Bronze - Le Film

 

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Traduction des Dialogues :

Prologue à chapitre 4 Chapitre 5 à épilogue

 

Traduction des Dialogues - 2

 

Chapitre 5

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Quelque temps plus tard, un soir, Shibuya décide d'aller trouver Izumi. Se rendant à son lycée, il n'a aucun mal à localiser le jeune homme sur le terrain de sport, où il s'entraîne seul au tir au but.

Shibuya, amusé: "J'en étais sûr...."

 

Levant une main, Shibuya se met à hêler Izumi qu'il ne tarde pas à rejoindre. C'est ainsi que quelques instants plus tard, alors que le footballeur se repose sur un banc, Shibuya lui raconte les dernières nouvelles.

Shibuya: "Le père de Kôji vient de décéder. Actuellement, sa famille est en train de se bouffer le nez avec la maison de production de la mienne afin de décider si Kôji prendra ou non la succession de son père. On dirait bien qu'il a l'intention de renoncer au monde du spectacle. Et, Izumi.... il paraît avoir décidé de renoncer également à toi."

A cette annonce, Izumi qui s'essuyait le visage avec sa serviette arrête net son geste.

Shibuya, laissant échapper un léger rire: "....Tu es soulagé ?"

Comme l'autre jeune homme demeure silencieux, Shibuya reprend ses explications.

Shibuya: "Une analyse psychologique a permis d'établir la raison pour laquelle Kôji a perdu la voix. C'est parce que par rapport à quelque chose ou quelqu'un de particulier, il se serait mis dans la tête que ses "paroles" sont mauvaises. En fin de compte, il s'est lui-même ôté la voix."

Izumi: "Je suppose que ce que tu t'efforces de me dire, c'est que tout est de ma faute ? Son accident, son choix de se retirer du monde du spectacle, la perte de sa voix....?"

Le visage déformé par l'amertume, Izumi se lève de son banc pour se planter face à Shibuya.

Izumi: "Tu essayes de me dire.... que j'ai mal agi ?"

Shibuya: "Izumi...."

Izumi, se détournant: "Que veux-tu que je fasse....? Qu'attends-tu de moi....?"

Shibuya: "....Non, tu te trompes. Tu n'es pas spécialement responsable. Kôji s'est mis à te poursuivre de sa propre initiative. Et si tu n'éprouves rien pour lui, un tel comportement ne représentait qu'un ennui pour toi. Tu n'es pas responsable du fait que Kôji soit amoureux de toi. Mais dis-moi, Izumi.... Quand vous étiez ensemble, n'y a-t-il vraiment rien eu de bon ? N'as-tu pas éprouvé ne serait-ce qu'une fois du contentement d'être auprès de lui...?"

A cette question, Izumi sursaute. S'il ne dit rien, il ne peut se mentir à lui-même ni nier qu'il a passé de bons moments en compagnie de Kôji....

 

Le soir venu, alors que la neige tombe lentement sur le paisible jardin traditionnel de la résidence Nanjô, Kôji s'entraîne au maniement du sabre, torse nu, indifférent au froid ambiant, quand soudain une jeune domestique apparaît à la porte de la véranda.

Domestique, un combiné téléphonique à la main: "Kôji-sama.... Un appel de la part de Mr. Shibuya."

S'asseyant sur les marches de la véranda, Kôji prend la communication.

Shibuya, depuis son appartement du centre-ville: "Kôji ? Je vais parler tout seul puisque tu ne peux pas répondre. Aujourd'hui, j'ai rencontré Izumi.... Tu m'entends ? Ecoute bien. Tu as l'intention de renoncer à lui, n'est-ce pas ? Dans ce cas, sérieusement, fais en sorte de ne plus le revoir. Cesse de le harceler en lui imposant tes tendances suicidaires.... Izumi est complètement anéanti, et cela par ta faute. C'est toi qui a fini par le détruire, Kôji.... Je m'étais trompé. Quand on y réfléchit bien, tu parles d'une histoire de fou: un type dont les motivations demeurent un mystère apparaît subitement devant Izumi, lui beugle simplement qu'il l'aime, mais sans parvenir à le rendre si peu que ce soit heureux.... Tu crois qu'on peut y croire ? A l'amour d'un beau-parleur incapable de concrétiser ses promesses ?.... Et toi tu vas fuir ? Tu vas t'enfuir tout en laissant anéanti cet être que tu aimes à en mourir !?.... Non.... Au fond, c'est mieux comme ça. Mieux vaut que tu continues à te tenir tranquille, reclu dans cette maison, en gardant le silence. Izumi lui-même ne souhaite probablement plus avoir affaire à toi.... Tu as dû t'en apercevoir depuis longtemps, Kôji. Néanmoins.... tu n'as plus le temps de te permettre d'hésiter. Peut-être est-il même déjà trop tard...."

