KIZUNA

 

La Page des Fans

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- Les personnages

- Le manga: résumé complet par volumes

* volume 1 -------- * volume 7

* volume 2 -------- * volume 8

* volume 3

* volume 4

* volume 5

* volume 6

- Les OVA (Films d'animation)

- Les CD Dramas et soundtracks

- Le Artbook

 

Les Personnages

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-------------Ranmaru Saméjima

-© Kazuma Kodaka

-------------Âgé de 21 ans, il est étudiant à l'université. C'est un jeune homme calme et réfléchi, qui peut paraître froid au premier abord, sans doute à cause du contexte familial dans lequel il a été élevé: orphelin, il a grandi dans le dôjô dirigé par son grand-père, qui a fait de lui un kendôka accompli tout en lui enseignant rigueur et discipline. Sa mère défunte, à laquelle il ressemble beaucoup tant pour le physique que le caractère, était championne nationale de kendô, catégorie féminine. Malgré sa beauté et son apparence de mannequin, Ranmaru possède une grande force physique, et ses dons au sabre l'ont vite fait respecter même des élèves plus âgés, qui le surnomment "le Démon à la Face Blanche" ou encore "le Démon du Sabre". Mais en raison de son caractère sévère et sa personnalité introvertie, même enfant Ranmaru n'avait aucun ami. Kei Enjôji, qu'il va rencontrer au collège, sera le premier à parvenir à briser la glace et deviendra son ami puis son premier et unique amour. Dès lors, la personnalité de Ranmaru va se modifier subtilement: il ne craindra plus de montrer sa sensibilité et fera preuve de davantage de compréhension envers les autres, au point de devenir le confident de Kai, le jeune demi-frère d'Enjôji. Lorsque son bien-aimé Kei se retrouve seul au monde à la mort de sa mère, Ranmaru lui jure d'être toujours là pour lui et de le protéger. C'est ainsi qu'en voulant sauver son ami d'un attentat, le jeune homme va se retrouver paralysé du côté droit. A force de courage et de ténacité, soutenu par Kei, Ranmaru va se soumettre à une rééducation acharnée qui va lui permettre de marcher à nouveau. Mais hélas, il ne pourra plus jamais tenir un sabre de kendô, alors qu'il était en passe de devenir le champion national. Si cette nouvelle l'a gravement ébranlé au début, Ranmaru n'éprouve néanmoins aucun regret d'avoir sacrifié son sport favori contre la vie de Kei, qui lui est plus précieuse que tout. Actuellement, il hésite sur son orientation professionnelle, car malgré son accident, son grand-père souhaiterait lui voir prendre la succession du dôjô.

Famille:

- Grand-père: Mr. Saméjima Senseï , grand maître kendôka qui enseigne dans son propre dôjô.

- Père: Il a disparu quand Ranmaru était petit. Il est probablement en vie mais tout le monde ignore où il se trouve.

- Mère: Shizuho Saméjima, championne nationale de kendô. Elle est décédée de maladie quand Ranmaru était encore à l'école primaire.

- Soeur cadette: Yuki Saméjima. Elle est à présent mariée à Sessa Takuma et vit à la campagne.

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-------------------Kei Enjôji

--© Kazuma Kodaka

-------------Âgé de 21 ans, il est étudiant à l'université. Avant de venir habiter en ville à cause de ses études puis d'emmenager avec Ranmaru, Kei vivait à Kyôto avec sa mère, qui l'a élevé seule. Sa famille étant pauvre, il travaille le soir dans un bar chic afin de payer ses études. Kei a rencontré Ranmaru le jour de son entrée au collège et ce fut tout de suite le coup de foudre, bien qu'au départ tous deux n'arrêtaient pas de se battre et de se quereller. Ouvert et sociable, Kei est l'exact contraire de son ami. Très populaire à l'école tant auprès des filles que des garçons, il avait déjà flirté avant d'avoir le coup de foudre pour Ranmaru (à l'âge de 12 ans !), mais c'est avec ce dernier qu'il connaîtra enfin le véritable amour. Hélas, l'identité du père de Kei, qu'il ignorait jusqu'au décès de sa mère, ne cessera de provoquer des drames dans la vie des deux amants: ce n'est autre que Takashi Sagano lui-même, le "Parrain" du Shôryûkai, la grande organisation mafieuse de la région du Kansaï. Kei, bien que n'étant que l'enfant d'une maîtresse, est considéré par les organisations yakuza rivales comme le fils aîné héritier du Shôryûkai, et voit bientôt sa vie menacée par des tueurs à gages. C'est lors d'une de ces tentatives d'assassinat que Ranmaru a été grièvement blessé en voulant le protéger. Si le lien qui unit les deux amants leur permettra de surmonter cette crise, de nouvelles épreuves les attendent avec l'arrivée dans leur vie de Kai Sagano, le demi-frère cadet d'Enjôji dont ce dernier ignorait complètement l'existence. (Quand ils étaient très jeunes, ils se sont déjà rencontrés, mais Kei ignorait que le bébé qui pose avec lui sur de nombreuses photos était en fait son petit frère). Kei aura fort à faire avec ce parasite qui se présente comme son rival et veut lui voler l'amour de Ranmaru. Mais peu à peu, notamment grâce à un voyage fait ensemble à Kyôto (voir volumes 7 et 8) - et surtout parcequ'il a compris que c'est Masa que Sagano aime en réalité, la relation entre Kei et son cadet va s'améliorer, bien que tous deux continuent à s'appeler des doux noms de "sale gosse" et de "bâtard".

Famille:

- Père: Takashi Sagano, le Parrain du Kansaï

- Mère: Hotaru Enjôji, geisha dans une auberge traditionnelle. Elle est décédée de crise cardiaque quand Kei avait 18 ans.

- Demi-frère: Kai Sagano, cadet de deux ans.

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-------------------Kai Sagano

--© Kazuma Kodaka

-------------Âgé de 19 ans, il vient d'entrer à l'université. Il est le fils légitime du chef yakuza Takashi Sagano et de sa jeune épouse. Sa mère étant décédée alors qu'il était encore tout petit et son père trop pris par ses affaires pour s'occuper de lui, Kai a pratiquement été élevé par Masanori Araki, surnommé Masa. Bien qu'étant fils de yakuza, Kai est un étudiant tout à fait respectable, néanmoins la situation de sa famille l'oblige parfois malgré lui à prendre part à des règlements de compte entre voyous. Il pratique le kendô pour lequel il est très doué et voue une admiration profonde à son sempaï Ranmaru Saméjima, l'étoile montante de ce sport. Lorsque Ranmaru tombera paralysé pour avoir sauvé Enjôji, Kai verra sa haine pour son frère aîné décuplée et ne lui pardonnera pas. En effet, si Kei ignore au départ tout de leur lien de parenté, Kai sait depuis sa petite enfance que son père avait eu un fils de son ancienne maîtresse, mais s'était toujours opposé à ce que Mr. Sagano accueille à leur résidence Enjôji et sa mère. Il pense (à tort) que sa propre mère a souffert à cause de l'existence de ces derniers. A présent, Kai est prêt à tout pour évincer Kei auprès de Ranmaru et pour prouver à son sempaï qu'il est digne de lui, il ira jusqu'à se hisser à la première place nationale en kendô. Puis, suite à une dispute avec son père qui refuse d'admettre que son fils soit homosexuel, Kai viendra s'installer bon gré mal gré chez Enjôji et Ranmaru afin de gêner leur vie de couple. Il faudra l'intervention de Masanori Araki pour ramener le petit frère casse-pied à la maison. Mais suite à cet épisode, Kai comprendra enfin que ce qu'il éprouve pour son sempaï n'est qu'une forme d'adoration et de l'affection et que c'est en fait de Masa qu'il est réellement amoureux. Le problème n'est pas résolu pour autant, car tiraillé entre sa loyauté pour Mr. Sagano et la promesse faite à la mère de Kai de veiller sur son enfant, Masanori, même s'il l'aime aussi, n'est pas vraiment disposé à accepter les sentiments du jeune homme. Au point que Kai se demandera pendant un temps si Masa ne serait pas par hasard son véritable père. Mais suite au séjour passé dans une auberge de sources d'eau chaude de Kyôto avec Ranmaru, Kei et Masa, Kai va comprendre beaucoup de choses: non seulement il se rapprochera enfin de Masa, mais il apprendra de la bouche d'une employée de l'auberge qui connaissait sa mère que le voeu le plus cher de cette dernière, qui se savait condamnée, était que Kai vive en bons termes avec son frère Enjôji, le seul parent hormi son père qui allait bientôt lui rester.

Famille:

- Père: Takashi Sagano, chef du Shôryûkai.

- Mère: Mme Sagano, décédée de maladie alors que Kai était encore petit.

- Demi-frère: Kei Enjôji, aîné de deux ans.

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-----------------Masanori Araki

--© Kazuma Kodaka

-------------Âgé d'environ 36 ans, c'est un Kambu , un cadre yakuza. En tant que bras droit de Takashi Sagano, il est le numéro deux du Shôryûkai. Masa voue à son chef une loyauté sans bornes et porte sur le corps un grand tatouage de dragon, symbole de sa fidélité au clan. Dans sa jeunesse, il était amoureux de Mme Sagano, mais ne pouvant lui déclarer sa flamme, il s'est contenté de veiller sur elle. Lors du décès de la jeune femme, Masa était si désespéré que tout le monde pensait qu'il ne s'en remettrait jamais. C'est l'existence de Kai, qui ressemble beaucoup à sa mère, qui l'a sauvé. Masanori s'est occupé de l'enfant depuis son plus jeune âge, mais malgré tout ses efforts, il comprend bien vite qu'il ne parviendra pas à l'aimer comme un fils. Lorsque Kai lui avoue ses sentiments, ne pouvant supporter l'idée de prendre pour amant le fils de son vénéré maître, Masa va tenter de fuir et de s'éloigner du jeune homme, mais c'est sans compter la ténacité de ce dernier. A l'occasion de vacances à Kyôto, harcelé par Kai qui se laisse aller au désespoir, il se décide enfin à lui avouer ses sentiments, mais ne pouvant effacer un sentiment de culpabilité, il ne parvient pas à aller avec le jeune homme au delà du baiser. Au point que Kai, lorsqu'il apprendra de la bouche de Kyôsuké, le bras droit et meilleur ami de Masa, que ce dernier était amoureux de sa mère, finira par se demander si le cadre yakuza n'est pas en fait son véritable père. Doute vite effacé par Kyôsuké: lorsque lui et Masa ont intégré le Shôryûkai, Mme Sagano était déjà enceinte, et la jeune femme se montrait trop fidèle pour avoir un jour trompé son mari. En plus de diriger le Shôryûkai à la place de Mr. Sagano, vieux et malade, Masa est également chargé par son maître de décider qui de ses deux fils deviendra à sa mort le chef de l'organisation. Mais ni Kei, ni Kai n'étant enclins à devenir un jour l'un des parrains de la mafia, il est probable que c'est Masanori lui-même qui prendra la succession du Shôryûkai. La cicatrice qu'il porte sur le visage est due à un coup de sabre, reçu en voulant protéger Kai lors d'une altercation avec des voyous d'une bande rivale.

Famille: On ne sait rien des origines de Masanori, à part qu'il a intégré le Shôryûkai avec son ami Kyôsuké quand il avait environ 17 ans. Il avait encore récemment une petite amie, Ayako Katagiri, mais celle-ci a été assassinée par son propre frère cadet, jaloux car lui aussi amoureux de Masa.

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Le Manga

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Volume 1

Chapitre 1 Gekiaï ("Amour violent") - Page 3

Ranmaru Saméjima est le redoutable capitaine de l'équipe de Kendô de son lycée; surnommé "le Démon du Sabre", il remporte tous les tournois nationaux et n'a jamais été vaincu, excepté une fois: un an auparavant, alors qu'il venait d'entrer en seconde, il a subi une humiliante défaite face à Kei Enjôji, membre du club de Cérémonie du Thé, un amateur complètement méconnu qui affirme n'avoir aucun goût pour le kendô. Depuis, Ranmaru essaie de le convaincre d'intégrer son club, mais Enjôji n'est décidément pas intéressé par ce sport. A la fin, las de ruminer sa défaite, Ranmaru demande à Enjôji de lui accorder sa revanche; celui-ci refuse tout d'abord, mais tandis que Ranmaru l'accuse de fuir, il finit par accepter le match, mais à une condition: s'il gagne, son adversaire devra lui accorder "un coup". Ranmaru est furieux! Alors que lui ne songe depuis un an qu'à venger son honneur, Kei n'a que des idées futiles en tête et se comporte comme un obsédé ! Fou de colère, il s'élance armé de son sabre vers Enjôji, mais ce dernier, bien qu'il n'y connaisse pas grand chose en kendô, arrive facilement à le terrasser grâce à sa force et son agilité. Une promesse est une promesse, et voilà Ranmaru obligé de passer à la casserole ! Ce n'est pas tant celà qui le révolte que le fait que Kei soit un collectionneur qui ne manque pas de partenaires dans le lycée. Après une étreinte torride, Enjôji finira par avouer à Ranmaru qu'il est le seul auquel il tient, le seul qu'il souhaite faire sien tout entier.

Ce chapitre est tiré du fanzine Gekiaï de Kazuma Kodaka, paru le 21 avril 1991. L'histoire à ce moment ne s'appelait pas encore Kizuna , mais c'est là qu'apparaissent pour la première fois les personnages de Kei et Ranmaru. On remarque que le dessin est un peu maladroit, car les deux héros n'ont pas encore acquis leur design définitif.

