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Etant fondées sur des goûts purement personnels, ces pages n'ont en aucune façon pour but de recenser tous les manga appartenant aux domaines du Fantastique et de l'Horreur. Par conséquent, les ouvrages qui y figurent ne sont qu'un échantillon, tous genres confondus (shonen, shojoh, shonen-aï etc.), de livres que nous avons particulièrement appréciés et que nous désirons vous faire découvrir. Souvent intimement liés à divers bouquins exposés dans d'autres catégories du site telles que les romans ou les artbooks, vous trouverez des liens ancrés sous chaque article afin d'accéder plus rapidement aux rubriques concernées, épaulés si besoin est d'une recherche alphabétique par titres et auteurs (cliquez ci-dessous sur Index ). Je tiens également à rappeler que la totalité de ces manga sont présentés dans leur version originale japonaise, et si nous possédons encore peu de titres en stock, peuvent être commandés spécialement - sous réserve de disponibilité chez l'éditeur - via notre service VPC, ce qui demande tout de même un délai de recherche et d'acheminement Japon-France de plusieurs semaines.

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-Akiko
Hatsu
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Intrigue: Alors que quelque part en Chine, une ville portuaire s'enfonce lentement dans les ténèbres de la nuit, Ranzô Tsukumo l'ermite exorciste surnommé le "Béni des Dieux" surprend aux confins d'une ruelle détournée un étrange individu à se repaître avidement d'une carcasse de chien errant. Visiblement irrité d'avoir été dérangé en plein repas, notre homme attaque Ranzô avec une rapidité foudroyante pour mieux couvrir sa fuite, bondissant d'immeuble en immeuble. L'exorciste, comme toujours attiré par la poisse, se jure de le retrouver tôt ou tard. Le début d'une longue et tragique affaire...
Et effectivement, les éléments troublants ne tardent pas à s'enchaîner dans la même nuit. Alors que Maître Unsaï fait pitence d'une nourriture un peu plus civilisée (quoi que...) dans une auberge en ville, à peine un client passe-t-il derrière le géant pour quitter la boutique que ce dernier ressent comme un étrange malaise: ce grand homme tout de noir vêtu dégage une aura des plus malfaisantes et cache sous sa mante tout un arsenal de couteaux. Ranzô laisse pourtant passer temporairement l'orage car une autre affaire l'attend dans l'immédiat. Le vieil ermite Shôjô de Taïwan a en effet enquit Unsaï de faits suspects concernant le port de la ville et pense qu'il est du ressort de l'exorciste d'aller y jeter un oeil. Le maître et son disciple sont rapidement sur la péniche concernée où les attend déjà un chinois du nom de Lee qui les supplie, en larmes, de sauver son fils Bakushi. Celui-ci, surgissant des eaux boueuses du port, ne tarde pas à les attaquer sous la forme d'un monstrueux démon. S'agit-il de la créature aquatique dont parlait Shôjô ? Malgré ses puissants assauts, Ranzô spécialisé dans la chasse aux démons qui prennent possession des humains et dont le travail est de guérir et non de tuer, pense qu'il est encore temps de le sauver. C'est alors qu'il est attaqué à grand renfort de couteaux par l'homme en noir du bar qui le menace de le tuer s'il ne retourne pas gentiment au Japon sans s'occuper de ces histoires. Décidément, le problème prend de l'ampleur et commence à devenir très intéressant pour l'exorciste qui ne se laisse pas intimider si facilement et, laissant à son maître le soin de s'occuper du cas Bakushi, décide de prendre en chasse l'homme à l'imper qui s'enfuit déjà dans les ténèbres. Bientôt assailli par des Kudas, sorte de serpents maléfiques dont Shamon sous sa forme de Nekomata ne fait qu'une bouchée, Ranzô finit par débusquer l'individu qui se présente sous le nom de Kazama Tenzen avant de s'évaporer définitivement dans la nature. Cette maîtrise des Kudas et cette habileté au lancé de couteaux confirment les soupçons de l'exorciste sur les liens de cet homme exécrable avec une affaire bien plus grave... Entre temps, Unsaï est parvenu à délivrer Bakushi de sa prison démoniaque et le bon géant arrive in extremis pour le soigner et lui redonner figure humaine. Le premier round s'achève finalement sur un dénouement heureux avec un Ranzô plus touché que jamais d'avoir pu sauver une vie de plus. Mais qui sait ce que lui réserve l'avenir car, non loin de là, le jeune Mitsuru qu'il avait surpris à dévorer un chien a replongé dans sa soif de chair gorgée de sang et a réitinéré l'expérience sur toute sorte d'animaux, ce qu'il a bien du mal à cacher à sa soeur jumelle Reiko, d'autant plus que son corps a déjà subi quelques transformations inquiétantes et ne tiendra plus très longtemps avant une complète mutation...
Ranzô juge qu'il est désormais grand temps de mettre au courant son maître de ce dont il a été témoin il y a trois jours. Alors qu'il s'était rendu en pleine montagne chez le Grand Maître du pays dont sont originaires les Kudas et après être rentré en force dans son habitation, il s'avère être arrivé trop tard et, impuissant, l'a trouvé empalé au mûr par moult couteaux et déjà à moitié décomposé. Miraculeusement toujours vivant, l'exorciste malgré son triste état a tout de même tenté de le soigner, mais le vieil homme n'aura le temps que de le supplier de sauver les jumeaux - qui sembleraient être la clé de bien des mystères - avant la Pleine Lune, dans deux jours... Ranzô qui a bien remarqué la similitude des couteaux plantés dans le corps du maître avec ceux que manie Tenzen, sait très bien que son habileté à contrôler les Kudas n'est pas fortuite et décide de se rendre au lieu indiqué par le mourrant afin de mettre un terme à cette histoire. Mais c'est sans compter sur Genkaku qui, du Japon, à entendu parlé des événements survenus dans cette région et a bien l'intention de tirer profit du secret que cache cette apparemment paisible petite ville. Car ce qu'ignore Ranzô, c'est que le drame qui se prépare et le destin tragique de ses acteurs sont liés à une terrible légende transmise de génération en génération depuis plus de mille ans...