Shibuya achève à peine son sermon qui vise à faire réagir Kôji que laissant tomber le téléphone, en larmes, ce dernier se précipite hors du jardin où la neige s'est peu à peu amoncelée. C'est ainsi qu'un peu plus tard, le chanteur se retrouve à courir dans les rues animées du centre-ville, dans lesquelles il y a foule en cette période de Noël. Sachant que son ami fait souvent des petits boulots le soir, Kôji court de bars en restaurants, mais en dépit de ses recherches acharnées, Izumi reste introuvable.

Kôji avait vu juste pourtant: le jeune footballeur travaille en cette veille de Noël. Il est presque 2h15 du matin et le bar où Izumi officie comme serveur s'apprète à fermer.

Patron, qui passe la serpière: "Takuto. Tu peux partir si tu veux. Ah ! Sort d'abord les poubelles."

Izumi: "Oui."

Obéissant, le jeune homme sort donc en passant par l'arrière boutique, des sacs de détritus à la main. C'est alors qu'il surprend une conversation entre trois hommes qui entourent un téléphone public dans la rue adjacente.

Paparazzi: "Qu'as-tu dit !? Kôji Nanjô ne pourra plus remonter sur scène car il a perdu sa voix ?"

Paparazzi à moustache: "Aucun doute possible. C'est un scoop que j'ai obtenu par une voie infaillible."

Le moustachu se met alors à parler dans le combiné téléphonique.

Paparazzi à moustache: "Allo, c'est moi. Je souhaiterais parler au rédacteur en chef. Quoi !? Il est aux toilettes !? Dépêchez-vous d'aller l'appeler !!"

En attendant que le responsable de leur journal prenne la communication, les trois paparazzis reprennent leur conversation.

Paparazzi à moustache: "En plus, en ce moment il y a du grabuge pour savoir si Nanjô reprendra ou non la succession de son père. Regardez ! J'ai réussi à prendre une photo qui prouve qu'il se trouve bien dans la demeure familiale ! Avec ça ce sera la fin pour ce sale morveux !!"

Fier de lui, l'homme exhibe son appareil photo sous l'oeil admiratif de ses collègues plus jeunes. Mais c'est sans compter sur Izumi, qui a tout entendu et ne saurait permettre que l'on brise ainsi la carrière de son ami. Arrachant donc l'appareil des mains du paparazzi, d'un coup de pied il l'envoie rouler dans le décor avec l'un de ses comparses, avant d'ouvrir l'appareil et d'en extraire la pellicule, sous le regard mortifié de son propriétaire. Tandis que le jeune homme jette à terre l'appareil photo et la pellicule désormais inutilisable, le paparazzi furieux d'être ainsi privé d'un scoop qui devait lui rapporter gros se relève pour se lancer sur Izumi.

Paparazzi à moustache: "Espèce de salaud !!!"

Il assène à Izumi un coup de poing qui le fait reculer de quelques pas sur la chaussée. Ripostant, le jeune homme envoie à nouveau le moustachu rouler dans la ruelle, quand soudain un autre paparazzi se glisse dans son dos et l'attrape par les épaules. Mais même ainsi ceinturé et assailli à trois contre un, Izumi possède une force bien supérieure à celle de ses adversaires. Le combat est sur le point de s'achever à son avantage lorsque s'emparant d'une bouteille vide, le paparazzi au blouson noir l'attaque soudain dans le dos et le frappe violemment à la tête.

Pararazzi: "Prends ça !!"

Sous la force du coup, la bouteille se brise sous les regards de badauds effrayés. Izumi tombe à genoux dans la neige, à moitié sonné. A ce moment des éclats de voix retentissent: alertée par les cris, la police arrive déjà !

Policier: "Eh là !! Qu'est-ce que vous faites !!"

Paparazzis: "On est mal ! Fuyons !!"