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© Kazuma Kodaka

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Chapitre 2 Kizuna ("Lien") - Page 23

Kei et Ranmaru sont à présent à l'université et partagent le même appartement. C'est la rentrée des classes, avec l'arrivée en première année de Kai Sagano, 19 ans, un kendôka très prometteur qui vouait à Ranmaru une adoration sans bornes avant que ce dernier ne disparaisse du monde de la compétition. Alors que Kei et son compagnon déjeunent à la cantine, Ranmaru s'effondre, tandis que Sagano observe la scène de loin; Enjôji voudrait raccompagner son ami chez eux en voiture, mais Ran affirme qu'il peut marcher seul. Plus tard, alors qu'il se rend à son job du soir, Kei se remémore les événements survenus quelques années plus tôt. Ce n'est qu'au printemps de son année de Terminale, lors du décès de sa mère, qu'il avait enfin appris qui était son père: le chef du Shôryûkai, la puissante organisation de yakuzas qui domine la région du Kansaï. L'homme se faisant vieux, les organisations mafieuses rivales avaient décidé d'éliminer son futur successeur, qui serait sans doute son fils aîné, Enjôji. C'est ainsi qu'un soir, tandis qu'une voiture fonçait sur son ami, Ranmaru a été grièvement blessé en tentant de le protéger. Plus jamais il ne pourra tenir un sabre de kendô. Kei lui a fait la promesse de ne pas chercher à se venger et afin de protéger son bien-aimé, a renoncé à succéder à son père.

Alors que Enjôji se trouve à son travail (il est serveur dans un bar chic), Kai Sagano l'aborde avec un air haîneux; le garçon affirme que le drame survenu autrefois n'était pas un simple accident et que Kei seul était censé être visé. Enjôji, qui ne comprend pas, demande à Sagano qui il est pour être au courant de celà, mais ce dernier lui répond qu'il devrait le savoir. Une fois de retour chez lui, Kei, la mine sombre, retourne dans sa tête le nom du jeune homme, qui décidément ne lui est pas inconnu. Alors que Ran lui demande ce qui le tourmente, Enjôji a enfin le déclic et, fouillant dans ses armoires, il retrouve une vieille photo où on le voit âgé de quatre ans tenant un bébé dans ses bras. Kai Sagano serait donc son demi-frère, cadet de deux ans, l'enfant de l'épouse légitime du chef yakuza dont la mère de Kei n'était que la maîtresse. Mme Sagano étant morte très jeune, il ignorait qu'elle avait eu un enfant. De son côté, Kai qui roule à moto ressasse des souvenirs douloureux qui lui donnent toutes les raisons de détester son frère aîné. Le jour des funérailles de sa mère, Mr Sagano lui avait annoncé non seulement l'existence de son second ménage, mais qu'il allait donner à Kai une nouvelle mère et un frère afin qu'il ne se sente pas seul. Le petit garçon s'était opposé au mariage de son père et de sa maîtresse et Mr Sagano avait fini par y renoncer, mais voilà que des années plus tard, l'être qu'il admirait le plus au monde, le kendôka Ranmaru Saméjima qui lui avait toujours servi de modèle, avait vu son corps et sa carrière brisés à cause de ce frère qu'il ne connaissait pas. Pour Kai, Enjôji est l'homme à abattre, celui qui lui a tout volé.

Le lendemain à la fac, Ranmaru donne rendez-vous à Sagano dans le jardin du campus. Il lui demande de ne pas en vouloir à Kei pour l'accident survenu jadis. Certes, il a été contraint d'arrêter le kendô et a par là même perdu beaucoup de choses, mais ce qui serait le plus horrible pour lui serait de perdre Enjôji. Ecoutant ces mots, Kai devient fou de jalousie. Perdant tout sang-froid, il se jette sur Ranmaru et l'embrasse de force, puis le renverse sur la pelouse et tente de le violer. A cause des suites de son accident, Ranmaru ne peut pas se défendre, mais lorsqu'il prononce la phrase "Tu veux tomber aussi bas ?", Sagano s'arrête net; puis quand son sempaï ajoute "Tel que tu es à présent, tu serais incapable de vaincre Enjôji", dépité et honteux, Kai s'enfuit en courant. De retour à son appartement, furieux il brise le cadre de la photo où on le voit enfant auprès de sa mère et son frère aîné. Quant à Ranmaru, afin de cacher sa tristesse à son ami (s'il a pu éviter le viol, il s'en veut quand même de n'avoir pu repousser Sagano par la force), il ne rentre que tard dans la soirée au studio qu'il partage avec Enjôji. Il sait que ce dernier est déjà couché, car il doit se lever dans la nuit afin de se rendre au club où il travaille comme serveur jusqu'à une heure avancée. Hélas, sitôt que Ranmaru pénètre dans la chambre, Kei se réveille, et comprend tout de suite d'après le comportement de son ami que quelque chose ne va pas. Mais lorsqu'il l'enlace en lui demandant s'il s'est passé quelque chose, Ranmaru répond "Rien". Enjôji le traite de menteur, mais n'insiste pas davantage, et afin de réconforter son bien-aimé, il lui fait l'amour jusqu'à ce que Ranmaru s'endorme profondément.

Plus tard, tandis que Kei s'habille pour se rendre à son travaille, le téléphone sonne: c'est Sagano, qui lui donne rendez-vous à 1 heure du matin devant les entrepôts de Yokohama afin de régler leur différent. Kei se rend compte à quel point son jeune frère le déteste, mais même s'il comprend son point de vue, il ne peut se résoudre à lui laisser Ranmaru. Après avoir terminé son travail, Enjôji se dirige donc vers le lieu du rendez-vous. Parvenu aux entrepôts, le jeune homme est à peine descendu de voiture que Sagano surgit, dégaine un sabre de métal et non de bois et se lance à l'attaque. Sans arme et pris au dépourvu, Enjôji parvient grâce à ses réflexes à esquiver le coup, néanmoins la lame lui entaille la joue et fait tomber ses lunettes, qui se brisent au sol. Kei remarque aussitôt que Sagano utilise la même technique de kendô que Ranmaru. Kai, levant son sabre, dit à son demi-frère que si lui et sa mère Hotaru n'avaient pas existés, sa propre mère aurait eu une mort plus douce; et il ajoute que si Enjôji n'existait pas, Ranmaru aurait certainement pu continuer le kendô. Pendant qu'il parle, Kei l'observe afin de trouver son point faible: si le garçon imite vraiment les techniques de son idole, il frappera de haut en bas, il faut donc l'attaquer par le côté.

Afin de faire perdre son sang-froid à Sagano, Kei le provoque en lui disant: "Si tu veux devenir le meilleur et si tu désires Ranmaru, essaie donc de me tuer !" et écartant les pans de sa veste, il expose sa poitrine nue. Aveuglé par la colère, Sagano tombe dans le piège: malgré toute la vigueur avec laquelle il abat son sabre, Kei l'évite facilement et attrape le gamin par les cheveux. Il lui dit alors ironiquement qu'avec un tel manque d'habileté, il n'aurait jamais pu se mesurer à Ranmaru, et se demende même comment Sagano a pu prendre part aux rencontres nationales. Kai lui répond alors avec amertume que son frère ignore ce que c'est que d'être le fils d'un yakuza: effrayés, les gens n'osent pas le contrarier, et que ce soit au kendô ou à l'école, il ne peut savoir si les succès remportés ne proviennent pas en réalité de l'influence de son père. Seul Ranmaru est différent à ses yeux. Jamais ce dernier ne s'abaisserait à faire semblant de perdre, voilà pourquoi Kai rêvait de le rencontrer, Saméjima le seul escrimeur qu'il ait jamais estimé.

Entendant ces paroles, Kei se radoucit. Il avoue à son jeune frère que Ranmaru avait lui aussi un rêve, qu'il n'a pu réaliser: c'est devenir le kendôka numéro 1 du Japon. Sagano serait-il capable d'enlever ce titre ? D'abord ébahi, Kai se met à sourire malicieusement. Il remonte sur sa moto, lançant avec défi: "Jusqu'à ce que le numéro 1 du Japon revienne, fais en sorte de ne pas te faire plaquer par Ranmaru !" Mais tandis que Kei le regarde s'éloigner en le traitant d'idiot et de gosse bavard, il se demande finalement si le numéro 1 du Japon ne serait pas pour lui un effrayant rival.

Et en effet, quelques mois plus tard, tandis que Enjôji est encore au lit, Ranmaru vient le réveiller brusquement et lui montre le journal où il est écrit: "Une étoile filante dans le monde du kendô ! Sagano Kai, 19 ans, enchaîne victoire sur victoire ! Va-t-il devenir numéro 1 du Japon ?" Si Ranmaru se montre enthousiasme car il s'agit du petit frère de son ami (le seul homme à l'avoir jamais vaincu), Kei quant à lui se demande cyniquement s'il n'aurait pas mieux fait d'éliminer le gamin alors qu'il était encore faible. Alors qu'Enjôji voudrait échanger quelques câlins, Ranmaru le repousse en le traitant d'obsédé, et se met à la recherche d'une cassette vidéo afin d'enregistrer la retransmission du prochain tournoi. Enjôji ne veut donc pas admirer la silhouette courageuse de son petit frère ? Décidément, frustré, le pauvre Kei en a vraiment assez du kendô et des kendôkas !

Et quelques jours plus tard, Kai Sagano devint le premier escrimeur du Japon. Le jour était proche où il allait bientôt réapparaître devant les deux amants.

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© Kazuma Kodaka

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Chapitre 3 Tenkamutéki no Chôsenjô ("La lettre de provocation en duel du sans-rival") - Page 77

A l'occasion des vacances de printemps, Kai Sagano est retourné chez lui à Ôsaka. Mais suite à une dispute violente avec son père, à qui il a avoué qu'il ne voulait pas se marier avec une femme mais vivre auprès de son sempaï Ranmaru Saméjima, le vieil homme, ne pouvant admettre que son fils soit homosexuel, le jette hors de la maison en lui lançant à la tête tout ce qui lui tombe sous la main. Malgré tous les efforts des employés yakuzas pour calmer le père et le fils, rien n'y fait, et enfourchant sa moto, Kai quitte furieux le foyer paternel.

Quelque temps plus tard, à des kilomètres de là, la nuit est tombée sur Tôkyô. Kei et Ranmaru poursuivent paisiblement leur vie de jeune couple: Enjôji regarde un drame sentimental à la télé (le film Ghost ) tandis que son compagnon, en kimono léger, lui prépare de petites choses à grignoter. Alors qu'Enjôji commence à se faire entreprenant, excité par le décolleté du kimono de Ranmaru, une voix retentit dans la pièce et stoppe net sa tentative de câlins. Appuyé contre l'encadrement de la porte, Kai, entré en forçant la serrure, contemple son frère avec dédain. Aux deux compères surpris de le voir là, il explique que son père l'a jeté dehors parcequ'il était homosexuel; et se tournant vers Ranmaru, il lui dit qu'à présent que le voilà devenu kendôka n°1 du Japon, il souhaiterait sortir avec lui. Scandalisé d'être complètement ignoré par Sagano, Kei intervient pour faire valoir ses droits sur Ranmaru en lançant une phrase plus obscène que convaincante qui lui vaut d'être frappé par son compagnon. En colère, ce dernier permet à Sagano de rester, malgré les protestations de Kei qui lui affirme de se méfier.

Au moment d'aller se coucher, Sagano frappe à la porte de la chambre de Ran, prétextant qu'il veut s'excuser d'avoir cité le nom du jeune homme devant son père et de lui causer du dérangement. Et il ajoute également, devant Kei mortifié, qu'il ne sait rien de son grand-frère et voudrait le connaître un peu mieux; ainsi, il implore Ranmaru de le laisser vivre quelque temps avec eux, en tant que frère cadet d'Enjôji. Ran ouvre finalement sa porte, et ne pouvant se résoudre à laisser Sagano dormir sur le canapé ou avec Enjôji avec qui il ne s'entend pas encore suffisamment, il propose au garçon de venir dormir avec lui. En entrant dans la chambre de son sempaï, Kai lance à son rival un regard triomphant. Croyant que c'est dans la poche, sitôt la lumière éteinte, il essaie d'enlacer Ranmaru, mais force lui est de reconnaître que malgré son handicap, le jeune homme n'a rien perdu de sa férocité. Vaincu, Kai doit finalement se résoudre à dormir tranquillement.

Le lendemain, Enjôji se réveille en éternuant. Près à bondir au cas où il se passerait quelque chose, il a dormi devant la porte de son amant, emmitouflé dans une couverture. La porte de la chambre est entrouverte, et constatant que Kai ne se trouve plus à l'intérieur, Enjôji se glisse auprès de Ranmaru encore endormi. Il l'éveille d'un baiser sur la bouche, puis, pour se venger de se qui s'est passé la veille, il commence à le couvrir de baisers sur tout le corps. Encore à moitié assoupi, Ranmaru ne paraît pas se rappeler les événements survenus le soir précédent et se laisse faire sans craindre des regards indiscrets, mais tandis qu'Enjôji prononce le nom de Kai, tout lui revient soudain en mémoire et il se lève brutalement, repousse le malheureux Enjôji en refermant en hâte son kimono. Kai revient des courses à ce moment et entâme une dispute avec son frère, à qui il reproche d'avoir tenté de profiter de son absence. Kei riposte en traitant son cadet de parasite venu s'incruster dans un foyer de jeunes mariés.

Un peu plus tard, tous trois se retrouvent à table autour du petit déjeuner préparé par Sagano. Contre toute attente le garçon se révèle doué pour la cuisine, et Kei est bien forcé de reconnaître que son cadet vient de gagner un point. Puis, Ranmaru et Kai quittent l'appartement pour se rendre chacun à son job respectif. Enjôji se montre tout de même inquiet car il se demande ce que son jeune frère peut bien avoir trouvé comme petit boulot. Mais malgré le fait qu'il soit mineur (à 19 ans on est mineur au Japon), Sagano prétend être libre d'agir à sa guise. Ranmaru quant à lui travaille en plus de ses cours comme assistant-documentaliste à l'université. Lui aussi espère que Kai ne s'est pas engagé dans un job louche. Le soir, alors qu'il vient de finir sa tâche, le professeur sous les ordres duquel il travaille lui propose d'aller prendre un verre avec lui. Ranmaru s'excuse en disant qu'il ne peut pas consommer d'alcool, mais le quinquagénaire insiste en prétextant qu'il s'agit d'un bar chic où il est difficile d'entrer seul. Finalement, le jeune homme n'ose refuser l'invitation de peur de perdre son job, et le professeur l'emmène à Shinjuku, dans le quartier de Kabuki, sorte de quartier des plaisirs où se trouve également le bar où Enjôji travaille. A peine entré dans le club, remarquant qu'il ne s'y trouve aucune femme et d'après l'apparence des serveurs, tous remarquablement beaux, Ranmaru réalise que le professeur l'a entraîné dans un bar gay. Jamais il n'aurait imaginé que cet enseignant était homosexuel, encore une fois il s'est fait avoir.

