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---Uryûdô Yumebanashi 1
-© Akiko Hatsu, Asahi Sonorama
Auteur: Akiko Hatsu-----
Références: Nemurenu Yoru no Kimyô na Hanashi Comics
Nombre de volumes: 9----
Intrigue: Le vieil Uryûdô a installé son magasin d'antiquités orientales près d'un grand saule pleureur qui se dresse à l'entrée de sa boutique. Mais si les objets d'une extrême rareté qui y sont rassemblés sortent souvent de l'ordinaire de par leur caractère surnaturel ou le lourd passé dont ils ont été témoin, il n'en est pas moins du mystérieux jeune homme qui habite au beau milieu de ces oeuvres d'un autre temps avec son grand-père...
Le vieux propriétaire ayant dû s'absenter quelques temps afin de se ravitailler en marchandise, c'est en effet Len, son petit-fils, qui est à présent chargé de s'occuper seul du magasin, et ce malgré le danger que pourrait lui faire encourir certains objets revêches tout autant que la convoitise malsaine d'acheteurs récalcitrants qui n'hésitent pas à utiliser le vol afin d'aquérir les pièces de plus grande valeur. Mais le ténébreux jeune homme a développé la faculté de voir les esprits qui habitent parfois ces objets et comprendre l'histoire même d'antiquités passionnément aimés par leurs anciens possesseurs, qu'il s'agisse d'instruments de musique ou d'objets intimes, ce qui le contraint bien souvent à résoudre des problèmes concernant une cohabitation difficile entre les esprits mêmes des articles dont il fait le commerce et leurs nouveaux propriétaires. Il n'est pas rare en outre qu'en dépit de sa fonction première de simple vendeur cherchant à gagner honnêtement sa vie, ce don le poursuive si bien qu'il se voit couramment contraint de jouer le rôle de trait d'union entre une âme en peine et un être cher séparés par la vente de l'objet qu'elle habite autant que celui d'un humain dépouillé par la force et son bien le plus précieux échoué par la suite dans son magasin, quitte au final à n'en tirer aucun bénéfice. Par ce souci de toujours faire bon usage de ses capacités surnaturelles et de les partager avec ceux qui en ont besoin, la fonction de Len s'apparente alors davantage à un arbitre spirituel entre le monde des humains et celui des esprits que celle que le commun des mortels lui empreinte couramment, malgré la curiosité mêlée d'inquiétude qu'excerce sur son entourage et ses clients ce ténébreux jeune homme toujours drapé de sa mante obscure...
A propos de la collection Nemurenu Yoru no Kimyô na Hanashi Comics : Derrière ces références un peu complexes se cache la plus belle collection des éditions Asahi Sonorama, avec de superbes ouvrages deluxe imprimés au format A5 et recouverts d'une jaquette en papier semi-précieux. Si ces manga d'une qualité certaine et contenant au minimum une page couleur intérieure ont un coût assez élevé, il n'en reste pas moins que Sonorama a prévu pour ses lecteurs les moins fortunés ou simplement en manque de place une collection moins onéreuse au format plus petit (A6), mais au nombre de pages par ouvrage plus important. Dans le cas des oeuvres de Akiko Hatsu éditées habituellement dans la volumineuse collection " Nemurenu... ", la série des Uryûdô Yumebanashi a été adaptée récemment en format poche et compte actuellement quatre volumes, à raison de presque deux mangas de l'édition originale par livre. Merci qui ?
