alors, déçu mais prenant son mal en patience, le jeune athlète décide de retourner à ses méditations: et si cette fois il imaginait une partie de jambes en l'air dans le jardin public ? Combien de jours faudra-t-il encore pour que ses rêves deviennent réalité ?....

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Intrigue: Enfant naturel, lorsqu'il perdit sa mère à l'âge de douze ans, Mizuki Shinohara s'était cru définitivement seul au monde. C'était sans compter l'apparition soudaine de Minoru, un ravissant jeune homme qui se présente comme son demi-frère: Mizuki et lui ont le même père, et bien que lui aussi ignorait jusqu'aux funérailles de la défunte l'existence de ce parent caché, Minoru est bien décidé à recueillir son petit frère. Ancien mannequin, après avoir réuni assez d'argent, Minoru a finit par monter sa propre agence en dépit de l'opposition de son père. Bien que ce dernier se soit toujours opposé à ses projets, le jeune homme n'a cependant pas le sentiment d'avoir jamais été brimé ou malheureux, et il ne peut s'empêcher d'éprouver un vague sentiment de culpabilité d'avoir ainsi vécu dans l'insouciance tandis que Mizuki devait mener une existence plutôt difficile. En le gardant à ses côtés, Minoru a ainsi bien l'intention de compenser par ses soins tout ce que son cadet n'a jamais eu.
Le temps passe, et Mizuki devient un splendide jeune homme de 17 ans. Avec un tel physique, ce n'est donc pas étonnant que Minoru finisse par l'embaucher dans son agence de mannequins. Comme en tant que chef d'entreprise l'ancien top model mène une existence plutôt mouvementée, ponctuée de déplacements et de rendez-vous tardifs, Minoru a jugé préférable que Mizuki et lui vivent séparément, son rythme de vie étourdissant ne convenant pas du tout à un garçon si jeune et allant encore au lycée. Il loue donc pour son frère un luxueux et spacieux appartement, afin que Mizuki n'ait pas à souffrir de ses horaires fantaisistes. Mais Minoru a beau le gâter de toutes les manières que ce soit, Mizuki montre une sagesse et une maturité surprenantes pour son âge, au point d'étonner les collaborateurs de son frère aîné: ainsi choyé, n'importe quel autre adolescent aurait pu devenir insupportablement capricieux, cependant Mizuki demeure un garçon raisonnable qui, sans vouloir compter toujours sur son grand frère, s'évertue à se débrouiller par ses propres moyens chaque fois qu'il en a la possibilité. Bien sûr, il se sent un peu seul dans son gigantesque appartement. Bien sûr, il préfèrerait vivre aux côtés de Minoru, quitte à devoir supporter un train de vie cahotique. Mais comparé à la détresse qu'il avait éprouvé cinq ans plus tôt en se croyant seul au monde après avoir perdu sa mère, Mizuki a la conviction d'être aujourd'hui un garçon heureux et incroyablement chanceux.

Un soir que Mizuki rentre de son travail, son chemin croise par hasard celui de Kazuomi Honjô. Ce jeune salary-man aux allures de playboy a la manie de squatter chez ses successives petites amies, et à présent qu'il vient de rompre avec la dernière, il se retrouve à la rue. Attiré dès le premier coup d'oeil par le joli minois de Mizuki, il l'aborde tout d'abord en croyant avoir affaire à un lycéen; mais lorsque l'adolescent lui apprend que non seulement il travaille mais vit seul dans son propre appartement, Kazuomi, avec son effronterie coutumière, lui demande aussitôt de le loger pour la nuit: en guise de loyer, il promet à Mizuki de lui faire goûter "un plaisir si intense qu'on ne le croirait pas de ce monde" . Intrigué, à moitié par curiosité, à moitié pour rompre un peu la monotonie de son existence, le jeune mannequin finit par consentir à loger cet étrange inconnu chez lui. Mais une fois arrivé le moment de "payer" sa dette, Kazuomi s'aperçoit bien vite que Mizuki n'a jamais eu d'expérience sexuelle avec un homme auparavant, bien qu'il assure vigoureusement ne pas être puceau. Comme c'est chose courante chez les mannequins d'avoir des aventures avec des personnes du même sexe et que le garçon avait accepté assez facilement sa proposition, Kazuomi était pourtant persuadé que Mizuki devait être depuis longtemps versé en la matière - pour finalement s'apercevoir que ce dernier n'avait même pas compris ce qu'il se proposait de lui faire goûter ! Encouragé par le salary-man décidément sûr de lui, Mizuki accepte néanmoins de se laisser toucher, et force lui est de reconnaître que Kazuomi n'est pas un affabulateur, jamais auparavant il n'avait ressenti un tel plaisir physique.