Les trois hommes décampent donc sans demander leur reste, et bien qu'il souffre d'une blessure à la tête, Izumi ne tarde pas à les imiter juste avant l'arrivée des agents.

Adjudant-chef, désignant à l'un de ses hommes la ruelle dans laquelle s'est engouffré Izumi: "Eh ! Va par là !"

Policier: "A vos ordres !"

Courant à perdre haleine dans un dédale de rues et de ruelles plus ou moins bondées en cette nuit de Réveillon, Izumi parvient de justesse à échapper à la police. Sa course finit par le mener dans un coin de la ville pratiquement désert, devant une église où l'on célèbre encore la Messe de Minuit. A bout de souffle, le jeune homme choisit de se réfugier dans un recoin sombre du mur de l'enceinte.

Izumi: "Qu'est-ce que je suis en train de foutre !! Si je me fais prendre par la police pour m'être battu, non seulement je ne pourrais plus partir pour l'Italie mais je n'aurais même plus le droit de jouer lors du Championnat National."

Tandis que le sang de sa blessure continue de se répandre sur son visage, Izumi se laisse glisser le long du mur pour s'assoir sur le sol recouvert de neige.

Izumi, prostré: "Et merde !.... J'aurais mieux fait de ne pas me mêler de ça !.... J'ai mal.... J'ai mal, Kôji.... Je te dis que j'ai mal, Kôji...!!"

Alors qu'il appelle ainsi son ami de toute son âme, Izumi entend soudain des pas crisser dans la neige. Il rouvre brusquement les yeux, et quelle n'est pas sa stupeur quand il relève la tête de découvrir Kôji debout en face de lui, qui le contemple d'un visage inquiet.

Izumi, incrédule: "Kôji...."

 

Chapitre 6

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Plus tard, après être passés à l'hôpital afin de faire soigner la blessure d'Izumi, les deux jeunes gens reviennent en taxi au club dans lequel travaille le footballeur. Il y loge dans une chambre qu'occupait jadis son patron, que ce dernier a gracieusement mise à sa disposition.

Izumi, allumant la lumière: "Il y a une chambre à l'arrière du bar. C'est petit, mais entre."

Un peu hésitant, Kôji répond à l'invitation de son ami par un sourire. Il se décide finalement à entrer, et puisqu'il est trop tard pour aller ailleurs, accepte de rester pour la nuit comme Izumi l'en a convié. Quelques instants plus tard, tous deux se retrouvent donc couchés, Izumi dans le lit, et Kôji dans un futon étendu dans un coin de la pièce. En dépit de la chaleur diffusée par l'unique et minuscule radiateur, il fait froid en cette nuit du 24 décembre. Dans son lit, Izumi ne parvient pas à trouver le sommeil, car il craint que son ami encore convalescent ne s'enrhume en dormant ainsi par terre. Si bien qu'à la fin, s'asseyant en tailleur, il se décide à appeler Kôji.

Izumi: "Kôji."

Le chanteur lui aussi est incapable de fermer l'oeil, alors à peine entend-t-il son bien-aimé prononcer son nom qu'il s'empresse de se relever pour se tourner vers lui.

Izumi: "Viens par ici.... Le lit est petit, mais ce sera déjà mieux que de prendre froid."

A cette proposition inattendue, Kôji ému ne peut retenir ses larmes. Il voudrait tellement transmettre ses sentiments à Izumi, mais la perte de sa voix l'empêche de s'exprimer par la parole. Alors, une fois que tous deux se retrouvent assis dans le même lit, enlacés, Kôji prend la main d'Izumi et du doigt commence à tracer des caractères dans sa paume, qu'Izumi s'applique à reconnaître.

Izumi: "Da.... i.... su.... ki.... da...."

Daïsukida , "Je t'aime". Après avoir ainsi exprimé son amour, Kôji pose délicatement sa main sur la joue d'Izumi pour lui caresser tendrement les lèvres, avant de l'enlacer encore plus étroitement et de l'embrasser dans le cou. Mais bien qu'ils étaient censés rompre, Izumi ne le repousse pas, et bientôt c'est lui-même qui tend la main vers Kôji pour passer les doigts dans ses cheveux longs. Comme s'ils cherchaient à rattraper le temps perdu, tous deux échangent un baiser avant de se serrer l'un contre l'autre, poitrine contre poitrine, afin de goûter mutuellement la chaleur de leur corps. Des larmes ne tardent pas à venir rouler le long de la joue d'Izumi tandis que Kôji caresse doucement la cicatrice qu'il porte à la hanche gauche....

