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Le Dieu Mi-Bête © Yoshitaka Amano-B.Yumémakura

 

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Les images qui figurent sur cette page sont (c) de leurs propriétaires respectifs et sont ici uniquement pour illustrer les propos des articles. Merci de ne pas les copier.

 

* Sommaire *

 

--Kyûketsuki Hunter D

---------------------------------Kyûketsuki Hunter D

---------------------------------Vampire Hunter D E Konté Shû

---------------------------------Kyûketsuki Hunter D Dokuhon

 

Guin Saga

---------------------------------Yoshitaka Amano Guin Saga Illustrations

---------------------------------Jun Suemi Guin Saga Illustrations

---------------------------------Guin Saga Handbook 1 et 2

---------------------------------Guin Saga Perfect Book

---------------------------------Guin Saga Dokuhon

---------------------------------Guin Saga Official Navigation Book

 

---------------------------------Yamigarishi 0 Kôshiki Dokuhon

 

* Index *

 

 

 

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© Yoshitaka Amano - Asahi Sonorama

Kyûketsuki Hunter D

-----Auteur: Yoshitaka Amano ------------Références: Asahi Sonorama

-----Nombre de pages: 393----------------Format: A5

 

Présenté dans un coffret cartonné et exclusivement dédié à l'oeuvre de Hideyuki Kikuchi, ce volumineux artbook au format plutôt curieux (une brique ??) regroupe toutes les illustrations couleurs et dessins noir et blanc de Yoshitaka Amano réalisés pour les romans Kyûketsuki Hunter D. A noter que ceux qui auraient manqué la sortie de Kan Oké, luxueux artbook A3 à environ 230 Euros et lui aussi consacré au Vampire, retrouveront ici toutes les reproductions de cet ouvrage en tirage limité en édition ordinaire et bien moins onéreuse.

Le livre débute par une nouvelle inédite,"D - A Village in Fog", histoire de vous mettre dans l'ambiance avant d'engager les hostilités. Un monde de ténèbres s'ouvre alors à vous, dominé par une unique créature, soit, mais pas des moindres: le Dampil dans toute sa splendeur. Mi-humain, mi-vampire, rejeton de Vlad Tepes l'Empaleur, D étale son charisme au fil des pages, et c'est un vrai bonheur que de retrouver pour la première fois la quasie totalité des illustrations qui ont fait de lui le vampire le plus classe de l'histoire du roman japonais. Il est évident qu' Amano n'est pas pour rien dans le succès du best seller de Hideyuki Kikuchi, et l'ambiance générale du livre aurait été tout autre s'il n'y avait pas mis son grain de sel. L'auteur et l'artiste étaient faits pour se rencontrer, c'est certain. De part son style tout à fait atypique et glauque, Amano a su parfaitement retranscrire la noblesse du héro dont la description correspond, par définition, au genre de personnages propres à l'identité graphique d'Amano: teint pâle (obligé, c'est un vampire!), visage fin, bouche couleur de sang, et même le grand chapeau noir (déjà présent dans d'autres illustrations antérieures à Vampire Hunter D). C'est à croire l'écrivains a élaboré la description de son personnage en songeant déjà au dessinateur qui travaillerait pour lui.(Cette impression est également décelable dans Kimaïla, lui aussi illustré par Yoshitaka Amano.) Seule chose étrange que l'on pourrait reprocher à Amano: D apparait sur certaines illustrations couleurs et couvertures de romans avec des cheveux couleur crème alors que le texte précise bien qu'ils sont bruns, détails pourtant parfaitement respecté dans les deux films, y compris celui dont il a été le character designer. A noter également que de la genèse graphique du héro à son design actuel, D a subi une véritable évolution, particulièrement visible une fois tous ces dessins réunis en un seul livre et due en partie à la mutation du style d'Amano, se rapprochant probablement de plus en plus de l'image que l'écrivain voulait lui donner. D dans ses premières apparitions avait nettement moins d'allure que dans sa version finale, et n'avait pas encore acquit cette dimension particulièrement étrange qui fait de lui un personnage reconnaissable au premier coup d'oeil...

© Yoshitaka Amano

Ci-dessus: D-Nocturne, et D-Murderous Enchantment dont le second film de Vampire Hunter D est tiré, tous deux publiés chez Asahi Sonorama. Sur la couverture de droite, vous remarquerez Meïer Link et Charlotte avant leur lifting pour leur passage au cinéma...

Mais revenons au artbook proprement dit. L'intégralité des aquarelles présentes dans les précédents recueils du dessinateur, à savoir Maten, Hiten et Biten sont ici regroupées en un même ouvrage, mais du fait d'une mise en page contestable et pour le moins fantaisiste, d'un format peu approprié ou tout simplement dans un souci de disposition dynamique, elles ont été amplement coupées. Les fans devrons donc aller fouiner du côté des autres artbooks de l'artiste afin de les avoir complètes, ce qui est bien dommage pour ceux qui, en dehors de Vampire Hunter D, ne sont pas spécialement sensibles à son style, surtout lorsque l'on connait le prix élevé de ces livres. Une très grande quantité de peintures inédites a été néanmoins rajoutée pour cette édition, ce qui en fait un recueil absolument indispensable pour les fans. Le livre rassemble également l'ensemble des travaux réalisés pour l'illustration des magazines où le roman était publié à l'époque, mais aussi celles des K7 bunko, calendriers et autres déclinaisons d'une même peinture sur divers supports. Les dessins noir et blanc quant à eux, ne sont pas en reste puisque sont également présentés ceux qui n'avaient pas été sélectionnés pour la version finale des bunkos. Seul petit repproche, si certains dessins sont superbement mis en valeur car imprimés sur un luxueux fond doré, d'autres ont été reproduits sur des pages roses, voire jaune fluo d'un goût plus que contestable... La partie artworks s'achève par la révélation d'une facette peu connue du Dampil: sa déclinaison en SD !! Prenez Mog, habillez-le de noir, mettez-lui un chapeau, et voilà ! Il est évident qu'on ne verra pas souvent le chasseur de vampire se promener sous cette allure, on comprendrait alors pourquoi il se cache sous son chapeau !(est-ce son véritable visage...?)

Passé ce choc pour le moins inattendu, arrive alors le chapitre le plus insupportable pour un fan européen, celui des goodies: cartes téléphoniques et cartes oranges ayant bénéficié de la patte de l'artiste (tout simplement magnifiques !), T-shirts de D peints sous forme de street graphities, tout est là pour vous faire rappeler que nous pauvres français sommes très loin de pouvoir rafler la moindre production exclusive, alors que même les américains en ont eu leur part (il n'y a qu'à regarder les photos du studio d'Amano à New York, qui c'est chargé de l'élaboration de son site web). Et on finit en beauté histoire de vous achever pour de bon avec les photos des BRONZES !! Au nombre de deux, superbe statue de D brandissant son épée et reproduction de son visage cerné de roses, exposées sous différents angles pour bien remuer le couteau dans la plaie, on n'imagine même pas le prix de pareils bijoux. Un conseil: tournez vite la page et oubliez-les vite; ça n'était qu'un cauchemar...