Cependant, lorsque après maints tendres et patients préliminaires son partenaire s'apprète à l'étreindre, prenant brusquement conscience de ses actes, Mizuki repousse Kazuomi en criant. Bien que surpris de ce brusque revirement, son jeune amant paraît si terrorisé que le salary-man n'insiste pas et s'excuse de lui avoir fait peur. En larmes, Mizuki se montre encore plus désolé de son geste violent de rejet commis sous une impulsion, et supplie à son tour Kazuomi de lui pardonner: l'adolescent n'ose l'avouer à voix haute, mais s'il est vrai qu'il a eu très peur, ce n'est pas tant de l'acte lui-même que de partager soudain un lien physique très profond avec un autre être humain. Certes, on doit en éprouver une bienheureuse chaleur; mais cette chaleur, Mizuki y aspire tant qu'il ne sait s'il serait capable de la supporter....
Finalement, ne pouvant "payer son loyer" au jeune mannequin comme il l'avait promis, Kazuomi s'apprète à s'en aller quand Mizuki le retient soudain: assurant qu'il va lui faire crédit autant qu'il le voudra, se raccrochant de toutes ses forces au salary-man, l'adolescent le supplie de rester auprès de lui. Car Kazuomi a beau n'être qu'un inconnu dont il ne sait absolument rien, Mizuki ne veut renoncer à cette chaleur qu'il lui a fait entrevoir, à lui qui était jusqu'alors si seul. Ce qui vient de se passer a fait prendre douloureusement conscience à Mizuki de sa faiblesse et de la nécessité de renforcer son coeur s'il veut un jour pouvoir accepter la chaleur qu'un autre être humain peut lui offrir. Néanmoins, il est également persuadé que si un homme tel que Kazuomi demeure à ses côtés, un jour son coeur finira par guérir. L'adolescent ignore encore que celui qu'il a recueilli et prend pour un simple salary-man tente lui aussi de se défaire désespérément des blessures du passé. Fils de l'héritière de la riche et puissante famille Ioroï dont le mari s'est sauvé avec une autre femme, renié par sa mère pour avoir durant six mois accompagné son père dans ce périple même contre son gré, Kazuomi n'a vécu jusqu'à ce jour que grâce à l'affection de sa soeur jumelle Haruno. S'il multiplie les conquêtes aussi bien féminines que masculines, ce n'est autre que dans le but de rechercher l'amour qui changerait sa vie. Aussi seul que Mizuki, il aspire à la même chaleur, à rencontrer cet être qu'il ne vivrait que pour rendre heureux, et quelque chose dans son coeur lui sussurre qu'il pourrait bien s'agir de cet adolescent docile et spontané. C'est ainsi que commence la longue histoire de Mizuki Shinohara et Kazuomi Honjô....

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Intrigue: (En travaux)
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- N°1 yori Only One ("Plutôt que le Premier, le Seul"), page 5. Sotomura, 25 ans, est un jeune employé de bureau travaillant pour la société O.N.E., une entreprise de design. Petit et effacé, affublé d'énorme lunettes et pour ne rien arranger d'une timidité maladive, jamais il n'aurait pensé qu'un jour il envisagerait de faire sa déclaration à une femme. Mais ne pouvant supporter davantage de conserver pour lui l'amour secret qu'il voue à la belle Shinoyama, l'une de ses collègues de bureau, il décide un matin de lui déclarer sa flamme. Trop honteux pour oser contempler en face l'objet de ses désirs, Sotomura retire ses lunettes avant de se planter résolument devant elle en prononçant cette tirade d'un trait: "Shinoyama, j'ai à vous parler.... En vue d'un futur mariage, accepteriez-vous de sortir avec moi ?! Je vous en prie !!" Et sur ces mots, le jeune homme écarlate et tremblant de peur à l'idée de se faire jeter tend la main vers la personne qui se tient devant lui. Celle-ci s'en saisit et répond affirmativement à sa requête, au point que relevant brusquement la tête, Sotomura est sur le point d'en pleurer de joie ! Seulement, il découvre à cet instant que ce n'est pas Mlle Shinoyama qui lui a répondu, mais Keiichirô Tani, son chef de service ! En ôtant ses lunettes, le maladroit s'est carrément trompé de personne en faisant sa déclaration ! Néanmoins Tani a apparemment pris sa demande au sérieux et dès la pause déjeuner, invite le jeune employé à sortir manger en ville avec lui.