Avis: Les aventures du semi-remorque au grand coeur en manga ! Yumémakura nous a concocté des nouvelles 100% inédites pour l'occasion, dans la lignée de ses précédents chapitres de Yamigarishi en roman, avec toujours ce petit côté douce-amer, voire vraiment triste dans la conclusion des histoires. Le trait puissant et nerveux de Kimura retranscrit parfaitement l'atmosphère sordide et malsaine d'une Chine obscure et sans époque parfois hors de toute modernité. Ranzô est plus plaisant que jamais avec son sourire jusqu'aux oreilles et le dessinateur ne chipote pas sur la place pour caser sa carrure d'ours dans les planches (le format du livre plus grand qu'un manga habituel n'était pas inutile !). Ce manga destiné essentiellement à un public adulte reste à ce jour l'adaptation la plus fidèle de l'univers de Yamigarishi et ne fait l'objet d'aucune censure, tant pour le côté malsain de certains personnages que par l'aspect très "viande" de certaines scènes. La psychologie un peu trouble et torturée de Ranzô a été parfaitement respectée et c'est toujours le coeur serré qu'il se résigne a tuer quelqu'un. Notez que c'est la seule version où on le voit pleurer, chose que l'on aurait difficilement pu trouver dans les autres adaptations du roman qui privilégiaient l'action aux sentiments. La bonne surprise réside également dans le fait que tous les personnages et créatures du roman se côtoient au fil des chapitres pour notre plus grand plaisir. Un réel bonheur pour les fans, un excellent manga pour ceux qui découvrent l'histoire.
-------© S. Kimura-------
Yamigarishi c'est aussi :
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Le retour des aventures de Ranzô et Shamon était une belle occasion pour Futabasha de rééditer cette adaptation de Yamigarishi en manga vieille de presque dix ans. Destinée à un large public dans un style dans la plus pure tradition "Shônen" oscillant maladroitement entre Black Jack et Saint Seiya, compte tenu de l'univers glauque et putride qu'il mettait en scène et qui aurait pu choquer les plus jeunes lecteurs, le but n'était pas ici de respecter à la lettre le roman mais plutôt de nous exhiber à loisir la force brute du héros pour en faire un manga d'action. C'est donc un tout nouveau Ranzô qui nous est ici présenté, toujours aussi sympathique mais bien loin de sa psychologie un peu torturée de départ, dans une approche tout autre du scénario passé à la censure et remodelé pour les besoins du dessinateur. Si les nouvelles contenues dans le livre sont celles des deux premiers romans (Ayakashi no Oni, Ranryô Ô, Gakidama, se référer à la page romans d'horreur pour plus de détails) plus une inédite un peu étrange et en totale rupture avec la tradition scénaristique de Yumémakura, vous les reconnaîtrez à peine tant les péripéties sont abordées différemment: la trame de l'histoire reste à peu près la même mais le rôle des protagonistes a été considérablement modifié. Cette version fait aussi preuve de beaucoup d'humour et tout est fait pour mettre en valeur notre héros plein de muscles (le syndrome des personnages tout ratatinés face au grand baraqué ?), moult SD viennent dédramatiser la situation au fil des planches et de ce côté-là, Shamon, Unsaï et Genkaku ont été particulièrement gâtés ! Comparez-les donc avec Unsaï de Kimaïla version Yoshitaka Amano, voire avec le tout nouveau Genkaku de S.Kimura, et celà devrait suffire à vous donner une idée du choc qu'ont pu ressentir les habitués des oeuvres de Yumémakura qui connaissent bien ces personnages...
Aux lecteurs maintenant de juger: une véritable bonne surprise pour certains, une curiosité un peu déroutante pour d'autres, mais si Ishikawa s'est voulu très personnel dans sa vision du mythe de Yamigarishi, on passe un réel bon moment en compagnie de ce Ranzô 100 % gros bras et de son petit chat !
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---------------------Petshop of Horrors 1, 3 et 4 disponibles à la VPC !
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Intrigue: Le mystérieux Comte D, étrange asiatique aux yeux vairons et à la beauté troublante, vient d'ouvrir un magasin d'animaux en plein coeur du China Town d'une grande métropole des Etats-Unis. Rien de bien étrange à celà, si ça n'est que les créatures dont il fait le commerce sont d'une espèce rarissime et d'ordre surnaturel. Adoptant ainsi une apparence semi-humaine, le Comte D les charge de soulager les peines des clients désespérés qui viennent à l'origine chercher dans son magasin le réconfort et l'affection d'un animal de compagnie. Mais l'adoption de telles créatures a un risque, et tout nouvel acheteur passe un curieux contrat avec D qui, s'il n'est pas respecté à la lettre, peut avoir des conséquences dramatiques pour l'animal comme pour son acquéreur. Qui est donc ce mystérieux personnage qui s'avère en fait n'être pas comte du tout, et que signifie cette initiale qui lui sert de nom ? Le fait est que les tragédies souvent conséquentes de la vente de ses animaux mènent presque irrémédiablement un jeune inspecteur de police à son magasin, sur lequel le Comte se donne une joie de passer son humour le plus douteux. Ce policier qui n'hésite pas à le soudoyer en lui offrant ses gâteaux français au champagne préférés, ne peut se résoudre à l'idée que, si ce drôle d'individu l'énerve par dessus tout, il semblerait qu'il commence lui-même d'une certaine façon à l'apprécier... Ce qui ne l'empêche d'avoir quelques appréhensions lorsqu'il voit partir un client chargé d'une de ces 'choses' dont le mystérieux Comte a le secret.