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© Yoshitaka Amano

D-Icone Sorcerer-----------------------D et Doris

Vous l'aurez compris, ce artbook est, malgré certains petits défauts vite oubliés, un véritable régale pour ceux qui vampirise du regard tout ce qui se rapporte au chef d'oeuvre d'Hideyuki Kikuchi. Faisant la synthèse de tout ce qui se rapporte à l'univers de D, il le replace dans son contexte vampirique et ténèbreux le plus complet, nous dévoilant sa richesse et sa complexité. On pourrait croire qu'il ne manque plus dans cet ouvrage que les mots de Kikuchi pour lui redonner vie, mais avec tant de charisme, le prince des vampires n'a-t-il pas acquit depuis longtemps une vie qui lui est propre sans avoir besoin de l'écrivain pour le faire vivre ? Nul doute que D lui survivra bien après sa mort...car un vampire, même semi-humain, est immortel...

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© Yoshitaka Amano

 

 

Article sur le roman de Hideyuki Kikuchi

Page shopping Yoshitaka Amano

 

 

© Kawajiri Yoshiaki - Asahi Sonorama

Vampire Hunter D

E Konté Shû

 

-Auteur: Kawajiri Yoshiaki-------------------Références: Asahi Sonorama

-Nombre de pages: 648----------------------Format: A5

 

Décidément, c'est à croire que Kyûketsuki Hunter D s'est spécialisé dans les formats de type "brique", avec ici un volumineux ouvrage qui ne contient rien moins que la totalité des storyboards signés Kawajiri Yoshiaki et réalisés pour le second film de Vampire Hunter D qui, je vous le rappelle, est lui-même tiré du roman de Hideyuki Kikuchi D-Murderous Enchantment.

Le livre se suit donc à la manière d'une bande-dessinée tout en croquis cernée de petites annotations (illisibles !) et nous offre une tout autre vision du film. En effet, la vitesse de lecture du storyboard n'étant pas du tout la même que celle de défilement des images à l'écran, vous pourrez à loisir apprécier la subtilité des angles de caméra et autres jeux d'enchainement de plans qui viennent enrichir la mise en scène et pas forcément décelables lors d'un premier visionnage du film.

 

© Kawajiri Yoshiaki

L'arrivée de D... sous vos applaudissements !!

 

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© Kawajiri Yoshiaki

 

Vampire Hunter D E Konté Shû s'ouvre et se clos sur les travaux de chara-design couleurs et noir et blanc de Kawajiri Yoshiaki pour les différents personnages, lieux, décors et machines du film. L'artiste a apparemment pris grand soin de respecter le style originel de Yoshitaka Amano (particulièrement visible dans les profils des protagonistes), et le résultat est assez réussi malgré quelques traits un peu trop anguleux au niveau des visages. D est plus imposant que jamais et garde toute sa classe de Dampil chasseur de vampires; l'univers post-apocalyptique décrit par Hideyuki Kikuchi dans lequel il évolue est quant à lui parfaitement retranscrit. Les décors sont sombres et sublimes, les personnages créés par Amano semblent comme tout droit sortis du roman d'origine et ont tous gagné en volume. Seul petit bémol, le design de Leila n'est pas des plus réussis et a visiblement été conçu pour attirer la gente masculine américaine avec sa coupe de garçon mal coiffé et sa combinaison moulante rouge flashi, ce qui n'est pas du goût de tout le monde. Quoi qu'il en soit, Meïerlink et sa Charlotte forment un superbe couple et la Main Gauche de D reste toujours égale à elle-même (Si, si ! C'est important !). Pas besoin de davantage de longs discours, les images parlent d'elles-mêmes.

 

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© Kawajiri Yoshiaki

QUI a osé demander qui c'est ?!

 

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© Kawajiri Yoshiaki

Ci-dessus: A gauche, le chara-design de Meïerlink. Remarquez aussi le travail de Kawajiri sur les yeux des vampires. A droite, mention spéciale pour les jeux d'expression de l'imposant Borgoff des Markus Brothers.

 

© Kawajiri Yoshiaki

Le design de Charlotte a été particulièrement soigné.

 

Que dire de plus de cet épais recueil ? Si vous êtes un fan de Vampire Hunter D, il vous le faut absolument, il existe si peu d'ouvrages sur cette série que vous ne serez pas ruiné à compléter votre collection, le mieux étant autant que possible de visionner le film avant de feuilleter le storyboard, histoire de ne pas briser le suspens. Peut-être avez-vous eu d'ailleurs déjà l'occasion d'en avoir quelques aperçus dans le jeu vidéo du même titre sorti il y a quelques temps sur Playstation, qui certes était loin d'être exempt de défauts mais avait le mérite de nous plonger dans l'univers de D et de nous offrir une ambiance hors du commun. En attendant la sortie du film en France, vous pourrez toujours vous délecter des croquis de Kawajiri Yoshiaki qui sur ce point a fourni un travail remarquable. Patience !

 

© Kawajiri Yoshiaki

" Salut chou ! "

 

Article sur le roman de Hideyuki Kikuchi

 

 

 

© Yoshitaka Amano - Asahi Sonorama

Kyûketsuki Hunter D

Dokuhon

Rédaction: Asahi Sonorama----Références: Asahi Sonorama Enshûbu Hen

Nombre de pages: 208----------Format: A5

 

Voilà près de vingt ans que Hideyuki Kikuchi donna naissance au maintenant célèbre Chasseur de Vampires, avec depuis lors plus d'une vingtaine de volumes sortis à ce jour chez Asahi Sonorama. Il était donc grand temps d'établir un guide de cette série mythique, et quelle plus belle aubaine que la sortie du dernier film de Vampire Hunter D, également prétexte à y glisser quelques images pour appâter les fans vers les salles obscures.

Plus qu'un simple guide, ce livre replace Kyûketsuki Hunter D dans son contexte vampirique le plus complet, aussi bien dans le déroulement du scénario que le contexte littéraire et cinématographique dans lequel cette oeuvre a germé et progressé au fil des années. Ainsi l'auteur nous explique-t-il, à travers des photos de son lieu de travail, la naissance et l'évolution de son oeuvre majistrale et de sa Créature, sans ommettre les caractéristiques fondammentaux qui composent son univers dont l'origine, entre autres, de l'initiale "D" qui fait office de nom au héros, et bien sûr sa non-moins populaire Main Gauche.

Outre cet avant-propos déjà très prometteur, c'est tout un historique du vampirisme dans le monde du livre à travers les âges qui nous est alors conté, abordant les éléments récurrents à chaque récit (Camilla...), appuyé de nombreuses références d'ouvrages arborant ce thème pour le plus grand bonheur des fans de Buveurs de Sang. On retiendra notamment Dracula de Bram Stoker adapté en japonais par Hideyuki Kikuchi dans un recueil illustré par Yoshitaka Amano, superbe (un prochain article lui sera d'ailleurs spécialement consacré sur ce site).

"J'ai les crocs..."

Faisant suite à cette petite anthologie du vampirisme dans un chapitre suivant cette fois-ci tout en couleurs, la rédaction d'Asahi Sonorama a trouvé une occasion, avec la sortie du dernier film de Vampire Hunter D, de nous retracer l'histoire du Mythe du Vampire sur nos écrans, aussi bien au cinéma que dans les séries télévisées, live et dessin-animés confondus. De Nosphératu à Dracula, en passant par Captain Krono Vampire Hunter, Blade, Buffy et dernièrement Blood the Last Vampire, on remarquera que l'image du vampire élégant et entouré de mystères d'une autre époque s'est peu à peu effilochée pour faire place à une vision plus moderne et brutale du Buveur de sang, voire inadaptée, en adoptant une autre approche du Mythe qui s'en voit dénaturé à travers des productions plus actuelles et souvent sans âme. Cette partie cinéma se clos par quelques images alléchantes du dernier film de Kyûketsuki Hunter D qui lui garde tout le charisme du Comte aux dentelles moisies, suivies de l'interview du Staff et de l'écrivain illustrée d'un story-board et chara-design du Chasseur de Vampires. Que demande le peuple ! La suite au cinéma...