Il va sans dire que Sotomura se montre ultra-tendu une fois qu'il se retrouve seul avec Tani. Du même âge que lui, ce dernier est si compétent qu'il s'est déjà élevé au rang de chef-designer alors que lui n'est qu'un simple employé. De grande taille, Tani est aussi très beau et charismatique, ce qui lui a vallu de devenir la coqueluche des membres de la société O.N.E., et pas seulement de la gent féminine. De l'avis de Sotomura, c'est le genre d'individu auquel un minable comme lui ne devrait jamais oser adresser la parole, il est même surpris que l'autre jeune homme ait retenu son nom. Et pourtant, après que tous deux aient discuté un moment, Sotomura se rend compte que son chef est quelqu'un de beaucoup plus cool et d'un abord plus facile qu'il ne l'imaginait: aux yeux de Tani, le timide employé est de loin le meilleur élément de leur société, seulement, comme il passe ses journées à aider les autres qui abusent de sa gentillesse, il ne parvient pas à se concentrer sur son propre travail. Et quand Tani lui avoue que bien qu'il trouvait déjà amusant de l'observer, c'est encore plus intéressant de discuter avec lui, il ne sait pourquoi, Sotomura les joues en feu sent son coeur battre violemment la chamade.
Une fois dissipé le malentendu concernant Mlle Shinoyama et la demande en mariage, Tani et Sotomura continuent néanmoins de se voir régulièrement, ce qui n'est pas sans étonner le jeune employé: Tani plaît tellement aux filles, pourquoi passe-t-il tout son temps libre avec un garçon comme lui ? D'autant plus qu'avec son physique et sa personnalité, Tani doit certainement avoir déjà une petite amie. Ne dit-on pas qu'il est sorti avec pratiquement toutes les filles de leur société ? Celles qui ont eu cette chance ne se privent pas pour s'en vanter fièrement ! Mais alors que Sotomura lui en fait la remarque, protestant scandalisé que tout ceci n'est que fausses rumeurs, le chef-designer lui pose une question en retour: pourquoi Sotomura désire-t-il tellement sortir avec Shinoyama ? Ce à quoi l'employé répond franchement que leur collègue est la première femme à l'avoir traité avec gentillesse, voilà pourquoi elle représente tellement pour lui. Satisfait de cette réponse, Tani explique qu'il en est de même pour lui: ce n'est pas parce qu'il est très populaire et que tout le monde soupire après lui qu'il va sortir avec n'importe qui, ajoutant qu'il serait incapable de fréquenter une personne dont il ne serait pas amoureux. Quand Sotomura lui demande timidement si en ce moment son chef aurait quelqu'un dans son coeur, après quelques instants d'hésitation, celui-ci acquiesce: il s'agit d'une personne qu'il aime depuis très longtemps, mais hélas, cette personne est elle-même déjà amoureuse de quelqu'un. "Peu m'importe d'être aimé par un tas de gens, prononce tristement le jeune homme, je souhaite simplement obtenir l'amour de cette seule personne." Et tandis que Tani ce-disant le toise d'un regard étrangement mélancolique, le coeur du jeune employé se met une nouvelle fois à cogner violemment dans sa poitrine. "Mais pourquoi suis-je donc aussi tendu ?" s'interroge-t-il en rougissant.
