----------------------------------Be Boy Zips

----------Nombre de volumes: 35 en cours----------Référence: Biblos

Les Zips sont des recueils d'histoires courtes à thème, toutes inédites, d'environ 300 pages. En plus d'une dizaine de chapitres, on y trouve une rubrique courrier des lecteurs, une sélection de fanzines japonais... La plupart des histoires finissent chaque fois, mais certaines sont des prépublication de chapitres faisant partie de séries longues. Le contenu de ces gros volumes de luxe est assez inégal ( y sont parfois inclues des B.D. maladroites réalisées par des amateurs ayant remporté un concours), mais ils ont le mérite de faire découvrir divers auteurs et différents styles. Depuis les premiers volumes, les Zips n'ont néanmoins cessé de grimper en qualité. Il en sort un à peu près tous les deux mois.

 

volumes 1 à 5 ---------- volumes 6 à 10

volumes 11 à 15 ---------- volumes 16 à 20

volumes 21 à 25 ---------- volumes 26 à 30

volumes 31 à 35 ---------- volumes 36 à 40

 

Sommaire

-------------- Zips 26 (Les Sado-Mazos)

-------------- Zips 27 (Les Esprits - Spécial Occulte)

-------------- Zips 28 (Les Bêtes)

-------------- Zips 29 (Les Temps Anciens)

-------------- Zips 30 (Les Princes)

 

 

------------Be Boy Zips 26

-------------© Biblos---------------------------------Thème: "Les Sado-Mazos"

- Yûshû ("Mélancolie"), par Piyoko Chitosé (p.). Yukio et Akio Ihara, lycéens, sont jumeaux et forcément très proches. Du moins en apparence: car si Akio, l'aîné, est considéré comme le petit génie de l'école, Yukio quant à lui se montre moins doué pour les études et craint pour cette raison de voir se creuser peu à peu un fossé entre son frère et lui. Voilà pourquoi un jour, il pénètre en secret dans la salle des professeurs déserte afin d'y voler les sujets du prochain examen, espérant en obtenant de bonnes notes se rapprocher un peu de l'excellence de son jumeau. Hélas, à peine son forfait commis, Yukio tombe nez à nez avec Natsu Mitsuminé, un voyou à l'allure négligée et aux cheveux teints, fils d'un riche industriel, qui passe son temps à sécher les cours et que l'on a donc rarement l'occasion de rencontrer dans l'établissement. Pas de chance pour Yukio ! Qu'arriverait-il si Mitsuminé allait raconter ce qu'il vient de voir ? Nul doute que la honte ne retomberait pas uniquement sur lui, mais même son frère si doué serait soupçonné à tort d'avoir obtenu ses bons résultats grâce à la tricherie. C'est la raison pour laquelle, inquiet de cette menace, le jeune homme accepte finalement de se rendre au rendez-vous que lui donne après les cours le fils de bourgeois.

Quand Yukio se rend à l'endroit indiqué, une salle de classe déserte, Natsu Mitsuminé lui annonce que le professeur à qui les sujets d'examen ont été volés l'a injustement accusé de ce forfait: néanmoins sans réfuter cette accusation, il s'est calmement laissé réprimander. Ainsi, pour le remercier de ne pas l'avoir dénoncé et avoir subi les foudres du prof à sa place, Natsu demande malicieusement à Yukio de le "consoler". Le cadet des jumeaux n'a pas le temps de s'enquérir de quelle façon que ligoté et dévêtu, il se retrouve bientôt complètement à la merci de Mitsuminé. Effrayé, Yukio va pour protester contre ce qui apparaît de toute évidence comme un chantage odieux - son corps pour prix du silence de son camarade ! - lorsque Natsu prononce soudain des paroles qui lui ôtent les mots de la bouche: "Je vais te sauver...." dit l'autre jeune homme d'un ton d'une étrange douceur. Si bien que déconcerté, Yukio finit par se laisser faire.... Ce n'est qu'une fois seul, agenouillé sur le carrelage froid de cette salle de physique, que réalisant enfin le caractère honteux de ce qui vient de se passer et son état pitoyable, le jeune homme se prend le visage entre ses mains. "Comment ai-je pu en arriver là ?" se demande-t-il à travers ses larmes, appelant désespérément son frère....

 

© Piyoko Chitosé / Biblos

 

Les jours passent, et à l'étonnement de tous, Natsu Mitsuminé qui est dans la classe d'Akio commence à se rendre régulièrement aux cours. Ce qui ne s'avère pas très agréable pour ses camarades, car le fils de bourgeois est doté d'un caractère quelque peu instable et fait parfois preuve d'une rare violence pour les motifs les plus anodins, comme une simple bousculade. De ce fait, les autres élèves le voient comme un déséquilibré, ce n'est donc pas étonnant que lorsque Natsu vient annoncer à Akio comme pour le défier que son frère et lui sont devenus amis, ce dernier en conçoive aussitôt une vive inquiétude. Quant à Yukio, il s'est finalement habitué à ces jeux érotiques auxquels Natsu le convie un peu partout dans l'école, et bientôt, aux paroles de son nouvel ami et à la jalousie qu'il semble éprouver à l'égard d'Akio, le jeune homme doit se rendre à l'évidence que sous ses airs d'égoïste manipulateur, Natsu l'aime sincèrement. Le fils de bourgeois souhaiterait cependant que Yukio l'aime davantage que son jumeau, proférant qu'il a l'air bien plus heureux auprès de lui qu'aux côtés de son frère. "Je ferais n'importe quoi pour toi, assure Natsu, et c'est lorsque tu te trouves auprès de moi que visiblement tu te sens le mieux." C'est la première fois qu'on dit à Yukio de telles paroles, et il doit reconnaître que Natsu n'a pas tout à fait tort, il ne déteste pas sa compagnie. Car avec lui au moins il n'est pas obligé de paraître ce qu'il n'est pas, afin de se montrer digne de son statut de frère jumeau du meilleur élève de l'école....

Cependant, cette relation étrange née entre ces deux garçons qu'apparemment tout séparait n'est pas du goût de tout le monde. C'est ainsi que le jour-même où Yukio prend conscience des sentiments de Natsu, son jumeau mécontent vient le trouver à l'intercours afin de lui demander ce qui se passe réellement entre le fils de bourgeois caractériel et lui: craignant tout d'abord que Yukio ne soit victime de menaces ou de racket, Akio lui annonce d'un ton ferme que quoi qu'il en soit, il vaut mieux pour son frère ne pas fréquenter un type pareil, il ne peut en ressortir rien de bon. "Il vaut mieux pour moi ?!" Soudain furieux que son jumeau se mêle ainsi de ses affaires, Yukio prend aussitôt la défense de Natsu, lançant à Akio que Natsu se préoccupe bien davantage de sa personne que lui ! Et à peine a-t-il prononcé ces mots que Yukio reste étonné de ses propres paroles: depuis qu'il est venu au monde, c'est la première fois qu'il ose s'opposer à son frère ! Mais hélas Natsu a tout entendu, et mû par le sentiment d'avoir été poignardé dans le dos par le frère de son ami qui veut tout faire pour les séparer, une fois Yukio parti, il donne à Akio un violent coup de poing dans l'estomac qui lui fait perdre connaissance. "Yuki est vraiment malheureux d'avoir un frère pareil. Et moi, je ferais n'importe quoi pour lui !" prononce Natsu d'un ton résolu en emmenant avec lui l'aîné des jumeaux.

Le soir venu, inquiet de ne pas voir son frère rentrer en dépit de l'heure tardive, Yukio se demande si c'est à cause de leur dispute, quand soudain il reçoit un appel téléphonique de Natsu le sommant de venir chez lui au plus vite. Une fois arrivé à la luxueuse villa, quelle n'est pas son horreur d'y retrouver Akio dénudé et attaché au mur par des chaînes, les yeux bandés et le corps couvert de traces de coups ! Furieux, Yukio va pour libérer son frère quand Natsu l'arrête net. Le jeune bourgeois avoue alors combien il déteste Akio, car tant que ce dernier existera, il ne pourra jamais tenir la première place dans le coeur de Yukio. Pour lui, Akio représente ouvertement un obstacle; mais au fond n'en est-il pas de même pour son ami ? Pendant combien de temps encore ce dernier va-t-il demeurer caché dans l'ombre de son frère ? Et Yukio est-il satisfait de s'être ainsi vu dépossédé depuis sa naissance de toutes sortes de choses dont il aurait pu jouir s'il n'y avait pas eu ce frère si parfait, si excellent dans tous les domaines ? Natsu en est convaincu, si Akio n'existait pas, Yukio serait bien plus heureux, car à l'expression de douleur qu'arbore toujours son ami, il en est venu à la conclusion que l'existence de son jumeau n'est bonne qu'à le faire souffrir. Entendant ces propos, Yukio lui-même a beau protester vigoureusement, criant à Natsu d'arrêter de battre son frère, le jeune bourgeois persiste à dire que l'image que son ami se fait d'Akio n'est qu'une illusion. Il va alors s'efforcer de lui montrer le vrai visage d'Akio, qu'il cache sous son air sévère d'élève modèle: celui d'un être lascif aux tendance nympho-masochistes, qui éprouve en plus des sentiments incestueux pour son frère. En réalité, dès qu'on prend en compte ses faiblesses psychologiques, Akio n'est pas du tout supérieur à son jumeau, et l'ayant depuis longtemps percé à jour, Natsu va démontrer à Yukio qu'il perd son temps à faire tous ces efforts pour se montrer à la hauteur de ce frère que lui-même en cet instant ne reconnaît plus....