La dernière partie du livre est de loin la plus intéressante pour tout fan du roman qui se respecte, car c'est là que l'appellation de guide absolu prend tout son sens, avec un épais glossaire regroupant moult informations sur les différents protagonistes, créatures, lieux et objets ayant trait à la série, le tout illustré avec humour par Sakashita... Enfin, ceux qui ne possèdent pas les artbooks Kan Oké et Maten seront sans doute ravis de retrouver au fil du recueil les nouvelles auxquels elles avaient été rajoutées, à savoir Izobel no Shôzôkaku et D-Armageddon, suivies de D-Kiri no Mura ( D-Village in Fog du artbook Kyûketsuki Hunter D ) et D-Yoru no Kaidônité, que Yoshitaka Amano se charge toujours d'agrémenter avec talent. Un poster dépliant en couleur de l'artiste a d'ailleurs été inséré en début d'ouvrage.

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© K. Sakashita---------------------------------© Yoshitaka Amano

D vaudou poupies ! - "Nom de Nom ! C'est une main qui me parle !"

Véritable mine d'informations pour les fans de Vampire Hunter D mais aussi pour les mordus de vampirisme en général, cette petite anthologie du Buveur de Sang restera probablement longtemps l'ouvrage de référence pour qui veut se fondre dans l'univers du Chasseur de Vampire le plus célèbre du Japon. A consommer sans modération jusqu'à la dernière goutte...

Un vampire au claire de lune...

 

Article sur le roman de Hideyuki Kikuchi

 

 

 

 

© Yoshitaka Amano - Hayakawa Shobô

Guin Saga

Gashû

Auteur: Yoshitaka Amano---------------------Références: Hayakawa Shobô

Nombre de pages: 120-------------------------Format: 25 x 25 cm

 

Afin d'assurer l'illustration de la très longue épopée de Guin Saga, Hayakawa Shobô a dû faire appel au fil des années et des volumes à bien des artistes tant les romans s'enchaînaient rapidement et ce travail devenait fastidieux. C'est ainsi que se sont succédés, parmi d'autres dessinateurs non moins talentueux, de grands noms dans le domaine artistique, dont on retiendra notamment Yoshitaka Amano puis Jun Suémi. Ce artbook dâtant de 1996 et loin de couvrir la totalité de ses oeuvres, réunit ici les plus belles peintures de Amano exclusivement dédiées à cette série de romans, et ceci des volumes 20 à 50 et des hors-séries 6 à 9.

Le recueil comportant plus d'une centaine de pages couleurs, est divisé en trois grands chapitres où sont reparties les illustrations relatives aux trois personnages principaux de l'épopée de L'Homme à Tête de Panthère, à savoir Guin, Istvan et Nalis, et différents protagonistes qui leur sont intimement liés. Chaque entête de chapitre est agrémenté d'un petit essai de l'écrivain on ne peut plus prolifique Kaoru Kurimoto, au cours duquel elle nous brosse le portrait des trois héros de la série et nous confie ses sentiments sur le travail fourni par Amano et le charisme que l'artiste a su leur apporter.

 

©Amano

Ci-dessus: Guin, L'Homme à Tête de Panthère et personnage principal de Guin Saga. Son visage de félin n'enlève rien à son charme indéniable et sa classe de guerrier mi-bête. A droite, la couverture du volume 22 "Ummei no Ichinichi". L'influence des portraits Renaissance sur le travail de l'artiste est ici particulièrement visible. Guin Saga reste à ce jour l'un des plus beaux travaux d'illustration d'Amano.

 

© Y. Amano

Ci-dessus: Istvan, considéré sur de nombreux points comme le frère jumeau de Guin, tant leur caractère sont opposés. A droite, Kameron, capitaine de l'Olnius. Entre amour paternel et véritable passion amoureuse, le choix s'avère difficile pour ce capitaine de vaisseau de Valachia qui a juré fidélité et protection au jeune homme. Notez que ces deux personnages sont censés avoir la peau bistre, détail visiblement dur à respecter par le dessinateur qui leur préfère souvent un teint de lavabo... On peut aussi trouver à Kameron un petit air de Cayenne de Final Fantasy VI (Mister Thou !).

 

Outre les illustrations de couverture propre à chaque volume ou insérées en début d'ouvrage, vous trouverez également celles ayant servi à garnir quelques goodies depuis longtemps introuvables, cartes téléphoniques, posters, game book et même une couverture de SF Magazine de 1985 où était prépublié le roman, le plus douloureux restant tout de même la pénible vision des jaquettes des CD soudtrack et Drama, qui ne seront probablement jamais réedités (snif). La fin du recueil vous réserve cependant une bonne surprise puisqu'elle regroupe tous les croquis de l'artiste utilisés pour le stylisme des costumes portés par les comédiens s'étant produits dans les comédies musicales de 1991 et 1995 et tirées de Guin Saga, respectivement intitulées Magnolia no Kaizoku (adaptée de Guin Saga Gaiden 9) et Honô no Gunzô (oeuvre originale). Ici et comme à son habitude en tant que designer, Amano laisse de côté ses peintures léchées et foisonnant de petits détails pour en venir au fait avec des croquis aux couleurs violentes, simulant les corps d'un trait ample et délié pour ne favoriser que l'aspect purement informatif de l'épure. Cette virtuosité du crayon nous ramène en soi à ses travaux de chara-designer pour les différents Final Fantasy; il ne restait plus qu'à souhaiter bon courage aux reines de l'aiguille pour confectionner de tels costumes, pourtant souvent simplifiés dans leur version finale.

 

© Y. Amano

Ci-dessus: La jaquette d'un des CD Drama. A droite, une planche de croquis au pastel gras pour la comédie musicale Honô no Gunzô. Les costumes de cette oeuvre sont d'un style plus classique que ceux de Magnolia no Kaizoku, avec moins de fanfreluches "à la Kefka". Fait rarissime, Amano a decidé de les présenter sur papier coloré, ici brun, idée plutôt curieuse lorsqu'il s'agit d'y faire figurer Istvan qui a déjà la peau très foncée...

 

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Ci-dessus: Parfaite charnière entre l'Heroïc-Fantasy et le Fantastique, le monde de Guin Saga peuplé de goules et d'un bestiaire très riche a vu son architecture quelque peu modifiée lorsqu' Amano y a ajouté une petite touche personnelle...

 

Il est également intéressant de noter que ce artbook offre une possibilité d'analyse de l'évolution du style graphique et pictural de Yoshitaka Amano au fil des années, particulièrement visible ici du fait qu'il couvre l'oeuvre de l'artiste sur dix ans (de 1985 à 1995), de ses plus belles peintures aux prémisses de sa période décadente. En effet, au cours de sa carrière d'illustrateur, sa technique de peinture et sa gestuelle dans le tracé des corps et des drapés ont subi une véritable mutation de style. Si ses premiers travaux font preuve d'une grande délicatesse et souplesse de trait, avec des costumes recherchés aux plis soigneusement repartis et décorés de toujours plus de bijoux et autres colifichets tordus noyant les personnages dans leurs vêtements, l'expression picturale d'Amano se simplifie peu à peu pour une peinture moins dense, plus épurée, parfois proche du pointillisme ou du croquis, sans artifices superflus. Son trait devient plus nerveux et les petits détails qui faisaient tout le charme et la richesse de ses premières illustrations se font plus rares, seulement signifiés par de rapides tâches colorées. Si le charisme des personnages est lui toujours bien présent, la magie de ses tableaux les plus mémorables s'estompe peu à peu. Il faut savoir que Yoshitaka Amano est un artiste très demandé donc débordé, peut-être est-ce la raison d'un tel manque de finition, peut-être est-ce volontaire, le fait est que ce phénomène est remarquable pour l'ensemble de ses travaux d'illustrations (Vampire Hunter D, Kimaïla...) et non pas seulement pour Guin Saga qui a été relativement épargné, ce qui donne une toute nouvelle identité visuelle à sa peinture et pas toujours appréciée par ses anciens adeptes.