Détournant cependant la conversation, Tani profite qu'ils abordent le sujet des sentiments pour demander à son compère où il en est avec Mlle Shinoyama. Question à laquelle Sotomura est bien forcé d'avouer qu'il piétine, son amour est sans aucun doute à sens unique. Il a néanmoins remarqué que ces derniers temps, Shinoyama lui adresse plus souvent la parole. "Ah, si seulement j'étais aussi beau que vous, Tani ! J'aurais alors le courage de lui faire à nouveau ma déclaration...." soupire Sotomura, à nouveau écarlate du fait d'aborder un tel sujet malgré sa timidité. Bien que ravi d'entendre le jeune homme louer son physique et sa personnalité, Tani ne dissimule cependant pas sa surprise: car à ses yeux, il ne fait aucun doute que Sotomura est très mignon, il manque simplement de confiance en lui. Face à l'incrédulité de son compère, Tani décide de lui prouver A+B qu'il a raison, et pour ce faire, séchant volontairement des heures de bureau, l'emmène en ville dans un magasin de vêtements. Et à peine Sotomura a-t-il passé le premier ensemble que son ami a choisi pour lui que la réaction ne se fait pas attendre, tandis que s'élèvent dans la boutique les cris enthousiastes de la vendeuse qui s'empresse d'aller lui chercher d'autres vêtements. Même Tani a peine à dissimuler sa stupeur et son trouble, et il doit bien avouer qu'une fois relooké, l'attrait de son jeune employé dépasse largement ses espérances. Quant à Sotomura, on a beau lui répéter combien il est mignon, il ne parvient toujours pas à découvrir quel est le lien entre la confiance en soi et de nouveaux vêtements. Il faudra toute la patience de Tani pour lui faire comprendre que dans les relations humaines, le jugement des autres se fait d'abord selon l'apparence physique, ce que Sotomura peut constater par lui-même: rien que d'avoir ôté ses grosses lunettes et troqué son costume-cravate pour une tenue plus décontractée, la façon dont le regardent les gens a changé, et le voilà désormais l'objet d'une attention admirative de la part de tous les clients du magasin, preuve incontestable de son charme. "Tu es vraiment très mignon, Sotomura, je te le garantis, prononce Tani gêné en détournant la tête. Alors, aies confiance en toi...."
Comment ne pas croire aux paroles d'un chef-designer réputé comme Tani ? Finalement convaincu, Sotomura décide de prendre sur lui et de se montrer plus courageux à l'avenir, afin de se montrer digne du soutien et des encouragements de son nouvel ami. C'est ainsi que dès le lendemain, il se propose de faire sa déclaration à Mlle Shinoyama: nul doute qu'en portant les vêtements que Tani lui a offert, il aura cent fois plus de courage, alors le voilà décidé à aller jusqu'au bout ! Mais tandis que Sotomura fait part à son compagnon de sa décision en le remerciant de l'avoir tant aidé, il remarque soudain un changement d'attitude chez Tani: la mine subitement triste et sombre, le chef-designer lui répond du bout des lèvres, et c'est la tête basse qu'il prend congé de lui alors qu'il était encore si gai un instant plus tôt. Le lendemain, tandis que Sotomura se rend au bureau affublé de ses nouveaux vêtements, ce soudain désespoir qui s'était peint sur les traits de son ami le tracasse encore, et il commence à se demander si par inadvertance il n'aurait pas dit quelque chose qui l'aurait blessé. Alors que le jeune homme réfléchit à la question tout en arpentant le hall de sa société, une voix familière le ramène brusquement à la réalité, et il a tout juste le temps de se cacher derrière un pilier avant que Shinoyama ne débarque à son tour dans le hall en compagnie de plusieurs autres employées. Celles-ci ont remarqué que depuis quelque temps la jeune fille paraissait en très bon terme avec Sotomura, ainsi elles se demandaient hilares si leur collègue n'avait pas par hasard des vues sur ce modeste petit employé. Propos moqueurs auxquels Shinoyama réplique aussitôt qu'elle ne s'intéresse nullement à Sotomura, qui lui sert simplement de pigeon à qui refiler son travail. Et puis vu que Tani et Sotomura sont amis, si elle traite le petit employé avec gentillesse, nul doute que sa propre valeur va grimper aux yeux de Tani - car c'est le chef-designer que la jeune fille vise, comme ses amies s'en doutaient déjà ! Néanmoins, à l'évocation de l'étrange amitié qui unit à présent les deux garçons, Shinoyama ne cache pas son dégoût: pourquoi depuis quelque temps on les voit tout le temps ensemble ? A fréquenter ainsi un laideron comme Sotomura l'image de Tani risque de se ternir, ainsi Shinoyama souhaiterait que Sotomura cesse de le coller.