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Le lendemain matin, en revenant de ses courses à la supérette du coin, Izumi est heureux de retrouver Kôji à l'attendre dans sa minuscule chambre, Kôji qui l'accueille avec un sourire.

Izumi: "Je suis rentré."

Tandis que Kôji assis contre le lit se lève pour lui prendre les sacs de provisions, Izumi lui aussi arbore un visage radieux.

Izumi, en pensée: "Si jamais il n'avait plus été là à mon retour, j'aurais été complètement désemparé.... C'est une face de moi-même que je ne connaissais pas...."

Entre les deux amants, c'est le début d'une existence commune heureuse telle qu'ils n'en avaient plus goûtée depuis longtemps. Les jours s'écoulent, paisibles, tandis que le couple profite des joies simples de cuisiner ensemble ou encore de regarder la télévision tendrement enlacés.

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Un soir, à son travail, Izumi retrouve Shibuya accoudé au comptoir du bar. N'ayant aucune peine à deviner la raison de sa présence, il lui donne à mots voilés des nouvelles de Kôji.

Izumi: "J'ai recueilli un chien errant."

Shibuya: "J'en étais sûr. Et parlons franc, il va vite devenir un fardeau et tu te demandais que faire, pas vrai ?"

Izumi, essuyant un verre: "Pour l'instant il n'est pas spécialement un fardeau."

Shibuya, amusé: "Ah, c'est vrai ? Tu vas donc garder ce chien encore un petit peu ? Alors, voilà ceci."

Tirant une enveloppe de la poche de sa veste, Shibuya la pousse discrètement vers Izumi.

Izumi, se penchant vers son ami: "Qu'est-ce que c'est ?"

Shibuya: "De l'argent pour le chien. Car j'imagine qu'il doit te revenir cher, ce clébard."

Debout pas loin des deux jeunes gens, le patron du bar a entendu leur conversation. Croyant que son employé a réellement recueilli un chien dans la chambre qu'il lui a prêtée, il s'empresse de lui rappeler la règle.

Patron du bar: "Takuto.... J'avais dit pas d'animaux dans la chambre. Pas d'animaux...."

Le jour suivant, au siège de sa société située dans un immeuble du centre-ville, Hirosé Nanjô étudie le dossier de son frère Kôji.

Hirosé, une photo à la main: "Oui. C'est vrai qu'il était incroyablement doué. A cause de lui j'ai réalisé que l'effort ne pouvait pas surpasser le talent."

Akihito, assis sur un canapé: "C'est surtout parce que Père ne se préoccupait que de son entraînement à lui. Et si on en restait là ? Laisse tomber un type pareil, Hirosé."

Mais ignorant les conseils de son cadet, Hirosé tire soudain du dossier une photo d'Izumi.

Hirosé: "....Akihito. Nous voilà enfin tous les trois réunis. Entre frères, le moment n'est-il pas venu de faire bon ménage ?...."

Sur ces mots chargés d'une menace sous-entendue, Hirosé froisse d'un geste brusque de la main la photo d'Izumi, un sourire menaçant aux lèvres....

 

En fin d'après-midi, tout en revenant du lycée son cartable à la main, Izumi s'interroge sur la situation actuelle.

Izumi, en pensée: "On ne pourra pas continuer comme ça. Kôji a des millions de fans, des tas de gens qui attendent son retour, d'autres qui se font un sang d'encre pour lui. Il y a aussi tous ceux qui travaillent pour lui, les membres de son staff, sa maison de production.... Sans compter toutes ces femmes éprises de lui.... On ne pourra pas continuer comme ça."

Cette conclusion emplit le jeune homme de tristesse, mais il ne se l'est pas plus tôt formulée en esprit qu'une automobile s'arrête tout à coup près de lui, dont surgissent quatre hommes en costume noir. Tous quatre s'élancent sur Izumi, l'immobilisant, et bientôt l'un d'eux applique un tampon de chloroforme sur le nez et la bouche du lycéen.

Homme en noir: "Vous êtes bien Takuto Izumi ?"

Malgré sa force, ainsi pris par surprise, Izumi ne peut rien faire pour se défendre....