Parmi ses premiers clients, D reçoit une riche demoiselle du nom de Karen Schneider ayant perdu la vue suite à un terrible incendie provoqué par l'assassin de ses parents. Il semblerait que le cambriolage de leur propriété ait mal tourné, et la jeune fille n'a malheureusement eu que le temps de voir l'assassin prendre la fuite avant que les poutres enflammées ne s'effondrent sur elle. Edward, un membre de sa famille travaillant pour son défunt père et maintenant chargé de veiller sur elle, voudrait lui offrir un animal dont elle pourrait s'occuper pour lui changer les idées et la consoler. Etant donné que le criminel court toujours et n'a jusqu'à présent épargné personne, malgré les hésitations de son tuteur le Comte D lui propose un Doberman qui pourrait ainsi la protéger si le bandit refaisait surface. Mais tandis qu'elle tend la main pour caresser son nouveau chien, Karen est vite épouvantée de sentir qu'il s'agit d'un humain et non d'un animal. D lui assure pourtant que s'il a l'apparence d'un homme, il s'agit bien d'un Doberman et se comportera comme tel. Nommé Dreizehn (13) et arborant l'aspect d'un officier allemand fort séduisant et tout de noir vêtu, le jeune homme lui servira de garde du corps et la protègera de tous les dangers. Karen se laisse finalement convaincre bien malgré elle et repart avec son étrange animal de compagnie. Le Comte apprendra par la suite de la bouche de l'inspecteur venu une fois de plus squatter son magasin qu'il y a de fortes chances que l'handicap de Karen soit d'ordre mental et principalement dû au traumatisme engendré par la vision du meurtre de ses parents. Etant la seule à avoir aperçu le bandit, sans la perte de ses yeux elle aurait pu les aider à l'identifier. Il semblerait que le voleur soit venu chercher des données confidentielles sur les travaux du père de Karen, ce qui pourrait bien le faire revenir à tout moment...
Pendant ce temps, la jeune demoiselle qui ne peut se résoudre à laisser un homme se comporter comme un animal envers elle et rentrer comme un bon toutou dans sa chambre sans respect des convenances, le vire a grand coup de pied au derrière de ses appartements privés, obligeant le pauvre Dreizehn à dormir contre sa porte, ce qu'il fait d'ailleurs tout naturellement. Pourtant elle doit bien se rendre à l'évidence que le jeune homme, que sa gouvernante a baptisé du sobriquet de Dora Chan, est bien utile et la protège des périls même les plus anodins, l'aidant à descendre les escaliers et lui évitant bien des chutes, l'empêchant à tout instant de se blesser, devenant ainsi ses yeux et ses membres. La jeune fille ne consacrera néanmoins un peut plus d'attention à ce drôle d'individu que le jour où ses copines lui diront qu'il est fort 'sexy' malgré son air froid et presque automatique ! Dès lors fière de déclarer qu'il est son garde du corps et suite à un accident de voiture suspect que son protecteur lui a de justesse évité, elle sera bientôt obligée d'admettre que Dreizehn lui est indispensable et qu'elle risque de se faire tuer à tout moment par le criminel toujours en cavale. Peut rassurée à cette idée, Dreizehn a désormais le droit de rester dans sa chambre, et si ses sentiments pour le jeune officier grandissent peu à peu, elle se rendra compte qu'il est lui aussi seul au monde. En apprenant de sa bouche les horreurs qu'il a subies par le passé, presque indifférent à lui-même, elle n'aura plus qu'une idée en tête, et ce malgré leur rôle respectif: le protéger et le guérir de ses blessures. Jusqu'au jour où le criminel refait surface... Un autre terrible choc attend à nouveau la jeune fille...
Avis: Matsuri Akino, spécialisée dans les longues séries fantastiques, signe ici une de ses oeuvres les plus abouties, au point d'avoir fait l'objet d'une adaptation animée sous forme d'une courte série TV de quatre épisodes d'environ trente minutes chacun (diffusée en France sur la chaîne 13e Rue puis récemment sortie en DVD). Ce superbe manga n'a de Shôjô que le style délicat et parfaitement maîtrisé de l'auteur, car les histoires qu'il met en scène sont souvent très glauques et le Comte D censé apporter un peu de réconfort à ses riches clients semble parfois indifférent au destin tragique de ceux qui n'écoutent pas ses conseils, rendant leur avenir, s'ils ne paient pas cette erreur de leur vie, encore plus pénible qu'avant d'être entrés chez cet étrange marchand de rêve. A l'image des précédentes oeuvres de Matsuri Akino, Petshop of Horrors fait en ce moment l'objet d'une réédition de poche chez Asahi Sonorama, les ouvrages de la collection Misshi comics étant en passe de devenir totalement introuvables. Les nouveaux volumes comprennent désormais chacun l'équivalent d'un manga et demi de l'édition originale; un excellent rapport qualité/prix donc, même s'il paraît dommage de réduire davantage des planches d'une telle qualité.