 

© Piyoko Chitosé / Biblos

 

 

------------Be Boy Zips 27

-------------© Biblos--------------------------Thème: "Les Esprits - Spécial Occulte"

 

 

 

 

------------------------------------------------------Zips 28 disponible en VPC

---------------Be Boy Zips 28

---------------© Biblos-----------------------Thème: Spécial Bêtes

- Eïen no Ori ("La Cage Eternelle"), par Yamimaru Enjin (p.1). Kai Shibata, 22 ans, est un chômeur qui vit d'expédients. Afin de se consoler de son existence précaire, il collectionne les aventures féminines. Mais un jour, lorsqu'il se réveille après avoir été frappé par des inconnus, il a la surprise de se retrouver ligoté sur un lit, dévisagé par un jeune homme au regard glacial, habillé comme un salary-man. Il s'agit de Tomoyuki Ôkôchi, le frère aîné de Yuki, une ancienne conquête de Kai séduite puis aussitôt abandonnée. Kai n'a couché avec elle qu'une seule fois, mais elle était vierge, et ne pouvant supporter d'avoir été trahie, la malheureuse jeune fille pleure dans sa chambre tous les soirs. Tomoyuki, qui adore sa soeur, a alors organisé le kidnapping de Kai afin de la venger. Pour lui le jeune homme n'est qu'un détritus, une bête qui n'utilise que son instinct pour survivre, et il décide de l'élever comme un animal afin de lui inculquer les "bonnes manières". Kai comprend bien vite qu'il n'a aucune chance de s'enfuir ni d'amadouer Tomoyuki, qui semble avoir pété les plombs. Affaibli par le manque d'eau et de nourriture, il finit par se montrer docile envers son "maître", faisant tout ce qu'il dit, d'autant plus qu'en réfléchissant sur la vie qu'il a mené jusqu'ici, Kai est bien forcé de reconnaître que Tomoyuki n'a pas tout à fait tort de le mépriser. Mais tandis qu'ils couchent ensemble, Tomoyuki, l'étreignant, prononce par mégarde le prénom de sa soeur. Kai comprend alors que ce n'est pas seulement pour venger Yuki que le jeune homme s'acharne à le rabaisser: rendu fou par un amour impossible, Tomoyuki s'en est pris à l'homme qui avait eu la chance de se faire aimer de sa soeur (qui est toujours amoureuse de Kai malgré sa trahison et s'inquiète de sa disparition), et couche avec lui en remplacement de Yuki. En fait, Kai se rend compte que Tomoyuki, malgré ses hauts airs d'employé d'élite, est aussi paumé que lui. Un jour néanmoins, Kai réussi à briser une fenêtre et parvient à couper les liens qui entravent ses jambes; mais il ne peut s'échapper par le balcon, situé au plus haut étage d'un immeuble. Au moment où il se décide à sauter dans le vide, résigné à mourir, Tomoyuki le rattrape et lui sauve la vie, perdant ses lunettes dans l'action. Kai remarque alors que son visage couvert d'ecchymoses a complètement changé d'expression: il paraît plus doux et semble devenu un autre homme, comme si Tomoyuki avait enfin recouvré ses esprits....

- Rinkai Han'i ("Dans la Ligne d'un Monde Parallèle"), par Kiriko Higashizato (p.38). Cette histoire est l'un des chapitres qui composent le manga Shatei Han'i vol.2 (pas encore sorti). Ce sont les vacances d'été. Shizuka Haségawa, lycéen de Terminale, se rend chaque jour aux cours de soutien afin de préparer les examens d'entrée à l'université. Mais ce qui le tourmente, ce n'est ni le concours d'entrée ni le fait de devoir étudier pendant les vacances sous une chaleur étouffante, comme ses camarades; c'est le comportement de son petit ami Hiiro. Un soir en revenant de promenade, avant d'avoir réalisé où ils se trouvaient, pressé par Hiiro qui préfère faire l'amour en extérieur, tous deux ont fini par s'étreindre dans l'enceinte même d'un temple Shinto ! Depuis, Hiiro est ensorcelé, il se comporte exactement comme un chien ! Shizuka ne sait plus que faire. Il voit bien que son ami essaie de lui demander quelque chose, mais il ne parvient pas à comprendre ses couinements. Alors qu'il crie à Hiiro de faire un effort pour tâcher de communiquer, ce dernier l'embrasse sur la bouche, et Shizuka, ulcéré, remarque aussitôt qu'il a lui aussi perdu sa voix, il ne parvient plus qu'à émettre des aboiements de gros chien qui ne tardent pas à énerver les voisins. Dépassé par la situation, Shizuka se décide finalement à aller demander de l'aide à son oncle Suô. Ce dernier lui conseille de s'isoler avec Hiiro afin de l'observer calmement et tâcher d'interpréter ce qu'il tente de lui dire. Pour ce faire, le prof d'anglais gay prête à son neveu sa villa, un chalet isolé à la campagne où les couinements et les aboiements des deux jeunes gens ne risqueront pas d'incommoder les voisins. A peine sont-ils arrivés là-bas que Hiiro retire ses vêtements et commence à faire à quatre-pattes le tour du propriétaire, flairant partout, mais lorsqu'il entreprend de lever la patte contre une colonne, Shizuka s'insurge aussitôt, ce qui donne lieu à une bagarre. De plus en plus énervé par une situation absurde, Shizuka mord l'oreille de son ami, comme le font les chefs de meute pour afficher leur domination. L'effet ne tarde pas: Hiiro se montre aussitôt docile comme un petit animal apeuré. Shizuka l'embrasse afin de le rassurer, et remarque alors qu'il a retrouvé sa voix. Il parvient bientôt à comprendre que Hiiro souhaite qu'il l'étreigne; peut-être est-ce le seul moyen de convaincre l'esprit qui l'a possédé de quitter le corps du jeune homme. Mais, ce n'est pas si facile de satisfaire une "bête" en chaleur. Shizuka risque bien de s'effondrer d'épuisement avant d'avoir réussi à libérer son ami !....

- Rakuen Tsuihô ("Exilé du Paradis"), par Sakuya Fujii (p.71). Yukiya vit auprès d'un jeune homme très riche aux allures d'aristocrate appelé "le Comte", dans un endroit magnifique semblable à un paradis. En échange de cette existence facile, son rôle consiste à demeurer auprès de son "maître" et de le distraire en couchant avec lui. Le Comte prend grand soin de Yukiya, qu'il nomme son Ange, avouant que le garçon constitue la plus belle pièce de sa collection d'objets d'art. Mais ces paroles font beaucoup souffrir Yukiya, qui ne veut pas être traité comme une poupée mais aimé comme un être humain ordinaire. Ainsi, lorsque le Comte décide finalement de le vendre alors que soi-disant il tenait précieusement à lui, Yukiya ne peut supporter cette idée et s'enfuit. Poursuivit par les hommes de main du séduisant patron d'un club d'hôtes renommé dans la ville, qui était censé le racheter, Yukiya est rapidement rattrapé et se retrouve finalement dans le lit de son nouveau "propriétaire". Mais en comparaison des sentiments légers et superficiels du Comte, chez lequel tout paraissait aseptisé, le patron du club est un être passionné et ardent, plein de vie et de chaleur. Depuis qu'il a rencontré Yukiya, il avoue avoir perdu la raison, jamais il n'avait ressenti un tel sentiment auparavant. Dans les bras de cet être brûlant à l'étreinte bestiale mais si réconfortante, Yukiya a enfin l'impression d'exister. Peut-être pourra-t-il découvrir l'amour auquel il aspirait de toute son âme, cesser d'être un objet pour s'épanouir en tant qu'être humain....

