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Sommaire
---------------------------------------------- Ichigenmé wa Yaruki no Minpô 1
---------------------------------------------- Ichigenmé wa Yaruki no Minpô 2
---------------------------------------------- Hontô ni Yasashii
---------------------------------------------- Gerard to Jacques 1
---------------------------------------------- Gerard to Jacques 2
---------------------------------------------- Aï to wa Yoru ni Kizuku Mono
---------------------------------------------- Solfège
---------------------------------------------- Tsuki to Sandales 1
---------------------------------------------- Tsuki to Sandales 2
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Le manga dans ses grandes lignes : A la réputée Université Teinô, fréquentée par de nombreux fils et filles de bonnes familles, Tamiya rencontre Takaaki Tôdô. Si le premier, d'origine modeste, est un étudiant studieux qui vise le diplôme de magistrat, l'autre est le fils déluré d'un politicien véreux qui a grandi dans l'oisiveté, le luxe et le piston. En un mot, tout les oppose. Et pourtant, naîtra entre eux une curieuse amitié. Si Takaaki avoue sans complexe son homosexualité, Tamiya, bien qu'il soit le premier à s'étonner de son propre manque d'intérêt pour la gent féminine, s'obstine à voir ce fait pourtant éloquent comme un simple manque de libido, comme une volonté inconsciente de privilégier avant tout ses études. Tout en sachant son ami Takaaki amoureux de lui, dès les premiers temps de leur fréquentation, il a ainsi dressé entre eux une barrière infranchissable. Jusqu'au jour où l'arrivée d'un professeur remplaçant vient bouleverser cet équilibre précaire, obligeant Tamiya à faire face à ses démons....
Chapitre 1 (p.3): Tamiya, jeune homme studieux, vient d'entrer en
3ème année de Droit à l'Université
Teinô. Dans cet établissement, bien que ce ne soit pas
obligatoire, chaque élève atteignant cette année
de cursus est invité à se choisir une
option.
Passionné par l'application du droit dans les enquêtes
de police, Tamiya choisit donc de s'inscrire au séminaire de
Mr. Tatsumoto, professeur spécialiste du Droit Judiciaire.
Mais à peine le jeune homme fait-il part à ses amis de
son choix que ceux-ci s'en montrent étrangement
scandalisés: comment un étudiant aussi sérieux
que Tamiya a-t-il pu intégrer un TEL séminaire ? Car
Tamiya l'ignore, mais le cours dirigé par le débonnaire
Mr. Tatsumoto est devenu depuis plusieurs années le
rendez-vous de tous les lézards de la fac ! En effet,
l'Université Teinô comptant un grand nombre
d'étudiants issus de milieux très favorisés,
nombreux sont ceux qui n'ont eu accès aux études
supérieures que grâce à de
généreuses donations de leurs familles en faveur de
l'établissement. Mais si pendant les cours qui ont lieu en
amphithéâtre bondé il s'avère très
facile aux feignasses incurables de sécher, lors des
séminaires de 3ème année, qui se
déroulent par groupes au nombre restreint, difficile de
masquer son absence. Voilà pourquoi, Mr. Tatsumoto
étant réputé pour sa tolérance
(résignée) envers les tirs-au-flancs, tous les
élèves qui ne viennent à la fac que pour
contenter leurs parents ont pris la coutume de s'inscrire à
son séminaire.
En dépit
de ces révélations, Tamiya décide de ne pas
changer d'option: c'est par pur intérêt pour le Droit
Judiciaire qu'il s'est inscrit à ce séminaire; si les
autres élèves ne s'intéressent pas au cours,
après tout, ça ne le concerne pas. Néanmoins, le
soir où a lieu la petite fête donnée en l'honneur
des nouveaux inscrits, l'étudiant se rend vite compte que
cohabiter avec ses condisciples ne va pas s'avérer de tout
repos ! Parmi la joyeuse bande d'étudiants nés
coiffés, on compte le petit-fils d'un riche industriel, la
fille d'une actrice célèbre, le fils du
propriétaire d'une grande chaîne d'hôtels et
restaurants, celui du constructeur d'une grande marque d'automobiles,
la jeune directrice d'un magazine de mode, j'en passe et des
meilleures.... Mais le plus déluré de toute la bande
est sans conteste Takaaki Tôdô. Qui croirait que ce grand
jeune homme toujours prêt à faire le pitre, à la
longue chevelure ondulée semblable à un plat de
nouilles, est en réalité le fils d'un membre important
du Gouvernement japonais ? Lors de la fête de bienvenue,
à laquelle assiste également le pauvre Mr.