-----------------------Tôjin Yashiki
© Akiko Hatsu, Asahi Sonorama----------The Chinese House in New York
Auteur: Akiko Hatsu-----
Références: Nemurenu Yoru no Kimyô na Hanashi Comics
Nombre de volumes: 1----
Intrigue: Laurence est un sino-américain vivant à New-York où il exerce le métier peu commun d'exorciste et de spécialiste du paranormal, notamment dans le domaine des manifestations surnaturelles asiatiques. Afin d'accomplir cette tâche, il semble se complaire à afficher la classe du parfait yakuza de part son style vestimentaire des plus imposants et ses lunettes noires qui dissimulent constamment son regard et ses pensées. Si son travail consiste parfois à 'nettoyer' les vieilles demeures ancestrales chinoises de leurs locataires indésirables qui terrorrisent les acheteurs potentiels et les rendent de ce fait invendables, il lui arrive de refuser catégoriquement de réaliser quoi que se soit qui risquerait d'entraver au bonheur des créatures invisibles qui y circulent en parfaite quiétude sans causer le moindre mal aux occupants, et préfère rester sourd aux supplications des promoteurs immobiliers qui frôlent pourtant la banqueroute totale plutôt que de risquer d'entraîner le courroux des Dieux chinois. C'est ainsi qu'il s'est contenté un jour de recueillir un esprit du saké arborant les traits d'une petite fille, enfermée dans une cave parmi les jarres de vin d'une villa traditionnelle habitée seulement par tout un folklore fantômatique qui s'y sent parfaitement à son aise, et qui depuis le suis partout, prenant un malin plaisir à tourmenter les différents clients de Laurence pour lesquels elle reste totalement invisible. Parmi eux, Ernest, un jeune agent immobilier chargé une fois de plus de vendre l'habitation d'un parrain de la mafia chinoise qui, du fait des nombreux meurtres commis par son ancien propriétaire, est hantée depuis sa mort par toutes sortes de monstres. Si Laurence se laisse finalement convaincre d'aller jeter un oeil sur place, Ernest, lui, n'est pas au bout de ses peines et va vite devenir le jouet des créatures divines et de leurs étranges serviteurs, d'autant plus que par une curiosité toute asiatique pour un occidental, le petit esprit du saké semble s'être pris d'attachement pour le jeune homme et ne le quitte plus d'une semelle, au grand dam de ce dernier...
Outre Tôjin Yashiki qui a prêté son nom au recueil, ce manga comporte un court chapitre humoristique intitulé Nekomatta Papa, ainsi que Tôhô kara no Kyakujin, une longue nouvelle d'un tout autre ton qui s'étend sur la seconde moitié du livre.
Tôhô kara no Kyakujin (L'Hôte venu de l'Est): Dans l'Angleterre du XIXème siècle, la riche famille Evans se transmet de génération en génération une fabuleuse collection d'objets d'art chinois que seul l'héritier direct de la lignée a le droit de contempler, et ce uniquement lorsqu'il prend pleinement possession de ce lègue à la mort de son parent. Ce trésor d'une valeur inestimable, dont chaque chef de famille successif se doit d'être passionné et de protéger des regards indiscrets, est entreposé dans la mystérieuse "Chinese Room" d'une vaste résidence tenue à l'écart de la demeure familiale. Tandis qu'il vient chercher son ballon, le petit William Evans amené à hériter de cette énigmatique villa et de ses richesses, pénètre un jour par mégarde dans un jardin resté secret d'un endroit reculé de la cour principale et de pure inspiration chinoise, ce malgré l'interdiction formelle de son père de s'en approcher. Là, il rencontre un étrange jeune homme le corps enveloppé d'un sombre kimono brodé, comme tout droit sorti d'un mirage et semblant surpris que l'enfant puisse l'entrevoir. William qui n'avait jusqu'à lors contemplé pareille physionomie, n'oubliera jamais la chevelure et les yeux si bruns de ce bel asiatique lui disant amèrement venir de très loin, image comme fantômatique et irréelle imprimée dans son esprit d'une ombre tenue aussi secrète dans ce jardin clos que la collection de ses aïeuls dans la Chinese Room...
Plus de dix ans plus tard, alors que les parents de William sont décédés dans un terrible accident de train, le jeune homme a maintenant hérité comme convenu du patrimoine chinois laissé par son père. Mais voilà, William n'est pas comme ce dernier et se désintéresse totalement de l'art asiatique, préférant vivre en célibataire endurci dans sa maison de Londres que d'aller habiter seul dans cette vaste demeure. Bien que ses parents soient morts depuis déjà trois ans, il n'a de ce fait jamais pénétré dans la Chinese Room, au risque de choquer les proches de sa famille qui espéraient voir en lui le digne successeur de son paternel. Alors qu'il est de retour pour un temps dans sa ville natale, le désormais Sir William Evans se voit forcé d'accepter l'invitation des Johns à prendre le thé, accompagné de son ami Alfred qui s'intéresse depuis peu au Japonisme, courant artistique très en vogue à cette époque à en juger par la décoration des maisons bourgeoises regorgeant d'ornements exotiques. Bien malgré lui, il se retrouve bientôt en la peu plaisante compagnie de Sir Thomas David lui aussi invité, qui connaissait bien son père et possède lui-même une très importante collection d'objets d'art asiatique. Mais le Lord n'est pas venu seul et tient à leur présenter Ryû Rôei, un jeune chinois venu faire ses études en Angleterre qu'il s'est proposé de loger chez lui. Non moins impressionné par la noble stature de ce ténébreux jeune homme que par sa ressemblance frappante avec l'apparition qu'il avait vue jadis dans le jardin secret de son père, William peine à dissimuler son trouble, d'autant plus que le mystérieux hôte asiatique imprégné des légendes étranges de son pays paraît connaître son aptitude à entrevoir les esprits et vouloir le lui faire avouer, ce que William se refuse à admettre avant de s'apercevoir que, sans se douter de la raison, son attittude peine profondément le jeune homme...