Tandis que Ranmaru rumine son manque de prudence dans les lavabos, le professeur profite de son absence pour introduire un mystérieux comprimé dans le thé glacé de son élève. Revenu des toilettes, Ranmaru, qui ne pense qu'à fuire au plus vite cet endroit, s'excuse de devoir partir. Le quinquagénaire le convaint cependant de boire au moins son thé. Un peu plus loin, les serveurs s'extasient devant la beauté du jeune homme qui accompagne le professeur. Ce dernier, un habitué de ce club, se débrouille toujours pour sortir avec de jolis garçons, mais cette fois, son compagnon est particulièrement séduisant. Tout près d'eux, un autre serveur écoute les propos de ses collègues avec intérêt.

A peine a-t-il bu quelques gorgées de thé que Ranmaru commence à ressentir des vertiges. Lui demandant si ça va, le professeur lui pose la main sur l'épaule. La drogue fait vite son effet, et le jeune homme se retrouve bientôt incapable de bouger, complètement à la merci du pervers. Tandis que le quinquagénaire le renverse sur le canapé, Ranmaru, dans sa tête, appelle de toutes ses forces Enjôji. A ce moment, quelqu'un agrippe le professeur par l'épaule et d'un bon direct du droit, l'envoie rouler sur le tapis. Ce n'est autre que Kai lui-même, qui travaillait comme serveur dans le club, et furieux que l'on ait osé toucher à son précieux sempaï, il se rue sur le professeur pour le rouer de coups. Les autres employés tentent de l'arrêter, mais seul Ranmaru parvient à retenir sa main. Profitant de ce répit, le pervers prend ses jambes à son cou. Kai va se lancer à sa poursuite, lorsqu'il voit Ranmaru s'effondrer derrière lui. Pour l'instant, la priorité est de ramener le jeune homme dans un endroit sûr.

Quelques heures plus tard, Ranmaru est couché dans son lit à son appartement. Kai vient lui apporter un verre d'eau, et tandis qu'il lui pose délicatement la main sur le front pour voir s'il a de la fièvre, le jeune homme le supplie de ne pas le toucher. Obligeant son sempaï à se tourner vers lui, Kai proteste qu'il ne faut pas prendre son état à la légère, mais voyant la réaction du corps de Ranmaru, il comprend enfin la nature du médicament qu'on lui a fait boire: il ne s'agit pas d'un simple somnifère comme tous deux le pensaient au début, mais d'une puissante drogue aphrodisiaque ! Rouge de honte, Ranmaru demande à Sagano de le laisser tranquille, ce n'est qu'ainsi qu'il pourra aller mieux. Mais le garçon lui répond: "Vous avez oublié, sempaï ? Je suis amoureux de vous." A peine vient-il d'échapper au mains du professeur pervers que voilà Ranmaru exposé aux assauts de Sagano. Malgré tous ses efforts pour résister, le jeune homme a bientôt l'impression que son corps ne lui appartient plus. C'est comme s'il se consummait de l'intérieur. Finalement, vaincu par les effets de la drogue, il perd conscience, abandonnant son corps aux mains de Kai. Ce dernier croit avoir gagné, s'imagine que Ranmaru lui cède de son plein gré; mais tandis qu'il l'étreint après l'avoir préparé par d'habiles caresses, c'est le nom de Kei que son sempaï fait entendre à ses oreilles. Sagano désespéré a beau lui crier qu'il ne veut pas seulement son corps mais le désire tout entier, c'est le nom de son frère que Ranmaru inconscient continue d'invoquer. Dans les bras de Sagano, il croit se donner à Enjôji.

Tard le soir, lorsque Kei revient de son travail, il trouve son cadet en train de fumer cigarette sur cigarette dans la salle à manger. Sagano avoue à son frère qu'il travaille dans un club homo et que ce jour-même, il vient pour la première fois de frapper un client. Entendant ces mots, Enjôji furieux demande à Kai ce qu'il faisait dans un endroit pareil. Le garçon répond qu'il ne vend pas son corps, bien sûr, mais travaille juste comme serveur. Enjôji lui conseille néanmoins d'arrêter ce job s'il veut éviter un autre accrochage avec un "pépé". Kai rétorque qu'il n'est pas du genre à tout résoudre par la violence, mais cette fois c'est différent, car l'homme a porté la main sur Ranmaru. Il raconte alors à son frère tout ce qui s'est passé, tandis qu'Enjôji l'écoute le visage crispé et livide. Lorsque Sagano achève son récit en avouant qu'il a "libéré" Ranmaru, Enjôji furieux lui assène un coup de poing dans la figure. Kai s'insurge en protestant que son aîné ne se trouvait pas là au moment où il le fallait; s'il n'était pas intervenu, Ran aurait été complètement à la merci du professeur. Entendant ces mots, Enjôji lache Sagano. Pourquoi faut-il donc que les problèmes surviennent toujours lorsqu'il n'est pas là ? Le visage douloureux, Sagano lui conte comment, tandis qu'il était sur le point de perdre connaissance, Ranmaru se raccrochait à lui désespérément en invoquant le nom de Kei; le prénom d'Enjôji que le jeune homme ne prononce que lorsqu'il a réellement besoin d'aide, lorsqu'il souhaite que son compagnon soit auprès de lui. Assailli par un sentiment de culpabilité, Enjôji demande à son cadet s'il se souvient du visage de l'homme qui a agressé Ranmaru, et Kai, qui connaît bien ce professeur, s'empresse de le renseigner sur son identité. Donnant à son frère une tape sur la tête, Enjôji lui dit qu'il s'occupera de son propre cas plus tard.

Mais Kai n'est pas quant à lui disposé à laisser passer l'affaire. Ainsi, un peu plus tard, il se rend déguisé à la bibliothèque de la fac et se présente au professeur pervers comme le remplaçant de son sempaï Ranmaru Saméjima. Tous deux ont à peine commencé à classer des documents que Sagano entâme sa stratégie de séduction et le quinquagénaire, qui ne l'a pas reconnu, se laisse prendre à son jeu. Le soir venu, Kai l'entraîne dans une ruelle sombre et déserte, prétextant qu'il est un peu frigide et préfère ce genre d'endroit dangereux et excitant. L'homme répond qu'il a sur lui quelque chose qui pourrait bien arranger son affaire et sort de sa poche les fameux comprimés aphrodisiaques, disant qu'avec ça, le garçon pourra obtenir une jouissance suprême. Jurant dans sa tête qu'il va précipiter l'homme en Enfer, Kai fait semblant d'avaler l'un des cachets, mais tandis que le professeur l'embrasse, de la langue il le force à avaler sa propre drogue. Surpris, le quinquagénaire repousse Sagano avec violence, mais il est trop tard, à son tour à présent de goûter ce que Ranmaru a subi. Le jeune homme dévoile enfin sa véritable identité et commence à tabasser le pervers.

Tandis que le prof git à terre, Kai fou de colère sort un canif de sa chaussure et transperce cette main malpropre qui a osé toucher son sempaï. Puis, il dirige son couteau vers cette bouche malsaine qui a osé toucher le cou de Ranmaru, quand soudain une main agrippe son bras et met fin à son accès de violence. Avant que Sagano ait le temps de réagir, revêtu d'un imperméable, de gants et de lunettes noirs, Kei Enjôji lui arrache son couteau des mains et lui ordonne de s'arrêter là avant que l'affaire ne tourne au meurtre. Kai tente de récupérer l'arme et crie à son frère de ne pas le gêner. N'est-ce pas Enjôji lui-même qui devrait souhaiter le plus la mort de cet homme ? Profitant de l'altercation entre les deux jeunes gens, le prof tente de s'enfuire. A ce moment Kei lance le couteau dans les airs, terrasse l'homme d'un puissant coup de pied qui l'envoie s'écraser contre le mur, avant de récupérer l'arme en un tour de main. "C'est un bon couteau que tu as là", lance-t-il à son frère avec un sourire complice, refermant d'un coup sec le canif. Sagano en reste coi. Il est bien forcé de reconnaître que contrairement à un petit voyou maladroit comme lui, c'est Enjôji qui a tout à fait l'étoffe d'un vrai yakuza.

Tandis que Kei quitte la ruelle afin de récupérer sa voiture, Sagano le poursuit en criant que le châtiment infligé au pervers ne le satisfait pas, qu'il aurait été parfaitement légitime de tuer un sale type pareil. Scandalisé, Enjôji se tourne vers son cadet en le traitant d'idiot. Ni l'un ni l'autre ne sont des yakuzas, ils doivent agir à leur manière et non pas selon celles de leur père. Kai ne trouve rien à répondre, mais dans son coeur, il est content de ces paroles. Une fois au volant de sa voiture, Enjôji demande à son frère s'il rentre avec lui, mais Sagano refuse, rétorquant qu'il ne veut pas monter dans la voiture d'un rival. Seulement, le garçon n'a pas réalisé qu'il est déjà 1 heure du matin, tramways et bus ne fonctionnent plus depuis longtemps. Eclatant de rire, Kei démarre en trombe, lançant à son cadet qu'il se trouve à Shinjuku, terrain de chasse des homosexuels; s'il ne veut pas rentrer à pied, il n'a qu'à se faire raccompagner par l'un des "pépés" qui traînent dans les rues en quête de chair fraîche. Regrettant son refus, Sagano crie à Kei de revenir en le traitant de tous les noms, mais trop tard, Enjôji le laisse en plan. Ce dernier avait raison, à peine seul, Kai ne tarde pas à se faire aborder par une troupe de vieux gays en mal de partenaires, qui apprendront à leurs dépends à ne plus courtiser les jeunes gens dans la rue.

De retour à son appartement, Enjôji peut enfin s'attaquer au véritable problème: depuis l'histoire de la veille, Ranmaru s'est enfermé dans sa chambre et n'a pas reparu. Malgré les protestations du jeune homme, Kei pénètre dans la pièce et découvre son ami recroquevillé dans ses draps et ses couvertures. Comme Ranmaru refuse obstinément de lui laisser voir son visage, à la fin, perdant patience, Enjôji le soulève avec draps et tout, s'assoit sur le lit et dépose Ran sur ses genoux. Tous deux vont devoir avoir une conversation, mais à peine ses yeux timidement levés vers Enjôji, Ranmaru les abaisse aussitôt. Après ce qui s'est passé, il ne peut plus regarder son compagnon en face. Kei prend les devants et lui dit: "Tu as fini par coucher avec Kai." Il sait bien que Ranmaru n'est pas responsable, mais pour le taquiner un peu, Enjôji en rajoute en affirmant que Ran s'est montré trop gentil avec le garçon, c'est normal qu'une telle chose ait fini par arriver; cependant Sagano a sauvé son sempaï, donc ça ira pour cette fois. Mais Enjôji n'a pas achevé ses boutades qu'il remarque enfin que Ranmaru est en larmes. Ce dernier éclate en sanglots, lui demandant pardon. Ranmaru savait bien que Enjôji ne pourrait pas lui pardonner, voilà pourquoi il l'évitait depuis la veille.

Comprenant qu'il a été trop loin, Kei sert son ami dans ses bras en le suppliant de se calmer. C'est la première fois qu'il le voit pleurer. Cependant les larmes de Ranmaru ne cessent de couler, tandis qu'il avoue à Kei combien il craignait de lui apprendre ce qui s'était passé, effrayé à l'idée de devoir le quitter, d'être abandonné. Emu par la profondeur de son amour, Enjôji le serre encore plus fort contre lui en le traitant d'idiot. Ses paroles n'étaient qu'une plaisanterie, il n'en veut pas à Ranmaru au sujet de Kai mais se montre plutôt furieux contre lui-même qui n'est jamais là au moment où il le faudrait. Rien que d'y penser, cette idée lui est insupportable. Enlaçant son ami tendrement, Kei le supplie de ne plus pleurer, car il ne sait ce qu'il doit faire dans ces cas-là. Ranmaru acquiesce en souriant, puis l'embrasse avec chaleur. Se blotissant dans les bras d'Enjôji, il lui dit que cette nuit il voudrait rester tranquillement comme ça. Mais Kei, qui n'est pas disposé à rester sage, proteste aussitôt et renverse Ranmaru sur le lit. Voilà trois jours qu'il est sevré, cette nuit il n'a pas l'intention de laisser son compagnon dormir une seule seconde. A Ran qui s'inquiète de la présence de Sagano, Kei répond que le gamin ne rentrera pas avant le matin. Alors, rassuré, Ranmaru se laisse déshabiller et caresser par Enjôji. Tous deux font l'amour avec plus de tendresse et de passion qu'ils n'ont mis dans leurs gestes depuis longtemps, goûtant un plaisir que les soucis et les inquiétudes éprouvés ces derniers jours ne cessent de décupler.

Et le lendemain matin, quand les amants s'éveillent dans les bras l'un de l'autre, Ranmaru avoue à son compagnon qu'il a bien cru qu'il allait mourir. Enjôji répond que s'il s'agit de périr avec Ranmaru, mourir de plaisir lui convient parfaitement, et il commence à écarter les draps pour un second round. A ce moment, la porte de la chambre s'ouvre avec fracas et Sagano, échevelé, la mine épuisée et de grosses cernes sous les yeux, apparaît dans l'encadrement. Pris en flagrant délit de câlin, Ranmaru rougit de gêne, mais Kei, mécontent d'être encore dérangé, pointe le doigt sur son frère en le sommant de déguerpir en vitesse. Mais Sagano, semblable à un zombie, vacille puis s'écroule sur le sol, profondément endormi. Le malheureux est rentré à pied, depuis Shinjuku ! Kei et Ranmaru mettent le gamin au lit, lorsque soudain quelqu'un sonne à la porte. C'est Masanori Araki, impressionnant cadre yakuza arborant costume et lunettes noires comme il est de rigueur dans cette profession, le propre bras droit du Parrain du Shôryûkai dépêché afin de ramener le fugueur à la maison.