 

"Non Madame, je ne suis pas le Chat Botté."

 

Il n'y a pas à le dire deux fois, même s'il n'est pas épais Guin Saga Gashû est sûrement l'un des plus beaux artbooks de Yoshitaka Amano, donc absolument indispensable à tout fan de l'illustrateur comme de l'Homme à Tête de Panthère qui se respecte. Il est si rare de trouver un recueil dédié aux oeuvres d'une même série qu'il serait dommage de ne pas en profiter, d'autant plus que celui-ci commence à franchement dâter. Il est cependant regrettable qu'il n'en existe pas regroupant les superbes peintures de June Suémi et des autres auteurs (Naoyuki Katoh et Shinobu Tanno) qui auraient mérités un peu plus de reconnaissance et d'ouvrages sur leur oeuvre commune, ne serait-ce que par respect pour le travail intensif que l'illustration d'une si longue série peut apporter. Yoshitaka Amano continuera de l'agrémenter de son étrange vision du monde jusqu'au volume 56, mais avec bien moins de passion et de soin qu'auparavant. Il était grand temps que Jun Suémi prenne le relais pour redonner souffle à l'identité visuelle de la Saga de Guin...

Note: Cet article n'étant plus de toute première jeunesse, je me devais de vous annoncer la bonne nouvelle: deux nouveaux recueils de Jun Suemi viennent de voir le jour, et parmi eux un artbook tout spécialement dédié à son approche du monde de Guin Saga... Mieux vaut tard que jamais !

 

© Yoshitaka Amano

 

 

 

 

Ouvrages relatifs à l'univers de Guin Saga :

Le roman de Kaoru Kurimoto

Roman Guin Saga Gaiden 3 Yuureisen

La version américaine des cinqs premiers romans

Le manga de Kazuaki Yanagisawa

Le artbook de Jun Suemi

Les Handbooks

Le Perfect Book

Le recueil commémoratif spécial 50ème volume

L'Official Navigation Book

Page shopping Yoshitaka Amano

 

 

 

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© Kaoru Kurimoto - Hayakawa Shobô

Guin Saga Handbook 1 et 2

 

Rédaction: Hayakawa Shobô Henshûbu, supervisé par Kaoru Kurimoto

Références: Hayakawa Shobô

Nombre de pages: 344 et 312-----------Format: Bunko (A6)

 

Face à la constante évolution d'une de ses plus anciennes et populaires séries de romans, Hayakawa Shobô a fini, au bout de onze années de publication régulière, par se rendre compte qu'il était grand temps pour son équipe de se pencher sur le cas Guin Saga. C'est donc en 1990 que la maison d'édition se décide à nous livrer enfin un unique livre de poche de tout de même 351 pages, avec pour mission de nous révéler les secrets de ce monde fantastique dans leurs moindres détails. Devenu hélas, vite obsolète comparé à la vitesse à laquelle Kaoru Kurimoto, qui ne comptait pas pour autant s'arrêter d'écrire, poursuivait son récit, voilà qu'en 1999 Hayakawa Shobô se résout à retenter l'expérience pour les 20 ans de l'épopée de l'homme à tête de panthère.

Mais dès lors, un seul ouvrage ne suffit plus à contenir l'étendue de cette oeuvre perpétuellement étoffée. C'est donc deux livres qui voient le jour sous la scrupuleuse supervision de Kaoru Kurimoto, le premier reprenant a priori le contenu de son prédécesseur en s'intéressant davantage aux volumes 1 à 34 et gaiden (hors-séries) 1 à 8, tandis que le second s'achève au tome 66 et gaiden 15. Vous aurez remarqué qu'à l'heure où j'écris ces lignes, ces deux handbooks sont à nouveau largement dépassés par la longueur de cette aventure qui compte à ce jour pas moins de 93 numéros principaux et 19 hors-séries... Peu importe, l'essentiel pour l'instant étant qu'ils nous proposent de solides bases avant de nous jeter à corps perdu dans un scénario toujours plus complexe et riche en rebondissements, en le rendant un peu plus accessible. Dépaysement garanti !

La première chose qui saute aux yeux, c'est que les deux ouvrages suivent à peu de choses près le même schéma dans leur contenu, en s'ouvrant en guise d'avant-propos sur de copieuses interviews, l'auteur Kaoru Kurimoto en tête, cela va de soi. Qui d'autre en effet pourrait nous dépeindre de la façon la plus juste son univers, vaste mélange des genres ? En nous contant dans cet entretien intimiste la naissance de son roman, l'écrivain analyse son oeuvre ainsi que la psychologie complexe et extrêmement humaine de ses personnages à travers de nombreux thèmes, poussant parfois davantage vers l'essai. Simples fans, collaborateurs ou personnalités telles que Naoyuki Katoh, Yoshitaka Amano et Jun Suemi ayant contribué dans leur domaine à l'édification du mythe, semblent eux aussi tous prêts à nous donner leur avis. A noter qu'à l'image de certains chapitres composant les deux recueils, la quasi totalité de ces interviews figuraient déjà dans le SF Magazine de décembre 1982, spécialement dédié à Guin Saga. Belle intention vu que ce numéro est bien évidemment introuvable depuis fort longtemps.

Avec ces précieuses pistes de lecture en tête, nous voilà fin prêts à rentrer dans le vif du sujet et nous forger notre propre idée sur la richesse du monde de Kurimoto. A travers les résumés de la totalité des 66 épisodes et 15 gaiden déjà parus, on suit alors avec beaucoup de plaisir les péripéties des différents protagonistes, dont les huits figures emblématiques de l'époque (Guin, Istvan, Aldo Nalis, Marius, Skarl, Linda, Lemse et Amnélis) bénéficient de petits trombinoscopes dépeignant leur vie et leurs faiblesses, tandis que les personnages secondaires se retrouvent référencés par ordre alphabétique japonais dans un copieux "Who's who". Certaines citations et passages marquant tirés du texte original viennent également enrichir le portrait des héros du récit, afin de mieux cerner leur personnalité et leurs centres d'intérêt. Twilight Saga et Parros no Ken dont le scénario s'apparente à celui de Guin Saga n'ont quant à eux pas été oubliés, tout comme, du reste, deux nouvelles n'ayant jamais fait l'objet d'une édition officielle mais judicieusement retranscrites ici dans leur intégralité. Merci qui ?

Bien d'autres glossaires aux sujets les plus disparates viennent se greffer les uns aux autres avec plus ou moins de rapports entre eux. Parmi eux, citons les lexiques classés par régions développant les thèmes récurrents de la faune et de la flore monstrueuse ou mystique hantant les contrées de Kilenoa, la religion, les guildes de magiciens, la gastronomie etc., le tout enrichi de cartes dévoilant les principaux axes commerciaux et voies maritimes, qui se révèlent évidemment toujours très utiles. Et pour ceux qui n'auraient pas tout compris, voici une séance de rattrapage qui revient sur les différents points du scénario qui ont le plus intrigué les lecteurs par de longues explications à grands renforts d'arbres généalogiques ou sous forme de questions / réponses. Vous, là, au fond ! Vous ne suivez pas !!