Autres volumes de Petshop of Horrors et oeuvres de Matsuri Akino
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Intrigue: Laurence est un sino-américain vivant à New-York où il exerce le métier peu commun d'exorciste et de spécialiste du paranormal, notamment dans le domaine des manifestations surnaturelles asiatiques. Afin d'accomplir cette tâche, il semble se complaire à afficher la classe du parfait yakuza de part son style vestimentaire des plus imposants et ses lunettes noires qui dissimulent constamment son regard et ses pensées. Si son travail consiste parfois à 'nettoyer' les vieilles demeures ancestrales chinoises de leurs locataires indésirables qui terrorrisent les acheteurs potentiels et les rendent de ce fait invendables, il lui arrive de refuser catégoriquement de réaliser quoi que se soit qui risquerait d'entraver au bonheur des créatures invisibles qui y circulent en parfaite quiétude sans causer le moindre mal aux occupants, et préfère rester sourd aux supplications des promoteurs immobiliers qui frôlent pourtant la banqueroute totale plutôt que de risquer d'entraîner le courroux des Dieux chinois. C'est ainsi qu'il s'est contenté un jour de recueillir un esprit du saké arborant les traits d'une petite fille, enfermée dans une cave parmi les jarres de vin d'une villa traditionnelle habitée seulement par tout un folklore fantômatique qui s'y sent parfaitement à son aise, et qui depuis le suis partout, prenant un malin plaisir à tourmenter les différents clients de Laurence pour lesquels elle reste totalement invisible. Parmi eux, Ernest, un jeune agent immobilier chargé une fois de plus de vendre l'habitation d'un parrain de la mafia chinoise qui, du fait des nombreux meurtres commis par son ancien propriétaire, est hantée depuis sa mort par toutes sortes de monstres. Si Laurence se laisse finalement convaincre d'aller jeter un oeil sur place, Ernest, lui, n'est pas au bout de ses peines et va vite devenir le jouet des créatures divines et de leurs étranges serviteurs, d'autant plus que par une curiosité toute asiatique pour un occidental, le petit esprit du saké semble s'être pris d'attachement pour le jeune homme et ne le quitte plus d'une semelle, au grand dam de ce dernier...
Outre Tôjin Yashiki qui a prêté son nom au recueil, ce manga comporte un court chapitre humoristique intitulé Nekomatta Papa, ainsi que Tôhô kara no Kyakujin, une longue nouvelle d'un tout autre ton qui s'étend sur la seconde moitié du livre.
Tôhô kara no Kyakujin (L'Hôte venu de l'Est): Dans l'Angleterre du XIXème siècle, la riche famille Evans se transmet de génération en génération une fabuleuse collection d'objets d'art chinois que seul l'héritier direct de la lignée a le droit de contempler, et ce uniquement lorsqu'il prend pleinement possession de ce lègue à la mort de son parent. Ce trésor d'une valeur inestimable, dont chaque chef de famille successif se doit d'être passionné et de protéger des regards indiscrets, est entreposé dans la mystérieuse "Chinese Room" d'une vaste résidence tenue à l'écart de la demeure familiale. Tandis qu'il vient chercher son ballon, le petit William Evans amené à hériter de cette énigmatique villa et de ses richesses, pénètre un jour par mégarde dans un jardin resté secret d'un endroit reculé de la cour principale et de pure inspiration chinoise, ce malgré l'interdiction formelle de son père de s'en approcher. Là, il rencontre un étrange jeune homme le corps enveloppé d'un sombre kimono brodé, comme tout droit sorti d'un mirage et semblant surpris que l'enfant puisse l'entrevoir. William qui n'avait jusqu'à lors contemplé pareille physionomie, n'oubliera jamais la chevelure et les yeux si bruns de ce bel asiatique lui disant amèrement venir de très loin, image comme fantômatique et irréelle imprimée dans son esprit d'une ombre tenue aussi secrète dans ce jardin clos que la collection de ses aïeuls dans la Chinese Room...
Plus de dix ans plus tard, alors que les parents de William sont décédés dans un terrible accident de train, le jeune homme a maintenant hérité comme convenu du patrimoine chinois laissé par son père. Mais voilà, William n'est pas comme ce dernier et se désintéresse totalement de l'art asiatique, préférant vivre en célibataire endurci dans sa maison de Londres que d'aller habiter seul dans cette vaste demeure. Bien que ses parents soient morts depuis déjà trois ans, il n'a de ce fait jamais pénétré dans la Chinese Room, au risque de choquer les proches de sa famille qui espéraient voir en lui le digne successeur de son paternel. Alors qu'il est de retour pour un temps dans sa ville natale, le désormais Sir William Evans se voit forcé d'accepter l'invitation des Johns à prendre le thé, accompagné de son ami Alfred qui s'intéresse depuis peu au Japonisme, courant artistique très en vogue à cette époque à en juger par la décoration des maisons bourgeoises regorgeant d'ornements exotiques. Bien malgré lui, il se retrouve bientôt en la peu plaisante compagnie de Sir Thomas David lui aussi invité, qui connaissait bien son père et possède lui-même une très importante collection d'objets d'art asiatique. Mais le Lord n'est pas venu seul et tient à leur présenter Ryû Rôei, un jeune chinois venu faire ses études en Angleterre qu'il s'est proposé de loger chez lui. Non moins impressionné par la noble stature de ce ténébreux jeune homme que par sa ressemblance frappante avec l'apparition qu'il avait vue jadis dans le jardin secret de son père, William peine à dissimuler son trouble, d'autant plus que le mystérieux hôte asiatique imprégné des légendes étranges de son pays paraît connaître son aptitude à entrevoir les esprits et vouloir le lui faire avouer, ce que William se refuse à admettre avant de s'apercevoir que, sans se douter de la raison, son attittude peine profondément le jeune homme...