Néanmoins, une fois réveillé, Kai refuse obstinément de sortir de la chambre où il s'est calfeutré. Il faudra l'intervention de Ranmaru, qui promet que même s'il doit partir, Sagano pourra revenir s'amuser quand il le souhaite, pour que le garçon ravi se décide à ouvrir sa porte. Masa lui donne alors une grosse enveloppe, témoignage de l'amour paternel de son patron, transmettant le message suivant: "Choisi celui qui te plaît." L'enveloppe contient une épaisse liasse de photos d'homosexuels yakuzas à l'allure plus martiale et patibulaire que gracieuse; finalement, le vieux Mr. Sagano s'est résigné à accepter les inclinations de son fils. Mais Kai, tremblant de colère, jette le paquet de photos en criant que son père se trompe, il n'a pas de goût particulier pour les hommes, même si ça lui est parfois arrivé de tomber amoureux d'un garçon; il n'y a que son sempaï Saméjima qui compte pour lui ! Entendant ces mots, Masa enlève ses lunettes noires, dévoilant son visage viril et séduisant, et avec un sourire résigné, répond: "En effet... A côté d'une aussi belle personne, nous autres yakuzas avons l'air trop mauvais." Et puisqu'il a transmis le message qu'on lui avait confié, Masanori s'apprète à s'en aller, lorsque Ranmaru l'arrête. Les mots prononcés par le yakuza "nous autres ", ainsi que l'expression un peu attristée de son visage lui ont mis soudain la puce à l'oreille, ainsi le jeune homme implore Sagano de rentrer chez lui, où il y a quelqu'un qui s'inquiète. Kai jette un regard interrogateur vers le beau visage grave de Masa, et comprenant enfin les soucis qu'il lui cause, il se résoud à l'accompagner à la résidence de son père. Kei lance un clin d'oeil à Ranmaru; ce dernier a deviné juste en songeant qu'il y avait quelque chose d'implicite entre Sagano et Masa.

Quelques instants plus tard, dehors, Kai fait ses adieux à son sempaï, lui promettant de ne plus fuguer et de se réconcilier avec son père. Mais le gamin se montre beaucoup moins docile envers Enjôji, avertissant son frère qu'il lui fera sa fête s'il arrive encore quelque chose à Ranmaru. Tandis que Kei tente péniblement de dominer sa colère, la grosse voiture noire qui emporte enfin Sagano et sa clique s'éloigne, lorsque soudain le garçon se retourne et se dresse par la vitre ouverte, criant avec un grand sourire: "Sempaï ! Je vais certainement revenir ! Alors attendez-moi !!!" Entendant ces mots, Enjôji tombe à genoux sur le sol. Le parasite n'a pas fini de venir mettre la pagaille dans la vie du jeune couple !

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© Kazuma Kodaka - Kei en Yakuza

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Chapitre 4 Naniwa Junjô Koïshiguré ("Vagues de Fleurs et Averse d'Amour Candide") - Page 167

Environ douze ans avant l'époque où se déroule l'histoire de Kizuna , Kai Sagano est à l'école primaire, en CE1. En fin d'après-midi, avant de les laisser sortir, la maîtresse remet à chaque élève un imprimé qui invite les parents à assister à la classe du samedi après-midi. Kai est bien embêté, car son père étant un yakuza, ce n'est même pas concevable de lui demander de participer à un tel événement. Un peu plus tard, morose, le petit garçon fait le pied de grue devant la grille de l'école. Pratiquement tous ses camarades sont déjà rentrés chez eux, mais personne n'est encore venu le chercher et il se demande ce que fait Masa, qu'il appelle son "grand frère". En le voyant ainsi, Kumi-chan, sa copine de classe, propose à Kai de rentrer avec elle. Il refuse, préférant attendre encore un peu, mais la gamine ne s'en laisse pas conter et l'entraîne de force par la main.

Pendant ce temps, à la résidence Sagano, Masa et son ami Kyôsuké, encore des sous-fifres à cette époque, se font tancer par l'un de leurs supérieurs à cause d'une faute commise par Kyôsuké. Le cadre yakuza reproche à Masa de ne pas avoir fait ce qu'il fallait et menace de tout raconter au chef, alors Kyôsuké, pour obtenir son pardon et celui de son ami, propose de se couper le petit doigt comme le veut la coutume. Mais juste quand il va mettre ce projet à exécution, le petit Kai apparaît dans l'encadrement de la porte. Masa se précipite aussitôt vers lui, criant qu'il ne se passe rien de grave et qu'ils étaient juste en train de plaisanter, mais l'enfant lui lance un regard noir de colère et s'enfuit en faisant la moue. A Masa qui s'étonne de ce comportement, son supérieur demande si l'enfant rentre seul d'ordinaire, et le jeune homme répond que non, c'est toujours lui qui va le chercher à l'école. Alors Masa réalise soudain qu'à cause des événements de la journée, il en avait complètement oublié Kai, et se précipite à la suite du garçonnet afin de s'excuser. Cependant grâce à cette interruption inattendue la réunion des yakuzas s'arrête là, et soulagé, Kyôsuké peut conserver son petit doigt.

Dans la chambre de Kai, Masa fait son possible pour remettre de bonne humeur le garçonnet, lui offrant sa friandise préférée, mais ce dernier n'en veut pas et continue de bouder, lançant au jeune homme qu'il le déteste. Masa avise soudain l'imprimé posé sur le bureau qui invite les parents d'élèves à assister à un cours, mais Kai lui arrache la feuille des mains et la chiffonne, disant que tout celà ne concerne pas un foyer comme le sien. Comprenant la tristesse du petit garçon, Masa propose alors de se rendre en classe à la place de son père. Kai hésite tout d'abord, maugréant que son "grand-frère" ne tient pas ses promesses, mais Masa jure que cette fois-ci, même mort, il tiendra parole. Et une fois seul, Kai ravi accroche l'imprimé au calendrier au-dessus de son bureau, songeant avec bonheur au prochain samedi.

Un peu plus tard, Masa, qui travaille dans un grille ambulant avec Kyôsuké, essaie en vain d'emprunter son luxueux costume de marque Armani à son ami. Ce dernier craint que Masa, qui a perdu ce mois-ci tout son argent dans des jeux de hasard, n'utilise ce costume de prix élevé comme caution pour des paris. S'ensuit alors une bagarre entre les deux compères, au cours de laquelle Masa rappelle à Kyôsuké qu'il était censé se couper un doigt. Ainsi le jour convenu, afin de conserver son auriculaire, Kyôsuké se résoud à prêter son complet Armani à Masa pour la journée. Nous sommes le samedi matin, et en partant pour l'école, avec un sourire radieux Kai fait signe au jeune homme de ne pas oublier sa promesse. Une fois en classe, les élèves se demandent les uns aux autres qui de leur famille va venir. Lorsque Kumi-chan pose la question à Kai et que celui-ci répond "Mon grand-frère", toutes les fillettes poussent des cris de joie, impatientes de revoir le beau Masa, et le garçonnet est bien obligé de constater que les filles sont vraiment précoces !

Tandis que Kai attend avec hâte le cours de l'après-midi auquel doivent assister les familles, Masa achève de revêtir le costume fraîchement emprunté lorsque soudain, l'un de ses hommes vient l'avertir que des voyous d'une bande rivale sont en train d'attaquer leur boutique. Tandis que Kyôsuké, resté seul, se fait tabasser sans pouvoir se défendre, Masa arrive à la rescousse et propose aux voyous d'aller discuter ailleurs afin de ne pas gêner les clients. Mais leur chef refuse, renversant intentionnellement une marmite d'eau de cuisson sur la jambe de Masa. Alors que Kyôsuké se lamente sur son Armani taché, Masa voit rouge. Lui qui s'était mis sur son trente-et-un pour que Kai soit fier de lui ! Desserrant sa cravate, le regard haineux, le jeune homme s'élance sur les voyous effrayés sans écouter les cris de son ami inquiet pour son beau costume.

Au même moment à l'école, tous les parents d'élèves sont déjà arrivés et se tiennent debout au fond de la classe. Jetant derrière lui des regards désespérés et ne trouvant pas son "grand-frère", le pauvre Kai se dit que Masa n'est qu'un menteur. De son côté, le jeune homme s'est enfin débarrassé des voyous, maugréant que ces derniers lui ont fait perdre son temps. Il se rappelle alors l'heure du rendez-vous, et épouvanté d'être en retard, Masa emprunte de force la bicyclette d'un livreur, criant au malheureux Kyôsuké de payer. A l'école primaire, les cours de l'après-midi ont commencé. Tandis que la maîtresse interroge les enfants, Kumi-chan regarde tristement Kai, qui est prêt à fondre en larmes, quand soudain on entend un vacarme épouvantable au-dehors: quelqu'un vient apparemment de faire une chute dans le décor, jurant contre "cette saleté de bicyclette", puis l'on entend un bruit de pas précipités dans le couloir. La porte de la classe s'ouvre alors et Masa apparaît dans l'encadrement, à bout de souffle et trempé comme une soupe, les vêtements en désordre, mais enfin là ! Kai est si heureux que le jeune homme ait tenu sa promesse qu'il en a les larmes aux yeux.

Et un peu plus tard, tandis que son "grand-frère" l'attend à la sortie pour que tous deux rentrent ensemble à la maison, le garçonnet se jette dans ses bras et l'embrasse sur la bouche. Surpris au plus au point, Masa écarte vivement le gamin en lui demandant ce qui lui prend, mais Kai répond innocemment que c'est quelque chose que l'on fait à une personne que l'on aime, il l'a vu dans un film à la télé. Inquiet de la réaction de Masa, l'enfant lui demande s'il le déteste parce qu'il ne veut pas qu'il l'embrasse, mais le jeune homme répond finalement que Kai est la personne qu'il aime le plus au monde. Puis, alors que tous deux cheminent sous le même parapluie, l'enfant lance à Masa scandalisé que parce qu'ils s'aiment, plus tard ils vont se marier !

Les années ont passé, et Kai, ramené à Ôsaka après sa fugue, se repose dans sa chambre. De l'autre côté de la porte coulissante, il entend les hommes de son père le plaindre de son histoire amour déçue, et irrité, il leur crie de se taire. Arrive alors Masa, qui assure à ses sbires de ne pas s'inquiéter. Il entre dans la chambre, puis tend à Sagano la friandise dont il raffolait étant petit. Se tournant vers la fenêtre où la pluie tape contre les carreaux, Kai se remémore avec nostalgie ce jour d'autrefois où il avait pour la première fois embrassé Masa. Le prenant par surprise, Sagano embrasse le yakuza sur la bouche, lui demandant pardon d'avoir aussi embrassé Ranmaru. A partir de ce jour, il jure à Masa de ne plus le faire qu'à la personne qu'il aime réellement. Masa acquiesce, comprenant le sens caché de ces paroles. Puis tous deux se mettent tranquillement à partager le beignet apporté par le yakuza, tandis que les sous-fifres, l'oreille collée à la porte de la chambre, se demandent ce qu'il peut bien s'y passer....

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© Kazuma Kodaka

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Volume 2

Chapitre 1 You're All - Page 3

Ce long chapitre qui compose presque tout le manga est un retour en arrière qui raconte les débuts de la relation entre Kei et Ranmaru, depuis leur première rencontre au collège jusqu'à l'accident de Ranmaru puis sa longue rééducation.

Le jour de la rentrée des classes, Kei Enjôji, 12 ans, entre en 5ème au collège. (Au Japon la 6ème fait partie de l'école primaire.) Alors qu'il tourne en rond dans le jardin du vaste établissement, en retard et complètement égaré, il découvre par hasard une superbe créature debout sous les cerisiers en fleurs, pour qui il a aussitôt le coup de foudre. Hélas, vu l'uniforme que porte cette apparition, il s'agit d'un garçon, et lorsque Enjôji lui pose la question afin d'en avoir le coeur net, l'autre collégien, vexé, lui assène un bon coup de poing dans la figure. Finalement tous deux arrivés en retard aux cours, Kei et son réfrigérant camarade, Ranmaru Saméjima, se retrouvent punis à faire le piquet devant la porte de leur classe. Une minute ne s'est pas écoulée que les deux gamins recommencent à se disputer, au point que le professeur décide de faire rentrer Ranmaru en classe tandis qu'Enjôji voit sa punition doublée, obligé de faire le piquet en portant trois seaux d'eau. Telle fut la première rencontre entre les deux futurs amants, et à ce moment, Kei s'était dit avec raison que Ranmaru avait vraiment une personnalité détestable. Et il n'est pas le seul à penser ainsi: dès les premiers cours, ses autres camarades de classe, même les filles, font l'expérience de son caractère froid et détestable, en complète contradiction avec son apparence physique.

Un jour, le capitaine du club de jûdô de la section lycée et ses deux accolytes, trois grandes brutes effrayantes aux airs de voyous, pénètrent dans la classe de 5ème à l'intercours afin de chercher de nouvelles recrues. En passant, ils se moquent de l'aspect gracile de Ranmaru qu'ils traitent de "fillette", et l'un d'eux lui pose la main sur la tête. Mais le collégien ne se laisse pas faire, et sommant avec un regard sévère le sempaï de "retirer sa sale main", il se dégage en frappant le bras du lycéen et reprend son chemin d'un air méprisant comme si de rien n'était. Effrayés, les camarades de Ranmaru retiennent leur souffle. Abasourdi d'avoir ainsi été provoqué par un garçon si jeune, l'élève de Terminale s'élance à sa suite afin d'exiger des excuses, mais Ranmaru, nullement impressionné, se contente de répondre qu'il ne peut pas appeler "sempaï" (dénomination respectueuse donnée à un aîné) quelqu'un qui ne connaît pas la politesse. Bien sûr à ces mots le lycéen monte aussitôt sur ses grands chevaux et tente de frapper ce gamin insolent, mais en un clin d'oeil, il se retrouve à terre. Tandis qu'il tient la brute à sa merci, le menaçant du tranchant de sa règle comme s'il tenait un sabre, Ranmaru se contente de dire "La meilleure défense c'est l'attaque, ne m'en veuillez pas", puis il s'en va tranquilement sans demander son reste. Les élèves de Terminale, éberlués, réalisent alors qu'ils se sont frottés au célèbre Saméjima, champion national junior de Kendô, à la réputation effrayante malgré son visage de poupée. Entendant celà, Enjôji change aussitôt de point de vue au sujet de Ranmaru, admiratif devant son courage et ses prouesses, et décide de devenir son ami.