Petits bijoux richement fournis, ces handbooks publiés par Hayakawa Shobô sont autant une analyse de l'oeuvre dans son ensemble qu'un "source book", à conserver toujours près de soi lorsqu'on lit Guin Saga sous peine d'être rapidement perdu dans le nom des lieux, les personnages, la politique ou les liens qui unissent les grandes familles des différents royaumes. Il ressort hélas de ce puits de sciences... un vaste foutoir ! Ces deux bibles manquent en effet cruellement d'organisation, preuve en est qu'il est extrêmement difficile de s'y retrouver tant on se retrouve noyé sous de copieuses explications qui s'enchaînent sans vraiment de lien apparent. Si un glossaire trop succint en fin d'ouvrage tend un temps soit peu à nous guider, il ne change rien au fait que l'on passe beaucoup trop de temps à rechercher un détail trouvé auparavant. Et si ces deux ouvrages restent malgré cela de véritables trésors d'informations absolument indispensables à tout lecteur désireux de pénétrer sans retenue dans le monde de Guin Saga, il serait peut-être également temps pour ces messieurs de chez Hayakawa de songer à nous sortir un troisième volume, parce que depuis cinq ans, la série a quasiment doublé... A bon entendeur...

 

 

 

© Kaoru Kurimoto

Guin Saga Perfect Book

 

Références: Bessatsu Hôtô 967 - Hôtôsha

Nombre de pages: 128--------------------------------Format: 26 X 18,5

 

Alors que l'on s'attendait depuis fort longtemps à ce que Hayakawa Shobô nous sorte un troisième et on ne peut plus nécessaire handbook sur le roman fleuve de Kaoru Kurimoto, voilà que Hôtôsha prend les devants et surprend tout le monde en éditant ce numéro spécial pour fêter les 25 ans des aventures de l'Homme à tête de panthère. Quelle plus belle opportunité en effet de faire le point sur l'intégralité de cette série devenue culte, et par la même occasion passer en revue les nouveaux volumes et personnages apparus depuis le tome 66, là où s'était achevé le second handbook ? Visite guidée...

Les handbooks de Hayakawa Shobô se voulant toujours amorcés par une petite galerie d'illustrations afin de s'imprégner de l'atmosphère de l'histoire, s'il n'en est pas un à proprement parler ce guide ne déroge pourtant pas à la règle avant de nous livrer son savant contenu. Là où l'ouvrage se démarque de ses prédécesseurs, c'est en regroupant dans ces quelques pages les quatres artistes ayant contribué chacun pendant plusieurs années à la mise en images du monde de Guin Saga: Naoyuki Katoh, Yoshitaka Amano, Jun Suemi et le petit dernier, Shinobu Tanno (en charge de la série depuis le volume 88) sont réunis ici pour la toute première fois, chose assez paradoxale après avoir oeuvré tous les quatres pour une même cause. Les voilà donc à nous dévoiler chacun leur vision très réaliste, si l'on omait l'oeuvre de Yoshitaka Amano qui a toujours une conception très personnelle de l'Heroïc-Fantasy, des terres de Kilenoa et de ses charismatiques héros, en ce qui semble être un bel hommage à ce roman à rallonge qui, dit-on, s'achèverait bientôt...

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© Naoyuki Katoh--------------------------------------© Shinobu Tanno

Ci-dessus: La couverture du premier hors-série illustré par Naoyuki Katoh, adapté en manga il y a peu de temps par Kazuaki Yanagisawa. A droite, Guin guidant son armée, vu par Shinobu Tanno. Ce peintre, à l'instar de Jun Suemi dont il est la copie conforme quoiqu'un peu plus doux dans son trait, a su facilement s'imposer dans le monde de l'illustration de romans d'Heroïc-Fantasy comme dans celui du jeu vidéo. D'ailleurs et si je ne me trompe, il serait en outre à l'origine des superbes jaquettes des Vandal Hearts sur PSX, sortis en France il y a quelques années.

Si les informations proposées dans ce livre répondent également de manière ostensible à celles déjà nombreuses qui faisaient la richesse des handbooks, là où les rédacteurs de Hôtôsha jouent la carte de la nouveauté, c'est en offrant aux fans maints petits détails tirés du roman à travers une plus grande variété de thèmes et une belle originalité dans le traitement des sujets abordés. Allant jusqu'à évoquer par moment la conception d'un véritable RPG, l'univers dépeint par Kurimoto dépasse amplement les lignes d'un simple récit: c'est tout un monde qui prend vie sous sa plume sans qu'elle n'omette aucune information susceptible de jouer un rôle dans la mise en forme des différents pays, en tenant compte entre autres des migrations de population et des chroniques de leur histoire, chaque personnage étant intimement lié à plus ou moins grande échelle au destin d'un autre ou pour les plus importants d'entre eux, à celui du continent...

Kaoru Kurimoto a créé pour son oeuvre majeure plus d'un millier de protagonistes de divers importances, il était donc logique que ce guide s'ouvre tout d'abord sur une présentation des personnages principaux de l'histoire. Guin, Istvan, Linda, Lemse, Skarl, Aldo Nalis ou Marius, chacun d'entre eux voit alors l'historique de son existence étalé au grand jour et son pédigree minutieusement détaillé: description physique, objets en rapport étroit avec leur destinée (la pierre d'Istvan, par exemple) et individus leur étant plus ou moins affiliés, tout, vous saurez tout ! Après ces révélations dignes d'un magazine à potins, il est tout bonnement impossible de ne pas connaître les héros de l'aventure. Les personnages secondaires, du reste, n'échapperont pas non plus à l'étalage de leur vie, cette fois nécessairement classés par régions étant donné leur nombre important (Amnélis de Mongaul, la petite Suni désormais rattachée au royaume de Parros, etc.) et accompagnés d'une légende par vignettes précisant leur job, un peu comme dans un jeu vidéo. Ce chapitre se clos naturellement par un tableau récapitulant la nature des liens qui unissent tout ce beau monde (parenté, amour, haine, amitié etc.), schéma qui s'avère vite extrêmement utile et qui aurait demandé à être un peu plus complet, croyez-moi !

Le chapitre susceptible de susciter le plus votre attention reste néanmoins le Story Digest, qui passe en revue l'intégralité des 92 volumes et 19 hors-séries déjà sortis à l'époque de parution du guide, car vous pouvez l'imaginer, Kurimoto en a pondu davantage depuis. On peut y lire les résumés succints de chaque tome classés chronologiquement, accompagnés des points importants du scénario, mais aussi de certains détails bons à retenir sans avoir d'incidence directe sur le reste de l'histoire. Un "pas à pas" qui voit son intérêt grandir au rythme des nouveaux volumes afin de ne pas se perdre dans le récit, ou simplement pour se trouver un hors-série visant un personnage particulier à se mettre sous la dent. Un must absolu !

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© Jun Suemi----------------------------------------------© Shinobu Tanno

Ci-dessus: Skarl le fier prince noir de Earlgos et Istvan de Valachia, dans un tout autre style. Ces deux images exposées côte à côte, il est extrêmement difficile de différencier l'oeuvre de Jun Suemi de celle de Shinobu Tanno.Vous remarquerez également que l'illustration de droite ressemble beaucoup à une certaine cinématique de Chrono Cross...