Malgré une discussion des plus houleuses avec Sir Thomas David, Sir William qui porte la collection de son père comme un fardeau et se doute bien qu'il n'était pas étrangé au vaste trafic d'objets d'art revendus de mains en mains pratiqué en Chine, reçoit bizarrement une invitation du Lord à se rendre chez lui afin de contempler sa propre collection. Une fois de plus, William y croise Ryû qui fait toujours montre d'un profond respect envers lui, malgré leur âge apparemment très proches et bien qu'ils soient pour l'instant seul à seul. Tandis qu'il s'introduit comme convenu dans la salle d'exposition de Sir David, le jeune homme fait à nouveau l'objet de vision et feint tant bien que mal de ne rien voir, mais Ryû sans insister davantage sur son don tient avant tout à se qu'il aille avec lui dans le manoir de la Chinese Room, car il sait étrangement que Sir David couve de sombres desseins à son encontre et projette de lui voler un précieux vase, ce doit absolument être évité. Si Ryû est lui aussi au courant de la manière dont les occidentaux s'appropprient les oeuvres d'art chinois, il en sait aussi bien plus qu'il ne veut pour l'instant en révéler, et il s'avère que si la Chine est un pays où le monde des vivants et celui des esprits se côtoient, il arrive parfois que les humains qui n'y prennent garde fassent commerce avec des créatures démoniaques en acquérant des objets d'un autre monde, au risque d'entraîner la colère des Dieux et d'être fatalement châtiés...
Non moins troublé des menaces du Lord qui pèsent sur lui quà l'idée de devoir pénétrer dans cette résidence où ce si obscur jeune homme lui était apparu dans son enfance, il est pourtant temps pour William de connaître la vérité en ouvrant la porte interdite de la Chinese Room et de découvrir enfin la réelle nature du trésor qui s'y cache et l'attend depuis plus de trois ans... Alors seulement lui seront révélés la véritable identité du jeune étudiant chinois qui semble veiller sur lui depuis leur rencontre et ses liens forcés avec la famille Evans. William sera de ce fait libre de rompre avec la tradition ou de venir habiter cette triste demeure si vide depuis la mort de son père, non plus pour la sauvegarde de simples objets de collection, mais pour un trésor bien plus précieux à ses yeux qui à lui seul puisse lui donner envie de revenir... et de rester...
Avis: Akiko Hatsu excelle dans les scénarios ayant pour thème des légendes traditionnelles chinoises, sans jamais tomber dans la redite ou le déjà vu. Elle signe ici un de ses nombreux manga mettant en scène un exorciste asiatique chargé de resoudre divers cas de possession ou de maison hantée, ce qui en fait une parfaite réplique de sa longue série des Uryûdô Yumébanashi, l'humour en plus. Tôhô kara no Kyakujin quant à lui est un pur régal qu'il vous faut découvrir non moins pour son excellente intrigue que pour ses superbes personnages principaux toujours aussi charismatiques et la troublante noblesse chinoise qui s'en dégage, souvent ambigüe.
Autres ouvrages de Akiko Hatsu
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Intrigue: Yôsuké Kobayashi est un jeune inspecteur de police sans histoire qui profite de vacances bien méritées pour couler des jours tranquilles auprès de sa petite amie Chizuko, que ne viennent entacher qu'une série de cauchemars dans lesquels il assiste à l'assassinat d'une jeune femme par décapitation. Rien de bien étrange à celà venant d'un policier qui côtoie le crime au quotidien, si ça n'est que dans ce rêve, le meurtrier s'avère être un autre lui-même, au regard malsain et biaiseux, apparemment satisfait d'avoir été surpris en plein 'travail' par son alter ego. Non moins troublé par ces étranges visions que par le fait qu'il se réveille toujours à cet instant, les premiers effets prémonitoires de ces cauchemars ne tardent pas à se faire sentir, car Yôsuké est rappelé d'urgence par ses supérieurs sur les lieux d'un nouveau crime commis dans des circonstances similaires à d'autres faits survenus ultérieurement. Une nouvelle jeune femme a en effet été décapitée et son corps entièrement dénudé disposé dans un souci de mise en scène des plus morbides, la tête suspendue à un arbre, les paupières cousues afin de les garder grandes ouvertes comme pour contempler son propre cadavre et le front tatoué d'un chiffre. Yôsuké distrait qui n'avait en premier lieu pas remarqué la tête coupée pendouillant au dessus de lui, en est saisi d'effroi, non pas par l'atrocité du tableau, mais par le visage de la jeune femme qui correspond trait pour trait à celui de la victime de ses cauchemars, comme s'il avait réellement assisté à son assassinat. Que signifiait donc ce rêve prémonitoire, et pourquoi était-ce lui-même en lieu et place de meurtrier...?
Désormais chargé de l'affaire et suivi non-stop par Kikuo Toguchi, journaliste borgne des plus collants en charge des reportages de la Camera Police TV, Yôsuké est bientôt reconnu à la télévision par le présumé coupable de tous ces meurtres, et ce qui devait se produire arrive alors fatalement. Un beau matin, le jeune inspecteur reçoit au commissariat un énorme caisson, contenant rien moins que le corps démembré de la pauvre Chizuko, tenue sous respiration artificielle afin de la garder en vie jusqu'à bon port dans sa lente agonie. Dès lors, la vie et la personnalité de Yôsuké vont basculer... Parti en chasse du bourreau de son amie qui a commis l'erreur de s'improviser livreur du macabre colis, le policier finira par le tuer d'une balle en pleine tête sans que ses supérieurs aient jamais su ce qui s'était réellement passé, tandis qu'au même moment, Chizuko décédait à l'hôpital des suites de ses blessures. Condamné par le Tribunal à X années de réclusion pour assassinat dans l'exercice de ses fonctions, l'accusé clame alors étrangement qu'il n'est pas Yôsuké Kobayashi mais Kazuiko Amamiya, et ce dans la totale indifférence des Jurés. Ce détail n'échappera pourtant pas à Machi Isono, jeune femme psychiatre présente lors du procès. Elle s'efforcera alors de suivre le désormais nommé Kazuiko Amamiya le temps de sa détention tout en essayant de résoudre le mystère de ce dédoublement de personnalité et lui faire recouvrir la mémoire de Yôsuké Kobayashi enfouie en lui. Mais pour Kazuiko, Yôsuké est mort en même temps que sa victime et tout ceci est inutile, même si une preuve démontrant qu'il n'était pas lui-même le jour du meurtre pourrait abréger sa peine, et ce en dépit des expertises médicales confirmant qu'il est en pleine possession de ses facultés mentales et parfaitement responsable de ses actes.