- Manzoku shité né ("Tu vas me satisfaire, n'est-ce pas?"), par Yukari Yashiki (p.99). Okui, élève de Terminale, est fou amoureux de son camarade de classe Ôta, à qui il n'a jamais déclaré ses sentiments. Apprenant par hasard que ce dernier s'est inscrit à la fac de Lettres, Okui, qui avait postulé pour la fac de Mathématiques, décide de changer son affiliation afin de pouvoir continuer à aller en classe avec Ôta. Il va donc trouver son professeur principal, Mr. Terakado, un séduisant jeune homme qui est aussi son prof de maths. Ce dernier, entendant la requête d'Okui, est plutôt surpris: lui qui est si doué pour les maths avait toutes les chances de réussir haut la main le concours d'entrée à l'Université de Mathématiques et de Sciences, où il n'est pourtant pas facile d'entrer. Lorsque Terakado demande à Okui la raison de ce brusque revirement, ce dernier répond que c'est un secret, mais le prof n'est pas dupe: il rétorque aussitôt qu'il a remarqué la façon dont son élève regardait Ôta, et qu'il a compris qu'Okui souhaite d'aller dans la même université que lui parce qu'il en est amoureux. Terakado, qui pourtant est d'ordinaire quelqu'un de bon, se lance alors dans un odieux chantage: si Okui accepte de faire tout ce qu'il demande et de le satisfaire, il consentira à changer la demande d'affiliation du jeune homme. Bien que surpris, le lycéen accepte la proposition sans réserve, se réjouissant d'avance à l'idée de pouvoir rester auprès de Ôta. Il devient donc l'amant de son professeur. Mais si ce chantage semble au premier abord complètement immoral, surtout de la part d'un enseignant, Terakado a des raisons d'agir ainsi: il connaît bien Ôta, qui n'est qu'une espèce de grand imbécile, et sait parfaitement que le lycéen déteste Okui, qui tout à ses rêves idéalisés d'idylle amoureuse, ne se rend compte absolument de rien. Okui vit dans un monde de chimères, et pour continuer à aller en cours avec quelqu'un qui en fait ne l'aime pas du tout, il est sur le point de gâcher sa vie. En l'attirant dans ses bras, Terakado, qui l'aime sincèrement, espère ainsi que Okui souffrira moins lorsque le jeune homme comprendra qu'il s'est bercé d'illusions....

- Sennen ni Hitotsu no Koï ("Premier Amour en Mille Ans"), par Shin Mizukami (p.135). Dans le Japon féodal, à Konan sur le Mont Sento. Le jeune capitaine Hakua et ses troupes parcourent les sentiers de l'épaisse forêt de bambou afin de chasser un redoutable tigre mangeur d'hommes qui a déjà assassiné plusieurs villageois. En réalisant cet exploit, Hakua, ambitieux, espère bien se mettre en valeur et obtenir un poste dans la capitale. Tandis que le jeune homme se fait ces réflexions, baissant la tête imprudemment, le gigantesque tigre surgit soudain des fourrés, et bondissant au-dessus des lances des soldats, attrape Hakua par sa cape et l'emporte dans son repaire. Jeté sur le sol de la grotte, le jeune capitaine saisit son sabre, bien décidé à ne pas se laisser tuer sans se battre, mais à sa stupéfaction, le tigre se met à parler, puis se change en homme ! Il se nomme Yôko, dernier spécimen d'une race métis mi-tigre, mi-humaine, et vit dans la montagne depuis plus de mille ans. C'est à présent la période du rut, et comme tous les mâles de sa race, il s'est lancé en quête d'une femme humaine afin de concevoir un enfant. Entendant ces paroles, Hakua se rend compte qu'à cause de son aspect fluet, Yôko l'a vraiment pris pour une fille ! Furieux, il frappe l'homme-tigre, qui réagit violemment et montre aussitôt les crocs. Peu importe que Hakua soit un mâle, puisqu'il se montre si agressif, Yôko décide de le violer puis de déchiqueter son corps avant de le dévorer. Mais tandis qu'il étreint Hakua, des larmes s'échappent des yeux du jeune homme, et les remarquant, Yôko arrête net son accès de violence, pétrifié par un sentiment qu'il ne s'explique pas. Lorsqu'il demande à Hakua la raison de ces pleurs, car il est bien certain de ne pas lui avoir fait si mal que ça, le capitaine répond que les êtres humains versent également des larmes lorsque leur coeur a été blessé, mais une bête comme lui ne peut pas comprendre celà, car ni les insectes, ni les poissons aussi bien que les fauves n'éprouvent de sentiments. En colère devant tant d'insolence de la part d'un faible être humain, Yôko rétorque qu'il va le faire souffrir lentement sans le tuer, mais finalement, il ne fait aucun mal au jeune homme et lui apporte même de la nourriture. Tous deux commencent à vivre ensemble, et au bout de quelques jours, Hakua se rend compte que Yôko n'est pas si effrayant qu'il le paraît au premier abord: ce n'est pas par goût pour la chair humaine que l'homme-tigre tue des villageois, mais parce que ceux-ci cherchent à l'éliminer. Fuit par les autres tigres qui sentent qu'il n'est pas comme eux et ont peur de lui, détesté par les Hommes, Yôko vit depuis mille ans dans la plus totale solitude, et comprenant sa tristesse, Hakua se rend compte qu'il ne peut se résoudre à le tuer. Mais tandis que Yôko s'éveille peu à peu aux sentiments humains, le jeune capitaine sent bientôt une sourde peur lui étreindre le coeur: il craint ses sentiments qui l'inclinent à abandonner tous les tabous du monde d'où il vient pour rester vivre dans la montagne auprès de Yôko, bien qu'il soit à moitié bête, bien qu'il soit un homme tout comme lui....

- Fixer , par Ayano Yamané (p.167). Akihito Takaba est un jeune journaliste indépendant. En pleine période électorale, il se fait embaûcher comme serveur dans un grand hôtel chic où doit avoir lieu un banquet réunissant les principaux hommes politiques du pays, à la recherche d'un scoop: c'est le moment où les politiciens recherchent des fonds pour leurs partis, et un appareil photo caché dans sa manche, Akihito espère bien surprendre ces financements occultes. Mais rien ne se passe comme prévu: non seulement lors du banquet il retrouve Ryûichi Asami, le riche patron du club "Shion", une sorte de yakuza qui a été son amant (voir Zips 26), mais en sortant les poubelles, il assiste à l'agression d'un homme qui lui remet un CD Rom avant de perdre conscience, priant le jeune homme de le remettre à Asami. Mais témoin de cette agression, Akihito est emmené au commissariat et n'a pas le temps de retrouver Asami. Il confie aux policiers les photos qu'il a pu prendre de la scène du crime, mais garde néanmoins le silence au sujet du CD Rom. Dès le lendemain, le jeune homme se met en quête de son ancien amant afin de lui remettre le disque, mais s'il rencontre souvent Asami au moment où il s'y attend le moins, à présent qu'il le recherche, il s'avère impossible de le joindre. Alors qu'il se fait jeter dehors par les videurs du "Shion", qui ne veulent pas laisser entrer un tel "gamin" dans le club, Akihito est remarqué par les bandits qui ont tiré sur le type dans l'hôtel; ces derniers se sont rendus à l'hôpital afin de l'achever, mais avant, ils ont réussi à lui faire avouer qu'il a remis le CD Rom à un jeune employé. L'un des bandits se fait donc passer pour un serviteur de Asami et tente d'emmener Akihito avec lui, disant qu'il s'excuse pour ce qui s'est passé au "Shion" et va le conduire à son patron. Mais le jeune homme flaire tout de suite l'embrouille et refuse. Il est alors assommé et enlevé, et se réveille un peu plus tard au beau milieu d'un des repaires de la mafia chinoise ! Malgré la torture, il se contente de dire qu'il a jeté le CD Rom par crainte du danger, mais en fait, entre le moment où il s'est fait jeté du "Shion" et sa capture, Akihito a eu le temps de glisser l'objet dans la boîte aux lettres de chez Asami, à son immeuble où il ne vient hélas que rarement. Tandis que le jeune reporter refuse d'en dire davantage malgré les coups, apparaît soudain Feï-Long Laoban, l'un des principaux chefs de la mafia chinoise, aussi beau que redoutable. En voyant le joli visage d'Akihito, ce dernier ne peut cacher son trouble, mais puisque même face à lui le jeune homme s'obstine à garder le silence, le chinois décide de le violer jusqu'à ce qu'il parle. Drogué à l'opium, Akihito se retrouve donc au lit avec le superbe Feï-Long, à qui il fait aussitôt remarquer qu'il est aussi bestial que Asami. Il semble exister un étrange lien d'amour et de haine entre les deux bandits: tandis que Akihito est sur le point de perdre conscience, Feï lui avoue que c'est Asami qui est le responsable de la profonde cicatrice d'impact de balle qu'il porte sur la poitrine. A chaque fois que cette blessure le fait souffrir, il voudrait que Asami ressente la même chose, et pour celà lui enlever tous ceux qu'il aime. Mais au même moment, Asami se rend par chance à son domicile et découvre le CD Rom dans sa boîte aux lettres. Averti par ses hommes qu'Akihito le recherchait, bien qu'il ait obtenu les documents secrets, il ne peut se résoudre à abandonner le jeune homme et se rend au repaire des chinois, faisant un vrai carnage, afin de le délivrer....