Voilà donc Kei qui commence à le harceler, à insister afin que Ranmaru lui dise son prénom, en lui faisant des compliments du genre: "Tu as vraiment de longs cils, c'est fou ce que tu ressembles à une fille", propos qui ont plus de chance de provoquer la colère de Saméjima que son amitié !

Un peu plus tard, en cours d'éducation physique, Kei et sa classe assistent à un combat au sabre opposant Ranmaru au professeur de Kendô. Le garçon se montre si tenace que, oubliant qu'il s'agit d'un cours, le kendôka finit par prendre l'affrontement au sérieux et se battre pour de bon, à la stupéfaction des collégiens. Soudain, Ranmaru élève son sabre à la verticale au-dessus de sa tête et prend la pose de "Jôdan". Lui aussi combat dans l'intention de gagner, et remarquant son regard aigü, le professeur a l'impression d'avoir devant lui le dieu de la guerre Ashura, ce prodigieux guerrier légendaire. Comme Ranmaru est encore adolescent et donc de petite taille, son adversaire réussi de justesse à parer son attaque foudroyante. Mais à cause de la tension oppressante qu'il a dégagé lors du combat, Saméjima a réussi à effrayer tous les autres élèves, qui le contemplent bouche-bée et livides, si bien que le prof remarque ironiquement qu'il risque dorénavant de manquer d'adversaires. A ce moment, Kei, enthousiaste, se porte volontaire. Le professeur accepte, avertissant néanmoins le talentueux jeune kendôka de retenir ses coups et ne pas blesser son camarade, mais Enjôji proteste: s'ils ne se battent pas sérieusement, l'affrontement n'a aucun intérêt.

Tandis qu'il l'aide à revêtir son costume, Ranmaru demande à cet épuisant "pot de colle" s'il a déjà pratiqué le Kendô; apprenant qu'il n'en est rien, irrité d'être obligé de perdre son temps à se battre contre un novice, le garçon se dit qu'il va lui faire mordre la poussière. Mais le combat n'a pas encore commencé que Kei, qui ignore qu'il doit d'abord se mettre en position, assène à Ranmaru un bon coup de sabre sur la tête. Furieux, ce dernier contre-attaque avec vigueur et rapidité, ne laissant aucune chance à son adversaire inexpérimenté. Mais à force d'encaisser les coups, Enjôji, qui lui aussi commence à s'énerver, parvient à bloquer le redoutable sabre de Saméjima et riposte avec une puissante attaque de type Jôdan. Impressionné par l'écrasante énergie combattive qui émane de son adversaire, Ranmaru ne peut que reculer et ne parvient à éviter le coup qu'à un poil-près. De toutes ses forces, il assène alors à Enjôji un grand coup sur le sommet de son casque. Kei s'écroule à terre, à moitié assommé, et tandis qu'il se précipite à son secours, le professeur reproche à Saméjima de ne pas savoir se maîtriser. Mais Ranmaru, en nage, ne l'écoute pas: il n'arrive pas à croire qu'un amateur qui touchait pour la première fois un sabre de Kendô ait pu éviter ainsi ses attaques et le mettre en difficulté !

Plus tard dans le vestiaire, Saméjima s'en veut d'avoir ainsi frappé pour de bon, mais à ce moment s'il ne l'avait pas fait, il avait inconsciemment compris que c'est lui qui se serait mangé un coup violent. Tandis qu'il se fait ces réflexions, comme si de rien n'était Enjôji refait son apparition et lui passant un doigt sur la ligne du dos, remarque que Ranmaru a vraiment une peau d'albâtre. Décidément, le choc qu'il a reçu à la tête n'a rien enlevé à Kei de son caractère désinvolte ! Mais Saméjima finit par réprimer sa colère et demande à son camarade des nouvelles de sa blessure, puis l'invite à venir chez lui après les cours. Kei conclut aussitôt à un rendez-vous intime, mais Ranmaru, dont les nerfs sont vraiment mis à rude épreuve, voudrait seulement que tous deux s'affrontent encore une fois dans le dôjô de sa maison. Réfléchissant, Kei répond malicieusement qu'il acceptera de venir seulement si Saméjima lui apprend son prénom. Ce dernier, rougissant, baisse la tête et prononce "Ranmaru" à voix basse. Mais Enjôji, qui n'a pas bien entendu, comprend "Omaru" ("Homard"), et furieux, Saméjima se met à crier son prénom très fort si bien que tout le monde l'entend. A ce prénom un peu chochotte, Enjôji ne peut s'empêcher de rire tandis que Ranmaru rougit de honte, mais se rendant compte de sa gêne, Kei finit par lui dire gentiment que c'est un joli nom, et décide sur-le-champ de l'appeller Ran-chan ("chan" est un suffixe qui marque l'affection). Saméjima, d'abord ému, proteste avec embarras et dit à son camarade de ne pas lui donner un surnom étrange comme s'il était une fille; mais ce dernier réplique que ce diminutif lui va très bien et se met aussitôt à le crier à tue-tête dans le vestiaire afin que tous les autres élèves appellent Ranmaru ainsi. Ces derniers avouent néanmoins qu'ils ont trop peur du jeune kendôka pour oser le nommer si cavalièrement. Mais heureux d'être enfin parvenu à se rapprocher de Ranmaru, Enjôji entoure son cou de ses bras en disant que désormais, il ne l'appellera plus que Ran-chan. Son camarade rougit d'un air boudeur mais ne le repousse pas, répliquant à Kei de faire comme bon lui semble.

Le soir après les cours, c'est le moment des activités des clubs. Furieux, Ranmaru se précipite en courant dans la salle du Club de la Cérémonie du Thé, où se trouve Enjôji. Ce dernier calme son nouvel ami en lui offrant un bol de thé, mais ce répit est de courte durée et Saméjima, en colère, demande à Kei la raison pour laquelle il ne s'est pas inscrit au club de Kendô. Le garçon répond qu'il n'a jamais eu l'intention d'intégrer ce club. Dans son foyer, il n'y a que sa mère et à cause du manque d'argent, dès qu'il entrera au lycée il pense se chercher un petit boulot où il se rendra après les cours. Si c'est pour arrêter l'activité après le collège, mieux vaut faire partie d'un club qui ne demande pas un investissement physique trop important. L'écoutant, Ranmaru en reste abasourdi. Lui qui était si content d'avoir enfin pu trouver un rival de son âge... Dépité, le jeune kendôka crie à Enjôji qu'il n'est qu'un imbécile et s'enfuie en courant. Depuis son plus jeune âge, formé par son grand-père Ranmaru avait remporté un grand nombre de récompenses. Déjà si fort en tant qu'amateur, une fois entraîné Kei aurait pu devenir plus puissant encore, et ainsi tous deux auraient pu se mesurer d'égal à égal. Assis tristement dans un coin isolé du parc de l'école, Ranmaru baisse la tête avec tristesse et lassitude, se disant que finalement celà n'a pas d'importance, car il est habitué à rester toujours tout seul. Mais néanmoins, malgré sa force de volonté la solitude lui pèse, et le jeune garçon finit par enfouir douloureusement la tête dans ses bras.

Plus tard, la nuit est tombée, les activités des clubs sont terminées. En quittant le vestiaire, Ranmaru a la surprise de retrouver Enjôji qui l'attendait afin qu'ils rentrent ensemble. Il n'a pas oublié l'invitation de son camarade qui devait l'emmener au dôjô de son grand-père pour qu'ils s'y entraînent au Kendô. Il a déjà téléphoné à sa mère afin de la prévenir qu'il allait chez un ami. Entendant ce mot "ami", Ranmaru sourit, au bord des larmes. Jamais personne ne l'avait encore appelé ainsi. Remarquant ce visage radieux, Kei prend la main de son camarade en lui disant que comme il le pensait, lorsqu'il sourit Ran-chan est vraiment mignon. Ranmaru lui répond encore une fois en rougissant de ne pas le traiter comme une fille, mais il ne se met plus en colère et tous deux cheminent main dans la main jusqu'à la maison de la famille Saméjima. Là, Ranmaru présente à Enjôji l'employée de maison, Miyo, ainsi que sa petite soeur Yuki. Kei commet encore une bourde en disant à la fillette qu'elle a de très grands yeux et ressemble à son grand-frère. Le prenant par l'oreille, Ranmaru qui ne sait plus où se mettre entraîne Enjôji vers le dôjô, tandis que la domestique et Yuki se montrent heureuses et rassurées de voir que le garçon s'est enfin fait un ami.

Le grand-père de Ranmaru, grand Maître Kendôka, étant actuellement absent, les deux adolescents vont pouvoir utiliser le dôjô autant qu'ils le veulent. A peine ont-ils commencé à s'entraîner que Saméjima remarque la rapidité des réflexes de son adversaire ainsi que la puissance de ses bras lorsque ce dernier bloque ses coups. Nul doute que lors du cours d'éducation physique, Kei n'avait pas montré toutes ses capacités, lui qui n'a pourtant jamais pratiqué le Kendô et a appris les poses rien qu'en allant parfois observer en spectateur l'entraînement au dôjô qui se trouve près de chez lui. Il est vraiment fort, et Ranmaru souhaite avec ferveur que son camarade développe encore cette puissance et cette habileté afin que tous deux puissent s'affronter un jour.

Quelques heures plus tard, les deux garçons, en nage, se reposent un moment en s'allongeant sur le plancher frais du dôjô. Kei promet que même s'il ne peut s'inscrire au club, il tâchera de trouver le temps de venir s'entraîner avec Ranmaru à chaque fois que ce sera possible. Le jeune kendôka avoue en souriant qu'il ne renonce pas pour autant à vouloir le faire entrer à tout prix dans son club. Alors qu'ils sont tranquillement allongés l'un en face de l'autre, Enjôji, passant du coq à l'âne, demande soudain à son ami s'il a déjà embrassé quelqu'un. Rougissant, Ranmaru ne sait plus où se mettre et répond que celà ne le regarde pas; à son trouble, Kei comprend néanmoins qu'il ne l'a jamais fait et lui propose de tenter l'expérience. Ranmaru étonné n'a pas le temps de comprendre que Kei approche ses lèvres des siennes en lui demandant de fermer les yeux. Tous deux échangent alors un long et tendre baiser, jusqu'à ce que Enjôji, toujours aussi indélicat, casse l'ambiance en demandant "Alors, c'était comment ?" Furieux et cramoisi, Ranmaru lui donne un coup de poing en le traitant d'idiot. Ce n'est pas une question que l'on pose ! Le kendôka s'enfuit en courant, laissant Enjôji couvert de bleus, mais ravi d'avoir obtenu le tout premier baiser de son ami.

Après cette année de 5ème passée ensemble, Kei et Ranmaru allaient ensuite être séparés. Lorsqu'ils devaient à nouveau se rencontrer, c'était au printemps, la saison des fleurs de cerisier, lors de leur entrée au lycée. Trois ans après son coup de foudre, Enjôji retrouvait Ranmaru encore plus fort et encore plus beau, à en faire pâlir de jalousie les cerisiers en fleurs. Et tous deux virent dans ces retrouvailles un effet du Destin....

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© Kazuma Kodaka - Kei et Ranmaru adolescents

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La seconde partie de ce long chapitre You're All a pour cadre le lycée, après les retrouvailles de Kei et Ranmaru. Enjôji, jeune homme très charismatique et populaire, est la coqueluche des filles du lycée dont il reçoit souvent des déclarations d'amour. Mais aussi belles que soient les lycéennes qui veulent sortir avec lui, il répond chaque fois que personne n'arrive à la cheville de la personne dont il est amoureux, bien qu'il ne révèle jamais son nom. Un jour qu'il a encore envoyé paître l'une de ses camarades de classe qui voulait lui présenter sa cousine, Kei se rend tout content au dôjô de l'école, où s'entraîne Ranmaru. Mais à peine en a-t-il ouvert la porte qu'un corps tombe violemment à ses pieds. En fait, l'intérieur du dôjô est parsemé de malheureux kendôkas assommés gisant pitoyablement sur le sol. Tous sont des prétendants de Yuki, la jeune soeur de Ranmaru; mais ce dernier refusant de laisser sa soeur sortir avec quelqu'un de faible, ces prétendants viennent le défier les uns après les autres. (Le seul qui parviendra à tenir tête à Ranmaru et remporter le coeur de Yuki est Takuya, un jeune homme de la campagne arrivé au lycée le jour de la rentrée juché sur le dos d'une vache; cette histoire où apparaissent également Ranmaru et Kei est contée dans le manga Sessa Takuya de chez Biblos, tout premier manga de Kazuma Kodaka, titre hélas épuisé depuis longtemps....)

Tandis que Enjôji pousse allègrement les corps des kendôkas au-dehors, la mine sombre, Ranmaru lui demande la raison pour laquelle il ne vient jamais au dôjô; son ami lui avait pourtant promis qu'il viendrait de temps en temps s'entraîner avec lui. Se troublant, Kei répond les yeux baissés qu'il est trop occupé, mais le prenant par les épaules, Ranmaru plonge son regard dans le sien. "Pourquoi me fuis-tu ?" demande-t-il. Celà ne concerne pas que le kendô; même dans la vie de tous les jours, lorsqu'ils parlent ensemble, Enjôji se refuse à le regarder en face, ce qui ne cesse d'inquiéter le jeune kendôka qui se demande ce qu'il a bien pu faire pour déplaire à son ami. Il sait très bien qu'il est maladroit avec les gens et ne peut transmettre habilement ses sentiments, mais plus que n'importe qui il ne veut pas que Enjôji le déteste. Alors que Ranmaru appuie sa tête sur son épaule, Kei serre les poings, réprimant une furieuse envie de le serrer dans ses bras. A la fin, craignant de céder à une impulsion, il écarte Ranmaru en lui disant qu'ils reprendront cette conversation demain. Le jeune homme répond tristement qu'il a compris, et s'excuse. Mais en le découvrant si malheureux, Enjôji voit bien qu'il se méprend sur les raisons de son éloignement. Incapable de se contrôler davantage, il entoure Ranmaru de ses bras et se met à crier: "Vraiment, tu n'as pas encore compris !?" Kei est conscient que s'il lui dit la vérité, ce sera probablement la fin de leur amitié; néanmoins il embrasse Ranmaru sur la bouche, longuement, et le plaquant contre le mur du dôjô, il lui avoue enfin ce qu'il a sur le coeur: il ne peut pas être son ami; rien que d'être auprès de lui, de le toucher, il ne peut s'empêcher de le désirer.