La jeune médecin s'apprête à renoncer quand, coup de théâtre, Kikuo Toguchi fidèle à son poste vient lui offrir une pièce capitale pour le suivi de l'affaire, véritable mine d'informations qu'il n'a jamais voulu remettre aux autorités de l'Etat, et pour cause: une cassette ne contenant rien moins que l'instant précis de la naissance de Kazuiko Amamiya et la disparition de Yôsuké Kobayashi, au moment même du meurtre de Shimazu, le torsionnaire de Chizuko. En effet, le journaliste avait tant bien que mal suivi le policier dans sa folle course poursuite et était arrivé juste à temps pour être témoin d'une scène des plus insolites: alors même que, provoqué par Shimazu qui semblait curieusement bien le connaître, Yôsuké braquait son arme vers lui, comme si sa raison avait brusquement chancelé le policier s'était mis à se disputer avec lui-même. Hurlant à un certain Kazuiko Amamiya qui voulait l'empêcher de tirer de lui foutre la paix, son visage s'était fait soudainement cruel et menaçant, tandis qu'il se disait être Shinji Nishizono. Poussé au crime par son côté psychopathe, le jeune homme finit par abattre sa victime à bout portant avant que ses collègues n'arrivent pour constater les dégâts. Calmé et satisfait, Shinji avait alors murmuré à Kazuiko de se charger du reste. Devant l'insistance de ses supérieurs qui répétaient son nom, reprenant peu à peu ses esprits, troublé et chancelant, le profiler annonçait alors que Yôsuké Kobayashi était décédé et qu'il était désormais Kazuiko Amamiya... Visionnant cette cassette avec attention, le docteur Machi Isono en conclut que ni Yôsuké ni Kazuiko ne sont coupables de ce meurtre. C'est Shinji Nishizono, la troisième personnalité du policier et la plus dangereuse, qui en est responsable.
Si Yôsuké est selon ses dires définitivement mort, c'est un tout autre individu, désabusé et marqué par une expérience de la vie dramatique qui sortira de détention, avec pour priorité de se reforger tant bien que mal une existence sous son nouveau nom. Réintégrant ses fonctions de profiler, Kazuiko sera désormais sous la surveillance bienveillante et détournée de sa psy, la jeune femme ayant fait en sorte d'être mutée au même poste que son ancien patient forcé afin de veiller sur lui et, si elle garde bien de le lui avouer, de prévenir toute déviation anormale de son comportement. Installé à l'office de l'Institut de Recherches des Enquêtes Criminelles où la petite soeur de Machi vient bientôt squatter et lui pourrir la vie, les événements et les affaires criminelles qui suivront ne feront pourtant qu'approfondir un peu plus le malaise de Kazuiko et réouvrir les blessures du passé; car en plus d'être liées entre elles par certains éléments révélateurs, elles le seraient également à celle qui l'a lui-même poussé au meurtre. En effet, entre une jeune fille cannibale suicidée lors de son arrestation, un meurtrier terroriste guidé par les idées de Lucy Monostone, artiste des années 60, joliment assassiné par Shinji comme devenu fou à l'évocation du nom de la chanteuse, et Shimizu, tous avaient au moins trois points communs: en ajoutant le fait qu'ils connaissaient très bien Kazuiko sous un nom différent, ils étaient tous inscrits à la High Bank dont les hommes se sont chargés systématiquement de récupérer leur corps, et portaient un code-barres imprimé sur le globe de leur oeil gauche, soigneusement dissimulé sous leur paupière. Ce détail avait d'ailleurs été déjà découvert dans un curieux réflexe de vérification par le journaliste borgne Kikuo Toguchi qui semble en connaître bien plus sur cette affaire qu'il ne veut l'avouer. Victime de terribles trous de mémoire de plusieurs jours lorsque Shinji le psychopathe prend le dessus sur son esprit et entre entre en action pour commettre ses méfaits dont pâtissent souvent les terroristes, Kazuiko poussé à bout finira par avouer à sa collègue l'inquiétant secret qui le ronge: à l'image des autres assassins et sans en connaître la raison, lui aussi figure sur les listes de la High Bank... et lui aussi porte un étrange code-barres imprimé sur le blanc de son oeil gauche...
Avis: Ce manga est le best-seller de Shô Tajima, qui sous la houlette de Eiji Otsuka a inventé un nouveau genre, le shocking suspens, qu'il est d'ailleurs le seul à hanter de ses protagonistes à la personnalité torve et ambigüe. L'écrivain nous a pondu ici un scénario hermétique digne des meilleurs épisodes d' X-Files (dont il ne cache pas être friand et avoue même la ressemblance de Machi Isono avec Scully) doublé d'un héro torturé et partagé entre Jekyll et Hide dont il fait la parfaite synthèse. Le lecteur vite désiorienté à l'image de Yôsuké/Kazuiko plonge dans un suspens à couper au couteau, que viennent renforcer un découpage des planches similaire aux premiers plans d'un film et de nombreux flash-backs. Un soin tout particuliers a également été apporté au design de la jaquette des manga, avec pour celle du premier volume, un superbe cerveau imprimé en relief, très agréable au toucher... (euh... j'ai dit une bêtise...?) Yôsuké Kobayashi le simple flic, Kazuiko Amamiya le taciturne et Shinji Nishizono le désaxé, trois personnalités différentes mais au moins d'accord sur un point: "Les codes-barres dans l'oeil, c'est pas pratique, la caissière va encore penser que je pars sans payer..."