- Nétémo, Samétémo ("Qu'il dorme ou qu'il soit éveillé"), par Youka Nitta (p.203). Cette histoire constitue le chapitre 2 du manga Haru o Daiteita vol.5. A la fin d'une éprouvante série de tournages, suite à un caprice de Katô qui souhaitait voir Iwaki porter un yukata (kimono léger), les deux acteurs profitent de leurs quelques jours de repos pour se rendre dans une auberge de sources d'eau chaude. A peine arrivé, Katô, qui n'a jamais été dans ce genre d'endroit, commence à s'extasier de tout en courant dans tous les sens, au point qu'Iwaki, soupirant, a vraiment l'impression de faire du baby-sitting. Néanmoins, il accepte de passer un yukata comme l'en prie son ami, aidant ce dernier, décidément maladroit, à lacer le obi du sien. Mais malgré toutes les protestations de Katô, Iwaki refuse obstinément de prendre son bain avec lui, sachant très bien comment celà va se terminer. Au milieu de la nuit, voyant son compagnon bien endormi, Iwaki se lève afin de profiter tranquillement du bassin de source d'eau chaude en plein air. Goûtant avec délice ces quelques instants de détente et de bien-être, après toutes ces semaines de travail épuisantes, le jeune acteur se dit que finalement Katô a eu raison de l'entraîner à cet endroit. Mais ayant remarqué l'absence de son ami à ses côtés, Katô ne tarde pas à venir le rejoindre dans le bassin. S'asseyant auprès d'Iwaki, un peu gêné le jeune homme le remercie d'exaucer ainsi tous ses caprices. Ces derniers temps, il a remarqué que son aîné se mettait de plus en plus rarement en colère contre lui, ce qui ne fait qu'exacerber son désir de se faire choyer. Iwaki écoute son ami avec attention, et finit par lui répondre de ne pas s'en préoccuper: si Katô apprécie tant que celà ses coups de gueule, il lui donnera bien assez tôt des raisons de se mettre en colère. D'ailleurs, Iwaki se fâchera immédiatement si Katô essaie de porter ici-même la main sur lui. Le jeune homme proteste: il a rejoint son compagnon dans le bassin simplement parcequ'il voulait prendre un bain avec lui, bien que néanmoins, il serait heureux si Iwaki consentait à se laisser quand même embrasser. Voyant l'expression triste du visage de son ami, Iwaki sourit en soupirant. De lui-même, il enlace Katô et l'embrasse sur la bouche, s'asseyant sur ses genoux face à lui dans une attitude plutôt provocante. Il explique alors que dans la journée il est bien obligé de se contenir à cause du regard des gens; Katô, qui se fiche de sa propre image, devrait essayer de comprendre celà. Emu, Katô se jette dans ses bras, et ne pouvant plus contenir son désir, il supplie Iwaki de le laisser l'étreindre. Rougissant, ce dernier ne peut que céder, faisant remarquer que si son cadet a un mauvais côté, c'est bien de parvenir ainsi si facilement à lui ôter toutes ses barrières. Mais à peine les deux acteurs ont-ils commencé à faire l'amour que Iwaki s'aperçoit que Katô n'est pas dans son état normal: parce qu'ils se trouvent à l'extérieur, en plein air, le jeune homme se montre beaucoup plus excité que d'habitude; son regard brûlant et ses gestes semblent ceux d'un prédateur, comme s'il s'était soudain changé en bête....

- Nemurénaï Yoru no tamé ni ("Pour toutes ces nuits sans sommeil"), par Miki Sakamoto (p.233). Keisuké, un étudiant, est tombé amoureux de son frère aîné Ryô, un jeune salary-man. Une nuit, n'en pouvant plus, il s'est introduit dans la chambre de ce dernier et s'est glissé dans son lit; mais contrairement à ce que le garçon s'attendait, Ryô n'avait montré ni surprise ni colère et s'était contenté d'étreindre son cadet comme il le désirait, sans rien lui dire. Puisque le jeune homme avait gardé le silence, Keisuké n'avait pu se résoudre à lui transmettre ses sentiments, et depuis, tous deux poursuivent cette relation charnelle, sans se faire aucune déclaration. Mais au fil du temps, ce silence de la part de Ryô va tourmenter Keisuké: Ryô ne trouve-t-il donc pas celà étrange d'être devenu l'amant de son propre frère cadet ? C'est à croire que pour lui tout ceci est normal, et il ne semble attacher aucune importance à leur liaison. Keisuké finit par se dire que Ryô n'éprouve rien pour lui et ne fait qu'exaucer ce qui n'est pour lui qu'un caprice comme un autre de son cadet jusqu'à ce que ce désir incestueux lui passe. Un soir qu'il fait ses courses au supermarché du coin, Keisuké remarque des adolescentes attroupées devant un étalage où sont empilées des boîtes de chocolat enrubannées, car c'est bientôt le jour de la Saint Valentin. Deux lycéennes enjoignent une de leurs amies, timide, à acheter un cadeau pour l'offrir au garçon qu'elle aime depuis longtemps sans avoir jamais osé lui avouer: lorsqu'il s'avère difficile de dire ouvertement "Je t'aime" à quelqu'un, offrir des chocolats à la St Valentin est un peu une manière simple et détournée de transmettre sans les mots ses sentiments. Entendant cette conversation, Keisuké se prend à sourire, se disant que finalement les jeunes filles ont raison, bien qu'il ne se voit pas en train de faire ce genre de cadeau à son grand frère. Mais tandis qu'il rentre à l'appartement qu'il partage avec Ryô, il y retrouve Tsugumi, leur soeur cadette, une collégienne. C'est son jour de visite hebdomadaire, et puisqu'elle ne pourra pas venir la semaine suivante, Tsugumi remet en avance à Keisuké une boîte de chocolats de la St Valentin. Apprenant que la jeune fille en a aussi offert une à Ryô, l'étudiant ne peut s'empêcher de ressentir une douleur à la poitrine, et s'irrite contre lui-même de ressentir ainsi de la jalousie envers une gamine seulement parce qu'elle peut offrir avec tant d'insouciance ce genre de cadeau. Lorsque Ryô rentre du travail, Keisuké a encore la boîte à la main, et lorsque son aîné lui demande d'où elle provient, le jeune homme espère surprendre dans ses yeux une lueur d'intérêt, mais bien sûr, il n'en est rien. Cependant tandis que Keisuké soupire douloureusement, ne sachant plus que faire pour engager le dialogue sur le sujet qui le préoccupe, derrière son dos Ryô discrètement l'observe. Aurait-il enfin remarqué le tourment qui assaille son jeune frère ? Quoi qu'il en soit, la nuit, après avoir raccompagné Tsugumi jusqu'à la gare, Ryô invite Keisuké à le rejoindre dans sa chambre; pour la première fois depuis le début de leur liaison, il étreint Keisuké de lui-même, sans que ce soit ce dernier qui le lui demande, et ce avec plus d'ardeur et de passion que de coutume....

 

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------------© Biblos-----------------------Thème: Spécial Temps Anciens

- Holland Castera Japaneska , par Shungiku Nakamura (p.1). La ville portuaire de Déjima, dans le Nagasaki féodal. Tamaki Nabéshima est le 15ème fils d'un Daïmyo, seigneur de haut rang membre du gouvernement. Etant le dernier-né, le jeune homme n'a aucune chance de se voir confier un jour un poste quelconque et se contente de mener une existence aisée et oisive, mais vide de sens et rongée par l'ennui. Seul son frère aîné vient le voir parfois à la résidence où Tamaki vit seul avec ses domestiques, mais le samouraï n'a aucune affection pour lui et passe son temps à lui faire la leçon: en fait, malgré son rang et sa richesse le jeune homme n'est absolument pas libre de ses actes, car la moindre bêtise pourrait ternir la réputation de ses autres frères hauts-placés. Un jour, alors que Tamaki est justement en train de se faire sermonner, il aperçoit dans le jardin un étranger égaré. Nous sommes à l'ère Edo, le Japon commence à s'ouvrir au monde extérieur, ainsi des marchands hollandais font souvent escale à Déjima. Afin de se distraire et par curiosité, Tamaki invite ce beau jeune homme blond aux yeux bleus à demeurer chez lui le temps de son séjour au Japon. L'étranger se nomme Shinju Von Meidelfort, c'est un traducteur hollandais issu de plusieurs métissages; son arrière-arrière grand-père (dont il porte le prénom) étant japonais, sa famille s'est transmise cette langue de génération en génération. Grâce à cette rencontre inattendue, l'existence de Tamaki va changer radicalement: si face au caractère posé des japonais, Shinju paraît d'une exubérance extrême qui n'est pas toujours de tout repos, il va introduire dans le mode de vie de la résidence des éléments de la culture occidentale, meubles, gâteaux, manière de tailler les arbres en forme d'animaux, et ne tarde pas à transformer la maison en entrepôt pour ses objets souvenirs ! Au bout de six mois passés auprès de l'étranger, Tamaki va commencer à parler le hollandais, et aidant Shinju à la traduction de documents commerciaux, loué pour son intelligence, il goûte la joie nouvelle de pouvoir être utile et a enfin l'impression d'exister. Hélas, le moment où Shinju doit repartir en Hollande approche à grands pas, et le jeune homme se demande avec angoisse s'il pourra revenir à son existence monotone d'autrefois. Le soir de la veille du départ du bateau, Shinju découvre Tamaki en larmes. Il lui fait alors le serment de l'emmener avec lui dans son pays et de le protéger. Emu, le jeune homme accepte, et s'abandonne enfin aux bras du bel étranger, avec qui il passe une nuit torride. Mais dans son coeur, Tamaki sait bien que sa famille ne le laissera jamais embarquer, et plutôt que de causer de graves ennuis à son ami, il est décidé à se sauver après l'avoir accompagné au port. Il ignore encore combien Shinju est un être plein de ressources, qui a l'art et la manière d'arranger les choses de façon inattendue !....