Malgré une discussion des plus houleuses avec Sir Thomas David, Sir William qui porte la collection de son père comme un fardeau et se doute bien qu'il n'était pas étrangé au vaste trafic d'objets d'art revendus de mains en mains pratiqué en Chine, reçoit bizarrement une invitation du Lord à se rendre chez lui afin de contempler sa propre collection. Une fois de plus, William y croise Ryû qui fait toujours montre d'un profond respect envers lui, malgré leur âge apparemment très proches et bien qu'ils soient pour l'instant seul à seul. Tandis qu'il s'introduit comme convenu dans la salle d'exposition de Sir David, le jeune homme fait à nouveau l'objet de vision et feint tant bien que mal de ne rien voir, mais Ryû sans insister davantage sur son don tient avant tout à se qu'il aille avec lui dans le manoir de la Chinese Room, car il sait étrangement que Sir David couve de sombres desseins à son encontre et projette de lui voler un précieux vase, ce doit absolument être évité. Si Ryû est lui aussi au courant de la manière dont les occidentaux s'appropprient les oeuvres d'art chinois, il en sait aussi bien plus qu'il ne veut pour l'instant en révéler, et il s'avère que si la Chine est un pays où le monde des vivants et celui des esprits se côtoient, il arrive parfois que les humains qui n'y prennent garde fassent commerce avec des créatures démoniaques en acquérant des objets d'un autre monde, au risque d'entraîner la colère des Dieux et d'être fatalement châtiés...
Non moins troublé des menaces du Lord qui pèsent sur lui quà l'idée de devoir pénétrer dans cette résidence où ce si obscur jeune homme lui était apparu dans son enfance, il est pourtant temps pour William de connaître la vérité en ouvrant la porte interdite de la Chinese Room et de découvrir enfin la réelle nature du trésor qui s'y cache et l'attend depuis plus de trois ans... Alors seulement lui seront révélés la véritable identité du jeune étudiant chinois qui semble veiller sur lui depuis leur rencontre et ses liens forcés avec la famille Evans. William sera de ce fait libre de rompre avec la tradition ou de venir habiter cette triste demeure si vide depuis la mort de son père, non plus pour la sauvegarde de simples objets de collection, mais pour un trésor bien plus précieux à ses yeux qui à lui seul puisse lui donner envie de revenir... et de rester...
Avis: Akiko Hatsu excelle dans les scénarios ayant pour thème des légendes traditionnelles chinoises, sans jamais tomber dans la redite ou le déjà vu. Elle signe ici un de ses nombreux manga mettant en scène un exorciste asiatique chargé de resoudre divers cas de possession ou de maison hantée, ce qui en fait une parfaite réplique de sa longue série des Uryûdô Yumébanashi, l'humour en plus. Tôhô kara no Kyakujin quant à lui est un pur régal qu'il vous faut découvrir non moins pour son excellente intrigue que pour ses superbes personnages principaux toujours aussi charismatiques et la troublante noblesse chinoise qui s'en dégage, souvent ambigüe.
-------Kokonotsu no Yoru no
Tobira
-© Akiko Hatsu, Asahi Sonorama
Auteur: Akiko Hatsu-----
Références: Nemurenu Yoru no Kimyô na Hanashi Comics
Nombre de volumes: 1----
Intrigue: Ce recueil contient une série de nouvelles fantastiques et pour la plupart à tendance yaoï, parues dans divers maisons d'édition il y a quelques années et regroupées ici pour la première fois par Asahi Sonorama.
Yoru no Kagé (l'Ombre de la Nuit) : Isolé dans sa luxueuse résidence secondaire où il prend de paisibles congés, le jeune Greg reçoit un jour l'appel inattendu de son cousin Alfred qui compte profiter de son retrait loin de sa famille pour venir bientôt lui rendre visite, chose étrange lorsque l'on sait que les deux jeunes gens ne se sont pas revus depuis bien longtemps. Plus troublant encore est le fait que Greg semble intimement convaincu qu'il est impossible qu'ils se rencontrent à nouveau étant donné que ce coup de téléphone ne peut avoir été donné que par un être humain... Il se voit pourtant contraint d'accepter la venue de ce soit disant cousin et donne les ordres adéquats aux domestiques malgré leur propre étonnement.