Il est presque dix heure du soir. Assis par terre dans la pénombre de la chambre qu'il partage avec Izumi, Kôji commence à ressentir une vive inquiétude de ne pas voir revenir son ami, qui aurait dû être rentré depuis longtemps. Quand des coups résonnent soudain à la porte, Kôji relève la tête, plein d'espoir. Mais ce n'est que le patron du bar, étonné que son employé ne se soit pas encore présenté à son travail et venu s'enquérir des raisons de ce retard.

Patron du bar: "Takuto ! Tu es rentré ? Eh Ooooh !!

Autre serveur: "On dirait bien qu'il n'est pas encore rentré, patron."

Patron du bar, soucieux: "J'espère qu'il n'a pas été victime d'un accident !...."

Ces dernières paroles achèvent de pousser l'inquiétude de Kôji à son paroxysme: en effet jamais Izumi ne serait resté aussi longtemps absent sans prévenir s'il ne lui était pas arrivé quelque chose de grave !

 

Chapitre 7

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Un peu plus tard dans la nuit, transporté inconscient dans l'immeuble qui abrite la société Jôtô Company d'Hirosé, Izumi reprend enfin connaissance. Surpris de se réveiller dans un lieu inconnu, il se redresse trop vite et tombe du canapé sur lequel il était étendu.

Hirosé, s'agenouillant près d'Izumi: "Ne fais pas trop d'efforts. Les effets du chloroforme ne sont pas encore dissipés.

Izumi: "Qu'est-ce que tout ça signifie !?"

Hirosé: "Je me suis dit que toi, tu saurais peut-être où se trouve Kôji."

Izumi, d'une voix forte: "J'EN SAIS RIEN !!"

Nullement démonté par cette négation véhémente, Hirosé prend le menton du jeune homme entre ses doigts et commence à scruter son visage avec attention.

Hirosé: "....C'est vrai ? Kôji et toi vous paraissez vraiment bien vous entendre. Vous avez des relations sexuelles, n'est-ce pas ?"

A cette question une expression de stupeur horrifiée se peint brusquement sur le visage d'Izumi, et cette expression-même donne à Hirosé la réponse qu'il attendait.

Hirosé: "....Tu ne nies pas ?"

Observant la scène d'un air incrédule, Akihito également présent finit par éclater d'un rire moqueur tant cette accusation lui paraît absurde.

Akihito: "....Ah, elle est bien bonne ! Quelle plaisanterie ! Tu es vraiment sérieux, grand-frère ?!!"

Mais ignorant son cadet, Hirosé continue de s'adresser à Izumi tout en se levant pour faire quelques pas dans la pièce.

Hirosé: "....Dans ce cas, que crois-tu qu'il va se passer....? A moins que.... tu aimes Kôji au point de ne plus te préoccuper du reste....?"

Les propos du PDG ne laissent pas de désemparer Izumi, car ce dernier sous-entend ni plus ni moins que par sa liaison avec Kôji, le jeune homme va briser sa vie ainsi que celle de ses proches. Cependant Izumi n'aura pas à répondre, car à cet instant, la porte de la salle s'ouvre brusquement, livrant passage à un Kôji dont le visage exprime toute l'étendue de sa colère.

Hirosé, froidement: "Quelle vigueur !"

S'élançant dans la pièce, Kôji saisit son frère par le col de sa chemise, prêt à lui faire payer très cher l'enlèvement d'Izumi. Mais si Hirosé ne fait apparemment pas un geste pour se défendre, il n'est pas disposé à se laisser frapper sans réagir pour autant.

Hirosé: "Tu es vraiment sûr de vouloir porter la main sur moi....? Si la nouvelle de votre liaison à tous deux venait à se répandre, que crois-tu qui se produira ? D'après mes renseignements, Izumi est promis à un bel avenir de footballeur professionnel. Nous pourrions lui donner un coup de pouce....? Si jamais tu acceptes de m'obéir sagement, de succéder à notre père et de passer le reste de tes jours dans cette maison."

Face à ce qui n'est rien moins qu'un chantage ayant pour objet l'avenir de son ami, Kôji se résoud à lâcher Hirosé, tourmenté par une hésitation douloureuse. Va-t-il céder à la menace ? Izumi ne l'entend pas de cette oreille.

Izumi, à Hirosé d'une voix forte: "Arrêtez ! Nous nous occupons nous-mêmes de régler les affaires qui nous concernent ! Tout ça ne vous regarde pas ! Kô...!?"