- Northmen ("Les Vikings"), par Shinano Oumi (p.39). Le jeune chef viking Achille est le fils du défunt roi de sa tribu, un homme généreux qui était aimé de son peuple et animé d'une profonde religion: Odin appréciant les guerriers courageux, seuls les hommes morts au combat en se battant avec vaillance sont censés pouvoir monter au Walhalla, le paradis des dieux nordiques. Et pour le défunt roi, cette mort glorieuse ne pouvait s'obtenir qu'en se battant contre d'autres guerriers, et non en s'en prenant à de faibles villageois. Trois ans après le décès du souverain, son idéologie est demeurée très forte dans le coeur de ses sujets, ainsi, lorsqu'il s'en va piller les côtes anglaises, Achille prend bien soin de n'attaquer que les villes riches, n'affrontant que leurs défenseurs sans faire de mal à la population ni brûler les maisons. Un jour qu'il s'apprète à réembarquer pour son pays après une campagne de razzias aisée et fructueuse, ses hommes lui amènent un jeune guerrier qu'ils ont eu un mal fou à maîtriser après que ce dernier ait rossé à mains nues 23 de leurs compagnons. Il se prénomme Wolf et se présente comme un mercenaire: il a forcé le camp viking afin de proposer ses services à Achille. Ce dernier refuse, répliquant qu'il a sufisamment de bons guerriers, mais après avoir fait l'expérience sur sa propre personne de l'incroyable dextérité de Wolf, le jeune homme se décide finalement à l'engager. Les Hommes du Nord rentrent donc en leur patrie les cales de leurs drakkars chargées de trésors, et à peine arrivé dans le village dirigé par Achille, Wolf ne tarde pas à se faire apprécier par ses nouveaux compagnons grâce à son don pour le combat et sa chaleureuse personnalité. Mais quoi qu'il fasse, ses regards finissent toujours par se tourner vers le bel Achille, qui lui aussi commence à ressentir de l'intérêt pour cet étrange guerrier. Peu après leur retour au village, le jeune chef est convoqué par le roi. Alors qu'il se rend à cheval à la résidence de ce dernier en compagnie de Wolf et de son fidèle Anuban, un vieux guerrier qui était l'ami de son père, le mercenaire s'étonne que ce ne soit pas Achille, le fils du roi défunt, qui ait accédé au trône. Le jeune homme explique alors que son père étant mort de maladie dans son lit et non au combat comme le veut généralement la tradition, sa lignée a été déclarée déshonorée et c'est son oncle, un être fourbe et cruel, qui est devenu le nouveau souverain. Ce dernier repproche encore une fois à Achille ses principes de combattre en épargnant les populations civiles, et tandis qu'il l'accuse d'être un lâche comme son père, le jeune homme sent son sang bouillir, pris d'une furieuse envie de planter son épée dans le coeur de cet oncle mauvais et tyrannique. Heureusement Wolf et Anuban interviennent, l'empêchant de commettre l'irréparable, et emmènent le jeune chef se reposer. Mais pendant la nuit, Achille est assailli par un horrible cauchemard, toujours le même qui vient le hanter depuis qu'il est petit. Réveillé par ses cris, Wolf vient à son aide en l'éveillant, mais malgré sa requête, Achille refuse de lui raconter ce rêve obsessionnel. Wolf se couche alors sur lui et commence à le caresser, affirmant qu'il n'arrêtera pas tant que le jeune chef s'obstinera à garder le silence, car il a compris que c'est à cause d'un événement grave survenu dans son passé que Achille s'efforce sans cesse de réprimer ses désirs et ses sentiments. Mais Achille se tait, se soumettant aux étreintes tendres et brûlantes de Wolf. Finalement, épuisé, il se décide à lui raconter ce qui lui est arrivé douze ans auparavant: enfant, il avait un jour accompagné son père en campagne, sans savoir à ce moment ce que signifiait le pillage; alors qu'il attendait tranquillement le retour des guerriers près du bateau, il avait fait la connaissance d'un petit garçon de son âge, avec qui il était tout de suite devenu ami bien que ne parlant pas la même langue. L'autre enfant avait voulu l'emmener jusqu'à sa maison, mais lorsque Achille était enfin parvenu à le rattraper, c'était pour assister à un spectacle horrible: tandis que son village mis à sac se consumait, le petit garçon en larmes serrait dans ses bras le corps de sa mère assassinée, tandis qu'auprès d'eux se tenaient l'oncle et le propre père d'Achille, son épée dégoulinante de sang. Jamais l'enfant ne parviendra à oublier le regard plein de haine de celui qui était devenu son ami alors qu'il dévisageait les deux guerriers vikings. Depuis ce jour, Achille a détesté son père et se sent responsable de la mort prématurée de ce dernier, comme si Odin avait exaucé ses prières en conférant au roi ce décès déshonorant. Mais n'ayant assisté qu'à une partie de la scène, il ignore encore que ce n'est pas son père qui avait tué la jeune femme mais son oncle, désobéissant aux ordres du roi. Wolf, écoutant avec attention, réconforte Achille en lui assurant que ce n'est pas de sa faute, il n'est pour rien dans toute cette histoire. Mais soudain, la porte de la chambre s'ouvre avec fracas et Anuban se précipite à l'intérieur, criant que le roi a quitté le palais à l'aube dans le but d'attaquer leur village, afin de punir Achille de son insubordination. C'est une esclave qui a averti le vieil homme de cet acte de traîtrise, lui avouant un fait plus grave encore: le précédent souverain ne serait pas mort de maladie, mais d'empoisonnement....

- Tsubaki no Saku Koro ("Le Temps où fleurissent les Camélias"), par Perle Ronrû (p.79). La 6ème année de l'ère Shôwa. Haruiko Kido est le fils cadet d'une famille très riche et très ancienne qui a connu son apogée à la précédente ère Meiji. Ses parents étant décédés, c'est son frère aîné Takamasa, un fameux médecin, qui a pris la succession de la demeure familiale. Haruiko souffrant du coeur, Takamasa, qui est aussi son médecin traitant, s'inquiète beaucoup pour lui et afin qu'il ne se fatigue pas, il lui a fait arrêter l'école et lui interdit de quitter seul le parc de la résidence. Néanmoins, pour que le jeune homme ne s'ennuie pas, Haruiko étant très doué pour le dessin son frère lui a offert un splendide atelier doté de tout ce qu'il faut pour peindre ou dessiner. Cependant, malgré tous ces égards, Haruiko se sent mal à l'aise enfermé dans cette immense maison presque vide. Lorsqu'il parvient parfois à se soustraire à la surveillance qui l'entoure, son seul et menu réconfort est de se promener dans les petites ruelles du voisinage, où les gens de son rang ne passent jamais, et contempler les jardins des maisons modestes. Un jour, au cours de l'une de ces excursions secrètes, son regard est attiré par de superbes fleurs de camélia. Alors qu'il va toucher l'une des fleurs, quelqu'un retient soudain sa main: il s'agit du propriétaire du jardin, Seïchiro, un jeune traducteur assez connu, qui dit au garçon que s'il a envie d'une fleur, il n'a pas besoin de la voler, il lui suffit de la demander. Rougissant, Haruiko s'excuse. Mais depuis cette rencontre, charmé par Seïchiro et son paisible jardin de camélias, il vient pratiquement chaque jour chez son nouvel ami, fuyant l'atmosphère tendue de la Maison Kido et surtout l'affection étouffante de son frère aîné. Seïchiro s'étonnant que Haruiko préfère peindre les fleurs qui entourent sa maison délabrée alors que le jardin de la riche demeure où vit le jeune homme doit être si beau, ce dernier essaye péniblement de lui conter son histoire et la tristesse qu'il ressent, mais ne peut finalement aller jusqu'au bout de ses paroles. Tandis qu'il tient dans sa main un camélia offert par son ami, prononçant le mot "Tsubaki" ("camélia"), Haruiko font en larmes. Seïchiro ne parvient pas à comprendre ce qui arrive à son jeune ami, qui paraît cacher un secret, néanmoins il lui assure en le réconfortant qu'il est le bienvenu chez lui et peut venir aussi souvent qu'il le souhaite. Finalement, au fil du temps Haruiko et Seïchiro deviennent de plus en plus proches et un jour, le traducteur finit par avouer à son ami qu'il est amoureux de lui: pauvre, il n'a à lui offrir que son coeur. Mais Haruiko aussi aime Seïchiro, il ne peut se résoudre à le repousser et accepte de se donner à lui. Mais le soir, lorsqu'il rentre chez lui, son frère aîné lui fait une scène. Ce dernier a découvert un portrait de Seïchiro dans le carnet à croquis de Haruiko et a compris à ses fréquentes escapades et retours tardifs que ce dernier avait un amant. Fou de douleur d'être ainsi trahi, lui qui avait tant fait pour son cadet, Takamasa pique une crise de nerfs et manque étrangler Haruiko. Il se reprend juste à temps, mais effrayé, le jeune homme court se réfugier chez Seïchiro. Remarquant les traces sur le cou de son ami, Seïchiro furieux veut se précipiter à la demeure Kido afin de faire son affaire à ce frère indigne, mais Haruiko l'en empêche, disant que tout est de sa faute. A ce moment arrive Takamasa, qui l'a suivi. Le jeune médecin veut à tout prix le ramener avec lui, mais le garçon refuse. Afin de faire reprendre ses esprits à Takamasa et regagner sa liberté, il se décide enfin à dire à voix haute cette vérité que Takamasa refuse d'admettre: son frère Haruiko est décédé de crise cardiaque quatre ans auparavant; lui n'est que le jeune orphelin recueilli pour servir de compagnon de jeu à Haruiko malade, et son vrai nom est Tsubaki....