Bien sûr, Sotomura n'a pas perdu une miette de cette conversation, et bien qu'il ne soit pas vraiment surpris d'entendre évoquer sa personne avec tant de mépris, son désespoir touche le fond: celle qu'il aimait le voit comme un moins que rien, un parasite tout juste bon à ternir la gloire du beau Tani.... "Est-ce que tout n'est pas seulement en train de se passer comme d'habitude ? Ce n'est pas grave.... Ce n'est rien...." se fait-il entendre, habitué à être ainsi dédaigné par son entourage. Mais alors que le jeune homme est plongé dans la déprime, Tani arrive lui aussi dans le hall et n'a aucun mal à le débusquer en dépit de sa cachette. Le visage de Sotomura est baigné de larmes, et quelle n'est pas sa surprise de se retrouver face au chef-designer, surtout en cet instant où il voudrait plus que jamais disparaître sous terre ! Sotomura a beau assurer à son ami que tout va bien avant de s'enfuir en courant, Tani s'élance immédiatement à sa suite. Tous deux sont parvenus sur la terrasse ménagée sur le toit de l'immeuble de la société quand le chef-designer rattrape enfin le jeune homme, et devinant que l'état dans lequel se trouve ce dernier à quelque chose à voir avec Shinoyama, il attire Sotomura à lui pour le serrer dans ses bras. "Reprends courage, Sotomura. Car moi je vais rester près de toi", prononce Tani, persuadé que l'employé a fait sa déclaration mais que la jeune fille a refusé de sortir avec lui. Mais à ces paroles, Sotomura s'extrait brusquement de ses bras et le repousse loin de lui en le suppliant de ne plus se préoccuper de sa personne: rien que parce que Tani se trouve aux côtés d'un type insignifiant comme lui, il ne pourrait supporter que l'on vienne à se moquer également de celui qu'il aime.
"Sotomura, tu m'aimes ?...." Le jeune homme a lancé ce qu'il avait sur le coeur avec franchise, sans bien réaliser le sens de ses paroles, mais que dire de l'effet qu'elles provoquent sur Tani, qui a peine à en croire ses oreilles ! Sotomura lui-même n'a pas plus tôt prononcé ces mots à voix haute qu'il ressent à nouveau ces étranges palpitations qui le secouent parfois quand il se trouve avec le chef-designer, et comprend à son propre trouble que ce qu'il vient de dire est vrai, il est amoureux de Tani ! Heureux comme il ne saurait le dire, ce dernier le saisit aussitôt dans ses bras en lui avouant qu'il l'aime lui aussi, car c'était Sotomura, cette personne pour laquelle il soupire depuis si longtemps. Le jeune employé n'a pas idée dans quel état d'esprit le chef-designer a écouté ses propos de la veille, quand il avait dit son intention de faire sa déclaration à Shinoyama ! De désespoir, Tani n'en a pas fermé l'oeil de la nuit ! Sotomura est vraiment naïf de ne pas s'être rendu compte de ses sentiments, mais bon, c'est aussi cela qui fait son charme, ajoute Tani avant d'embrasser passionnément le jeune homme. Cependant le chef-designer ne tarde pas à le lâcher et exhalant un profond soupir, s'excusant auprès de Sotomura, il commence à déboutonner ses vêtements. "Dis, Sotomura, tu sais ce que cela signifie lorsque un homme offre des vêtements à l'être aimé ? Cela veut dire: Je souhaite te déshabiller." Malgré la honte de son innocent partenaire, Tani met aussitôt ses menaces à exécution....