Tatsumoto,
chaque étudiant masculin de 3ème année est
convié à se soumettre à un curieux bizutage:
appelé "le Bonhomme Formol", il s'agit ni plus ni moins que de
plonger son pénis dans une choppe de bière et de
l'exposer à la cantonade, tel un bébé monstre
conservé dans une fiole. Se déshabillant sans
gêne aucune, Tôdô est le premier à lancer
les hostilités. Mais quand vient le tour de Tamiya, inutile de
dire celui-ci est loin de partager l'enthousiasme de son camarade !
Livide, il va pour refuser au risque de se faire mal voir dès
son entrée dans le groupe, lorsque contre toute attente
Tôdô lui sauve la mise.... en l'embrassant
langoureusement sur la bouche ! Leurs sempaïs jugeant cette
forme de bizutage encore pire que celle initialement prévue,
Tamiya échappe ainsi à la honte de devoir exposer son
anatomie.
Quelques jours s'écoulent, durant
lesquels Tamiya a l'occasion de constater que ce que lui avaient dit
ses amis était vrai: Tôdô et les autres ne mettent
pas les pieds à la fac en dehors du séminaire du
professeur Tatsumoto. A la fin du cours, désireux de faire
plus ample connaissance avec le jeune homme, Tôdô
l'invite à aller se balader: pourquoi ne pas aller skier
à Hokkaïdô ? Dans cette région, où se
trouve la meilleure station de tout le Japon, la neige possède
une texture incomparable. Seulement, Okkaïdô, ce n'est pas
la porte à côté.... Inutile de dire que Tamiya en
reste comme deux ronds de flan ! Pourtant, ce qui pourrait sonner au
premier abord comme une plaisanterie ne semble pas du tout
déconcerter les autres participants au
séminaire, qui s'empressent de demander à
Tôdô de les emmener eux aussi. Mais si Tamiya
s'était d'abord senti dépassé par ces enfants de
bourgeois capables de traverser à grands frais la
moitié du pays juste pour quelques heures de distraction,
lorsque Tôdô lui dit gentiment "Je t'offrirais le
séjour", sa stupeur se change carrément en indignation.
"Non merci, répond-il, glacial. Si c'était une
invitation raisonnable, je l'accepterais avec plaisir.
Néanmoins, je me refuse à recevoir un bienfait que je
suis incapable de payer en retour !" Et sur ces mots, Tamiya quitte
la pièce en claquant la porte. Pourtant, le premier effet de
surprise passé, loin d'être vexé par ce refus
outré, Tôdô s'en montre au contraire satisfait. Et
quand l'un de ses amis remarque à voix haute comme ce Tamiya
lui fait l'effet d'un type bien, il ne peut qu'approuver
chaleureusement.
C'est ainsi que
le lendemain, à la fin du séminaire, Tôdô
réitère sa tentative d'approche auprès de
Tamiya. Mais désireux de ne pas commettre la même
erreur, il l'invite cette fois à aller prendre un verre en sa
compagnie dans un petit bistrot situé devant la gare. Bien que
peu emballé, Tamiya accepte, à la grande joie de son
camarade. Une fois tous deux installés devant leur verre de
bière, Tamiya profite de se trouver seul avec Tôdô
pour le remercier de l'avoir sauvé lors de la soirée de
bienvenue: grâce à son intervention, il a pu
éviter le bizutage du "Bonhomme Formol", alors que tous les
autres
garçons
de 3ème année ont dû s'y soumettre. Amusé,
Tôdô répond à l'étudiant de ne pas
s'en faire pour ces mecs-là: ils les connaît bien, ce
sont des adeptes de partouzes en tous genres, habitués par
conséquent à exposer en public leur anatomie ! Cette
déclaration n'est pas sans choquer le sérieux Tamiya,
qui après l'avoir digérée en silence, avoue
franchement: "...Je serais incapable de mener votre genre de vie. Je
ne parviendrais même jamais à l'apprécier." Mais
sans s'offusquer, Tôdô répond dans un sourire:
"C'est justement ce que j'aime chez toi. Tamiya, nous allons bien
nous entendre." Et sur ces mots, Tôdô avance la main pour
effleurer celle de son camarade.... main que Tamiya retire vivement,
pris d'une répulsion instinctive. "Tiens, me serais-je
trompé ? s'étonne Tôdô à voix haute.