- Fuyu no Sémi Bangaihen - Kochô no Yumé ("La Cigale de l'Hiver Chapitre Hors-Série - Rêve d'une Chrysalide"), par Youka Nitta (p.121). Ce chapitre très court reprend une partie du chapitre Fuyu no Sémi (Haru o Daiteita vol.5), une histoire décrivant les amours dramatiques de Iwaki et Katô dans leur vie antérieure. Le Japon féodal à l'ère Meiji, au début de l'ouverture à l'Occident. Sur le bateau qui l'emmène vers l'Angleterre, Kusaka (Katô) rêve encore une fois des derniers moments de sa séparation avec son ami le samouraï Akizuki (Iwaki): ne voulant pas partir en laissant son ami malgré son désir d'aller étudier à l'étranger, Kusaka, désespéré, se décide enfin à avouer ses sentiments au fier samouraï. Il supplie Akizuki de lui pardonner, jamais il n'aurait voulu faire quoi que ce soit qui puisse provoquer sa haine et son dégoût, mais il ne peut s'empêcher de l'aimer. Mais contre toute attente, Akizuki ne se montre pas du tout offensé de cette déclaration; au contraire, il en est heureux, et promet à son ami de l'attendre pendant les quelques années que durera son absence. Entendant ces paroles, Kusaka a l'impression de rêver. Lui qui aimait le samouraï depuis le premier jour de leur rencontre sans avoir jamais osé espérer un sentiment réciproque... Tandis que tombe le crépuscule, tous deux font l'amour couchés dans les hautes herbes qui bordent la rivière, près d'un arbre où repose la chrysalide d'une cigale... Leur étreinte est brûlante, comme s'ils voulaient que chacun garde en lui ce feu qui les consume pendant le temps de leur longue séparation.... Kusaka se réveille en sursaut. Tous les soirs, il est assailli par ce rêve depuis qu'il a embarqué. Montant sur le pont du navire afin de se rafraîchir un peu, il remarque que l'air marin est chargé de parfums de fleurs, l'odeur d'un pays étranger. Mais pour lui, aussi développée que soit la culture des pays occidentaux, tant qu'existera au Japon un être de la valeur d'Akizuki, il sait qu'il pourra conserver son orgueil. Lui-même en étudiant et faisant des efforts espère que lorsqu'il rentrera dans son pays, il sera devenu quelqu'un dont son ami puisse être fier. En attendant leurs retrouvailles au bord de la rivière de leur première et unique étreinte, Kusaka continuera de rêver à ce jour....

- Irohada ("Peau Voluptueuse"), par Miya Ikushima (p.165). Cette histoire simple et délicate est sans doute avec Northmen l'un des meilleurs chapitres de cet excellent recueil. Le Japon de l'ère Shôwa, vers la première moitié du 20ème siècle. Dans un bordel de Ginza, un jeune homme à peine sorti de l'adolescence chantonne à la fenêtre en attendant son prochain client. Le tenancier annonce bientôt l'arrivée de Mr. Kasukabé, et sitôt qu'il entend ce nom et apprend que comme toujours il a été désigné pour être son partenaire, le jeune homme (dont le nom n'a pas été précisé) se précipite dans la buanderie afin de se purifier et ôter l'odeur du client précédent. L'eau est glaciale et le jeune homme tremble de froid, mais Kasukabé est un être spécial pour lui, le seul qui se montre bon et l'étreint avec des gestes pleins de tendresse, au point que le prostitué a l'impression de se trouver avec son bien-aimé et non avec un client. Ainsi, il veut se présenter devant lui tout à fait propre. Cependant, le jeune homme sait très bien que malgré sa gentillesse envers lui, cet homme riche d'une trentaine d'années ne peut pas l'aimer, car il a déjà quelqu'un dans son coeur. A peine le prostitué arrivé dans la chambre où l'attend son précieux client, ce dernier s'inquiète de sentir son corps à ce point gelé, ignorant le bain glacé que le jeune homme s'évertue à prendre à chacune de ses visites. Mais si Kasukabé le réchauffe, il affirme que tout ira bien. Ce dernier acquiesce, néanmoins peu rassuré, et tandis qu'il étreint avec précaution ce corps blanc et fragile, sur le point de perdre conscience le jeune homme se remémore sa première rencontre avec Kasukabé. Un jour qu'il était malade, son patron l'avait obligé malgré tout à raccoller les passants à travers les barreaux de la vaste fenêtre du bordel avec ses camarades. Brûlant de fièvre, le prostitué avait alors hélé la personne qui paraissait le moins susceptible de devenir un client, espérant pouvoir se reposer. Cependant Kasukabé était tout de même entré dans le bordel, mais au lieu d'étreindre le jeune homme, non seulement il l'avait soigné en le plaignant de devoir travailler ainsi malgré sa maladie, mais il était resté le veiller en lui contant sa propre histoire: Kasukabé est amoureux de son ami intime, un jeune homme d'une beauté et d'une noblesse d'esprit telles qu'il n'ose lui déclarer sa flamme de peur de le souiller; il porte toujours sa photo sur lui, et comme le jeune prostitué ressemble un peu à son amour déçu, depuis ce jour de leur rencontre, Kasukabé revient régulièrement au bordel. Afin de réconforter ce client qu'il aime par dessus tout, le jeune homme fait de son mieux pour tenter de remplacer le garçon de la photo, s'efforçant de se comporter comme cet être noble et gracieux le ferait; mais parfois, la jalousie étreint son coeur, et il adopte alors une attitude licencieuse et provocante, disant malicieusement à Kasukabé que son ami, une fois au lit, n'est peut-être pas aussi pur qu'il se plaît à le croire. Un jour, alors que d'ordinaire il se montre toujours tendre et attentif, à peine arrivé dans la chambre Kasukabé étreint le prostitué avec violence. D'abord effrayé par ce comportement anormal, si semblable à celui des autres clients, le jeune homme comprend bientôt qu'il s'est passé quelque chose. Une fois calmé, Kasukabé s'excuse de sa brutalité, et raconte avec tristesse qu'il a désormais perdu tout espoir de se faire aimer de son ami: il a un effet surpris ce dernier avec un garçon beaucoup plus jeune que lui, sans doute du même âge que le prostitué, et auprès de cet adolescent, l'ami se sent beaucoup plus décontracté car il n'a pas besoin de paraître à tout prix ce qu'il n'est pas. Le jeune prostitué réconforte son précieux client de son mieux, et Kasukabé, remarquant que lui aussi finalement ne se sent véritablement bien qu'auprès de ce garçon, décide de l'inviter à sortir se promener avec lui dans les rues de Ginza. Pour la première fois, tous deux vont se rencontrer enfin hors du bordel ! Même lorsque son contrat arrivera à terme, le jeune homme n'a nulle part où aller et pense continuer ce métier jusqu'à ce que le patron ne veuille plus de lui; seul Kasukabé aurait le pouvoir de changer son destin....