Egalement sur MPD-PSYCHO ou de Sho_u Tajima :
Le roman MPD-PSYCHO, de Eiji Otsuka
Le artbook Gorilla Kick, de Sho_u Tajima
Le artbook Galerians A Head, de Sho_u Tajima
Le manga MPD-PSYCHOCO, de Hirarin et Eiji Otsuka
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Intrigue: On savait les japonais particulièrement friands des "4 koma", ces petites BD parodiques en quatre cases réparties en colonnes, mais de là à s'attaquer à une oeuvre aussi glauque que MPD-PSYCHO, le pari était osé. Alors, le premier shocking 4 koma suspens est-il né ? Difficile de juger, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce livre est des plus déconcertant. En effet, si les lecteurs habitués à ces recueils humoristiques vous diront que leur contenu, souvent collectif, est assez inégal en matière de dessin et de scénario, ils vous diront aussi que le style généralement prédominant est le SD, ces petits personnages ronds et tout mignons que l'on a parfois peine à identifier par rapport à l'oeuvre originale. Je les arrête tout de suite, car ici, certes les protagonistes sont représentés en SD, mais on est très loin du "Kawaii". Hirarin signe pour MPD-PSYCHOCO l'intégralité des sketchs et je dois avouer que, m'attendant à quelque chose d'un peu plus ressemblant au remarquable travail de chara-design de Sho_u Tajima (en rétréci !), son trait vraiment très spécial m'a quelque peu désarçonné. On aime ou on aime pas, en tout cas ça n'est pas très beau. Passé cette surprise, on s'attarde davantage aux gags par eux-mêmes. Aucun d'entre eux ne faisant réellement preuve d'un humour purement visuel, il est utile de préciser qu'il est absolument impératif de maîtriser le japonais pour pouvoir les comprendre et les apprécier, même si là encore, ce qui fait rire un asiatique ne sera pas forcément drôle pour un européen, différence de goût et de culture oblige. Reste le plaisir de voir la bande à Kazuiko Amamiya se dépétrer dans des situations "critiques" ou quelques anecdotes du manga remaniées, et toujours cette sorte d'humour noir presque plus malsain que l'original ! Alors, les fans de MPD-PSYCHO aimeront-ils ce recueil de 4 koma ? Franchement je ne saurais répondre... Autant me demander qui de Sho_u Tajima ou de son héros est le plus fou !
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Intrigue: Tôkyô, la veille de Noël. La nuit est tombée sur le quartier G., théâtre de toutes les dépravations où aime à se donner en spectacle en tout anonymat le "Lézard Noir", jeune femme pulpeuse et envoûtante recherchée des services de police, dont le surnom vient du tatouage de reptile qui ondule amoureusement le long de son bras gauche. Connue pour ses nombreux cambriolages restés impunis, elle aide cette nuit-là un homme coupable d'un double meurtre à disparaître grâce à un astucieux travail de substitution, en échange duquel il devra désormais commencer une seconde vie qui lui sera entièrement dévouée. Cette nouvelle association sert en outre admirablement ses desseins, car le Lézard noir projette d'enlever très prochainement la fille de M. Iwase, un grand Joaillier d'Ôsaka, pour l'échanger par la suite contre le plus beau diamant du Japon. Ayant déjà prévenu le riche commerçant de ses attentions par une série de lettres anonymes, ceci afin d'ajouter un peu de piquant à l'affaire, celui-ci se fait paraît-il accompagner depuis lors du célèbre détective privé Kogorô Akechi, chargé de la sécurité de sa progéniture. Si cette rumeur est vérifiée, la présence imprévue d'une telle figure de la loi ne peut qu'exciter davantage le goût du risque de la cambrioleuse et promet déjà un face à face des plus intéressant...
Et en effet, Akechi se trouve bien à l'hôtel K., le plus célèbre de la capitale où est descendue la famille Iwase, bien que contrairement au père de la jeune fille, il ne prenne guère ces menaces au sérieux et a plutôt la furieuse impression de perdre son temps. Mais à n'en point douter, son comportement serait tout autre s'il n'ignorait pas que le Lézard Noir, accompagnée de son nouveau sbire, séjourne également depuis quelques jours dans le bâtiment sous le nom de Mme Midorikawa, et s'est arrangée pour s'immiscer peu à peu dans les relations du joaillier au point de devenir la confidente de sa jolie proie, Sanae. Le détective ne voit hélas en cette belle jeune femme qu'une fantasque personne qui lit un peu trop de romans policiers, au point de faire avec lui le pari que la riche héritière sera vraiment enlevée, chose qu'il juge fort improbable... Tous les acteurs de ce drame annoncé étant à leur place et la méfiance du trouble-fête endormie, la mise en scène du Lézard Noir peut à présent commencer...
Le rideau s'ouvre alors sur un dernier télégramme reçu en pleine nuit, contenant simplement ces mots: "Attention. Ce soir. Minuit." Le détective entrevoit la perspective d'une nuit blanche, contraint à jouer les sentinelles par conscience professionnelle près de la chambre de Sanae jusqu'à l'heure fatidique indiquée sur le billet, et par la même occasion, de gracieusement supporter Mme Midorikawa qu'il croit simplement obsédée par son pari. Il est bien loin de se douter que cette dernière a déjà commis son méfait en usant de la naïveté de la jeune fille, enfermée quant à elle dans une malle en route pour la gare, alors que le détective se bute à surveiller en ce moment même un simple mannequin glissé dans le lit jouxtant celui de son père. L'heure de vérité écoulée, alors qu'Akechi, sûr de lui, savoure sa victoire car persuadé que personne n'a pu pénétrer dans la chambre, Mme Midorikawa vient bientôt semer le trouble dans son esprit. Envahi par un affreux doute qui le pousse à vérifier la présence de sa protégée, il ne peut hélas que constater son cuisant échec: Sanae a belle et bien disparu, et avec elle toute sa crédibilité de détective privé. C'est à présent au tour de Mme Midorikawa de se délecter, non sans un certain amusement, du désarroi de son rival, tout en prenant garde à ne pas se trahir. Elle n'est pourtant pas, elle non plus, au bout de ses surprises, car Akechi sait rebondir dans les situations critiques et son plan comme ses douteux alliés présentent des faiblesses. Rapidement démasquée, le véritable duel va pouvoir commencer...