Izumi ne termine pas sa phrase, car à son ébahissement le plus total, Kôji s'agenouille soudain aux pieds d'Hirosé dans une attitude suppliante.

Akihito, sarcastique: "Hihihi !! Quelle vision splendide, c'est trop ! J'ignorais que tu étais capable d'avoir un comportement aussi humble, Kôji !"

Hirosé, toisant Kôji d'un air glacial: "....J'ai l'impression d'être en train de contempler une autre personne, Kôji. On a raison de dire que quand un homme découvre l'unique amour de sa vie, il se retrouve doté d'une force hors du commun mais devient en même temps aussi faible qu'un nourrisson...."

Quant à Izumi, face à cet abaissement auquel il sait bien que son ami consent seulement dans le but de le protéger, il parvient enfin à se lever et vient se planter devant Kôji.

Izumi: "Kôji !!.... Tu.... Tu m'avais dit que tu serais capable de faire n'importe quoi pour moi, et pourtant j'avais beau pleurer, hurler, tu n'ouvrais pas les yeux....!! Et à présent.... Quoi que je te dise, tu ne réponds pas ! Alors que je te demande de parler, ta voix ne sort pas.... Tu n'as donc plus rien à me dire ?!.... Rien ! PLUS RIEN DU TOUT ?!!!"

Bouleversé par les reproches amères d'Izumi, Kôji toujours agenouillé sur le sol tente désespérément de parler. Ses efforts sont tels qu'il se mord les lèvres jusqu'au sang, mais enfin, bien que faible, il parvient à faire sortir le son de sa voix.

Kôji, d'une voix presque sans timbre: "Du.... Du début, jusqu'à la fin.... je n'ai été.... qu'un fardeau pour toi.... Pardon.... Néanmoins.... Je t'aime encore.... Je t'aime de tout mon coeur...."

A cet aveu prononcé d'une manière si poignante, Izumi baisse les yeux en signe d'acquiescement.

Izumi: "On rentre. Aide-moi à marcher."

Kôji soutenant Izumi dont le corps subit encore les effets du violent narcotique, les deux jeunes gens quittent l'immeuble de la Jôtô Company. Depuis la fenêtre de son bureau, Hirosé les regarde s'éloigner.

Akihito: "....Hirosé. Tu vas vraiment le laisser partir sans rien dire ?"

Hirosé, un sourire aux lèvres: "Aucune importance.... Kôji ne va pas tarder à revenir à la maison. Ce genre d'amour est voué à vite s'autodétruire. C'est un amour désespéré ...."

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Mais confortés une fois de plus dans leurs sentiments mutuels, peu importe à présent aux deux amants ce que peuvent penser les deux frères. Epaule contre épaule, le couple s'avance lentement dans les rues animées où règne encore une ambiance de fête, en échangeant sourire et regard complice. Ils ne tardent pas à disparaître dans la foule....

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Le lendemain matin, en traversant le parc, un groupe d'adolescentes découvre par hasard un bien étrange spectacle.

Lycéenne aux tresses: "Eh, attendez un moment ! Ne serait-ce pas Kôji Nanjô !?"

Lycéenne aux cheveux courts: "C'est pas vrai !! Mais que fait-il dans un endroit pareil ?!!"

Lycéenne à lunettes: "Mais oui, c'est bien lui !!"

Lycéenne aux cheveux longs: "Ah, mais.... comme ils sont beaux !...."

Assis l'un contre l'autre sur un banc du jardin public, enveloppés dans la même écharpe, Kôji et Izumi ont un air si divin figés ainsi dans leur sommeil qu'ils évoquent aux adolescentes l'image de deux anges enlacés....

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Epilogue

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Quelques jours plus tard, à son studio, Kôji qui a complètement récupéré l'usage de sa voix jette une liasse de partitions devant son producteur.

Kôji: "Faites vite."

Producteur, désemparé: "Comment ça, "faites vite", Nanjô-kun !??"

Kôji: "Ce sera mon dernier album."

Et c'est ainsi que peu de temps après, des posters géants annonçant la sortie du nouvel album du chanteur Kôji Nanjô se retrouvent afffichés un peu partout dans la ville. Le titre de cet album est Katsuaï , "Soif d'amour"....

 

Fin

 

 

Toutes les images sont © Minami Ozaki