Ranmaru n'en revient pas de cet aveu et contemple son ami sans oser comprendre. Mais Enjôji ne lui laisse pas le temps de s'interroger davantage: arrachant son kimono, il commence à le caresser. Les choses ont changé depuis leur premier baiser au collège; à présent, tous deux sont des adultes. Ranmaru ne peut resister aux caresses d'Enjôji: il sait qu'il est encore temps pour lui de le repousser et de fuir, mais la voix qui prononce son nom est si tendre qu'il ne peut se résoudre à écarter cette main. Ainsi, Kei finit par l'étreindre, et assailli par la souffrance, Ranmaru ne peut que fermer les yeux et serrer les dents. Jusqu'à ce que son ami se décide enfin à prononcer ces mots, ces simples mots qui peuvent faire tant de bien: "Je t'aime... Depuis les premiers instants où nous nous sommes rencontrés..." Soulagé, en soupirant Ranmaru donne une tape sur la tête d'Enjôji, lui disant que s'il n'avait pas fait cet aveu, il l'aurait battu comme plâtre en lui fracassant au moins les deux bras. Kei s'excuse et comprend alors que les sentiments qu'il n'avait osé transmettre pendant ces trois années étaient partagés. Enfin confortés dans leur amour, les deux amants poursuivent leur étreinte, plus tendrement que jamais en songeant à la nouvelle vie qui les attend.

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© Kazuma Kodaka

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Deux ans plus tard, le nom de "Saméjima le Démon" est devenu célèbre dans tout le pays. Alors que Enjôji assiste à la victoire de Ranmaru au Tournoi National de Kendô des Lycées, une annonce résonne soudain, disant qu'on le demande au téléphone. Tandis qu'il se rend à l'accueil pour répondre à l'appel, un homme très grand à l'aspect viril et imposant l'observe, surpris d'entendre le nom d'Enjôji. C'est alors que surgit un jeune garçon, qui se précipite vers l'homme en lui reprochant d'être en retard, tous les matchs sont déjà fini. L'adolescent aussi a participé au championnat; il a terminé second de sa catégorie, mais néanmoins, il n'est pas trop déçu, car son but est clair à présent: entrer à l'université et pratiquer à fond le kendô. L'homme, Masanori Araki, répond au jeune garçon, Kai Sagano, qu'il lui faut d'abord passer son BAC, car après tout, il vient juste d'entrer en seconde !

Pendant ce temps, au téléphone, Enjôji apprend une terrible nouvelle: victime d'une crise cardiaque, sa mère Hotaru a été transportée à l'hôpital. Un peu plus loin, le portable de Masanori sonne également, ce qui provoque la colère de Kai, qui voudrait bien que son père lui laisse le cadre yakuza à lui seul de temps en temps. Masa sourit du comportement capricieux du gamin, mais ne tarde pas à retrouver son sérieux. Le visage empreint de gravité, il se remémore les paroles du vieux Sagano: il y a peu de temps, celui-ci lui avait raconté qu'avant son mariage, il avait fréquenté une jeune femme, une belle geïsha de qui il avait eu un enfant. Une fois veuf, sachant que Hotaru était malade et n'en avait pas pour longtemps, il avait maintes fois insisté pour qu'elle vienne vivre auprès de lui, mais cette dernière, fière et indépendante, avait toujours refusé. Sans compter les protestations de Kai enfant, qui avait clamé haut et fort qu'il ne voulait pas d'une nouvelle mère. Sachant ses jours comptés, Hotaru avait néanmoins fini par envoyer une lettre à son ancien amour, lui demandant de reconnaître Kei comme son fils légitime. Mais Masa s'inquiétant de ce qu'il adviendrait alors de Kai, Mr. Sagano lui avait assuré qu'en ce qui concerne la succession de l'organisation yakuza, il reviendrait au cadre de décider plus tard qui de ses deux fils sera le plus apte à devenir le nouveau parrain du Shôryûkai. Cependant pour l'instant, ce qui inquiète le vieil homme est l'activité suspecte de petites organisations rivales; le sachant malade, nul doute que ces dernières vont tenter de s'en prendre à ses héritiers. Mr. Sagano demande donc à Masanori de garder un oeil non seulement sur Kai mais aussi sur Kei et Hotaru.

Plus tard, lorsque Kei et Ranmaru arrivent à l'hôpital, il est trop tard, Hotaru est déjà décédée. Cette dernière a laissé une lettre à Enjôji, dans laquelle elle lui apprend enfin qui est son père, Takashi Sagano, qui vit à Ôsaka. Hotaru demande à Kei de ne pas en vouloir à son père, qui n'a jamais cessé de se faire du souci pour eux deux, et d'aller vivre désormais avec lui, ajoutant combien elle a été heureuse. Par discrétion, Ranmaru quitte la chambre d'hôpital. Bien que prostré de chagrin, Enjôji ne versa pas une larmes, ni même le jour des funérailles.

Quelque temps après, au lycée, Kei attend dans la salle du conseil des étudiants que les activités des clubs s'achèvent afin de rentrer avec Ranmaru. Lorsque le jeune kendôka entre enfin dans la pièce, il trouve son ami assis sur le rebord de la fenêtre, regardant mélancoliquement tomber la pluie. Enjôji n'est pas comme d'habitude; bien qu'il paraisse calme, nul doute qu'il n'a pas surmonté le décès de sa mère. Inquiet, Ranmaru essaie de lui parler, mais Kei le coupe, avouant combien il se sent misérable. Malgré toutes ses belles paroles, sa volonté de protéger sa mère seul, finalement, il n'a rien pu faire pour elle. L'écoutant sans mot dire, Ranmaru se lève et le serre dans ses bras. Il promet alors à Kei de le protéger, d'être toujours là pour lui. Tandis qu'il se donne à son ami pour le réconforter de son chagrin, Ranmaru songe qu'il n'a rien d'autre à lui offrir que son corps et son amour, mais néanmoins, il souhaite le protéger envers et contre tout. Puis, alors que tous deux se reposent devant la fenêtre, Kei affirme son désir de devenir plus fort, physiquement et moralement, et Ranmaru répond en souriant qu'il est persuadé qu'il y parviendra.

A la nuit tombée, la pluie s'est un peu calmée, et les deux compères se décident enfin à rentrer chez eux. Alors que tous deux cheminent en se disputant, Enjôji insistant pour qu'ils partagent le même parapluie, un homme les observe depuis une voiture garée devant les grilles du lycée. Reconnaissant Enjôji d'après une photo, le tueur à gages met en route son véhicule qu'il lance à toute allure sur le jeune homme. Mais Ranmaru a remarqué ce conducteur suspect. Fidèle à sa promesse, il pousse Enjôji et se dresse entre lui et son agresseur. Le véhicule le percute de plein fouet. Projeté à plusieurs mètres sous la violence du choc, son corps brisé retombe sur le bitume trempé d'eau et de boue, sous le regard pétrifié de Kei. Son coup manqué, le tueur s'enfuit sans demander son reste, et Enjôji, ne parvenant pas à réaliser ce qui vient de se passer, s'agenouille auprès de Ranmaru. Il soulève doucement son corps ensanglanté, l'appelle de toutes ses forces, terrifié à l'idée de le perdre. Mais malgré ses cris et ses larmes, Ranmaru n'ouvre pas les yeux, ne répond pas.

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© Kazuma Kodaka

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Ranmaru est envoyé à l'hôpital, et tandis que son ami lutte contre la mort en salle d'opération, Kei, qui ne peut rien faire d'autre que prier pour qu'il s'en sorte, est obligé une nouvelle fois de reconnaître son impuissance. Prostré de douleur, il présente ses excuses à Yuki, la soeur cadette de Ranmaru, accourue en apprenant l'accident. Une fois sorti de la salle d'opération, Ranmaru reste plongé dans le coma. Tandis que son esprit erre péniblement dans un monde froid et noir, il revoit soudain une scène du passé: comme le jour de leur première rencontre, Enjôji adolescent se tient sous les cerisiers en fleurs. Souriant, le jeune garçon lui tend la main, mais au moment où Ranmaru, qui a lui aussi son apparence de collégien, va pour la saisir, apparaît alors Kei adulte, qui l'appelle en criant que c'est ici qu'il se trouve. Ranmaru hésite. A ce moment, Enjôji adolescent disparaît, son corps se désagrège en milliers de pétales de cerisiers. Tandis que Ranmaru saisi les fleurs en pleurant, Kei adulte s'agenouille auprès de lui. Comprenant que son ami souhaiterait revenir au temps de leur enfance, où tout était si simple, il le rassure en lui affirmant qu'il n'y a plus rien à craindre, grâce à Ranmaru qui l'a protégé, il est sain et sauf à présent. Enjôji promet à son ami de rester toujours auprès de lui, et tandis qu'il le serre dans ses bras, à ce contact Ranmaru se rappelle soudain de tout: leurs étreintes, leurs embrassades... Il reprend alors son apparence adulte.

Sur son lit d'hôpital, Ranmaru ouvre les yeux. Averti par un pressentiment, Enjôji, qui s'était assoupi à son chevet, se réveille également, ainsi que Yuki. Découvrant que son grand frère a enfin repris connaissance, de soulagement la jeune fille se met à pleurer. Enjôji lui-même a peine à retenir ses larmes, et alors que Yuki quitte la pièce afin d'aller chercher le médecin, il tombe à genoux près du lit de son bien-aimé et pose sa tête sur sa poitrine. Levant une main tremblante, Ranmaru essaie de parler, mais comme il a toujours son masque à oxygène, aucun son ne sort de sa bouche. Enjôji, inquiet, lui enjoint de ne pas faire d'efforts: que le jeune homme se contente de remuer les lèvres, il s'efforcera de déchiffrer les mots. Lentement, Ranmaru forme chaque syllabe, et Enjôji, ému, comprend enfin ce que son ami tentait de lui dire: "Tu m'as appelé... J'ai entendu ta voix... Merci, Kei."

Le lendemain, le grand-père de Ranmaru se rend à l'hôpital afin de connaître les résultats des examens qu'a subi son petit-fils. Le médecin qui a réalisé l'opération lui explique alors que contrairement à ce qu'il pensait au début, les blessures externes reçues par le jeune homme ne s'avèrent pas si graves et guériront assez rapidement. Cependant, il a reçu un violent choc à la tête, ce qui a entraîné des lésions nerveuses. Le chirurgien peine à poursuivre. Il a vu sur le journal que Ranmaru avait remporté le tournoi de kendô des lycées, et lorsqu'il questionne à ce sujet Mr. Saméjima, qui dirige le dôjô du même nom, ce dernier explique que son petit-fils a été élevé depuis son plus jeune âge dans la voie du kendô, il est son futur successeur. A cet instant, Yuki est en train de traverser le couloir, et entendant la voix de son grand-père, elle s'arrête pour écouter la conversation. Finalement, le médecin se résoud à annoncer la terrible nouvelle: la moitié droite du corps de Ranmaru est désormais paralysée, et la possibilité qu'il puisse à nouveau bouger un jour n'atteint pas 30 %. Même avec une rééducation intensive, son état restera sérieux, il est probable qu'il ne puisse plus jamais pratiquer le kendô. Derrière la porte, à ces mots Yuki sent son sang se glacer. Mais tandis que la jeune fille fond en larmes, le vieil homme s'agenouille aux pieds du chirurgien: il est conscient qu'il ne peut demander à ce dernier de faire des miracles, que Ranmaru redevienne comme avant; mais Mr. Saméjima supplie néanmoins le médecin de faire en sorte que son petit-fils puisse au moins marcher.

Au même moment, Enjôji se trouve dans la chambre de Ranmaru, ne se doutant encore de rien. Alors qu'il s'apprète à quitter la pièce pour aller acheter des boissons, le jeune kendôka, le regard grave, rappelle à son ami de ne pas oublier sa promesse: avertissant Kei qu'il ne veut pas le perdre, il lui a fait jurer de ne pas chercher à se venger. Une fois Enjôji parti, Ranmaru laisse par mégarde tomber le vêtement qui lui couvrait les épaules. Se baissant pour le ramasser, déséquilibré, il tombe de son lit. Ne parvenant pas à se redresser, il réalise alors que sa jambe et son bras droits ne lui obéissent plus, que la moitié de son corps se trouve complètement paralysée.

Ignorant le moment difficile qu'est en train de vivre son ami, Kei traverse tranquillement les couloirs de l'hôpital, lorsque passant devant une buanderie, il y découvre soudain Yuki: immobile, la jeune fille fixe d'un regard vide le robinet qui coule à grande eau. La tirant de sa rêverie, Enjôji remarque alors que Yuki est en larmes. Inquiet, il lui demande ce qui se passe, et ne pouvant plus contenir davantage sa douleur, elle lui apprend la terrible nouvelle concernant Ranmaru. C'est si injuste ! Son grand frère n'avait jamais rien fait de mal, pourquoi a-t-il fallu qu'il lui arrive une chose pareille ? Tandis que la jeune fille donne libre cours à son chagrin, Kei se laisse glisser sur le sol, livide. Dans sa tête, résonnent encore les paroles prononcées par Ranmaru à l'issue du dernier championnat de kendô: "La prochaine fois, je remporterai le titre de premier kendôka du Japon !"

Loin de là à Ôsaka, à la résidence Sagano, Kai a appris l'accident de Ranmaru et veut à tout prix se rendre à Tôkyô pour aller le voir. Les hommes de main de son père tentent de l'arrêter, mais rien n'y fait, et il faudra l'intervention de Masanori Araki, qui le rejette de force à l'intérieur de la maison. Le groupe du Shôryûkai traverse actuellement une période critique qui décidera de sa survie; c'est un moment important mais aussi extrêmement dangereux, surtout pour les héritiers du vieux Sagano, parrain de l'organisation mafieuse. Mais Kai ne veut rien entendre: pour lui, rien n'est plus précieux que son sempaï Saméjima, et il ne pardonnera pas à ceux qui se mettront en travers de sa route, fut-ce Masa lui-même. Sur ces mots, il reprend sa course, mais le cadre yakuza n'est pas du tout disposé à céder aux menaces du gamin: d'un vigoureux coup de poing dans l'abdomen, il lui coupe le souffle et le fait perdre conscience. La vie de Kai est en jeu, et même s'il doit le ligoter, Masa ne le laissera pas mettre un pied dehors. Déposant doucement l'adolescent évanoui sur son lit, il lui caresse les cheveux, le suppliant d'être patient: si Kai veut protéger à tout prix la personne qui lui est chère, il en est de même pour lui.