"Bienvenue dans le Monde de Guin Saga...", c'est sur ces mots qu'aurait pu débuter la section suivante, Guin Saga World, qui s'apparente davantage à un guide touristique qu'à un dossier sur une oeuvre littéraire. Comme je le disais plus haut, Guin Saga est de ces mondes ultra travaillés que la richesse et la complexité de leurs contextes sociaux, culturels et religieux autant que leurs simples anecdotes ont rendus particulièrement vivants et réalistes. Rares sont de nos jours les romans pouvant se targuer d'être aussi savamment élaborés. On évolue sans contradictions ni discontinuité à travers les différents pays du continent principal qui vous invitent à l'évasion et à l'aventure...

Alors, quoi de plus pratique qu'une carte pour vous faciliter le voyage ? C'est justement ce que l'on vous propose dans ce chapitre, des plans et encore des plans, dévoilant région après région les différentes alliances stratégiques, axes et accès propres à la vie locale. Voilà l'occasion rêvée d'apprendre les faits marquants de chaque lieu selon leur calendrier spécifique, mais aussi les us et coutumes de ses habitants dont les races varient beaucoup selon le pays, leur mode de vie et leur tenues vestimentaires. On vous parlera sans nul doute des grandes familles royales qui font tant leur fierté (Parros, par exemple) sans omettre de vous faire goûter au plat local, et bien sûr, à leurs loisirs... Qui resistera à la tentation d'entrer dans une des nombreuses tavernes des bas quartiers de Valachia, où se mêlent joueurs de dés malchanceux et superbes prostitué(e)s ? Plus sérieusement, les artisans répartis en guildes vous informeront sur les équivalences de leurs unités de mesure, qui n'ont évidemment de réel intérêt que si vous comptez vous installer pour de bon. Vous apprendrez tant de choses encore que je m'avoue vaincu devant l'ampleur de la tâche qui consisterait à tout vous énumérer détail après détail... Pitié, pas ça !!

Ce qu'il est néanmoins bon à retenir de tout ceci et fait particulièrement visible dès la lecture du premier volume, c'est l'extrême importance d'une religion teintée de magie dans le monde de Guin Saga, car étroitement liée à la vie de tous les jours et à la politique. Un glossaire y est ici tout spécialement consacré en s'intéressant en outre au domaine de la magie noire: ainsi le terrifiant Kraken qui hante les mers de l'est et même le mythe placé sous le sceau de la couronne de Parros n'auront-ils bientôt plus de secret pour vous...

On termine enfin cette partie par une visite guidée du continent de Kilenoa avec une sélection des meilleurs sites à visiter ! Vous partez en vacances ou en lune de miel ? Allez donc à Parros ou à Magnolia ! On s'offre une journée shopping ? Direction les bas quartiers de Tohrus. Une petite faim ? Voici un guide gastronomique avec le menu des auberges du coin (un coup de chapeau pour Valachia qui vient d'inventer le fast-food !). Une chasse aux trésors ? Voilà une liste d'endroits propices à la fouille et même notés selon leur plus ou moins grand intérêt, s'il vous plaît ! Vous vous sentez l'âme d'un Napoléon ? Vous lirez avec assiduité ce récapitulatif des guerres ayant frappé le continent à travers les siècles. Je vous le dis, Kurimoto est monstrueusement prolifique, ça n'est pas peu dire...

© Yoshitaka Amano

Ci-dessus: Yulius le sulfureux danseur incube, disciple et subordonné de Gradius, le célèbre mage noir. Amano nous offre ici une interprétation du monde de Guin Saga tout à fait opposée à celles de son prédécesseur et de ses successeurs. La peinture à l'huile très dense et rembrunie qui conferrait un très grand réalisme aux scènes dépeintes fait place à une aquarelle lumineuse et délicate, apposée par petites touches qui donnent vie à des personnages posant dans des attitudes proches du maniérisme.

Après ces 25 ans d'écriture intense (un volume tous les deux mois, un record !!), il était temps pour Kaoru Kurimoto de faire un peu le point et de revenir sur son oeuvre. Hôtôsha lui donne ici en guise de cloture une parfaite occasion de s'exprimer à travers une longue interview, également prétexte à évoquer les différentes déclinaisons dont Guin Saga a fait l'objet depuis 1979: belle opportunité de (re)découvrir Twilight Saga, un de ses nombreux autres romans intimement lié au récit de Guin, tout comme le manga Parros no Ken dessiné par Yumiko Igarashi, ouvrages hélas épuisés depuis longtemps chez l'éditeur ou quasiment introuvables. Ses adaptations les plus récentes restent le manga de Kazuaki Yanagisawa reprenant le récit du premier hors-série, et bien entendu, l'exportation outre-Atlantique de Guin Saga à travers la traduction des cinq volumes que comprend la Guerre de Nospherus. Les éditions Vertical ayant décidé de ne traduire que ces cinq premiers tomes sur une série qui flirte avec la centaine, il est évident que les américains passeront à côté de bien des subtilités...

Pour terminer en beauté cette séquence nostalgie, le rideau se lève alors sur une des deux comédies musicales tirées de Guin Saga à avoir vu le jour en 1991 et 1995, ici Honô no Gunzô, dont vous trouverez l'intégralité des dialogues et quelques photos de scènes. L'événement peut prêter aisément à sourire, surtout pour un spectateur européen, car tous les acteurs sont évidemment japonais: certes, c'est costumé et très bien documenté (normal, Yoshitaka Amano en était le styliste officiel), mais une princesse blonde aux yeux bridés, ça ne court pas les rues... C'est très kitch, mais soyons indulgents...!

 

© Shinobu Tanno

Istvan devenu marin étendu près de Lan son second, savourant loin de Valachia cette part de liberté que leur a offert la mer... Mais à quel prix...? (Guin Saga Gaiden 17)

Voilà, cet article est un peu long, je m'en rend bien compte, mais Guin Saga Perfect Book est de ces livres comme on aimerait en trouvez plus souvent et qui mérite bien son qualificatif de Perfect. Atrocement copieux au point de ne plus savoir où regarder et de ce fait, judicieusement agencé selon un système de classement des plus originaux, il met en avant la richesse de tout un monde teinté d'héroïsme, de magie et d'amour créé par Kaoru Kurimoto, plutôt que de faire l'étalage de quantité d'informations sans prendre en compte le fait que cette oeuvre à depuis longtemps acquis une vie qui lui est propre. Alors que l'on se demande aujourd'hui encore si Hayakawa Shobô compte sortir un hypothétique troisième handbook avant l'arrêt définitif de la série, après un guide d'une telle qualité il leur sera certainement difficile de répondre davantage aux attentes des fans. Wait and see...

 

 

 

 

© Kaoru Kurimoto / Hayakawa Shobô

Guin Saga Dokuhon

Volume 50 Commemorative Collection

 

Auteurs: Kaoru Kurimoto et autres---------Références: Hayakawa Shobô

Nombre de pages: 286------------------------Format: A5

 

Les ouvrages dédiés à Guin Saga se suivent et se ressemblent, quoi de plus normal et comment jouer la carte de la nouveauté pour un roman fleuve qui dure depuis 25 ans. Edité en 1995, le livre ci-présent était pourtant le deuxième recueil à lui être entièrement consacré après l'unique handbook de l'époque, afin de marquer l'événement qu'était la sortie du cinquantième volume de la série (à présent, on frôle les cents !). Contenant deux nouvelles indépendantes qui prennent la quasi-totalité des quelques 300 pages, s'il s'apparente davantage à un fanbook qu'à un guide, il contient cependant de précieux renseignements propres au scénario, comme un complément au handbook.