S'en suit alors une course-poursuite de tous les instants entre les deux ennemis, où travestissements et changements d'identité seront les clés du succès final de l'un comme de l'autre, avec pour enjeu la pauvre Sanae trimballée comme de la marchandise. Car si le Lézard Noir est depuis longtemps passée maître dans l'art de se déguiser, sa réputation à nouveau mise en cause, le détective Akechi quant à lui, va devoir faire appel à tout son flair et utiliser les mêmes armes que son adversaire s'il veut enfin la battre pour de bon, et cette fois, sur son propre terrain. Tandis que la folie malsaine de cette déesse de la nuit pour les collections se dévoile peu à peu, c'est un tout autre musée que va alors découvrir le jeune homme dans le repère de la cambrioleuse, auquel cette dernière ne dédaignerait pas inclure sa frêle captive, et pourquoi pas, son beau rival...
Avis: Une adaptation en manga réussie d'un des plus célèbres romans de Rampo Edogawa, après un passage au cinéma et au théâtre. Si certains passages ont été nécessairement raccourcis ou supprimés pour des contraintes de longueur, cela ne nuit en aucun cas au récit et l'on suit avec beaucoup de plaisir les péripéties du détective Akechi, d'autant plus que les non-japonisants, munis de la version française du roman (voir lien ci-dessous) ne devraient pas avoir de problème de compréhension. Le style old-school assez réaliste du studio JET confère beaucoup de consistance et de charisme aux personnages, et les fans d'Edogawa qui habituellement n'apprécient guère les manga pourraient bien faire une exception et se laisser séduire par celui-ci. Le studio JET ayant adapté avant cela les aventures de Sherlock Holmes et celles d'Ellery Queen en bandes-dessinées, leur talent pour la mise en images des plus célèbres polars n'est plus à démontrer. Une valeur sûre. Kuro Tokage est suivi d'une autre nouvelle d'Edogawa, Hitodenashi no Koi.
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Si vous aimez Rampo Edogawa, allez voir aussi :
Le roman "Le Lézard Noir" en version française
Le roman "Mirage" en version française
Le roman "Nanimono" en version originale
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Intrigue: Les Ténèbres grandissantes dévorent peu à peu la lumière et commencent à submerger Sairon, capitale du royaume de Cheironia, dans l'ombre gigantesque de leurs ailes funestes qui s'étendent inexorablement sur la ville, la plongeant dans un chaos spirituel des plus profond.
L'année du Chat, au commencement de la Lune Bleue. Un homme drapé de noir au visage dissimulé sous un large capuchon s'avance à travers les rues désertes et jonchées de corps sans vie, tandis que depuis les fenêtres des bâtisses résonnent les cris d'agonie des hommes frappés par la brutale épidémie de Peste Noire qui balaya la ville entière, et les prières des femmes qui voient en ces calamités un châtiment divin de la violence et de la perversion de ses citadins. Telle une épidémie bien différente de celles déjà connues de ce pays, les ombres des corps des trépassés calcinés sur les nombreux bûchers funéraires ne tardent bientôt plus à se confondre avec celles des ténèbres qui recouvrent le ciel, les seules lumières demeurant visibles dans la région étant désormais celles du ballet incessant des flammes funestes emportant les âmes des défunts vers une destination bien incertaine... Comme si quelque chose commençait à germer lentement dans ce qui n'est plus que l'ombre de la cité de Sairon, le comportement de la population ayant jusqu'ici survécu au désastre se modifie alors de façon étrange, si bien que beaucoup songent sérieusement à abandonner à jamais leur demeure...
Et pourtant c'est dans ce contexte de terreur qui restera longtemps gravé dans les esprits que la large silhouette encagoulée pénètre sans fléchir dans les bas-quartiers de la ville, malgré les sombres individus qui y ont élu domicile et les créatures sans nom qui hantent à l'avenir ces lieux. Car il s'agit en fait du chevalier Guin, le propre roi de Cheironia au mystérieux faciès de panthère et plus puissant guerrier du royaume, bien décidé à tirer au clair ce qui se trame au fin fond de la capitale et libérer son pays du mal qui le ronge...
Avis: La fameuse série fleuve Guin Saga de Kaoru Kurimoto - qui compte à ce jour pas moins de 90 romans et 18 gaïden - enfin adaptée en manga après 25 ans de parution chez Hayakawa Shobô, au rythme d'un volume tous les deux mois ! Est ici repris en bande-dessinée le tout premier hors-série Shichinin no Madôshi, en espérant maintenant que Kazuaki Yanagisawa continue sur sa lancée en nous pondant de nombreux autres manga tirés des aventures de l'Homme à face de Panthère, pour le plus grand bonheur des fans qui attendaient cela depuis des décennies et pour ceux qui auront tout le loisir de découvrir en images cette épopée qui, on l'espère, est encore loin de s'achever.
Ouvrages relatifs à l'univers de Guin Saga :
Roman Guin Saga Gaiden 3 Yuureisen
La version américaine des cinqs premiers romans
Le recueil commémoratif spécial 50ème volume
Artbooks Fantastique et Horreur