Le soir, à l'hôpital de Tôkyô, profitant qu'il soit seul Ranmaru défait le fourreau de son sabre et tente de manier l'arme de bambou. Hélas, si sa main gauche est ferme, la droite s'avère pratiquement insensible. Tremblotante, elle retombe mollement sur les genoux du jeune homme, le sabre roule sur le sol. Amer, Ranmaru se remémore sa dernière victoire au championnat des lycées. N'éprouvera-t-il plus jamais l'exaltation des tournois ? Serrant son bras inerte, le jeune homme sent une peur affreuse l'envahir. Pour la première fois, il réalise qu'il ne pourra peut-être plus jamais pratiquer le kendô. Malgré sa force d'âme, cette découverte l'emplit de désespoir, et pressant sa tête contre ses genoux, Ranmaru se met à pleurer.

Une semaine s'écoule, durant laquelle Enjôji, qui se sent responsable, ne vient plus rendre visite à son ami. Chaque jour pourtant, il continue d'envoyer un grand bouquet de fleurs qu'il remet à l'infirmière. Ranmaru explique à sa soeur Yuki que Kei doit souffrir énormément de le voir ainsi. Mieux vaut que ce dernier oublie cet accident et son existence. Ne plus se rencontrer est sans doute ce qu'il y a de meilleur pour eux deux. Yuki l'écoute en silence, pensive. Depuis une semaine, Ranmaru lui semble devenu une poupée vidée de sa force vitale. Un peu plus tard, dans le hall de l'hôpital, la jeune fille rencontre soudain Enjôji, venu encore apporter des fleurs. L'entraînant dans un endroit tranquille, elle lui fait part de ses angoisses: Ranmaru ne mange pas; il est nourrit par perfusion, et sa fièvre n'a toujours pas baissé. Son état est des plus préoccupant. Yuki supplie donc Enjôji d'aller voir son frère. Lui seul est capable de lui parler et de lui redonner courage. Tandis que la jeune fille se met à pleurer, Kei s'efforce tant bien que mal de la rassurer: Ranmaru est quelqu'un de très fort, il n'y a aucune raison pour qu'il se laisse aller. Enjôji se rend finalement à la chambre de son ami. Plus que son sentiment de culpabilité, il s'est rendu compte que c'est le fait de ne plus voir Ranmaru qui le fait davantage souffrir. Même si ce dernier doit le haïr toute sa vie, il veut être auprès de lui.

Lorsque Enjôji pénètre dans la pièce, bien que surpris, Ranmaru paraît content de le voir après si longtemps. Néanmoins, quand son ami lui dit qu'il désire lui parler, la dure réalité lui revient à l'esprit, et le jeune homme détourne la tête en tremblant. Enjôji s'assoit tout près de lui, et dit simplement qu'il souhaiterait que tous deux vivent ensemble. Il a un peu d'argent de côté, celà suffirait pour qu'ils puissent louer un appartement. Ranmaru, qui prend cette demande pour de la pitié, répond à Enjôji qu'il n'a pas à se sentir responsable de ce qui est arrivé, mais Kei rétorque qu'il a simplement besoin de lui. A ces mots, Ranmaru explose: comment Enjôji peut-il avoir de l'attachement pour ce corps qui a lui-même est devenu odieux ? Il refuse de devenir un poids mort que Kei portera tout au long de sa vie. Mais malgré ses protestations, Enjôji reste calme et serein. Prenant la main de Ranmaru, il lui propose de l'emmener à la mer, à la montagne. Peu importe si le jeune homme ne peut pas marcher, il sera désormais ses jambes, il l'emmenera partout où il voudra. Comme jusqu'à présent, et même davantage, tous deux resteront l'un près de l'autre. Ranmaru ne sait que répondre à cette généreuse proposition. Il détourne la tête, peinant à contenir son émotion. Avant qu'il ne finisse par craquer, le jeune homme supplie son ami de partir. Kei acquiesce, ajoutant néanmoins qu'il va revenir et qu'en attendant, Ranmaru doit prendre soin de son corps. Mais alors qu'il est sur le point de quitter la pièce, Ranmaru le rappelle soudain. Se levant péniblement de son lit, il se met debout tant bien que mal afin de montrer à Enjôji l'état pitoyable dans lequel il se trouve: sa jambe traînante, son bras droit qui pend lamentablement. Devant ce spectacle misérable, Kei oserait-il répéter les paroles qu'il vient de prononcer ? Voilà ce qu'est devenu le corps de l'homme dont il prétend prendre soin toute sa vie durant !

Mais tandis que Ranmaru explose de rage et de dépit, ses maigres forces l'abandonnent, il perd l'équilibre. Kei le rattrape dans ses bras, et blotti tout contre son ami, Ranmaru lui demande encore une fois pourquoi il continue de venir le voir, criant qu'Enjôji plus que quiconque est la personne à laquelle il voulait à tout prix éviter de montrer son apparence misérable. Pour toute réponse, Kei soulève le jeune homme dans ses bras. Avec un sourire, il dit à Ranmaru que le voilà devenu bien léger; il faut qu'il mange correctement. Le déposant sur son lit, Kei explique à son bien-aimé que peu importe son apparence; pour lui rien n'a changé, il est toujours le Ranmaru dont il est tombé amoureux. Et sur ces mots, Enjôji s'en va, prévenant qu'il va revenir. Une fois la porte de la chambre refermée, Ranmaru laisse enfin couler ses larmes, assailli par un sentiment de bonheur qu'il n'avait pas connu depuis longtemps.

Les paroles réconfortantes de son amant ont fait au jeune homme un bien indicible, dont l'effet ne tarde pas à se manifester. Dès le lendemain, sa fièvre a enfin baissé, et le médecin constate avec soulagement que son patient paraît tiré d'affaire. Ranmaru a retrouvé calme et sérénité, ainsi qu'un nouveau courage. A la surprise de Yuki, il demande où se trouve la salle de rééducation. Même si les chances qu'il puisse bouger à nouveau ses membres du côté droit sont faibles, elles ne s'avèrent pas totalement nulles, et celà vaut la peine d'essayer.

Les jours passent, et accaparé entre le lycée et son travail, Enjôji ne peut rendre souvent visite à Ranmaru. Tous deux continuent néanmoins d'échanger des lettres, et en réponse à l'une d'elles, Ranmaru écrit à son ami que lui aussi fait de son mieux pour continuer d'étudier à l'hôpital afin qu'au printemps, tous deux puissent rentrer dans la même université. Parallèlement, le jeune homme se livre à une rééducation acharnée. Comme Enjôji qui travaille en plus des cours pour avoir de quoi payer leurs études et leur futur appartement, Ranmaru ne veut pas lésiner sur les efforts, afin qu'un jour, il puisse accueillir son ami en se tenant sur ses deux jambes. Un soir, Kei trouve néanmoins le temps de se rendre à l'hôpital. L'heure des visites est depuis longtemps passée, mais avançant à quatre pattes, il parvient à traverser la salle d'accueil au nez et à la barbe des infirmières de garde. Comme il est très tard, Enjôji se dit que Ranmaru est certainement déjà couché, mais rien que de contempler son visage endormi le rendrait heureux, il pourrait s'en aller rassuré. Soudain, Kei entend un bruit dans le couloir. Pris de panique, il croit qu'une infirmière l'a repéré, mais il s'aperçoit rapidement qu'en fait, ce bruit provient du centre de rééducation. Découvrant ce qui se passe à l'intérieur, Enjôji en laisse tomber son cartable de surprise. Alors que tout l'hôpital se trouve plongé dans le silence et le sommeil, en pyjama, Ranmaru continue en secret de s'entraîner à marcher.

En sueur et à bout de souffle, le jeune homme est lui aussi stupéfait de découvrir son ami là. Tandis qu'il lache par mégarde la barre qui le soutenait, Enjôji veut se précipiter à son aide, mais Ranmaru se rattrape de lui-même et lui crie de ne pas s'agiter, tout va bien. Que Kei se mette en face de lui et se tienne tranquille, il le rejoindra en marchant . Ranmaru sourit d'un air assuré, alors bien qu'inquiet, Enjôji accepte de faire ce qu'il lui demande et se place au bout des barres parallèles. Traînant un pied inerte, Ranmaru fait des efforts surhumains pour lever et plier la jambe droite, avançant pas à pas, en nage. Enjôji le contemple d'abord avec tristesse, mais devant tant de courage, il se met bientôt à lui crier des encouragements, lui tendant les bras. Ranmaru a l'impression de sentir tout son corps grincer, cet exercice s'avère plus pénible que ne l'a jamais été l'entraînement au kendô; mais si Enjôji l'encourage ainsi en lui tendant la main, le jeune homme a le sentiment de pouvoir réaliser n'importe quoi, sans une hésitation. Ainsi, pas après pas, le voilà arrivé au bout des barres parallèles. Heureux et épuisé, Ranmaru se laisse tomber dans les bras de Kei. Bientôt, il est persuadé qu'il pourra marcher à nouveau, et Enjôji, tout aussi content et soulagé, assure qu'il attendra tout le temps qu'il faudra. Alors que tous deux s'enlacent assis sur le parquet, Ranmaru fait soudain remarquer nonchalamment que l'endroit est désert. L'esprit obtu, Kei ne comprend pas tout de suite l'allusion, puis, le sang lui montant à la tête, le voilà prêt à étreindre son ami sur le plancher. Ranmaru rougit de honte, scandalisé. Ce qu'il voulait, c'était simplement un baiser ! Kei l'enlace, un peu gêné. Celà fait si longtemps qu'ils n'ont pas eu l'occasion de se toucher. Tandis que Kei pose doucement ses lèvres sur les siennes, Ranmaru sent une étrange chaleur lui réchauffer la poitrine, comme au moment de leur tout premier baiser.

Et quelques semaines plus tard, les choses se passent comme Ranmaru l'avait prédit: se levant de son fauteuil roulant, d'un pas encore tremblant et mal assuré mais sans l'aide d'une canne ou de béquilles, le jeune homme se met à marcher à la rencontre de son ami. Peu lui importe désormais le kendô, Ranmaru a le sentiment de n'avoir rien perdu, puisque l'être qui lui est le plus cher au monde se trouve là, près de lui. Heureux de le voir debout et enfin remis, Enjôji, fou de joie, soulève son bien-aimé à bout de bras.

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© Kazuma Kodaka

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Chapitre 2 Hitorisaki ("Celui qui a fleuri seul") - Page 153

Ce chapitre, dont le style rappelle fortement celui de séries comme Crying Freeman ou Judô Boy (Kazuma Kodaka a fait ses débuts en tant qu'auteur de manga shônen), est un retour en arrière dont l'action se situe peu après que Kai ait rencontré son frère et Ranmaru.

Ligoté dans un entrepôt abandonné, le jeune Kai Sagano subit les sévices d'un homme portant dans le dos le tatouage de dragon qui distingue les yakuzas. En larmes, le garçon crie au bandit de le tuer, mais ce dernier répond qu'il ne le fera qu'après la venue de Masanori Araki. Si son otage mourrait maintenant, ce serait fort embarrassant. Dans son coeur, Kai songe avec une sourde peur qu'il faut absolument éviter que Masa rencontre cet homme, bien qu'il ne puisse s'empêcher d'appeler de toute son âme le chef yakuza à son secours.

Une journée plus tôt. Alors que les cadres du Shôryûkai se trouvent en réunion, ils reçoivent soudain la visite d'un inspecteur de police. Ce dernier explique à Masanori qu'il est à la recherche d'un jeune homme de 27 ans, Shinji Katagiri: soupçonné du meurtre de sa soeur aînée, il s'est enfuit pendant sa garde à vue en subtilisant l'arme d'un des policiers. Sa soeur, Ayako, était la petite amie de Masa. Entendant cette tragique nouvelle, le cadre yakuza fronce les sourcils. Il n'était au courant de rien. Renvoyant l'inspecteur au comportement détestable, qui ne souhaite qu'une chose, c'est que les bandits règlent l'affaire entre eux et périssent tous dans l'affrontement, Masanori ordonne également à ses hommes de ne rien faire pour l'instant, et de ne pas non plus prévenir le patron. Cette histoire le concerne seul. Inquiet, en son for intérieur il se demande ce qui a bien pu pousser Shinji a tuer Ayako.

Au même moment, à la résidence Sagano, Kai s'apprète à aller faire un tour en moto. Irrité par les supplications d'un des hommes de main de son père, qui souhaite qu'il emporte un téléphone portable avec lui en cas de pépin, le garçon s'en va, détestant être ainsi couvé. Mais il n'a pas parcouru quelques kilomètres qu'il remarque qu'il est suivi: une porsch lui file le train depuis qu'il a quitté la maison. Kai songe aussitôt qu'il doit s'agir d'un des sbires d'une bande rivale, qui veut le prendre en otage pour obliger son père à se retirer du Shôryûkai. Il accélère et engage sa moto dans une ruelle étroite, persuadé que la grosse voiture ne pourra pas l'y suivre. Mais son conducteur s'avère prêt à tout. Peu lui importe les dommages subis par son véhicule de luxe. L'aile défoncée et son pare-brise en miettes, il fonce sur la moto et la percute, précipitant son pilote à terre. Abandonnant son véhicule au capot fumant, le bandit s'empare de kai inconscient, arborant un sourire de satisfaction. A présent, les choses sérieuses vont pouvoir commencer.