Quand je t'ai embrassé l'autre soir, il m'avait pourtant
semblé que tu étais comme moi."
Un peu plus tard, c'est complètement
bouleversé que Tamiya rentre à son domicile. Ce n'est
pas tant la méprise de son nouvel ami qui le tourmente que sa
propre réaction au fait qu'on le croie homosexuel. Car le
jeune homme a beau refuser d'admettre cette possibilité,
depuis très longtemps déjà, cette idée
lui trotte dans la tête. Ainsi, quand il était
lycéen, tout en sachant
que l'une de ses
amies était très amoureuse de lui, il s'était
obstiné à jouer celui qui ne se rend compte de rien.
Pourtant, c'était une fille qu'il aimait bien, et il n'y avait
personne d'autre dans sa vie. Mais malgré tout, il n'avait pas
éprouvé le désir de tisser avec elle autre chose
qu'un lien d'amitié. Quand un jour l'un de leurs amis communs
lui avait légèrement reproché son
indifférence, Tamiya avait été jusqu'à le
frapper ! Si aujourd'hui encore l'étudiant ne parvient pas
à s'expliquer sa réaction exagérée, de
là à reconnaître appartenir à la
même espèce que ce dévoyé de
Tôdô, il y a tout un monde....
Quelques semaines s'écoulent, voici
venu le temps des premiers partiels. A cette occasion, les
amphithéâtres voient le nombre de leurs occupants
pratiquement doubler, tandis que les lézards de la fac se
décident enfin à venir aux cours. Mais ce n'est pas
tant pour tenter de rattraper le temps perdu que pour tâcher
d'emprunter leurs notes aux autres élèves. En effet le
premier examen, dont le but est surtout de vérifier si
l'étudiant a bien assisté aux cours durant le
trimestre, autorise à utiliser toutes les notes prises en
classe. L'on voit donc chaque sécheur se mettre en quête
d'un camarade compatissant afin de mendier des photocopies, car une
fois ces précieuses notes obtenues, même quelqu'un
n'ayant jamais mis les pieds en classe peut espérer obtenir un
bon résultat. Tôdô fait évidemment parti du
lot de ces resquilleurs. Mais à peine a-t-il
pénétré
dans
l'amphithéâtre qu'un coup d'oeil à Tamiya suffit
à lui faire comprendre que le jeune homme ne lui a toujours
pas pardonné sa méprise de tantôt. Il va donc
s'assoir plus loin, n'osant lui adresser la parole. D'autres n'ont
pourtant pas la même froideur à l'égard du fils
de politicien, car à peine a-t-il fait son apparition que de
nombreux élèves viennent le saluer, et souvent le
remercier d'un bienfait qu'il leur a procuré grâce
à l'influence de son père. Tamiya, qui observe la
scène du coin de l'oeil, peut ainsi constater que toujours
prêt à se rendre utile aux autres, Takaaki
Tôdô jouit d'une grande popularité ! "Avec un tel
fanclub, il n'aura aucun mal à taxer ses notes à
quelqu'un d'autre", grommelle intérieurement Tamiya vaguement
jaloux.
Mais le soir venu, alors qu'avant de
s'endormir le jeune homme se remémore malgré lui ce
baiser échangé avec son étrange camarade, la
sonnerie du téléphone vient subitement interrompre sa
langoureuse rêverie. Il s'agit de Mlle Fuwa, qui partage avec
lui le séminaire Tatsumoto, qui le supplie de bien vouloir lui
fournir des photocopies en trois exemplaires de ses notes pour elle
et deux autres de leurs camarades malchanceux. Dans la foulée,
Fuwa annonce également à Tamiya une terrible nouvelle:
le père de Takaaki vient juste de se faire arrêter pour
corruption. Voilà qui risque de mettre un terme à sa
carrière
de politicien,
sans compter les conséquences que cette
déchéance va impliquer pour le pauvre Tôdô,
et ce juste avant les examens ! Le lendemain, jour du premier
partiel, tout le monde est déjà au courant de
l'arrestation du député, la nouvelle ayant
été largement retransmise aux infos de la veille. C'est
donc sous les regards en coin et les chuchotements que Takaaki,
maussade, fait son apparition dans l'amphithéâtre. Lui
d'habitude si courtisé, auprès de qui tout le monde
s'empressait, le voilà d'un coup mis au banc de la
société ! Pire, le jeune homme est venu les mains
vides: après ce qui lui est arrivé, personne ne s'est
proposé pour lui prêter ses notes, et lui-même
n'aurait osé aborder quelqu'un pour demander des photocopies.