 

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-----------© Biblos-----------------------Thème: Spécial Princes

- Koï suru Ôjisama ("Le Prince amoureux"), par Kaï Nanasé (p.1). Alors que Tamaki Azamino est paisiblement en train de faire ses courses chez l'épicier, une grosse limousine noire vient soudain se garer devant le magasin, des valets vêtus de noir déroulent un tapis rouge, et un mystérieux jeune homme à l'aspect pompeux se dirige droit vers Tamaki, lui disant: "Je suis venu vous chercher, Azamino Tamaki, ma perle précieuse !" Devant l'épicier et les ménagères ébahies, l'étranger tend la main vers le jeune homme, lui proposant de l'accompagner dans son pays, et lui fait carrément une demande en mariage ! Un peu plus tard, alors que tous deux prennent le thé chez Tamaki qui ne comprend rien à toute cette histoire, l'inconnu se présente: il se nomme Travis et affirme être le premier prince du royaume de Vankracie, un petit pays d'Europe de l'Est. Une prédiction ayant annoncé que seul celui qui serait parvenu à se procurer la "Perle Précieuse de l'Orient" serait digne d'accéder au trône, Travis s'est rendu au Japon afin de rechercher ce trésor légendaire. Le prince est persuadé qu'il s'agit de Tamaki, dont le prénom peut se traduire par "Perle Vivante", et il est bien décidé à l'épouser et le ramener avec lui dans son pays. Sans même lui demander son avis, il ordonne à ses valets de déménager les affaires du jeune homme pour les envoyer en Vankracie, faisant installer à la place un lit de grande taille, car le mariage ne sera effectif que lorsque son fiancé et lui auront passé une nuit ensemble. Tamaki n'en croit pas ses oreilles ! Le voilà complètement dépassé par les événements. Cependant il ne parvient pas à repousser Travis, la seule personne qui se soit préoccupée de lui depuis la mort de ses parents. Mais tandis que tous deux entâment une nuit de noce qui promet d'être chaude, leur étreinte est soudain interrompue par l'irruption des trois demi-frères cadet de Travis, eux aussi candidats au trône....

- Ôji no Hakobuné ("Le Garçon de Course du Prince"), par Yamimaru Enjin. Quelque part en Europe, au début du 20ème siècle. Dans un camp de l'armée, Philippe, un garçonnet de 9 ans, travaille comme coursier afin d'aider sa famille nombreuse. Sa première mission est de s'occuper de Louis, un jeune prince de 15 ans qui vit reclu dans une modeste cabane dans l'attente d'un courrier important. D'abord impressionné par ce maître à l'aspect élégant et éthéré, Philippe va vite s'apercevoir que Louis, en raison de sa haute naissance, est un fils à papa qui ne sait rien faire par lui-même. Ne sachant comment utiliser le chauffe-eau, voilà un mois qu'il se baigne dans une eau glaciale, en plein hiver ! Il ignore bien sûr comment cuisiner et doit se contenter chaque jour de vin froid et de pain rassis. Les militaires du camp étant trop occupés pour se soucier de sa présence, l'arrivée de Philippe, habitué aux tâches ménagères, est pour lui d'un secours inestimable. Mais malgré le zèle du garçonnet, qui se rend chaque jour au camp afin de rechercher la lettre que le jeune prince attend avec tant d'impatience et de mélancolie, la missive n'arrive pas, tandis que se rapproche le moment où Louis devra rentrer en son palais. Ainsi un matin, un cavalier survient à la cabane où Louis et Philippe, malgré la différence de rang entre eux, poursuivent une existence paisible comme s'ils étaient deux frères ("Philippe" est également le nom du véritable frère cadet de Louis). Il s'agit d'Armand, chevalier et maître d'armes du palais, dépéché par l'impératrice afin qu'il transmette l'ordre à son fils de rentrer sur-le-champ. Le surlendemain, Louis doit en effet épouser une princesse d'un pays voisin, mariage politique avec une jeune fille qu'il ne connaît que par un tableau et, bien sûr, dont il n'est pas amoureux. Ses sentiments vont vers quelqu'un d'autre, une personne à qui Louis n'a jamais osé déclarer sa passion, et c'est afin de connaître enfin les intentions de cet être à qui il pense sans cesse que le prince s'est ainsi reclu loin des fastes de la Cour. La lettre que Louis attend n'est qu'un prétexte, elle n'existe pas. En fait, seul Armand pourrait donner une réponse à la question qui le préoccupe tant....

- Kitan Teïen ("Le Jardin des Fées"), par Tôko Kawai (p.42). Au fin fond d'un massif de roses protégé par une forêt d'épines, est le Royaume des Roses, un petit monde situé dans un endroit mystérieux où nul être humain ne peut se rendre. Dans ce pays, chaque fois que le prince s'éveille de son sommeil annuel au début du mois de mai, les boutons de rose s'épanouissent puis se mettent à fleurir. Cette année-là, lorsque le prince Fiona sort de son long sommeil, il paraît se sentir particulièrement bien, car en secret, il est amoureux. L'élu de son coeur est Daïchi, un jeune humain qu'il contemple chaque jour par la fenêtre du palais qui donne sur l'Autre Monde tandis que l'étudiant cultive ses fleurs. Mais Fiona ne peut exister en dehors du Pays des Roses, et il désespère de ne pouvoir se rendre auprès de Daïchi. Le jour de l'anniversaire du prince, tandis qu'il s'ennuie à recevoir toute la noblesse du pays venu lui présenter ses voeux, survient à la fête une jeune fille étrange qui n'avait pas été invitée: c'est la sorcière Kuroshinju ("Perle Noire"), qui propose de réaliser en guise de cadeau n'importe lequel de ses souhaits. Fiona n'a bien sûr qu'un seul désir, pouvoir enfin rencontrer Daïchi, et à peine a-t-il formulé son souhait à voix haute que la magicienne l'envoie dans le Monde des Humains, où il pourra rester jusqu'à ce que s'achève la saison des roses, moment pour lui de retomber dans le sommeil. Ainsi, peu de temps après, qu'elle n'est pas la surprise de Daïchi en découvrant ce jeune homme frêle au costume étrange évanoui dans son jardin. Comme Fiona ne sait comment répondre aux questions de l'étudiant et de sa mère, qui lui demandent où se trouvent ses parents et son domicile, ces derniers pensent aussitôt que l'adolescent est soit fugueur, soit amnésique. Mais ne pouvant se résoudre à l'abandonner, ils décident de le garder auprès d'eux. Fiona commence donc une existence joyeuse avec son bien-aimé, qu'il aide à s'occuper du jardin et surtout à prendre soin des roses. Mais tandis que le prince goûte enfin au bonheur, il en oublie que la fin de la saison des roses approche à grands pas....

- Kuro no Kishi ("Le Chevalier Noir"), par Kai Tsurugi (p.87). Quelque part en Europe, vers le 17ème siècle. Afin de parfaire son éducation et éviter qu'il ne devienne un enfant gâté, le roi de Aran a envoyé son fils Christein Jérémy auprès du roi Shanon, surnommé le Roi des Mercenaires. Ce dernier a transformé son château-fort en centre d'entrainement où l'on forme soldats et chevaliers, un lieu ouvert à tous, ainsi la plupart des élèves se trouvent issus des milieux populaires. C'est pourquoi Shanon éprouve une certaine appréhension à jeter ce jeune noble à l'aspect encore enfantin parmi ces garçons un peu rudes, d'autant plus que la vie au centre est des plus difficile car il faut gagner soi-même sa ration quotidienne en chassant ou en travaillant aux champs. Chris affirme néanmoins avoir pris sa décision, bien que tout celà soit une idée de son père et que le garçon n'ait qu'une hâte: rentrer chez lui au plus vite ! Tout de même inquiet, le roi Shanon décide de le placer sous la houlette de Jirk O'Brien, un jeune aspirant qui est l'idole de tout le centre: au dernier tournoi national il est arrivé troisième, et ses adversaires étaient des chevaliers chevronés; bien que n'étant pas noble, le bruit court qu'il sera bientôt élevé au rang de Chevalier Noir, ce qui sied parfaitement à l'aspect et la personnalité de ce beau ténébreux. Chris commence donc une nouvelle existence faite de discipline et de rigueur, chassant, pêchant, apprenant aussi bien le tir à l'arc que le maniement de l'épée, chaque exercice lui faisant prendre conscience de son incompétence et de son immaturité. N'ayant jamais connu ni la faim ni la souffrance, le jeune homme apprendra auprès de Jirk à remercier Dieu de chaque bienfait. Et grâce au futur chevalier et aux nombreux amis qu'il s'est fait au centre, Chris va commencer à prendre goût à cette vie rude mais pleine de moments joyeux. Cependant Jirk se sent au fur et à mesure que le temps passe de plus en plus attiré par Chris, et même s'il ignore comme tous les autres son véritable rang, il pressent que le jeune homme est de haute naissance et qu'il va bientôt le quitter. Chris également voit ce moment approcher avec appréhension: il vient enfin de prendre conscience qu'il ne veut pas être séparé de Jirk, de qui il est lui aussi tombé amoureux sans même s'en apercevoir. Un soir qu'il déambule sous une galerie du château en méditant tristement sur sa condition, le prince est attaqué par un mercenaire chargé de l'éliminer....