Pendant ce temps, ne se doutant de rien, Masanori se remémore sa dernière rencontre avec le jeune yakuza, Shinji. Muté dans un autre secteur pour avoir été nommé bras droit du patron, le cadre s'apprétait à les quitter lui et sa soeur, après avoir une dernière fois passé la nuit avec sa petite amie Ayako. Alors que le cadre s'approchait de la porte, Shinji l'avait entouré de ses bras, soupirant que si sa soeur n'est pas parvenue à le retenir, il n'y a pas de raison pour que lui-même en soit capable. Néanmoins, en larmes, le jeune homme avait supplié Masa de l'étreindre et lui laisser le souvenir de son corps, comme il l'avait fait pour Ayako. Et touché par son chagrin, Masanori avait accepté de lui faire l'amour. Encore aujourd'hui, le cadre se rappelle ce souvenir avec émotion, et ne cesse de s'interroger sur ce qui a bien pu arriver à Shinji pour qu'il en vienne à commettre un acte aussi abominable que de tuer sa propre soeur.

La nuit est tombée. Kai reprend ses esprits dans l'un des entrepôts du port, les bras attachés à une poutre du plafond, vêtu de sa simple chemise. Assis en face de lui, Shinji le tient en joue, et se présente au garçon comme le petit frère de la petite amie de Masanori Araki, pésant bien ses mots dans l'espoir de surprendre une lueur de jalousie dans le regard de Kai. Puis, Shinji demande à ce dernier la façon dont Masa l'étreignait. Sagano répond au jeune bandit qu'il se méprend, il n'a jamais entretenu ce genre de relation avec le cadre yakuza. Mais Shinji ne le croit pas. Du bout de son pistolet, il déchire violemment la chemise de son prisonnier, puis ôte lui-même la sienne, révélant le tatouage de dragon dans son dos. Il dit que son dragon pleure, car il voudrait retrouver celui de Masanori. Ayako constituait un obstacle pour lui, de même que Kai à présent. Rongé de jalousie envers tous ceux qui monopolisent l'affection de Masa, Shinji, rendu fou par la violence de ses sentiments, viole le jeune garçon. Et tandis qu'il commet son méfait, parmi ses propos désordonnés, il avoue que Masanori était son premier homme, mais qu'il les a abandonné lui et sa soeur à cause de Kai, chargé par le père de ce dernier de prendre soin de son héritier. Serrant le cou du garçon, Shinji crie qu'il n'a pas tué sa soeur; c'est Kai qui l'a obligé à le faire.

Alors que le malheureux Sagano, étouffant, appelle de toutes ses forces en son coeur Masa à son secours, son téléphone portable (un luxe à l'époque, en 1992) se met soudain à sonner. Il s'agit bien sûr de Masanori, et tandis que ce dernier demande à Shinji l'endroit où il se trouve, le jeune homme violente Kai de façon à ce que le cadre entende ses cris, lançant qu'il détient avec lui son précieux trésor. Terrifié et hors de lui, Masa hurle encore une fois à Shinji de lui indiquer sa position, et ce dernier s'exécute en ricanant, insistant bien sur ce qu'il est en train de commettre afin de faire souffrir Masa comme lui-même a souffert d'être abandonné. Tandis que le jeune homme éclate d'un rire hystérique, Kai, sur le point de perdre conscience, songe qu'il ne faut absolument pas que Masanori vienne, certain que tout celà risque de mal se terminer.

Mais les menaces de Shinji ont porté leur fruit. Le cadre yakuza se précipite dans sa voiture, et tandis qu'il fait route vers l'entrepôt, lui reviennent en mémoire tous les bons moments qu'il a passé avec Kai depuis sa petite enfance. Fou d'inquiétude, il supplie le Ciel de faire que le garçon reste en vie. Un peu plus tard, arrivant enfin au lieu prévu, en ouvrant les portes du hangar Masa découvre le pauvre Sagano toujours ligoté et dans un état pitoyable. Le cadre se précipite vers lui et le libère de ses liens, le suppliant de tenir bon, d'ouvrir les yeux. Au son de sa voix, Kai soulève péniblement les paupières et prononce le nom de son ami. Soulagé qu'il soit au moins en vie, Masanori serre le corps du jeune garçon dans ses bras. Lui annonçant que son bras droit Kyôsuké ne va pas tarder et emmener Kai à l'hôpital, ce dernier proteste. Il sait très bien que Masanori a l'intention de tuer Shinji, et il le supplie de ne pas le faire: malgré ce qu'il lui a fait subir, Kai a compris que le jeune homme aimait Masa de toute son âme, et c'est cet amour violent et désespéré qui a conduit Shinji à agir ainsi. Mais le cadre répond que pour l'instant, c'est Kai qui lui est le plus précieux; cette affaire ne concerne que lui, et il ordonne au garçon de ne pas s'en soucier.

Alors qu'il soulève Kai dans ses bras afin de l'emporter en lieu sûr, une balle vient soudain ricocher aux pieds de Masanori. Du haut d'un escalier, Shinji pointe son arme sur lui. A ce moment, les hommes de main du cadre arrivent, et ce dernier leur demande de lui passer un sabre. Arrachant le haut de son costume, il dévoile l'impressionnant tatouage de dragon recouvrant presque tout son corps, brandissant sa lame. Alors que Shinji est armé d'un pistolet, Masa est décidé à se battre à la manière d'un samouraï. Kai a beau lui crier de ne pas y aller, le yakuza s'élance vers son ancien amant. Shinji tire, mais Masa bloque la balle avec son sabre, qui se brise sous le coup. Néanmoins, sans hésitation, le cadre se jette sur le jeune homme et le frappe au ventre de ce qui reste de sa lame brisée. A la surprise de Masa, Shinji agrippe la poignée du sabre et aggrandit lui-même sa blessure. Avant de mourir, en larmes, il avoue au yakuza combien il l'aime, que son amour est plus fort que ne l'a jamais été celui qu'éprouvait sa soeur. Une dernière fois, Shinji entoure Masanori de ses bras et pose sur les siennes ses lèvres ensanglantées. Puis, il se laisse tomber en arrière par la fenêtre brisée de l'entrepôt, et son corps disparaît dans la mer en contrebas. Attristé, Kai assiste à la scène sans mot dire, tandis que Masa, debout à la fenêtre, reste fixer l'endroit où a disparu le jeune homme.

Une pluie battante se met à tomber. Revêtu du manteau de Masanori, Kai se tient accroupi au bord de l'eau, sourd aux sages avis de Kyôsuké qui lui apporte un parapluie et veut l'emmener à l'hôpital. Shinji est un criminel qui l'a violé. Mais pourtant, le jeune garçon ne peut s'empêcher de ressentir de la souffrance face à sa fin si triste. En larmes, Kai reproche à Masa ainsi qu'à Kyôsuké de trop s'occuper de lui. Ils le gâtent sans arrêt, pourtant, lorsque le garçon a vraiment du chagrin, il se trouve finalement toujours seul. Au lieu de lui servir de nounou, Masa aurait mieux fait de prendre soin de ceux qui l'aimaient, ainsi rien de tout celà ne serait arrivé. Kai se jette dans les bras de Masanori, se reprochant le crime d'avoir monopolisé cette poitrine large où Shinji désirait plus que tout au monde se blottir. Il sait bien que Masa éprouve du chagrin, mais aussi qu'il ne versera pas une larme. Alors, le jeune garçon continue de pleurer pour Shinji, qui a vécu et péri dans la solitude. Posant une main sur le dos de son protégé, le cadre yakuza ne peut que prononcer ce simple mot: "Pardon...".

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© Kazuma Kodaka

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© Kazuma Kodaka

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Les OVA (Films d'animation)

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Il existe trois OVA de Kizuna. Les deux premiers, de 30 minutes chacun, sont sortis séparés sur deux cassettes vidéo en 1994 (voir jaquettes ci-dessus), avant d'être regroupés un peu plus tard en un seul Laser Disc. Très difficiles à se procurer, ils n'ont pour l'instant pas encore été réédités en DVD. Le premier OVA reprend l'histoire des chapitres 2 et 3 (Kizuna et Tenkamutéki no Chôsenjô ) du volume 1 du manga, lorsque Kai Sagano, le demi-frère cadet d'Enjôji, vient semer la pagaille dans la vie privée des deux amants. Le deuxième OVA correspond quant à lui au 4ème chapitre du volume 1 (Naniwa Junjôkoïshiguré ), mais si Kei et Ranmaru y sont présents, cet animé est plutôt centré sur les personnages de Kai et Masa: à travers des scènes du passé, nous est conté le lien très fort qui unit le cadre yakuza et le fils de son maître depuis leur jeunesse. Comme je ne possède pas pour l'instant ces deux OVA, il m'est difficile de les évoquer dans le détail. J'en ferai un article plus complet sitôt que je serais parvenue à me les procurer, mais en attendant, voici un aperçu du troisième et dernier (pour l'instant) OVA de Kizuna:

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Kizuna - Koï no Kara Sawagi ("Tumulte dû à celui qui aime")

© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment

Genre: comédie sentimentale yaoï

Editeur: KSS Media Entertainment

Format: NTSC Zone 2 (DVD) - NTSC (cassette vidéo)

Durée: 45 minutes, plus des bonus

Prix: 12 000 Yens

L'histoire: Cet OVA regroupe les chapitres You're All (vol.2 chap.1) et Koï no Kara Sawagi (vol.3 chap.2) du manga Kizuna . Un matin, Kei, qui n'est pas rentré de la nuit, revient à l'appartement qu'il partage avec Ranmaru avec dans sa poche une boîte d'allumettes au nom d'un Love Hotel , que son compagnon ne tarde pas à découvrir. Ranmaru n'a pas le temps de demander des explications sur la provenance de cet objet que le téléphone sonne: une femme du nom de Rena demande à parler à Enjôji ! Ignorant qu'il ne s'agit que d'un malentendu, Ranmaru croit que Enjôji le trompe et s'enfuit aussitôt de la maison. Parti à la recherche de son ami, Kei erre dans les rues de la ville. Tandis que le vent fait voler des myriades de pétales de fleurs de cerisiers, chacun de leur côté, les deux amants vont se mettre à rêver au temps où ils venaient de se rencontrer: leur première rencontre au collège dans les cerisiers en fleurs, leurs retrouvailles au lycée, les débuts de leur relation, puis l'accident tragique de Ranmaru... A ce moment, tandis qu'il déambule dans les rues de la ville perdu dans ses souvenirs, une belle jeune fille appelle Ranmaru et vient l'aborder....

Si le ton de l'histoire est plutôt à la comédie, avec l'entrée en scène du travesti Rena, la "femme" avec laquelle Ranmaru pense que Enjôji le trompe, le passé des deux héros donne au récit une touche de sérieux, voir de drame. Pour sa première édition, sortie au printemps 2001, l'OVA est vendu en luxueux coffret collector comprenant en plus la bande son du film, ce qui peut excuser le prix assez élevé de 12 000 Yens (en France, avec les frais d'importation, il faudra compter entre 140 et 180 Euros selon les magasins). Néanmoins, si vous aimez Kizuna , ce film vaut bien sont prix car il bénéficie d'une réalisation très soignée. L'auteur du manga, Kazuma Kodaka, a participé elle-même à son élaboration et les personnages, superbes, ont conservé leur design original.

Voici quelques images de l'OVA Koï no Kara Sawagi :

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Ci-dessus: Couverture du manga volume 4, cette illustration a aussi été utilisée comme visuel publicitaire pour la sortie de l'OVA.

© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment

Ci-dessous: quelques croquis ayant servi au chara-design des personnages:

© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment

Croquis de poses pour Ranmaru Saméjima, avec, en premier à gauche, l'inévitable tenue de kendô

 

© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment

Croquis d'expressions pour Kei Enjôji

 

© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment

Kei et Ranmaru adolescents, en tenue de kendô puis en uniforme du collège

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© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment - Kei et Ranmaru (Sur l'image qui se trouve en bas à droite, Kei a les cheveux courts car suite à une maladresse de son ami (cf. manga vol.3), il a été obligé de les couper.)

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© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment - A gauche, Ranmaru adolescent lors de sa rencontre avec Kei. A droite, le travesti Rena; même Ranmaru croira jusqu'au dernier moment qu'il s'agit d'une vraie femme.

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© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment - Ranmaru Saméjima et Kei Enjôji, en solo.

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© Kazuma Kodaka / Biblos / KSS Media Entertainment - Même si tout n'est que suggéré comme dans l'OVA de Bronze , le film comporte de magnifiques scènes d'amour.

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Le Artbook

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© Kazuma Kodaka, Biblos

Kazuma Kodaka Illustrations

Auteur: Kazuma Kodaka ------------Références: Biblos

Nbre de pages: 98 ------Format: A4 +

Contenu: Il s'agit du premier recueil d'illustrations de Kazuma Kodaka, l'un des auteurs les plus éminents des éditions Biblos, mais c'est également le tout premier artbook yaoï paru chez cet éditeur. Entièrement en couleur, il reprend l'ensemble des illustrations réalisées par la dessinatrice depuis ses débuts en 1992 jusqu'à décembre 1996. L'ouvrage se décompose en quatre grandes parties. La première (pages 3 à 41) est bien sûr consacrée à la série phare de Kazuma Kodaka, Kizuna . On y retrouve à peu près tout ce qui se rapporte à cette oeuvre, depuis les couvertures des fanzines inédits, des magazines, des premiers volumes du manga, jusqu'aux jaquettes des CD, aux cartes postales et aux calendriers.

--- © Kazuma Kodaka ----

--- A gauche, une illustration monochrome de Ranmaru utilisée pour la couverture de Magazine Be Boy , n° de septembre 1995 (p.29). A droite, une carte postale offerte en cadeau avec l'OVA Kizuna 2 , sorti en 1994 (p.31).

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---© Kazuma Kodaka - A gauche, Ranmaru se dénude pour la couverture du fanzine Madamada Amaïzo Saméjima-kun 2 (p.36). Au centre, Ranmaru et Enjôji posent pour une illustration du calendrier Le Baiser (p.40); à droite, une image qui ouvrait le chapitre You're All dans Magazine Be Boy n°02/93 (p.41), reprise seulement en noir et blanc dans la version reliée du manga.

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-----Cet ouvrage est actuellement le seul recueil proposant des illustrations de Kizuna ; mais comme il est sorti en juillet 1997, Kazuma Kodaka ayant réalisé de nombreux travaux depuis, nous pouvons espérer qu'un second volume verra le jour sous peu. Son prix est d'environ 35 Euros (230 FF).

Pour en savoir plus sur ce livre, se référer à la page Artbooks Yaoï .

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