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Intrigue: Mr. Hagiwara, séduisant quadragénaire responsable de la bibliothèque dans une université, a d'abord remarqué Enya Kawaï parce que ce dernier était toujours seul. Comment se fait-il qu'un étudiant aussi beau et au sourire aussi charmeur ne soit pas entouré d'une foule d'admiratrices ? Malgré lui, ne cessant de se poser des questions, Hagiwara ne peut s'empêcher de dévisager le jeune homme chaque fois que ce dernier vient lire au CDI, jusqu'à ce qu'un jour, leurs regards finissent par se croiser. Paniqué, Hagiwara craint un instant qu'Enya ne trouve bizarre cette manie qu'il a de le fixer, mais au contraire, c'est l'occasion pour l'étudiant de lui adresser chaleureusement la parole, et tous deux peuvent ainsi lier enfin connaissance. Hagiwara s'étonne cependant qu'Enya sache déjà son nom alors qu'il n'est qu'un simple bibliothécaire, non un professeur chargé de cours; ce à quoi le jeune homme lui répond qu'ils se sont déjà rencontrés autrefois, sans s'expliquer davantage. Le quadragénaire a pourtant beau fouiller sa mémoire, il ne parvient pas à se rappeler dans quelles circonstances tous deux se sont connus.
Mais à partir de ce jour, une série d'incidents va donner fort à réfléchir à Hagiwara: car que ce soit pour le sauver de l'effondrement d'une étagère couverte de gros volumes ou simplement lui indiquer l'emplacement d'un livre, Enya ne perd pas une occasion de le toucher ! Le bibliothécaire a beau se dire qu'il n'y a sûrement aucun sens particulier à tout cela - Enya fait sans doute simplement partie de ces gens qui utilisent beaucoup le contact physique pour communiquer - il ne peut s'empêcher de ressentir un trouble qu'il ne s'explique pas. Trouble qui devient de plus en plus intense chaque jour pour finir par se changer en une douloureuse mélancolie quand un mois durant, l'étudiant ne reparaît plus au CDI alors que d'ordinaire il y venait régulièrement tous les jours. Tandis qu'il reste assis seul à son bureau au milieu de ses piles de livres, Hagiwara se prend à songer amèrement comme Enya lui manque: sa voix, son visage, le contact de sa peau.... Il ne parvient plus à se les ôter de l'esprit.
Au moment où le quadragénaire inquiet commence à se demander s'il ne devrait pas partir à la recherche du jeune homme pour tâcher d'apprendre les raisons de son absence, celui-ci refait soudain son apparition. La nuit est tombée, la bibliothèque est déserte; seuls ceux qui comme Hagiwara ont du travail à terminer demeurent encore à l'université à une heure aussi tardive. Surpris au plus haut point en voyant débarquer le jeune homme, le bibliothécaire l'accueille à grands cris: où était-il donc passé jusqu'à ce jour ? Mais en guise de réponse, Enya se jette littéralement sur le quadragénaire, s'empare de ses lèvres puis l'étend sur le bureau. Le jeune homme prétend savoir combien sa longue absence n'a cessé de préoccuper Hagiwara, ajoutant mystérieusement qu'il est revenu afin de restituer enfin à ce dernier le sentiment qu'il lui a laissé jadis.
Le bibliothécaire ne comprenant décidément pas ce à quoi l'étudiant fait allusion, ce dernier se met en devoir de lui rafraîchir la mémoire: quatorze années auparavant, alors qu'il était en train de pêcher, Hagiwara avait sauvé un jeune garçon qui se noyait dans la rivière, et pour le ranimer, il lui avait fait du bouche à bouche. Ce garçon, c'était bien sûr Enya, et jamais depuis ce temps il n'est parvenu à oublier le contact des lèvres de son sauveur. Il s'agissait d'un simple geste de secourisme, mais pour un adolescent en pleine puberté, même de la respiration artificielle pouvait être ressentie de façon particulière. Enya n'aurait jamais imaginé qu'en rencontrant à nouveau Hagiwara tant d'années plus tard, l'amour qu'il avait fait naître chez lui autrefois aurait ressurgi avec autant de force. Mais le bibliothécaire est un homme adulte, réfléchi et plein de bon sens, l'étudiant ne s'attend pas à ce qu'il puisse comprendre ses sentiments - les sentiments d'une personne au moins quinze ans plus jeune que lui, du même sexe de surcroît. Alors, ne pouvant plus se contenir et espérant que cela calmera un peu le feu qui le dévore, Enya s'empare de force du corps de son sauveur, en ne cessant de lui répéter combien il l'aime....