Les vacances du riche propriétaire seront toutefois fort troublées depuis cet événement, car dès lors chaque nuit et confirmant ses craintes, l'ombre d'Alfred vient le visiter soir après soir, apparaissant sous les traits du garçon à divers périodes de sa vie depuis sa petite enfance, en une réminiscence de différentes scènes partagées de leur existence à tous deux depuis leur première rencontre. Mais Greg désirant par dessus tout tirer un trait sur cette histoire réagit violemment à ces images du passé, et malgré l'affection que lui porte son cousin, tente de dissiper tour à tour ces apparitions en les étranglant sauvagement de ses propres mains. Mais tandis qu'il continue de "tuer" nuit après nuit ces visions cauchemardesques en un geste presque automatique, le fantôme du jeune Alfred grandit lui aussi peu à peu en figurant dans des événements de plus en plus récents et bientôt, par une énième illusion ou une cruelle résurgence d'un obscur passé, Greg revoit le moment fatidique où il assassine son cousin agé alors âgé de seize ans, armé du poignard que celui-ci lui avait offert à l'occasion de ce même anniversaire... Pour la première fois effrayé d'un tel geste depuis qu'il enchaîne les meurtres de l'ombre qui le hante, le jeune homme comprend alors qu'à force d'avancer dans le temps, il a rejoint le temps présent et s'apprête à voir apparaître devant lui celui qui devrait être l'Alfred d'aujourd'hui, celui-là même qui l'avait prévenu il y a quelques jours de son arrivée iminente. Angoissé à l'idée de voir ce visage inconnu de ses souvenirs, la porte à double battants de sa chambre s'ouvre alors sur la silhouette de la nouvelle apparition...
Debout à l'entrée de la pièce, c'est effectivement le beau jeune homme blond d'aujourd'hui qui s'avance vers son cousin, mais désireux d'en finir une fois pour toute, Greg tend déjà les mains vers son cou afin de l'étrangler, refusant de contempler ses traits et persuadé que ces visions cesseront ensuite de le harceler car ne pouvant plus vieillir davantage. Mais tandis que ses doigts effleurent déjà sa peau, Alfred demande alors à son agresseur s'il l'aime, stoppant net le geste assassin du jeune homme comme figé, troublé que les sentiments qu'il s'est toujours refusés soit ainsi si simplement évoqués. Plutôt qu'Alfred lui-même, la frêle proie qu'il tient prisonnière comme un étau n'est-elle une fois de plus que l'ombre de l'être dont il est épris ? Qu'il cède à nouveau au meutre ou qu'il se laisse séduire par cette créature qui s'abandonne au seul choix de ses mains, ne va-t-elle pas finir comme toujours par disparaître, le laissant plus que jamais à son tourment et sa solitude, et ce quel que soit le sort qu'il lui réserve ? Et si ses pulsions meurtrières envers le jeune homme n'étaient pas plutôt un moyen désespéré de conserver à jamais son amour...?

The End of the World : Le journaliste Hadler Richardson a obtenu une entrevue avec le célèbre photographe Victor Stein dans sa luxueuse villa afin de l'interviewer sur ses récents travaux et avant que celui-ci ne parte pour l'Amérique du Sud où il projette de photographier des ruines et autres vestiges antiques. Mais si la rumeur effectivement vérifiée par le journaliste veut que l'artiste vive en célibataire au milieu d'une bonne quinzaine de chats, il s'est toutefois bien gardé jusqu'à présent de révéler à la presse qu'il partage en réalité ses appartements avec un jeune homme nommé Eric avec lequel il forme un couple à part entière. Aujourd'hui pourtant le photographe ne compte dissimuler d'aucune façon la nature de leur relation à son invité qui sait se montrer compréhensif, présentant sans détour le garçon comme son précieux partenaire autant qu'un ami compréhensif. Néanmoins, Eric qui exerce un métier tout ordinaire a toujours désiré se tenir à l'écart des relations mondaines de son amant, aussi le journaliste comprend-il qu'il ne faut en aucun cas souffler mot de cette idylle dans son journal, car à ses yeux la vision de ce couple parfaitement uni et vivant paisiblement dans cette villa au vaste jardin au milieu des chats n'est pas dissemblable de celle du Paradis, en un symbole de rêve et de bonheur qui ne devrait jamais prendre fin... Jusqu'au jour où le journaliste apprend la mort du photographe dans un accident d'hélicoptère en Amérique Latine alors même qu'il effectuait des prises de vue de ruines pour ses nouveaux travaux. Infiniment peiné que ce fragile bonheur se soit achevé de façon si tragique, Hadler décide alors de se rendre à nouveau au manoir du défunt artiste...
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