Ce Dokuhon suit donc dans les grandes lignes les thèmes de son prédécesseur et chers aux lecteurs, en s'ouvrant sur un essai de Kaoru Kurimoto ainsi qu'une chronologie de ses oeuvres et leurs dérivés (manga, CD, comédies musicales etc.) de 1978 à 1994, pour passer aux inévitables messages de ses nombreux fans, dont de très célèbres professionnels de la littérature, de l'illustration et du manga (Reiko Ikawa, Mutsumi Inomata, Tomomi Kobayashi pour ne citer qu'elles...). Le moins que l'on puisse dire c'est que les romans de Kaoru Kurimoto sont très prisés de la gente féminine, on se demande bien pourquoi...

La suite du recueil reste des plus traditionnels, avec un Story Guide contenant les résumés des différentes parties de l'histoire par tranches de cinq livres et enrichis de morceaux de textes choisis, ceci jusqu'au volume 50 et hors-série numéro 9. Le seul élément inédit réside dans un petit tableau comparatif de l'age de Istvan et Aldo Nalis, de quatre ans son aîné, par rapport aux tomes de la série principale et des gaidens, plus utile qu'on ne le pense... Et pour respecter jusqu'au bout la tradition, faisant suite aux deux romans vous trouverez en guise de clôture un index des neufs pays qui composent le monde de Guin Saga (Parros, Cheironia, Mongaul, Yulania, Kunm, The Coast, The Steppe, Nospherus), qui prend en compte tous les personnages, lieux, créatures et chronologies de chaque famille royale, épaulé de temps à autre par quelques encadrés sur les divinités, les jeux, la faune et la flore, les calendriers spécifiques etc. Sachant que l'histoire au volume 50 comprenait déjà plus de mille figurants, vous aurez de quoi lire...

En bientôt dix ans, Kaoru Kurimoto a réussi à prolonger l'aventure de l'Homme à face de Panthère de près du double de chapitres, et s'il est depuis bien longtemps obsolète, Guin Saga Dokuhon reste un ouvrage de référence et une pièce de collection pour tous les amoureux de la série. Chaque guide étant complémentaire aux autres, vous trouverez toujours nombre de renseignements nouveaux et autres petits détails que ne dévoilent pas forcément ses semblables, ou une organisation différente des données plus ou moins pratique, selon les goûts. Kaoru Kurimoto étant sur le point de franchir la barre des cents volumes, on peut également s'attendre à ce qu'un nouveau commémoratif pointe sans tarder le bout de son nez. D'ici là, Guin aura-t-il enfin retrouvé son vrai visage...?

 

 

 

© Kaoru Kurimoto / Hayakawa Shobô

Guin Saga

Official Navigation Book

 

Superviseur: Kaoru Kurimoto

Auteurs: Hayakawa Shobô--------------------Références: Hayakawa Shobô

Nombre de pages: 184------------------------Format: A5

 

Sous ce titre ne se cache pas le dernier guide en date du parfait marin, mais plutôt... Allez, je vous le donne en mille, un autre commémoratif dédié aux 25 ans de la série ! "Encore ! , me direz-vous, que peuvent-ils bien trouver de plus à raconter !?" Moi-même, je m'attendais à des rubriques maintes fois ressassées dans les précédents recueils, pourtant j'avoue avoir été agréablement surpris par cet énième fanbook, qui a su apporter, heureusement, quelques nouveautés. Et si les thèmes abordés sont cette fois peu nombreux, ils ont au moins le mérite d'être longuement développés, souci du petit détail auquel on est à présent habitués.

Tout d'abord, une interview. Et quelle interview ! Réunir à une même table Kaoru Kurimoto, mère de Guin Saga , et Kentarou Miura, mangaka auteur du célèbre Berserk qui flirte à présent avec la trentaine de volumes, est loin d'être chose courante. Tous deux à l'origine de séries fleuves - et fervents lecteurs l'un de l'autre ! - dans deux domaines différents mais complémentaires, ils font ensemble le point sur les oeuvres de leur vie en égrenant, de nombreuses annotations à l'appui, les multiples ressemblances et clins d'oeil que présente Berserk avec son aîné Guin Saga : protagonistes très proches, scènes clés, rêves et idéaux communs à certains personnages, etc. Le fait que Miura considère le roman de Kurimoto comme le parent de son oeuvre prend ici tout son sens. Mon principal handicap consiste ici à ce que je ne puisse guère vous en parler davantage, vu que je ne connais pas beaucoup Berserk ("Quelle hoonte !!" me crieront certains, promis je vais m'y mettre !), mais cette interview donne fichtrement envie d'y fourrer son nez ! On peut rêver qu'un jour, Guin Saga soit adapté en manga par Miura... Alors rêvons...

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© Kentarou Miura-------------------------© Shinobu Tanno

Guin et Guts ont le même problème: après un combat, même Mr Propre jette l'éponge !

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© Jun Suemi---------------------------------© Kentarou Miura

Aldo Naris et Griffith exercent une fascination semblable auprès de ceux qu'ils côtoient. La volonté de Griffith de gouverner un jour son propre royaume n'est par ailleurs pas sans rappeler un certain jeune Istvan, qui clame à qui veut l'entendre qu'il deviendra roi.

La suite de ce guide est un peu moins originale, mais innove tout de même par l'apparition, schémas aidant, de deux thèmes inédits: les guerres, qui s'étendent sur le monde en impliquant les personnages les plus importants du livre (Guin, Istvan et Aldo Naris en tête); suivi de l'amour et ses principaux couples, liés par des aspirations sentimentales très variées (mariage, soins et protection, libertinage, homosexualité etc.), mais où union légale cohabite aussi parfois avec amour platonique. Pas toujours évident de compter fleurette lorsque l'on a une tête de chat ? ça n'est pas, en tout cas, l'impression que donne le classement des personnages les plus populaires, où Guin l'emporte haut la main devant les beaux gosses du groupe ! (alors, qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?) Et l'on termine comme toujours, histoire de faire vendre, par un nouveau hors-série d'une soixantaine de pages illustré par Shinobu Tanno, qui soit dit en passant sort son tout premier artbook en avril prochain. Alors surveillez ces pages...

En fin de compte, si cet ouvrage, plutôt négligé par les fans modérés de Guin Saga qui n'y trouvent pas leur compte, ne semble pas vraiment indispensable, il constitue pourtant un petit plus dans la collection, en prouvant combien l'oeuvre de Kaoru Kurimoto - une des premières du genre au Japon - a influencé ses plus fervents lecteurs, aujourd'hui devenus à leur tour professionnels. Et puis voir Guin Saga et Berserk côte à côte est un tel plaisir, ne le boudons pas !

 

Ouvrages relatifs à l'univers de Guin Saga :

Le roman de Kaoru Kurimoto

Roman Guin Saga Gaiden 3 Yuureisen

La version américaine des cinqs premiers romans

Le manga de Kazuaki Yanagisawa

Le artbook de Yoshitaka Amano

Le artbook de Jun Suemi

Les Handbooks

Le Perfect Book

Le recueil commémoratif spécial 50ème volume

 

 

 

 

 

© B. Yumemakura, S. Kimura, Kodansha

Yamigarishi 0

Kôshiki Dokuhon

 

Auteurs: Yumemakura Baku, S. Kimura, Magazine Z Henshûbu

Références: Kodansha

Nombre de pages: 228--------------------------------Format: A5

 

A l'occasion de l'adaptation des romans de Yamigarishi en manga par le talentueux dessinateur S. Kimura, l'équipe de Magazine Z où il est actuellement en prépublication a jugé utile d'en établir un guide officiel afin d'aider les lecteurs perdus dans les termes spécifiques au domaine de l'occulte chinois et bouddhiste à se repérer dans cet univers démoniaque, parsemé de traditions séculaires et de légendes ancestrales. C'est aussi une occasion de fêter dignement les vingt ans du roman publié pour la première fois en 1982 dans le magazine SF Adventure : on l'attendait depuis longtemps chez Tokuma, Kodansha l'a fait !