Un peu plus tard, resté seul dans la bibliothèque, le quadragénaire est en larmes. Ce n'est pas tant cette étreinte qui le remplit d'amertume que le sentiment cuisant que son affection pour Enya a été comme trahie et piétinée. Depuis cette soirée où ils n'ont fait qu'un, l'étudiant ne se montre plus devant lui. Bien que cette nouvelle disparition ne manque pas de le tourmenter, Hagiwara se dit néanmoins qu'il n'a pas très envie de revoir le jeune homme pour le moment. Cependant une surprise de taille attend le bibliothécaire lorsqu'un matin, c'est un autre étudiant répondant au nom de Kawaï qui vient lui rendre l'ouvrage que lui avait emprunté Enya. Ce garçon se prénomme Mutsuki, et explique que durant son hospitalisation, il a convaincu son frère aîné de se faire passer pour lui afin d'assister à ses cours à sa place. Mais en fait, Enya quant à lui étudie dans une autre université. Hagiwara n'en croit pas ses oreilles ! Néanmoins cette révélation le décide enfin à agir au lieu de rester là à se morfondre en se posant un tas de questions. Le voilà donc qui se rend au domicile des Kawaï afin de parler à Enya. Pourquoi ce dernier, après l'avoir presque violé en empruntant l'identité de son frère, est-il ensuite parti sans demander son reste, sans lui dire un seul mot ?
Le bibliothécaire ne se doute pas encore que tout ceci fait partie d'un plan minutieusement conçu par Enya afin de l'obliger à le rechercher. Si l'étudiant avait fait sa déclaration d'amour en bonne et due forme à un homme adulte et raisonnable comme Hagiwara, il sait bien que ce dernier ne l'aurait jamais accepté et se serait évertué à fuir. Mais en portant la main sur lui, puis en faisant semblant de l'abandonner, le jeune homme voulait simplement tâcher de faire comprendre au quadragénaire ce que lui-même a ressenti quatorze ans plus tôt, lorsque le sauveur dont il venait juste de tomber amoureux s'en était allé en le laissant. Et le plan d'Enya a fonctionné à merveille, puisque le sage Hagiwara ne pense plus qu'à lui au point de s'être lancé à ses trousses !
- Kimi ga dakaseta Shitto ("La jalousie que tu m'as fait éprouver"), page 27. Mr Hagiwara, veuf, est chef-bibliothécaire dans une université. Refusant les invitations de ses collègues de travail, qui veulent sans cesse l'entraîner dans des bars afin de le distraire, il passe sa vie entre ses rayonnages de livres en attendant la venue de Enya, un élève d'une autre fac dont il est amoureux. Mais depuis quelque temps, le jeune homme le regarde avec un air irrité. Hagiwara ne comprend pas ce qu'il a pu faire pour mettre en colère son compagnon. Récemment, il voit souvent Enya avec une belle jeune fille, ce qui le tourmente énormément, surtout que Enya fait apparemment exprès de courtiser l'étudiante devant lui. Hagiwara se dit pourtant qu'il vaut mieux que le jeune homme fréquente une fille de son âge plutôt qu'un quadragénaire comme lui. Mais ses sentiments l'emportent sur la raison sans qu'il puisse se contrôler: en craignant de perdre Enya, il sent remonter en lui le désespoir et la solitude éprouvés après la mort de sa femme, ainsi qu'une violente jalousie. Hagiwara devrait pourtant se souvenir que son bien-aimé n'a pas son pareil pour échafauder des plans douteux: jaloux de tous ces gens qui tournent autour du bibliothécaire, même de son propre frère cadet Mutsuki avec lequel Hagiwara échange souvent de longues conversations animées, Enya aussi se tourmente en se demandant avec inquiétude si le quadragénaire l'aime avec autant de passion que lui. Et quel meilleur moyen de tester les sentiments d'une personne que de provoquer chez elle la jalousie ?
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