Même ses amis les plus proches, ceux qui partagent avec lui le
séminaire Tatsumoto, se détournent à son
approche, nullement disposés à lui venir en aide. A
Tamiya indigné par ce comportement odieux, ils expliquent que
vu que leurs parents sont eux aussi des gens célèbres,
s'ils continuent d'être amis avec le fils Tôdô, ils
risquent d'être à leur tour éclaboussés
par les médias.
Presse,
télévision, piston, voilà qui n'est pas pour
influencer Tamiya, que rien n'énerve davantage que l'injustice
! En un instant, sa décision est prise. S'approchant de
Takaaki venu courageusement tenter sa chance à l'examen bien
qu'il n'ait suivi aucun cours, il jette son cahier de notes devant
lui. "Pousse-toi un peu ! ordonne Tamiya d'une voix forte afin qu'il
puisse s'assoir auprès de lui. Je vais ouvrir mon cahier
devant toi de façon à ce que tu puisses le consulter.
En échange, prend bien garde à ce qu'on ne remarque pas
notre combine ! Et surtout ne te méprends pas ! ajoute
l'étudiant, ignorant les paroles de Takaaki qui le remercie
tout en lui recommandant cependant de parler moins fort. Je ne t'ai
toujours pas pardonné ce que tu m'as dit dans le bistrot
l'autre jour. Néanmoins, ce qui me met encore plus hors de moi
c'est le comportement de tes amis ! N'est-ce pas justement dans des
moments pareils que l'on prouve son amitié ?!!" A ces mots, le
premier moment de surprise passé, un doux sourire vient
éclairer le visage de Takaaki. Il reconnaît bien
là Tamiya et ses grands principes désuets ! Mais c'est
justement ce qu'il aime chez lui, et il ne se prive pas de le lui
répéter....
Après l'examen, alors que les deux
étudiants cheminent ensemble sous les arbres du campus,
Takaaki recommande à Tamiya de ne pas trop s'en faire pour la
réaction de ses amis: il comprend leur point de vue, ajoutant
que d'ailleurs Tamiya lui-même ne tardera pas à
s'habituer à ses revers de popularité. Ce dernier qui
ne décolère toujours pas ne comprenant rien à
ses propos, Takaaki se met alors en devoir de lui citer toutes les
affaires louches dans lesquelles sont paternel a été
impliqué durant sa carrière. Entre pots de vin,
malversations et corruption, c'est cela, une vie de
député ! Mais une fois le scandale apaisé, le
politicien étant bien trop roublard pour que les
soupçons pèsent longtemps sur lui, Takaaki est
convaincu que les choses redeviendront comme avant et que tous ses
amis l'entoureront à nouveau. Tout perdre à cause d'un
simple revirement de fortune, c'est le risque qu'encourent ceux qui
ne survivent que grâce à la richesse et à la
puissance de leurs parents. Voilà pourquoi Takaaki dit
à Tamiya qu'il souhaiterait vraiment que ce dernier cesse de
dire du mal de leurs
camarades du
séminaire. Et s'il ne promet rien, Tamiya reconnaît
qu'à sa façon, Takaaki sait lui aussi faire preuve de
grandeur d'âme. Montée dans son estime qui retombe vite
en flèche lorsque l'autre jeune homme ajoute, l'air de rien:
"Et puis je t'ai, toi, alors peu importe les autres." - "Je...! Je ne
suis pas gay !" s'insurge aussitôt Tamiya livide. - "Je sais,
je sais. Mais tu seras quand même mon ami, n'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?" Si Tamiya vaguement conscient de s'être fait
avoir ne répond rien, il ne proteste pas non plus. Alors,
même si Takaaki est encore loin de voir son amour payé
de retour, en obtenant l'amitié d'un garçon tel que
Tamiya, il a déjà le sentiment d'avoir fait un grand
pas....
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