- Itazura Ôji ("Le Prince aux Mauvais Tours"), par Yukari Hashida (p.121). Epoque contemporaine, dans un pays d'Europe. Alors qu'il rentre tranquilement au campus de son université, Yûjin Ratcliff, un étudiant d'origine japonaise, découvre une foule de gens et de journalistes agglutinés devant les grilles. Ce rassemblement est provoqué par l'arrivée du prince Willis, qui a décidé de poursuivre ses études dans cette faculté bien qu'il s'agisse d'un établissement public des plus ordinaires. avec son look de mannequin, Willis devient rapidement l'idole du campus, mais à cause de l'escorte et des paparazzis qui l'entourent en permanence, il s'avère difficile à approcher. Cependant tout ceci n'est que futilité pour Yûjin, issu de milieu modeste; alors que les autres étudiants mènent une joyeuse vie, lui, boursier, ne peut se permettre de redoubler et doit s'immerger complètement dans ses études. Le soir de la fête donnée pour Noël, quelques-uns de ses camarades, scandalisés de le voir travailler seul alors que tout le monde s'amuse, décident de lui faire une farce: débarquant dans sa chambre complètement ivres, les étudiants le maquillent et le déguisent en princesse, avec la robe, la tiare et tout ! Seulement, le costume semble aller à Yûjin mieux que ses amis ne l'espéraient, et tandis que ces derniers commencent à se prendre à leur propre jeu et à lui faire la cour, le jeune homme travesti s'enfuit en courant. De son côté, las d'être entouré de gens qui lui lêchent les bottes, le prince Willis a quitté la fête où il s'ennuyait à mourir. Il erre mélancoliquement dans les jardins du campus, se sentant décidément bien seul. Ainsi lorsqu'il découvre soudain une belle jeune fille en longue robe à volants cachée dans les buissons, il ne peut s'empêcher de la serrer dans ses bras, car celle-ci ressemble étrangement à sa mère défunte. Hélas, la belle princesse n'est autre que Yûjin déguisé, mais bien qu'il se rende compte rapidement de sa méprise en recevant un bon direct du gauche dans la figure (Yûjin ignore qu'il s'agit du prince, il ne l'avait jamais rencontré auparavant), Willis ne peut renoncer à son coup de foudre. Au même moment, un paparazzi les surprend et les photographie. Le lendemain, le couple fait la une des journaux, tandis que tout le monde à l'université (sauf bien sûr Yûjin et ses trois compères) se demande qui est la mystérieuse princesse dont Willis est tombé amoureux....

- Owaranaï Kuni ("Le Pays sans Fin"), par Yôko Mihara (p.153). Dans un pays en guerre, traversant les défenses d'un château-fort en état d'alerte bondé de soldats, un cavalier s'enfuit, serrant contre lui le corps nu d'un jeune homme enveloppé dans sa cape. Cid, premier chevalier du royaume de Teernald, vient de sauver au péril de sa vie le prince Eric, seul rescapé de la famille royale depuis que leur pays a été envahi par un royaume voisin. Grièvement blessé, le jeune homme va rester inconscient plusieurs jours durant, assailli de cauchemards; car durant sa captivité, il a été traité comme un jouet par le souverain ennemi, qui l'a torturé et violé. Mais lorsque Eric reprend enfin connaissance, s'il est heureux de retrouver Cid sain et sauf, c'est hélas pour apprendre que Teernald est tombé complètement aux mains de ses envahisseurs et que ses parents se sont suicidés. Seul quelques ministres ont pu échapper au massacre et attendent avec ferveur le retour de leur prince, espérant pouvoir un jour libérer le pays. Cid est chargé de conduire Eric auprès de ces vassaux rescapés, mais malgré tous les espoirs qui reposent sur lui, le jeune homme refuse de guérir et de s'alimenter. Il éprouve de la honte d'être encore en vie, de n'avoir pas eu le courage de mettre fin à ses jours malgré toutes les humiliations que le prince ennemi lui faisait subir. Mais, dans son coeur, Eric souhaitait tant revoir Cid... Hélas, ce dernier le traite avec froideur, ne songeant qu'à remplir sa mission qui consiste à guider son souverain vers les montagnes, où se cachent les ministres. Lui aussi aime Eric depuis toujours, mais à cause de la différence de rang entre eux, il n'a jamais osé lui avouer ses sentiments. S'il ne veut pas voir son prince bien-aimé se laisser mourir de désespoir sous ses yeux, Cid va devoir cesser de feindre l'indifférence, car seul son amour pourrait guérir l'âme blessée d'Eric....

- Madrigal , par Satomi Sugita (p.185). Au royaume de Plana, dans un palais des 1001 Nuits, le roi annonce à son sixième fils Haru qu'un ambassadeur est venu de la part du nouveau souverain de Altaï, le grand pays voisin, afin de demander la main du jeune prince. Avant même d'en avoir parlé à Haru, le roi s'est empressé de donner son accord à ce mariage politique, souhaitant conserver des relations amicales avec ce pays dangereusement puissant. Mais bien qu'il comprenne la situation délicate dans laquelle se trouve son père et ne peut qu'acquiescer à ce projet, la nouvelle laisse Haru complètement abattu. S'il se rend à Altaï pour épouser une princesse, il ne pourra plus revoir la personne qui lui est chère. Quelques mois auparavant, un mystérieux étranger vêtu de noir s'était introduit par la fenêtre de ses appartements. Haru avait cru tout d'abord qu'il s'agissait d'un espion ou d'un cambrioleur, mais en fait ce jeune homme, Yakumo, voulait simplement admirer de ses yeux la beauté du prince, qu'il entendait louer même dans son propre pays, allant ainsi jusqu'à risquer sa vie pour pénétrer dans le palais de Plana. Quel comportement absurde pour un motif futile ! s'était dit Haru à ce moment. Mais depuis cette première rencontre, Yakumo revient lui rendre visite pratiquement chaque nuit, et tous deux passent d'agréables moments à discuter, boire et jouer aux échecs. Haru est surtout reconnaissant que Yakumo l'appelle par son prénom et non pas "Majesté" ou "Prince". L'étranger est finalement devenu son premier véritable ami, et à présent qu'il sait qu'il va devoir quitter Plana, Haru réalise à quel point il ne veut pas en être séparé. Mais si Yakumo prétendait au début lui rendre visite afin de lui faire la cour, hormi un baiser volé la nuit de leur rencontre, jamais depuis il n'a fait de tentative pour séduire Haru. Le jeune étranger a bien entendu remarqué le tourment qui ronge son ami, et la veille de son départ pour Altaï, il propose à Haru de s'enfuir avec lui. Celui-ci refuse, car même s'il n'est que le 6ème Prince et n'a aucune chance de monter sur le trône un jour, il n'a pas le droit de trahir son pays et de décevoir son peuple, à qui ce mariage apportera la paix. Ainsi, résolu à se sacrifier, Haru s'offre à Yakumo en guise de cadeau d'adieu. Le jeune homme ignore encore qu'il n'y a pas de princesse au royaume d'Altaï et qu'en arrivant là-bas, il pourrait bien avoir une surprise de taille !...

- Yumémiru Koro o Sugitémo ("Même passé le Moment des Rêves"), de Youka Nitta (p.218). Cette histoire est un chapitre hors-série du manga Haru o Daiteita . Le soir du Nouvel An, les deux jeunes acteurs Kyôsuké Iwaki et Yôji Katô se sont rendus pour fêter l'événement chez les parents de Katô à Chiba. Epuisé pour avoir conduit jusqu'à la maison juste après une éprouvante journée de travail, le jeune homme a fini par s'endormir sur le canapé du salon, tandis que son aîné discute tranquillement avec son père. A cause de la dispute survenue avec ses propres parents, qui n'avaient pu admettre que leur fils devienne acteur puis vive avec un homme, Iwaki n'est pas rentré chez lui pour le Nouvel An depuis des années et goûte avec plaisir ces quelques moments passés avec sa "belle-famille". Mr. Katô profite du sommeil de son fils afin de demander à Iwaki comment se comporte le jeune homme avec son entourage. Etant fils unique, Yôji a été élevé pour ainsi dire comme un petit prince, gâté et libre de faire tout ce qu'il souhaitait. Mr. Katô craint que cette éducation ne l'ai rendu épouvantablement capricieux, surtout pour un acteur qui doit fréquenter beaucoup de gens. Iwaki le rassure bien vite. Certes, Yôji se comporte parfois de manière égoïste, mais il a bon coeur et ne fait jamais rien qui puisse blesser les autres. Même sur les plateaux de tournage, il est très apprécié. Une fois la nuit venue, au moment de partir, Mr. Katô fait promettre à Iwaki d'aller voir sa propre famille l'année prochaine pour le Nouvel An. Arrivés devant leur voiture, les deux acteurs s'apprètent à aller prier au temple, lorsque soudain Katô réclame à Iwaki son premier baiser de l'année. Le jeune homme s'exécute avec tant de passion que finalement, brûlés par le désir, les amants décident de rentrer directement à leur maison. A peine de retour chez eux, Iwaki et Katô s'abandonnent à des étreintes torrides, mais alors qu'il s'endort, épuisé, Iwaki fait un rêve bien étrange....

 

 

 

 

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