Cet ouvrage a de quoi ravir les fans du manga autant que ceux du roman, et pour cause: sous forme de petits glossaires, la rédaction de Magazine Z, aidée des précisions fournies par Yumémakura l'éternel voyageur, nous livre de précieux détails sur différents thèmes comme l'apprentissage ascétique de Ranzô et sa vie d'ermite des montagnes chinoises, mais aussi sur les secrets de la technique martiale du Hatsukeshô. Chaque créature de l'histoire (Môki, Kudagitsuné, Gakidama, Hodoro,...) est également répertoriée et suivie d'explications souvent citées directement du roman, tout ceci illustré par le trait nerveux de Kimura sous forme de croquis réalisés pour l'occasion ou de passages tirés du manga.

Plus qu'un simple guide du parfait maître de l'occulte, il est aussi prétexte à présenter le travail en tant que chara-designer du dessinateur sur les différents protagonistes du manga, sous forme de fiches individuelles et toujours accompagné de précisions sur leur rôle dans l'histoire et leur nature: il nous brosse le potrait d'un Ranzô plus musclé que jamais en trois coups de crayon, nous expose les mimiques de Shamon en parfait chasseur de ténèbres mais aussi son aspect de petit chat joueur, et bien sûr les SD ! On ne nous prive pas non plus de la sale gueule de Genkaku et des inévitables méchants de service du manga comme des nouvelles (une mention spéciale pour Kazama Tenzen !), ce qui aide beaucoup lorsque l'on lit ou relit les romans par la suite à se fixer une image définie des bestioles pour le moins tordues sorties tout droit du Monde des Ténèbres.

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Shamon--------------------Unsaï--------------------Ranzô

Ci-dessus: Les croquis de S. Kimura réalisés pour le manga de Yamigarishi: les différentes postures et aspects de Shamon, Makabé Unsaï en pleine action et l'imposant Tsukumo Ranzô. A noter qu'au départ, le dessinateur avait opté pour un design fidèle à la vision de Katsuya Terada qui illustre les romans chez Tokuma, rendant Ranzô presque menaçant et coupé très court comme son frère Sanzô vu par Yoshitaka Amano. Finalement c'est un Ranzô bien plus sympathique qui a été retenu, avec son sourire jusqu'aux oreilles légendaire et des cheveux presque longs: une version plus fidèle à la description de Yumémakura.

Outre ceux qui viennent de se découvrir une passion pour cette série par le biais du manga ou la réédition des nouvelles chez Tokuma (vous trouverez d'ailleurs en début d'ouvrage les superbes couvertures de toutes les anciennes versions), ce guide a de quoi ravir les lecteurs qui, fidèles à Yamigarishi depuis des années, croyaient cette oeuvre définitivement abandonnée par l'éditeur, les délais de ressorties étant honteusement longs, sans parler des hors-séries qui ont été tout simplement oubliés. Baku Yumémakura trouve donc ici une occasion en or d'y expliquer dans de très longues interviews la genèse de Yamigarishi et son évolution au fil des années, ainsi que ce qui l'a inspiré à l'époque dans la création de ses personnages. Ce guide devient alors très intéressant pour qui est fans des oeuvres de Yumémakura en général, et outre Yamigarishi, plus particulièrement de Kimaïla et Majûkari du fait que ces séries sont intimement liées les unes aux autres par leur thème ou par des personnages qui passent parfois d'une histoire à l'autre. Le Yumémakura World est ainsi fait, ce qui donne une dimension toute particulière et une identité à part entière à ses différents protagonistes. Véritable bonheur pour les fans qui finissent par s'y perdre, l'auteur nous explique enfin les liens qui unissent ses différentes oeuvres et nous révèle pour la première fois les brusques changements de scénario auxquels il avait dû se soumettre, victime d'une incompréhension de la part des lecteurs de sous-entendus qu'il avait alors voulu faire passer sur certains personnages amenés à devenir très importants, puis délaissés au profit d'autres plus populaires auprès d'un public pas toujours adapté à son écriture, car souvent trop jeune. Au début des années 80 la mode était en effet aux Super Héros parfaits et invincibles, ce qui n'était pas le cas de quelques personnages de Kimaïla plus faibles et vulnérables, et parfois loin d'être hors de tous repproches. Dès lors, c'est Sanzô le gentil gros bras qui remporte le plus de succès auprès des lecteurs et devient presque le héros de l'histoire, volant la vedette à Kou. Outre le thème récurrent du réveil des pulsions sauvages de l'Homme et sa transformation en Bête Humaine qui régit une bonne partie des oeuvres de l'auteur, formant ainsi une sorte d'unité logique entre Kimaïla et des ouvrages comme Majûki et Kôya ni Kémono Dôkokusu , Yumémakura a choisit cette fois de lier concrètement Yamigarishi à Kimaïla par le biais de personnages "nomades". Ainsi Unsaï se retrouve-t-il maître des frères Ranzô et Sanzô Tsukumo, le vieux Haniwa Dôkan quant à lui sort tout droit d'une nouvelle de Yamigarishi, mais aussi l'ermite Shôjô et son disciple Hanmô. Les personnages passent de la Chine au Japon comme une transition symbolique entre les deux séries.

---© S. Kimura---

Pour en revenir au guide lui-même et pour le clore en beauté, S. Kimura nous fait partager à la fin du guide sa vision de "Ayakashi no Oni " (ci-dessus), toute première nouvelle de Yamigarishi a avoir vu le jour sous la plume de Yumémakura (se reporter à l'article sur le roman pour un résumé détaillé), ici l'exorcisme de Ryôko Tanha directement dessinée au crayon, avec quelques variantes au niveau des personnages (Genkaku a été remplacé par une petite vieille !). Nul doute qu'une version finalisée de ces quelques planches sortira prochainement en volume relié, Kimura nous ayant déjà présenté les croquis de toutes les créatures apparaissant dans les nouvelles des deux premiers volumes du roman dans les différents chapitres de ce précieux guide.

Que dire de plus sur ce "Spécial Yamigarishi" sinon qu'il est indispensable à tout fan qui se respecte ? On prend très vite l'habitude d'y chercher toutes sortes d'informations tout en lisant le manga ou le roman, et au bout d'un moment il devient difficile de s'en passer tant il regorge de détails et précisions qu'on se surprend à ne pas avoir remarqués plus tôt. Le fait d'être un européen totalement étrangé aux légendes chinoises et à leurs bestiaires maléfiques constitue en soit une double raison de se procurer cet ouvrage, car tout y est fort bien expliqué. Avec ce guide en poche, vous devriez vous repérer sans problème dans l'univers de notre expert en Chasses Fantastiques, et peut-être vous donnera-t-il envie d'aller visiter les autres univers du Petit Monde de Yumémakura...

© S. Kimura

Ranzô et son petit chat !

 

Yamigarishi c'est aussi :

Le roman de Baku Yumemakura

Le manga de Syuji Kimura

Le manga de Ken Ishikawa

Egalement de Baku Yumemakura :

Le roman Kimaïla Kou

Le roman Kôya ni Kemono Dôkokusu

 

 

 

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